‹ Précis élémentaire de l'histoire d'AngleterreChapitre 45 sur 140 · HENRI II. R · texte numérisé non relu

HENRI II. R

rûls de toutes les races occidentales, ol qu'il ne régnerait pas avec autant de partialité que ses prédécesseurs, l^n Angleterre, les Saxons curent cette espérance. A la vérité, il leur témoigna d'abord un vif intérêt, et parut disposé à rompre celte tradition de tyrannie qu'avaient perpétuée tous les rois normands ; mais bientôt on vit qu'il était du même sang que Guillaume le Conquérant.

2. Ses premières guerres. — Ses injustices lui suscitèrent plusieurs guerres. Son frère Geoffroy essaya d'abord de lui ravir TAnjou, et de l'obliger ainsi à tenir les promesses qu'il lui avait faites ; mais cette guerre ne fut pas très-sérieuse. Geoffroy n'avait pas de forces assez imposantes pour résister à 1 armée de race anglaise que Henri II envoya contre lui. Il dut accepter trois mille livres de pension en échange de son comté. Les Nantais s'étant donnés à lui, à sa mort, qui arriva en 1158, Henri II réclama la ville de Nantes comme son héritage et en déposséda Conan, comte héréditaire de Bretagne. Les Bretons indignés s'unirent avec les Manceaux et le roi de France, Louis VH, pour revendiquer leurs droits. Ils furent vaincus, et ceux qui s'étaient mis à la tête de la révolte virent leurs châteaux détruits et leurs biens confisqués.

3. TRAiTit DE MoNTMiRAiL (1159). — L'Aquitaiue et le Poitou imitèrent l'exemple que leur avait donné la Bretagne; ils se soulevèrent contre Henrill et cherchèrent un appui dans le roi de France. Louis Vil promit peut-être plus qu'il ne pouvait donner, car il n'accorda pas grand secours aux révoltés. La lutte qu'il eut à soutenir contre l'Angleterre ne fut signalée par aucun événement important; ce fut une série presque continuelle de

brouilleries et de raccommodement?, de trêves et de ruptures, de petites guerres et de légères escarmouches. Louis VII, las de toutes ces fatigues inutiles, conclut la paix avec le roi d'Angleterre, à Monlmirail, dansle Perche (H o9). Le roi de France garantit à Henri II la possession de la Bretagne, et en retour celui-ci se reconnut son vassai.

4. Saint Thomas Becket. — Thomas Becket était la lumière et le bras droit de Henri. Attaché à l'église de Cantorbéry, sans toutefois avoir reçu les ordres sacrés, il monta insensiblement en dignité, et Henri, frappé de ses talents, le fit son chancelier. Thibaut, archevêque de Cantorbéry, étant venu à mourir, le roi crut utile à son ambition de faire un archevêque de son premier ministre. Thomas refusa longtemps, parce qu'il savait que sa conscience ne pourrait souffrir les usurpations préméditées par Henri contre les droits du clergé. Néanmoins, sur les instances du monarque, Becket dut déposer les sceaux pour prendre la crosse primatiale (1161).

5. Lutte de saixt Thomas contre Henri H. — Tout à coup un changement s'opéra dans la vie du chancelier : il quittale faste de la cour, dont il se parait auparavant, pour embrasser la pauvreté apostolique. Il devint le père des pauvres, et résolut de défendre les droits de son Église. H redemanda donc à Henri tous les biens dont il l'avait injustement dépouillée. Le roi répondit par des statuts qu'il fit promulguer dans un synode à Clarendon (1164). Ces statuts ôtaient à l'Église d'Angleterre sa liberté, et confisquaient au profit de l'autorité royale toutes les dignités ecclésiastiques. Dans un premier instant de faiblesse, Thomaslessi-

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