RÉSULTATS DE CETTE CONQUÊTE. — Par l'éta
blissemenl de ces nouveaux fiefs, l'ancienne noblesse saxonne fut remplacée par la noblesse normande, et une ère nouvelle s'ouvrit pour l'Angleterre. Sans doute on ne peut trop déplorer les injustices, les violences et les maux qui accompagnèrent cette conquête, mais, quelque grandes qu'aient été les misères qu'elle produisit, elle n'en fut pas moins pour la nation anglaise Toccasion d'une régénération complète. Le gouvernement qui n'avaitpoint encore été nettemejit,constitué se trouva dès lors soumis à
se HISTOIRE D'ANGLETERRE.
des règles positives et certaines. Guillaume établit dans ses nouveaux États le système féodal, avec des modifications qui accrurent considérablement l'autorité royale. Ainsi il exigea le serment des arrièrevassaux aussi bien que des vassaux, il établit des impôts nombreux, et, sous prétexte de donner à la noblesse plus de liberté, il lui permit de se racheter de l'obligation d'aller à la guerre, par un tribut dont il se servit pour payer des soldais étrangers qu'il maniait à son gré.
L'union de la Normandie à l'Angleterre plaça dès ce moment cette dernière au rang des grandes nations de l'Europe. Jusqu'alors elle s'était tenue en dehors de tous les grands mouvements qui avaient agité l'Occident; désormais elle se sentit assez puissante pour disputer la prééminence à la France elle-même.
■4. Guerre contre la France. — La rivalité de ces deux nations éclata sous le règne même de Guillaume. Ce prince avait trois fils, Robert, Guillaume et Henri. Robert ne cessa de conspirer contre lui. Il trouva de l'appui dans Philippe I^*" qui était assis alors sur le trône de France, et qui avait vu avec peine le duc de Normandie, son vassal, agrandir sa puissance par la conquête. Las de lutter contre son fils, Guillaume méditait une expédition contre Philippe l*^"*, son prolecteur, lorsqu'une indiscrète et fade raillerie du roi de France acheva de le déterminer. Comme Guillaume était fort gros et qu'il gardait le lit depuis quelques jours, Philippe dit en riant : Qncmd donc ce gros homme accoucher a-t-il? Le duc blessé de cette raillerie lui fit dire que bientôt il irait faire ses relevailles à Notre-Dame de Faris avec dix mille lances en guise de cierges. En
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effet, il se mit en campagne pour se venger de son rival, assiégea Mantes et la brûla.
5. Mort de Gulllaume. — Les fatigues de cette guerre l'ayant rendu malade, il se fit transporter à Rouen où il mourut quelques jours après. Nulle fin ne fut plus triste que la sienne. Les médecins et tous ceux qui l'environnaient s'enfuirent aussitôt qu'il eut rendu le dernier soupir. Il n'y avait pas un seul de ses parents ni de ses officiers à-scs obsèques. Vn gentilhomme fit conduire son cadavre dans la basilique deSaint-Étiennede Caen, où il fut enterré sans recevoir aucun des honneurs dus à son rang.
QuESTJO^^A^r.E. — 1. Quelle fut la conduite de Guillaume envers les Saxons immédiatement après sa victoire? Quelle fut celle des Normands? 2. Quels effets produisirent leurs exactions ? Comment Guillaume traita-t-il luimême les rebelles? 3. Quels furent pour la nation anglaise les résultats de la conquête normande ? ■^ . A quelle occasion la rivalité de la France et de l'Angleterre éclata-telle? Quelle guerre fit Guillaume contre Philippe I*'î 5, Comment mourut Guillaume? Où fut-il enterré ?