MARIE ET GUILLAUME III. — RÉVOLUTION DE
1. Nouvelle CONSTITUTION ANGLAISE (1688). — Tout viclorieux qu'il était, Guillaume n'eut garde de s'emparer lui même de la couronne; il la soUicila du parlement, qui lui était vendu, et voila ainsi son usurpation. Pour s'attacher la nation, il signa la célèbre déclaration des droits, qui devint la base du gouvernement anglais. D'après cette charte fameuse leroinepeut dispenser des lois. 11 a besoin de l'assentiment des chambres pour fixer et prélever les impôts, lever et entretenir une armée permanente. Les élections des membres du parlement sont libres, la plusgrande indépendance est garantie aux débats parlementaires, ettouslesAnglais ont droit de pétition. Le roi a le pouvoir de convoquer, de proroger et de dissoudre le parlement ; il lui appartient de sanctionner les bills, de choisir les membres de son conseil, de nommer aux grands emplois civils, militaires et ecclésiastiques, de faire la guerre et la paix, les traités d'alliance et de commerce, et d'ad-
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minislrer la justice. C'est ce qu'on a appelé le régime constitutionnel.
2. Soulèvements en Ecosse (16^9). — Guillaume et Marie avaient été proclamés en Ecosse le 1 1 avril i 689, le jour môme de leur couronnement en Angleterre; mais les Ecossais, fidèles à Jacques II, avaient été loin d'accueillir cette révolution avec enthousiasme. Le vicomte de Dundee profita de ces sentiments, qui étaient profondément gravés dans le cœur desmontagnards écossais, et leva l'étendard de la révolte. Il remporta à Killikrankie une victoire assez importante sur le général anglais Mackay^ mais il périt malheureusement au sein de son triomphe, et avec lui s'éteignit le parti qu'il soutenait.
3. Soulèvements en Irlande. — En Irlande l'opposition fut plus sérieuse; une flotte française y conduisit Jacques II. Louis XIV, faisant ses adieux à l'infortuné monarque, lui dit en lui remettant sa cuirasse : Le meilleur souhait que je puisse vous faire, c'est de ne vous revoir jamais. Toute l'Irlande recon nut Jacques 1 1, mais ce prince ne sut pas profiter de cet avantage. Au lieude se rendre sur-le-champ au nord de l'Ecosse, où il aurait été certainement appuyé, il perditdu temps ausiégede Londonderry. Des secours lui arrivèrent de France à diverses reprises, et toujours sa faiblesse et son incapacité assurèrent le succès à ses ennemis. Guillaume étant passé en Irlande pour combattre Jacques H, celuici, contrairement à l'avis de ses généraux, accepta la batailU' près de la Boyne, et il fut complètement vaincu (1690). Après sa défaite il prit de nouveau la fuite, laissant Guillaume consolider sa puissance par de nouveaux succès.