CANUT I
1. Caractère du roi Canut a son avènement. — Le roi Canut s'était montré très-féroce dans les guerres qu'il avait soutenues contre les Anglais. A la mort d'Edmond Côte-de-fer, il avait juré d'être juste et bienveillant à leur égard, mais ses promesses ne rempèclièrent pas d'être d'abord ombrageux et cruel. Tous les hommes qui s'étaient fait remarquer par leur attachement à l'ancienne liberté du pays et à la royauté anglo-saxonne, quelques-uns même de ceux qui avaient trahi cette cause pour celle du pouvoir étranger, furent bannis de l'Angleterre ou mis à mort. « Qui m'apportera la tête d'un de mes ennemis, disait le roi danois avec la férocité d'un pirate, me sera plus cher que s'il était mon
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frère. » Les parents des doux derniers rois, Ethelred et Edmond, furent proscrits, ot tous leurs partisans se virent en butte aux persécutions les plus atroces. Mais dès que Canut se fut converti au christianisme, la religion opéra le plus heureux changement dans ses mœurs.
2. Sa conversion. — Il se rappela avec amertume les excès qu'il avait commis et se fit un devoir de dédommager ses sujets de toutes les peines qu'il leur avait causées ; il les traita désormais avec équité et douceur. Il voulut même qu'il n'y eût plus de distinction entre les Anglais et les Danois et s'appliqua sincèrement à les faire jouir avec impartialité de tous leurs droits. Pour expier ses fautes envers la religion, il fit rebâtir les églises qu'il avait brûlées et dota magnifiquement les abbayes et les monastères qu'il avait spoliés. Dans une assemblée nationale qui se tint à Oxford, il confirma les lois du roi Edgard, il engagea les seigneurs anglais et danois à oublier de part et d'autre toutes leurs anciennes offenses et à se promettre pour l'avenir une amitié réciproque. Il publia un code dans lequel il avait rassemblé toutes les lois les plus sages de ses prédécesseurs, et ne négligea rien pour détruire les vices monstrueux qui déshonoraient alors la société.
3. Son pèlerinage a Rome (1030). — Vers l'an 1030, ce prince résolut d'aller à Rome visiter les tombeau des apôtres, en expiation de tous les crimes de sa vie. Il partit en simple pèlerin, avec une besace sur l'épaule et un long bâton à la main. Ce fut sans doute pour perpétuer sa vénération envers le saint-siége qu'il fit revivre l'impôt qu'on avait établi d'abord sous le nom d'argent de Rome
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et que les invasions danoises avaient suspendu. Il l'appela le denier de saint IHeire et décréta qu'à l'avenir il serait payé annuellement par chaque maison habitée à la louange et gloire du Diea-Roi^ jour de la i'ète de saint Pierre.