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CHAPITRE V

MARIE (ioo3-loo8).

1, Triomphe de Marie sur Jeanne Gray (1553), — La nation anglaise ne vit dans le testament d'Édouard que le jeu de l'ambition de Warwick, qui avait alors le titre de duc de Northumberland. On

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ne concevait pas comment on pouvait remettre la couronne à la petite-nièce de Ilcnri Yll, du vivant de SCS deux filles Elisabeth et Marie. Cependant Norlhumberland, décidé à faire violence à l'opinion publique, alla, suivi de plusieurs seigneurs, annoncer à Jeanne Gray la mort d'Edouard et son élévation au trône .

Marie, pendant ce temps, s'entoura de ses amis, et, ayant fait un appel aux troupes, elle sévit, au bout de quelques jours, à la tête d'une armée de 30,000 hommes. Norlhumberland en avait moins; cependant avec de l'activité il eût pu détruire en un instant cette armée rassemblée à la hûte, qui manquait de discipline et d'expérience. Mais il futetTrayé parles clameurs qui lui arrivaient de tous les points du royaume, et ses craintes ayant gagné ses soldats, il fut obligé de venir lui-même à Londres reconnaître, les larmes aux yeux, pour légitime souveraine, celle qu'il aurait voulu déposséder de ses droits.

2. Clémence de Marie. — On avait donné à Marie, le jour de son triomphe, une Kste de vingt-cinq personnes qu'on désignait comme comphces de la révolte de Norlhumberland. Sur-le-champ elle la réduisit à onze, et elle n'en livra ensuite que sept à la justice. Norlhumberland et ses deux principaux conseillers furent seuls condamnés à mort. Elle fit grâce à Jeanne, parce qu'elle savait qu'elle n'avait été que l'instrument del'ambition de son beau-père.

3. Mariage de Marie (1o34). — On admira dans Marie tant de justice et tant de clémence, surtout après les orages des derniers règnes.Commeellene s'était conduite dans cette circonstance que d'après les conseils de Charles-Quint, elle se sentit une vive affection pour cet illustre empereur, et préféra son

fils Philippe, infant d'Espagne, à tous les partis qui briguèrent sa main. Les Anglais n'avaient que de l'éloigiiement pour un mariage qui les devait mettre en guerre perpétuelle avec la France. Gardiner et tous les autres conseillers firent à Marie de sages remontrances ; mais elle persista.

4:. Mort de Jeanne Gray. — Alors des révolutions éclatèrent sur divers points du royaume. Thomas Woattdansle comiéde Kent, et Pierre Carew dans le Devonshire, se mirent à la tête des rebelles. Le père de Jeanne Gray, le duc de Suiïolk, se rangea de leur parti dans l'espérance de voir sa fille monter sur le trône. Elisabeth trempa dans cette conspiration, mais Marie se montra ferme et calme au milieu des dangers, et étouffa la rébellion. Elle pardonna à sa sœur Elisabeth ; mais elle fit périr Guildford et Jeanne Gray, pour que leur nom ne fût plus à l'avenir le signal d'aucune faction.

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