‹ Précis élémentaire de l'histoire d'AngleterreChapitre 30 sur 140 · HARDICANUT OU CANUT II · texte numérisé non relu

HARDICANUT OU CANUT II

1. Election de Hardicanut. — A la mort de Harold, les Anglo-Saxons, n'osant pas encore choisir un roi de leur propre race, concoururent avec les Danois à l'élection de Hardicanut, fils d'Emma.

Le premier acte de royauté que fit le nouveau souverain fut d'ordonner qu'on déterrât le corps d'Harold et qu'après lui avoir coupé la tète on le portât dans la Tamise. Il ordonna ensuite une enquête sur le meurtre d'Alfred pour en rejeter l'odiciix sur les Anglais et justifier les Danois. Godwin, qui avait tenu dans cette circonstance une conduite plus que suspecte, fut sommé de comparaître. Il se présenta, selon la loi anglaise, accompagné d'un grand nombre de parents, d'amis et de témoins du fait, qui jurèrent avec lui qu'il n'avait pris aucune part, ni directe ni indirecte, à la mort du fils d'Ethelred. A cette preuve légale il ajouta de riches présents qui flattèrent la cupidité de l'avare monarque, et son innocence fut reconnue.

2. Exactions de ce prince. — Hardicanut avait pour l'argent un amour plus insatiable encore que celui des pirates ses aïeux. Il accabla l'Angleterre de tributs, mais il eut toujours soin de faire peser ses exactions uniquement sur la race anglaise. Au lieu de contribuer à payer l'impôt, les Danois se partageaient avec le roi toutes les sommes prélevées sur les Saxons et recevaient tantôt sept marcs d'argent et tantôt vingt marcs par tête. La demeure du Saxon était devenue l'hôtellerie du Danois; il y prenait gratuitement le feu, la table et le lit. Si quelque brave entreprenait de défendre ou de venger les opprimés contre les brutales vexations de leurs oppresseurs, il était poursuivi et traqué comme une bête fauve; sa tête était mise à prix comme celle des loups ; il devenait tête de loup, selon l'expression anglo-saxonne, et il ne lui restait plus qu'à se faire brigand et à chercher un asile dans les forêts.

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