GRAVURE EN GÉOGRAPHIE
Les montagnes, les côtes escarpées, les collines et les dunes, doivent être préparées en grande partie à l’eau-forte, en frappant davantage les côtés de l’ombre, et en se servant de pointes plus fines sur les côtés éclairés. Voilà en général tout ce qui peut se faire sur le vernis; alors on fait mordre la planche soit dans un récipient, soit à plat, en entourant le cuivre de rebords de cire comme il a été expliqué précédemment. (Voy. gme Leçon : Gravure à Veau-forte .)
Lorsque la planche est mordue, on emploie le burin et la pointe sèche, pour achever et donner plus de perfection à ce que nous venons d’indiquer. Les rivières dont on n’aura tracé que les contours à l’eau-forte, seront bordées par des tailles au burin. Les lacs, les étangs, les mers et généralement toutes les surfaces d’eau doivent être exprimées par des tailles de burins filées et adoucies. Les sables doivent être faits à la pointe sèche par des points près les uns des autres le long de la rive; plus légers et plus clairsemés vers le milieu ou vers la berge de la rivière, s’ils s’y rencontrent. Les massifs des emplacements de maisons dans les villes et bourgs doivent être pointillés aussi à la pointe sèche, pour plus de propreté. Les pentes des montagnes, les collines, doivent être prolongées par des tailles en points filées au burin ou à la pointe sèche, afin d’adoucir le travail trop tranchant de l’eau-forte.
Il y a des exemples de cartes géographiques dont les positions et les bois ont été frappés avec des
DES OUTILS
poinçons ; cette manière est sujette à beaucoup d’inconvénients.
i 0 Les positions deviennent toujours lourdes et s’impriment malproprement; 2° tout se trouve du même ton, les arbres sont de même forme et de même grosseur, sans aucune variété, et par conséquent ne jouent pas assez; 3° les coups de poinçons font étendre le cuivre au point qu’une gravure qui demande une précision géométrique, se trouve absolument fausse dans ces parties.
La figure 6i est un poinçon positionnante, mais nous le répétons il vaut mieux graver tous les lieux que ces poinçons désignent que de les frapper.
La gravure en géographie et en topographie est devenue un genre particulier, c’est-à-dire que les artistes qui s’y distinguent le plus sont ceux qui s’en occupent essentiellement. Ce genre a, comme tous les autres, besoin d’une étude de dessin qui lui soit propre. Savoir dessiner la géographie et la topographie est la base de ces détails qui ont en gravure pour chacun d’eux des expressions particulières. C’est aux géographes et aux ingénieurs à donner des leçons en ce genre ; et nous observons que s’il était possible que toutes les cartes fussent gravées par des homm es qui réunissent à l’art du gra-
Fig. 6i.