Du GOUVERNEMENT REPRÉSENTATIF. — Ce qui
rend ce règne encore plus mémorable c'est qu'il ajouta à la chambre des lords spirituels et temporels, c'est-à-dire des évoques et des barons, la représentation de la nation entière composée des députés des comtés, des villes et des bourgs.
Les villes et les bourgs ayant alors obtenu, par l'industrie et le commerce, une plus grande aisance matérielle, il fallut pour ce molif-là leur accorder une certaine influence politique. Leurs députés formèrent avec ceux des comtés la chambre des Communes. Ces deux chambres furent toujours distinctes dans le sens que les députés des deux ordres ne votèrent jamais ensemble. Mais de fait elles ne furentcependant séparées quesous Edouard III, et elles ne tinrent plus leurs séances dans la même salle.
Ce fut pendant le règne de ce prince que le droit constitutionnel de l'Angleterre admit en principe que le pouvoir législatif appartenait conjointement et exclusivement au roi et aux deux chambres du parlement.
Les Communesrecherchèrentetpunirentles abus da gouvernement en obligeant les premiers ministres à rendre compte de leur administration et en condamnant ceux qui étaient trouvés coupables de concussion.
4L. Lutte des pablements contre l'autorité ROYALE. — Alors commença entre la royauîé et les parlements une lutte qui durajusqu'à la guerre des deux Roses. Un auteur anglais retrace ainsi les progrès du parlement pendant cette période. Us consistèrent M'a maintenir son droit exclusif de voter les impôts ; 2° à spécialiser et à restreindre les dépenses de l'État; 3° à faire dépendre le vote des subsides du redressement des griefs ; 4° à garantir le peuple des ordonnances illégales et des altérations des statuts; 5° à surveiller l'administration publique; 6° à punir les mauvais ministres; 1" enfin à établir ses immunités et privilèges particuliers.
L'opposition du parlement avait toujours été dirigée dans l'intérêt de la nation, et elle ne pouvait manquer de profiter à son autorité. Cependant la guerre des deux Roses fit pencher la balance du côté de la royauté, parce que toute la noblesse périt au milieu de ces luttes affreuses.
Le pouvoir de Henri VII et de Henri VIII était absolu.Ce dernier prince, en servant la Réforme, posa, sans s'en douter, les principes qui devaient renverser ses descendants. Mais avant de décrire les changements politiques qui furent la conséquence de ses erreurs, nous ferons connaître les modifications que subit alors la religion en Angleterre.
Questionnaire. — 1. Quelles étaient les pensées d'Edouard 1er sur l'administration de la j ustice ? Que fit-il en sa faveur? Quel surnom mérita-t-il ? 2. Quel fut le plus mé-
morable de ses actes législatifs? Que renfermait ce statut? Quels droit concédait-il? 3. En quel temps les députés des villes et des bourgs furent-ils admis au parlement ? Les deux chambres furent-elles toujours distinctes ? Quel est le principe du droit constitutionnel qui fut reconnu sous Edouard III? i. Quelle fut l'attitude du parlement envers la royauté? Quels progrès fit-il avant la guerre des deux Roses ? Quels effet produisit cette guerre ?