‹ Précis élémentaire de l'histoire d'AngleterreChapitre 101 sur 140 · MARIE ET GUILLAUME IIL · texte numérisé non relu

MARIE ET GUILLAUME IIL

gleterre, de l'Ecosse et de l'Irlande, le stalhouder put se mOler activement à la guerre qui se faisait sur le continent. Il gagna de nouveaux alliés à la ligue d'Augsbourg, qui comprit l'Angleterre, la Hollande, l'Espagne et la Suède ; le duc de Savoie et presque tous les princes d'Allemagne en firent partie. Pour résister à cette formidable coalition, Louis XIV eut à combattre sur terre et sur mer. Pendant plus de deux ans ses flottes restèrent maîtresses de l'Océan (1 690-1 692) ; mais Tourville ayant attaqué l'amiral Russel près de la Hogue, cette terrible bataille fit perdre à notre marine son assurance et sa fierté. Sur terre les armées françaises furent plus heureuses. Le maréchal de Luxembourg ayant battu le prince de Waldeckà Fleurus (1690), le roi Guillaume s'empressa d'aller à sa rencontre dans l'espérance de le déconcerter par de sourdes manœuvres, mais il ne fit que lui offrir u ne nouvelle occasion de triomphe. Malgré un faux ordre que Guillaume lui fit donner par un de ses espions qu'il avait gagné, le maréchal le vainquit à Steinkerque (1692) et termina sa carrière par la célèbre victoire de Nerwinde (1693).

5. Traité de Ryswick (1697). — Après la mort (le cet illustra capitaine Guillaume remporta quelques avantages et se signala spécialement par la prise de Namur. Les armées françaises continuaient à se couvrir de gloire en Italie, en Flandre, en Allemagne et en Catalogne, mais les ressources de Louis XIV commençaient à s'épuiser. Ce monarque, qui n'avait plus d'ailleurs l'espoir de rétabUr Jacques 11 sur le trône, cause principale de cette longue guerre, se disposa à faire la paix avec toutes les puissances européennes. Elle fut signée à Rys-

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wick, et il reconnut Guillaume III pour roi d'Angleterre.

6. j\IoRT DE Jacques II (1701). — Louis XIV voulait contraindre Guillaume, qui était veuf et sans enfants, à désigner pour son successeur le fils de Jacques 11. Mais le roi détrôné s'y opposa : Je me résigne, dit-il, à l'usurpation du prince d'Orange, mais mon fils ne peut tenir la couronne que de moi : l'usurpation ne saurait lui donner un titre légitime. Ce prince mourut à Saint-Germain quatre ans après le traité de Ryswick. Les consolations de la piété et les agréments de l'étude charmèrent les loisirs de son exil. Il écrivait les mémoires de sa vie, et souvent il les interrompait pour s'écrier : Je vous remercie, ô mon Lieu, de m'avoir ôté trois royaumes, si c'était pour me rendre meilleur.

7. Fin du règne de Guillaume III (1702). — Guillaume régnait pendant ce temps et était moins heureux. Il avait perdu son épouse Marie, que la nation avait couronnée avec lui, et cette perte lui avait causé le plus grand chagrin. Son usurpation lui donnait de graves inquiétudes, car le parlement contrariait sans cesse ses desseins. Après la paix de Rysw'ick, il le priva de sa garde hollandaise, et l'empêcha de tenir sur pied une armée permanente. Guillaume n'en jeta pas moins les bases de la prospérité future des Anglais. La nation lui dut la création d'une banque nationale, l'accroissement du crédit public, la fondation d'une compagnie des Indes (1) et une certaine tolérance en religion qui amena plus tard la liberté de conscience. Ce prince, qui n'avait jamais connu qu'une passion, la haine

(1) Voyez page 42.

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