MORSURE
de vieux torchons, une grande terrine, un pot rempli d’eau, et quelques feuilles de papier buvard.
Fig. 41. — Manière de faire mordre, au moyen de l’eau-forte de départ sans récipient.
pp , la table; /z, z, A4 /, rebords de cire façonnés à la main, qui contiennent l’eau-forte sur la planche u; x, la plume avec laquelle on remue l’eauforte, pour enlever la mousse qui se fait sur les tailles. On aura soin de modeler en l une petite gouttière qui permettra de déverser l’eau-forte.
On voit en rs (fig. 42), une taille qui aurait été faite à l’eau-forte. Son ouverture est bien plus large que profonde, ce qui fait qu’elle a un aspect plus gris à l’impression, relativement à celles qui auraient été faites au burin, ce qui doit s’entendre, lorsque l’eau-forte n’a pas trop mordu. Dans le cas
GRAVURE A L EAU-FORTE
où Peau-forte aurait trop mordu, la taille portera un ton plus aigre ou plus noir, par la raison qu’acquérant autant de profondeur que d’ouverture, le noir aura autant d’épaisseur sur ses bords rs que dans son milieu u ; c’est ce qui donne à une eau-forte trop mordue ce ton dur à l’œil, si désagréable surtout dans les demi-teintes et tout ce qui concerne les masses de lumière.
Un autre inconvénient d’une gravure trop mordue, c’est que les tailles venant à s’élargir en même temps qu’elles pénètrent dans le cuivre, elles resserrent les espaces blancs qui les séparent, et se confondent l’une avec l’autre dans certains endroits, ce qui forme des crevasses et des âcretés qui sont insurmontables quand on vient à finir.
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Fig. 42.
La figure 42 montre, en l’exagérant, la différence d’une taille au burin fortement entrée dans le cuivre, et d’une taille d’eau-forte d’égale profondeur. Cet exemple, qui saute aux yeux, nous dispense d’insister davantage sur l’inconvénient d’une morsure trop vigoureuse.
Ayant à faire mordre la planche (fig. 43), on fera attention aux différents plans qui ne doivent pas mordre autant les uns que les autres.
Fig. 43.
GRAVURE A L’EAU-FORTE
Les plans les plus éloignés, seront couverts les premiers, les seconds plans ensuite, et le premier plan, le dernier.
Si le ciel est vague, ce sera aussi une des premières choses que l’on couvrira, ainsi que les demiteintes qui se trouveront dans les autres plans, lorsqu’elles seront assez mordues.
La gravure en petit , c’est-à-dire celle dont les ligures, les animaux, le paysage, sont d’une très petite proportion, exige que l’on fasse mordre davantage la planche, ayant toujours égard à la dégradation que doivent avoir les différents plans.
Le principal mérite du petit est d’être très avancé à l’eau-forte. Les contours des ligures doivent être prononcés avec plus de fermeté; les touches seront établies et frappées presque au ton qui leur convient. Elles en seront plus spirituelles, et le travail moins chargé de tailles que dans la gravure en grand. Le burin n’étant pas propre à dessiner les petits objets comme la pointe avec laquelle on peut badiner sur le cuivre comme avec le crayon sur le papier, on ne s’en servira que pour mettre l’accord général et plus de propreté aux endroits qui en auront besoin. La pointe sèche fera aussi une partie des fonds les plus légers.
aa , les poignées que l’on prend à la main ; bb , le rouleau ; c, plaque de verre sur laquelle est posé le vernis.
Pour enduire d’une couche égale de vernis le cylindre bb , on fera rouler l’instrument sur la plaque de verre de c en c aussi longtemps qu’il
REMORSURE. 5g
sera nécessaire pour avoir un vernis bien fin, sur toute la surface du cylindre.
Le vernissage obtenu au moyen d’un rouleau
Fig. 44. — Vernir au rouleau.
cylindrique, possède de réels avantages ; il permet de déposer, sur toute la superficie du cuivre, une couche de vernis légère et d’une égale transparence sur laquelle l’image que l’on décalque apparait partout aussi nette.
L’emploi de cet instrument fort simple demande une certaine pratique et une grande légèreté de main.
Remorsure.
Ce moyen de vernissage permet à l’artiste, lorsque sa gravure n’est pas suffisamment mordue, de la faire remordre. Le rouleau est si fin qu’il dépose le vernis sur la surface du cuivre, sans toucher à la gravure. On peut alors recommencer
GRAVURE A l’eAU-FORTE.
l’opération de la morsure, par les divers modes que nous avons indiqués précédemment.
Vernis blanc.
Le vernis blanc s’étend sur la planche, de la même façon que les autres vernis; il présente cet avantage que, lorsqu’il est appliqué sur un cuivre déjà gravé, il permet à l’artiste de voir son travail antérieur et d’y ajouter facilement ce qu’il convient pour le terminer.
Acide acétique.
L’acide acétique est souvent employé pour préparer la morsure ; il creuse perpendiculairement et plus finement le cuivre que l’acide nitrique.
Perchlorure de fer.
On se sert aussi avec avantage du perchlorure de fer, terme moyen entre l’acide nitrique et l’acide acétique; les graveurs l’emploient pour préparer une planche qu’ils veulent exécuter au burin. Sa morsure est moins égratignée que celle de l’eauforte, moins pittoresque.
Gravure en manière Noire