Reprise des hostilités. Affaires de Bretagne
96 illSTÛIRfc: D'ANGLETERRE.
(1341). — Ce qui ranima la guerre entre les deux nations, ce furent les troubles de la Bretagne. Le duc Jean III étant mort (1341), le comte de Montfort, son frère utérin, et sa nièce, Jeanne de Penthièvre, qui avait été mariée à Charles de Blois, se disputèrent sa succession. Montfort fut soutenu par l'Angleterre, et Charles de Blois par la France. Robert d'Artois, qui avait volé au secours du premier, trouva la mort au siège de Vannes, et Edouard le remplnça (1344). Dès lors la guerre devint directe entre les deux rois rivaux. Départ et d'autre enleva des subsides. Edouard imposa les laines, et Philippe établit la gabelle ou le monopole du sel, ce qui le fît appeler par ses ennemis l'auteur de la loi salique. Les premières attaques furent atroces et barbares. Le prince Jean ravtigea la Guienne pendant que les Anglais dévastaient laNormandie.Lesinsulaires s'avancèrent ensuite sur Paris, portant le fer et la flamme, ils incendièrent Saint-Germain, Ru eiI,Naiiterre, Saint-Cloud et Neuilly.
5. Bataille de Crécy et ses suites (134G). — Ils tremblèrent quand on leur annonça que Philippe marchait à leur rencontre avec une forte armée. Us se hâtèrent de battre en retraite, et furent heureux de pouvoir repasser la Seine et la Somme au moyen de la trahison et du stratagème. Philippe les assiégeait au pied d'une éminence qui s'élève à côté du village de Crécy, à trois lieues d'Abbeville (1346). C'en était fait d'eux s'il eûtsui\i les conseils de la prudence; mais n'écoutant que l'impaliencede sa fougue chevaleresque, il seprécipita sur leurs épais bataillons, et tout fut perdu. Onze princes, douze cents seigneurs ou chevaliers et trente mille soldats restèrent sur le champ de bataille. Après sa victoire
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Edouard aurait pu marcher sur Paris, mais il jugea plus prudent de se replier du côté de la mer pour s'en assurer l'empire, et il vint mettre à cet effet le siège devant Calais.
6. Bataille de Nevil's-Cross. — Prise de Calais (1347). — Pour faire diversion, Philippe engagea le roi d'Ecosse David A faire invasion en Angleterre et à profiter ainsi de l'absence d'Edouard. En effet, David envahit le Gumberland avec une armée déplus de trente mille hommes, mais les Anglais qui l'attendaient à Nevil's-Cross (la croix de Nevill),le vainquirent et le firent prisonnier. Cette victoire permit à Edouard de continuer le siège de Calais. Après un an derésistancelafaraine força leshabitantsà se rendre. Le dévouement d'Eustache de Saint-Pierre ne put que sauver les Français qui y étaient renfermés, maisn'empiîcha pas la ville de passer sous la domition anglaise; le brave Eustache lui-même prêta serment de fidélité aux insulaires. Après cette conquête, le souverain pontife Clément VI, qui ne désirait la paix que dans l'intérêt de l'Église, interposa sa médiation entre les deux peuples, et leur fit conclure une trêve d'un an qui se prolongea jusqu'en 13oo.
ï. Bataille de Poitiers (1356), — A l'expiration de cette trêve, Jean II, successeur de Philippe Vf, se disposa à reprendre les hostilités avec une nouvelle vigueur. 11 convoqua les états généraux et on y décida qu'on mettrait sur pied une armée de 90,000 combattants, pour résister aux immenses préparatifs que faisait de son côté le roi d'Angleterre. L'orage qu'on pressentait se leva tout à coup menaçant et terrible. Edouard entra en France par la Picardie, tandis que le prince Noir^ son fils, ravageait la Gascogne. La Normandie s'agita sous leg
9S histoirl: d'a^ngleteure.
menées perfides de Charles le Mauvais, roi de Navarre. Jean II, sans se déconcerter, se dirigea d'abord contre son gendre rebelle, pacifia le pays qu'il avait troublé, et enferma le Navarraisdans un château fort de la Picardie. Une révolte qui éclata en Ecosse contraignit en même temps Edouard à quitter le nord de la France. Il ne restait donc plus à combattre que le prince de Galles. Jean l'atteignit près de Poitiers, et bloqua tellement ses troupes qu'il lui était impossible d'échapper. 11 eût suffi, pour l'obliger à se rendre, de le tenir encore un jour dans le lieu où on l'avait cerné. Malheureusement il n'était pas dans le caractère du roi de rester en face de l'ennemi sans le combattre. 11 ordonna l'attaque avec irréflexion, et les troupes françaises furent entièrement défaites; Jean tomba entre les mains du vainqueur, qui se montra digne de sa gloire en rendant les plus grands honneurs à son royal captif (1356).
8. Conduite d'Idouard III envers le roi d'Ecosse ET LE ROI DE France. — Édouard III se trouvait maître du roi de France et du roi d'Ecosse. Il voulut tirer de ses victoires le plus grand parti possible. 11 rendit la liberté à David Bruce à condition qu'il observerait une trêve de dix années consécutives^ et qu'il lui compterait en vingt payements de six mois en six mois une somme de 100,OiiO marcs. David II mourut dans l'intervalle (1370). Mais ce traité, qu'on a appelé la grande trêve, fut religieusement observé par Robert II son successeur.
A l'égard de Jean II, Édouard se montra d'abord très-exigeant;mais son armée ayant essuyé plusieurs revers, il rendit la liberté au roi, à condition qu'il lui laisserait en pleine souveraineté Calais, le Pon-