‹ Précis élémentaire de l'histoire d'AngleterreChapitre 87 sur 140 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

CHARLES I®'. — DEPDIS SON AVENEMENT JUSQU'aU COM- MENCEMENT DE LA GUERRE CIVILE (1625-1642).

1. Situation difficile de Charles I«'. — A la mort de Jacques 1", par suite de toutes les fautes qu'il avait faites, l'avenir se montrait gros de tempêtes. Lescommunes et l'aristocratie anglaise avaient hâte de secouer le despotisme royal; l'Ecosse en voulait aux Stuarls parce qu'ils la négociaient, et l'Irlande prenait une attitude menaçante. Charles \" ne comprit pas assez les difficultés de sa position. Il était vertueux, ne manquait ni de talents ni d'énergie, mais il se trouva jeté dans des circonstances si ex-

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traordinaires, qu'il parut souvent incertain et flottant dans ses résolutions. Son règne renferme en quelque sorte trois phases ; d'abord il voulut régner avec les parlements, puis il régna seul, et se précipita enfin dans la guerre civile dont il fut victime.

^. Charles 1^^ gouverne avec les parlements ( 1 625- 1630). — Ces parlementsétaientremplis de puritains qui ne pardonnaient pas à Charles I" sont attachement à l'anglicanisme, et qui mirent toutes leurs concessions à un très-haut prix. Le premier parlement qu'il convoqua demanda le redressement de tous les griefs, et ne vota des subsides qu'avec la plus grande parcimonie. Les communes, où dominaient les sam^>^, ainsi que s'appelaient les puritains, attaquèrent les ministres du roi avec si peu de ménagement qu'il les fallut dissoudre.

Le second parlement fut encore moins soumis. Les communes accusèrent directement Buckingham de dilapidation, d'injustice, de spoliation et de régicide, prétendant qu'il avait donné du poison à Jacques I^^. Charles s'irrita sans rien gagner, et dut user des mesures les plus violentes pour obtenir quelque argent. Ce fut cependant dans ces conjonctures qu'il commitla faute d'envoyer des secours aux protestants français. Son beau duc de Buckingham vint se couvrir de confusion au siège de la Rochelle, et les dépenses de la guerre nécessitèrent un troisième parlement. Ajournant toute discussion, les députés présentèrent au roi, sous le titre de pétition des droits, une adresse où ils revendiquaient toutes les Hbertés publiques, dont ils devaient jouir après avoir traversé toutes les horreurs d'une révolution sanglante. Charles I^'" promit toutjObtint des subsides; mais les réclamations des

CHARLILS I". iG9

communes contre Buckingham l'obligc'rent à casser de nouveau cette assemblée, qui cherchait à le dépouiller de sa puissance. Un quatrième parlement s'étant montré encore plus rebelle, il fît la guerre avec la France et l'Espagne, et résolut alors de gouverner seul.

3. Charles I" règne seul (1630-1640). ~ Il annonça son dessein par des proclamations, et se mit en mesure de se procurer par lui-même l'argent dont il avait besoin. Catholiques et puritains furent persécutés, et leurs amendes enrichirent le trésor. On dépouilla les Ecossais de tous les biens ecclésiastiques que les derniers régents avaient aliénés. En Irlande, on obligea les catlioliques à racheter leur vie par des sommes énormes. Toutes ces vexations frappèrent l'imagination des peuples. On ne parlait que de la vénalité des cours de justice, chacun voulait s'enfuir en Amérique, et l'Angleterre se fût dépeuplée si le roi n'eût interdit l'émigration. Au moment où ce décret fut rendu, on arrêta dans la Tamise huit vaisseaux prêts à lever l'ancre, où se trouvaient Prynn, Hampdenet Cromwell. Le procès et la mort des deux premiers indignèrent le peuple, et Cromwell se prépara à diriger le mouvement insurrectionnel qui devait venger tant d'injustices.

4. RÉVOLTE d'Edimbourg (1637). — Les premiers soulèvements se manifestèrent en Ecosse. Quand l'évêque d'Edimbourg entreprit d'introduire la liturgie anglicane dans sa cathédrale, tous les puritains insultèrent le clergé et les magistrats. Charles n'ayant pas voulu céder, ils jurèrent entre eux un covenant ou parti d'alliance, et s'engagèrent à défendre jusqu'à la mort ce qu'ils appelaient la vraie religion et les libertés du royaume. Ce covenant fut

partoutaccueiHi avec enthousiasme, et en un instant toutes les villes tombèrent au pouvoir des insurgés. Charles I^' dirigea une armée contre eux, mais ses soldats refusèrent de combattre leurs frères. 11 se résigna à octroyer aux covenantaires toutes leurs demandes, s'en retourna en Angleterre, et, sur l'avis de son conseil, il convoqua un cinquième parlement.

5 . Le long parlement amène la guerre civile (1640-16+2). — Ce parlement ne connut point de bornes. Chaquejour on déclamait sur la misère publique et surla violation de toutes les libertés: des pétitions affluaient pour exciter les saints à purger l'Eglise et à réformer l'Etat. Les deux ministres du roi, Laud et Strafford, furent exécutés. Dèslors le parlement se proclama inamovible, il préleva et répartit les subsides. Les communes s'emparèrent môme exclui=ivement du pouvoir, et nommèrent, de leur propre autorité, un conseil de guerre pour régler les affaires de l'Irlande. Charles, effrayé, tenta un coup d'Etat, en ordonnant l'arrestation des cinq membres les plus séditieux. 11 échoua dans son entreprise, et la guerre commença entre le roi et la nation ( 1 642).

Questionnaire. — 1. Quelles étaient les difficultés de la situation à lavénement de Charles I"? Ce prince les comprit-il? Quel était son caractère? Quelles furent les grandes phases de son règne ? 2. Que fit le premier parlement ? Que demanda le second ? Pourquoi en convoqua-t-il un troisième? Qu'est-ce qui l'obligea à le casser? Quel fut le caractère du quatrième parlement? 3. Quelle fut l'administration de Charles pf, lorsqu'il eut pris la résolution de régner seul? Quel effet produisirent ses vexations? Quel décret renditil pour empêcher l'émigration? 4. A quelle occasion y eut-il révolte à Edimbourg? Qu'est-ce que le covenant?

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