EDOUARD III
1. Minorité d'Edouard III. — Quand Edouard Ifl fut proclamé roi d'Angleterre, il n'avait que quinze ans. On lui donna un conseil de régence composé de douze personnes. Mortimer avait eu l'habileté de s'en exclure, mais ilrfen fut pas moins la puissance invisible qui dirigeait les affaires et les exécutait. Tout jeune qu'il était, Edouard III comprit parfaitement ce qu'il avait à faire* Robert Bruce étant venu à mourir, il résolut de profiter de la minorité de David son fils qui lui avait succédé sur le trône d'Ecosse et de travailler en même temps à s'affranchir du ministre qui le dominait. 11 réussit contre Mortimer; le parlement le condamna à mort, et il fut pendu à un mille de Londres aux ormes de Tyburn où son corps resta exposé pendant deux joursi (1330). Mais il échoua en Ecosse devant les partisans de David qui défendirent leur liberté avec énergie et courage.
2. Rivalité de la France et de l'Angleterre. — A la mort de Charles le Bel, Edouard prétendit avoir des droits sur la couronne de France du cOté de sa mère. Mais on lui opposa la loi salique, et Philippe VI de Valois fut proclamé par toute la nation. Après la victoire de Cassel remportée par Philippe sur les Flamands, Edouard se désista de ses prétentions. 11 consentit à venir en personne faire hommage au roi de France pour son duché de Guienne. Cette humiliante cérémonie ne servit qu'à
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lui mettre le dépit danslecœur,etil se promit bien d'en tirer un jour une vengeance éclatante. L'occasion ne tarda pas à se présenter. En Flandre les cruautés du comte LouisII ayant mécontenté tous ses sujets, le bra?seur Jacques Artevelde poussa le peuple à la révolte et se mit à la tête des séditieux. Pour soutenir son parti, il engagea Edouard III à s'allier avec lui contre le roi de France. Ce prince reçut avec joie cette proposition. Une seule chose arrêtait les Flamands : c'était le serment qu'ils avaient fait de rester fidèles au drapeau français. Edouard les tira de cette difficulté en prenant le titre et les insignes de roi de France. Alorsles révoltés accoururent tous avec empressement sous ses étendards fleurdelisés.
3. Première guerre contre Philippe. — Bataille DE l'Écluse (1340). — Cette guerre qu'entreprenait Edouard plaisait à la noblesse et au peuple anglais. Tous les chevaliers avaient fait vœu de ne voir que d'un œil jusqu'à ce qu'ils se fussent illustrés en France par quelque prouesse. Ils parcouraient donc le Hainaut et toute la basse Allemagne avec un œil couvert de drap vert, cherchant partout des alliés. Philippe, deson côté, s'était uni à Jean III, duc de Bretagne, et les deux nations se préparèrent à une grande guerre. Les premiers succès furent pour le roide France; mais sa flotte, composée de cent vingt vaisseaux et de trente mille guerriers, fut entièrement détruite à l'Écluse (1340). Edouard marcha contre Tournai, où il échoua, et Robert d'Artois, qui s'avançait sur Saint-Omer, fut battu par le duc de Bourgogne. Les deux partis épuisés conclurent alors une trêve d'un an.