CIVILE
1 . Force respective des deux partis. — Dans le commenoemeat de la guerre, Charles avait pour lui la noblesse, la haute bourgeoisie, les anglicans etles catholiques, malgré les persécutions qu'il leur avait fait essuyer. Mais tous ces royalistes n'étaient point parfaitement unis. Charles se défiait des catholiques, et les nobles, énervés par les jouissances etles plaisirs, ne lui offraient pour la guerre que de faibles ressources. Le parlement avait pour lui les fermiers, les laboureurs etles artisans. Un fanatisme aveugle les animait, et ils étaient prêts à tout sacrifier pour le renversement du trône et la conquête de la liberté. Leurs femmes donnèrent jusqu'à leurs anneaux et leurs bijoux, et leurs offrandes furent si abondantes qu'il fallut les prier d'en retirer une partie.
2. Premiers succès du roi (1642). — Les parlementaires occupaient surtout les comtés de l'est, du centre et du sud-est, et les alentours de la capitale. Les royalistes dominaient dans les comtés du nord et de 'ouest. La première bataille, livrée à Edge-Hill dans la vallée Rouge, se décida en faveur du roi. 11 remporta encore divers avantages dans les provinces du nord, gagna quatre nouvelles batailles
par ses généraux dans l'ouest, et eût pu s'emparer de Londres, s'il ne se fût arrûté au siège de Glocester. Ce retard le contraignit à s'engager dans une affaire très-sérieuse à iNe^vbury où il fut défait (1643).
3. Bataille de Marstox-Moor (1644). — Après ce succès, les parlementairess'engagèrent à détruire l'épiscopat, et s'unirent aux Ecossais qui leur fournirent un secours de 20,0U0 hommes. Le roi, de son côté, fit alliance avec les catholiques d'Irlande, et la guerre se montra toujours plus terrible. Les deux armées se rencontrèrent près de Marston-Moor. On se battit avec une fureur inouïe. Le comle palatin Robert, qui commandait les royalistes, était victorieux à l'aile droite ; mais les soldats de Gromwell percèrent son armée de l'autre côté, et l'entraînèrent dansla déroute avec tant de vaillance, qu'on les surnomma sur le champ de bataille Cô/es de fer.
•4. Puissance de Gromwell. — Gromwell, qui commença dès lors à remplir l'Angleterre du bruit de son nom, s'était déjà distingué dans les tumultueuses assemblées des communes par ses violences et ses excès. Ayant reçu d'elles le brevet de capitaine, il s'était formé une compagnie de volontaires qu'il avait remplis de sa fougue et de son exaltation révolutionnaires. Quelques actions d'éclat lui valurent ensuite le grade de colonel, et il réunit autour de lui une troupe de fanatiques qui, tout en prétendant n'avoir que la crainte de Bien devant les yeux, se faisaient les esclaves de toutes les volontés de leur chef. G'est de ce régiment que sortirent tous les officiers des rebelles, quand, après la victoire de Marston-Moor, Gromwell se trouva lui-môme investi de la puissance du parlement.