‹ Précis élémentaire de l'histoire d'AngleterreChapitre 73 sur 140 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

HENRI VIII. — DEPUIS LE COMMENCEMENT DE SON RÈGNE jusqu'à SON DIVORCE (1509-1527).

1. Commencements de ce règne. — Henri VHI monta sur le trône à l'âge de dix-huit ans, et commença son règne sous les plus heureux auspices. L'Angleterre, fatiguée de l'ennui et de la tristesse du dernier règne, salua avecbonheurles premières années d'un prince qui se montra tout d'abord agréable, généreux et populaire, aimant avec passion les sciences elles lettres. Il débuta par une alliance avec le pape Jules II, et entra dans la sainte ligue qui avait pour objet de chasser les Français d'itahe. Il avait mis à la disposition de son beau-père, Ferdinand le Catholique, une armée de douze mille hommes qui avait pour mission de pénétrer en Guienne. Maisle roi d'Espagne ayant voulu avant tout s'emparer de la Navarre, les Anglais refusèrent de servir ainsi son ambition personnelle et se retirèrent sans avoir rien fait.

3. Guerre contre la France. — Après la mort de Jules II, Henri VIII s'unit à l'empereur Maximilien et reprit ses projets contre la France. Il mit le >:iége devant Térouane et remporta sur la cavalerie française qui avait cherché à jeter du secours dans cette place, une vicloire restée célèbre dans nos annales sous le nom de la Journée des rperons, parce qu'une panique s'étant emparée des combattants, ils firent beaucoup moins usage de leurs armes aue de

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leurs éperons. Térouane tomba en son pouvoir et fut détruite de fond en comble. 11 prit aussi Tournai, et après cette conquête il fit sa puix avec Louis XII en lui donnant en mariage sa sœur Marie.

3. Bataille de Flodden (1513). — Pendant qu'il faisait la guerre à Louis XII, Jacques IV, roi d'Ecosse, avait envahi son royaume dans l'intérêt du roi de France son allié. Il avait pris rapidement les places frontières de Norham, de Wark, et peut-être auraitil obtenu de plus grands succès s'il ne se fût arrêté nutilement dans le château de mistriss Héron. Ce retard donna aux Anglais le temps de former une armée, et le comte de Surrey,T]iomas Howard vint lui offrir la bataille près de Flodden. C'était le 9 septembre 1513. Jacques IV fut vaincu, mais il était si aimé de ses sujets que toute l'armée se fit égorger pour lui. Les Anglais trouvèrent étendus à ses côtés deux évoques, deux abbés mitres, douze comtes, treize lords, cinq fils aînés de pairs et une multitude de nobles.

4. Henri VIII et l'Empire. — Se voyant au comble de la gloire, Henri Vlll songea tout d'abord, après la mort de l'empereur Maximilien (loi 9), à se mettre sur les rangs pour disputer à François i°r et à Charles-Quint la couronne impériale. Mais ne se sentant pas des ressources suffisantes^ il préféra faire acheter son alliance par l'un de ces deux rivaux. Qui je défends est maître, telle était sa devise. Aussi vit-on les deux premiers monarques de l'Europe épuiser tous les secrets de leur politique pour le séduire. François l'^'" ne sut que l'éblouir dans l'entrevue qu'il eut avec lui au camp du Drap d'or entre Guineset Ardres,mais Charles-Quint en fit son aUié

à Gravelines et se l'attacha en flattant la vanité du cardinal de Wolsey, son premier ministre.

5. Grandeur de Wolsey. — Wolsey était fils d'un riche boucher d'ipswich. Il a\ait été d'abord simple chapelain de Henri VII, mais à force d'habileté et de finesse il avait su s'élever à la première dignité du royaume. Henri VIII lui était très-attaché, parce qu'il avait su le captiver en flattant ses goûts et en partageant ses plaisirs. Charles-Quint qui avait devmé son ambition lui montra la tiare en perspective et lui donna l'espérance de le placer un jour à la tête de toute la chrétienté. A la mort de Léon X il continua ses rêves d'ambition, parce qu'Adrien VI son successeur était un vieillard dont le règne ne pouvait être fort long. Mais après l'élection de Clément Vil, il comprit que Charles-Quint l'avait trompé, et il résolut de satisfaire savengeance le plus tôt qu'il pourrait.

6. Ligue contre Charles-Quint (1527). — L'occasion ne tarda pas à se présenter. Charles-Quint ayant fait prisonnier François I^' à la bataille de Pavie, sa fortune le rendit fier et dédaigneux envers Henri VIII. Il ne prit plus la peine de lui écrire de sa main, et il blessa sa susceptibilité en ne signant plus comme auparavant votre affectiomié fils et cousin. Wolsey, qui avait à venger ses injures personnelles,envenima le ressentiment du roi d'Angleterre, et l'engagea à se déclarer contre l'empereur pour le roi de France. Cette défection amena le traité de Madrid qui rendit la liberté à François I^' (1526). Henri VIII fut Tannée suivante déclaré protecteur d'une ligue quefirent contre Charles-QuinI, les Vénitiens, Clément Vil, François I" et plusieurs petits Etats d'Italie (1527). Il ne lui prêta guère que son

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appui ; car à dater de ce moment il fut occupé tout entier par les difficultés que lui suscitèrent à l'intérieur de son royaume son divorce et son schisme.

Questionnaire. — 1. Sous quels auspices Henri VHI commença-t-il son règne? Quel fut son premier acte politique dans ses relations avec les puissances étrangères ? 2. Avec qui fit-il alliance contre la France ? Quels succès remporta-t-il dans cette guerre ? Comment se termina-telle? 3. Pourquoi Jacques IV envahit-il ses Etats? Où ce prince fut-il vaincu ? Quelle perte firent les Ecossais ? 4. Henri VHI brigua-t-il l'Empire ? Quelle fut son attitude à l'égard de ses deux rivaux? Comment Charles-Quint le gagna-t-il? 5. Quelle avait été la fortune de Wolsey? Quelle promesse lui fit Charles-Quint ? A quelle époque reconnut-il qu'il avait été dupe? G. En quelle circonstance se détacha-t-il de Charles-Quint? Pour quels motifs? Quelle fut alors la conduite de Wolsey ? Quel rôle joua Henri VIII dans la ligue qui se forma contre l'empereurî

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