JACQUES I
ces faibles moyens ne purent suifire à ses prodigalités, et il fut obligé de convoquer les chambres une seconde fois. Elles parurent animées d'un esprit encore plus hostile, et furent dissoutes deux mois après leur réunion.
4. Nouvelles fautes de Jacques 1®'. — Au lieu de travaillera comprimer le mécontentement général, Jacques I" ne fit qu'irriter le peuple par ses maladresses, et ses ministres se déshonorèrent par leurs scandales. 11 froissa lui-même la nation en s'alliant avec l'Espagne, indigna les Ecossais par le mépris avec lequel il les traita en plein parlement, et souleva tout le monde en ordonnant la mort de Walter Raleigh, qui avait, à la vérité, conspiré contre lui, mais qui s'était acquis une réputation immense par ses découvertes d'outre-mer.
5. Sa conduite en Irlande. — Plusieurs historiens ont loué l'habileté de Jacques 1" dans le système d'administration qu'il adoptapour l'Irlande; pourtant là comme ailleurs il ne se distingua que par ses fautes et ses vexations. Les catholiques avaient d'abord espéré de lui un adoucissement à leurs maux; mais, trois ans après son couronnement, il prononça la peine de mort contre tous les prêtres catholiques qui resteraient dans l'île, et menaça de la prison et des amendes ceux qui refuseraient de pratiquer la religion réformée. Pour empêcher larévolte, il imagina de mettre des colons dévoués dans toutes les terres que la couronne possédait dans le Nord, et de tenir ainsi en bride la population entière. Ce moyen lui ayant réussi, il voulut ensuite l'étendre à toutes les autres provinces; à cet effet il fit réviser les titres des propriétaires, et trouva que la plupart de leurs biens lui appartenaient. Cette bar-
bare expropriation, qui devait avoir pour résultat d'arracher à l'Irlande sa foi et ses possessions, ne servit qu'à aigrir le peuple et à préparer d'épouvantables révolutions.
6. Sa politique extérieure (1621-1624). — Jacques avait marié sa fille à l'électeur palatin qui accepta la couronne de Bohème. Il aurait voulu défendre son gendre contre l'empereur Ferdinand II et prendre ainsi part à la guerre de Trente ans, mais il manquait d'argent, et il voulait d'ailleurs ménager la maison d'Espagne étroitement unie a\ec la maison d'Autriche, parce qu'il aurait désiré la main d'une infante pour son fils le prince de Galles. Toutes ses ressources se trouvant épuisées, il convoqua un nouveau parlement pour en obtenir des subsides. Cette assemblée condamna comme coupable de concussion et de vénalité, le célèbre chancelier François Bacon, dont le nom est si célèbre parmi les savants. Mais dans la session de 1622 les communes se montrèrent si arrogantes, que Jacques I"cassa l'audacieux parlement, en lui défiindant de jamais discourir sur les matières politiques.
î. Dernières actions de Jacques I"(I624). — Jacques I^"" n'ayant pu obtenir pour son fils la main de l'infante qu'il désirait, n'eut plus pour l'Espagne les ménagements qu'il avait gardés jusqu'alors. Use disposa à lui faire la guerre. Les Anglais qui la souhaitaient depuis longtemps lui accordèrent tous les subsides nécessaires. Il envoya 10,' Oo hommes au prince Maurice de Nassau pour soutenir l'électeur palatin et se trouva dès lors engagé dans la lutte. Ses pensées se tournèrent du côté de la France. 11 négocia le mariage du prince de Galles avec la sœur de Louis Xlll, Marie-Henriette, mais il mourut