‹ Précis élémentaire de l'histoire d'AngleterreChapitre 122 sur 140 · DE, LA CONSTITUTION ANGLO-NORMANDE · texte numérisé non relu

DE, LA CONSTITUTION ANGLO-NORMANDE

1. Système féodal. —Guillaume le Conquérant écrasa les Saxons sous le joug le plus dur pour prévenir toutes leurs révoltes. Il distribua l'Angleterre en soixante mille deux cent quinze fiefs simples, relevant tous de la couronne. Les possesseurs devaient au premier signal se rendre en armes auprès de lui, sous peine de voir leurs biens confisqués. Il soumit non-seulement les peuples, mais encore les

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seigneurs, à toutes les rigueurs du système féodal, il leur avait interdit aux uns comme aux autres le droit de chasse, et se Tétait réservé exclusivement dans toute l'Angleterre; et môme des peines trèssévères furent portées contre ceux qui oseraient transgresser cette loi.

11 s'attribua le droit d'imposer des taxes et se réserva en entier le pouvoir exécutif. Mais il alla bien plus loin encore, il s'arrogea le pouvoir judiciaire le plus étendu, par l'établissement du tribunal qu'on appela cour du roi. Ce tribunal redoutable recevait les appels de toutes les cours des barons, jugeait en dernier ressort des biens, de l'honneur et de la vie des barons eux-mêmes, et, n'étant composé que des grands officiers de la couronne, amovibles à la volonté du roi, et ayant le roi lui-même pour président, tenait sous sa dépendance le premier seigneur du royaume comme le dernier des sujets.

2. Tyrannie du pouvoir. — L'autorité royale était tyrannique. Le roi pouvait au gré de sa volonté changer les lois, imposer des corvées et des tailles, rendre la justice, faire la paix ou la guerre. Guillaume et ses successeurs abusèrent étrangement de leurs avantages. Us écrasèrent sans pitié la race conquise, et les Saxons, dans leur misère, ne cessèrent de réclamer le gouvernement et les lois de leurs anciens chefs. Cette opposition, sourde d'abord, se grossit insensiblement de laccession des Normands mécontents qui avaient à souffrir eux-mêmes de ce brutal despotisme. Il fallut bien alors faire des concessions. Sous Henri I®'" et sous Henri II la royauté se dépouilla de quelques-unes de ses prérogatives; mais le peuple ne put se ré-

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jouir d'un vrai succès quelorsqu'il obtient la Grande Charte sous Jean sans Terre.

3. De la Grande Charte. — Ce monument fut l'œuvre d'EUcnne Langton, archevêque de Cantorbéry, et de Guillaume, comte de Pembroke, qui étaient à cette époque l'un el l'autre la gloire de l'Église et de l'État. Elle abolit tous les privilèges que les rois s'étaient accordés pour la satisfaction de leurs plaisirs, comme le droit exclusif de la chasse, et délivra les seigneurs et les vassaux des servitudes abjectes qui pesaient sur eux. Elle établit l'unité de poids et de mesure dans toute l'Angleterre, mit les marchands à l'abri des impositions arbitraires, leur accorda d'entrer et de sortir librement du royaume, et protégea le serf et le viUain, en défendant de le priver par amende de ses instruments de labour. Elle assura la liberté individuelle en décrétant qu'à l'avenir nul homme libre ne serait arrêté, ni emprisonné, ni privé de sa propriété, de ses libertés, ou de ses droits, qu'en vertu du jugement légal de ses pairs et de la loi du pays.

4:. État du royaume sous Henri III. — La Grande Charte avait déclaré qu'on ne pourrait plus lever ni .lides, ni escuyages sans le consentement du parlement. Les Chartes de Henri III ne rappellent pas cette défense; néanmoins rien ne prouve qu'aucun impôt de ce genre ait été levé arbitrairement pendant son règne. Comme il ne lui était pas possible avec ses seules ressources de suffire aux dépenses qu'il était obligé de faire, il était forcé de demander des subsides. Le parlement commença alors à user de son droit de remontrance, et la royauté cessa d'être absolue. C'est là le grand progrès que nous avons à constater depuis Guillaume le Conquérant.

La liberté.étaitnée,une nouvelle ère commençapour l'Angleterre, et c'est pour ce motif que lous cesserons d'appeler le gouvernement des temps suivants le gouvernement anglo-normand, pour lui donner le nom de gouvernement anglais.

Questionnaire. — I. Comment Guillaume le Conquérant divisa-t-il l'Angleterre ? Quel fut le cai-rictère de son gouvernement? Quelle était l'autorité qu'il s'érait arrogée? De quelle manière exerça-t-il le pouvoir judiciaire ? 2 .Quelle opposition rencontra la tyrannie royale? De quelle façon se manifesta cette opposition? 3. Quels furent les auteurs de la Grande Charte? Comment était-elle conçue ? Quels droits accorda-t-elle au peuple et aux seigneurs ?4. Quelle puissance eut le parlement sous Henri III ? Quel est le fait saillant de la constitution anglaise à cette époque ?

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