‹ Précis élémentaire de l'histoire d'AngleterreChapitre 89 sur 140 · CHARLES · texte numérisé non relu

CHARLES

5. Division du parlement. — Dans ce moment si grave et si décisif, les parlementaires faillirent se perdre en se divisant. Une faction qui grandissait depuis longtemps dans l'ombre se manifesta tout à coup sous le nom d'indépendants. Les presbytériens, en attaquant l'épiscopat, faisaient au moins leurs réserves en faveur de la royauté. Les indépendantSj qui s'appelèrent aussi 7i<De/eur5, ne voulaient ni prêtres, ni symbole, ni cérémonies, ni culte autre que la communication de l'Esprit-Saint, et ils prêchaient l'égalité entière dans l'ordre civil; point de roi, point de lords, nulle distinction sociale. Cromwell se mit à leur tête, et écarta par le moyen du bill d'abnégation (i) tous les magistrats et tous les officiers qui lui faisaient ombrage.

6. Victoire décisive de Naseby (1645). — Le chevalier Fairfax reçut du parlement le commandement des troupes. C'était un homme de peu de mérite que Cromwell avait fait nommer pour se rendre nécessaire et échapper au bill d'abnégation. En effet, Fairfax demanda que Cromwell fût continué dans sa charge de lieutenant général pendant quarante jours. Cromwell en profita p(Tur remporter sur les royalistes la brillante et décisive victoire deNaseby (i 4 juin). Ce succès lui fit obtenir de nouveaux délais, et il garda indéfiniment son pouvoir.

Ç. Captivité DU ROI (i646). — Toutes les espérances du roi furent en môme temps ruinées. Le comte Robert, le prince de Galles et Montrose éprouvèrent des revers à Bristol, dans le comté de

(1) On appela ainsi un décret par lequel tous les membres du parlement se dépouillèrent de leurs emplois civils ou militaires en preuve de leur désintéressement,

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Cornouailles et en Ecosse. Charles, qui reçut à Oxford ces fâcheuses nouvelles, craignit de tomber entre les mains des rebelles et d'orner leur triomphe. Il résolut de se confier à la générosité des Écossais; mais au lieu d'en obtenir le touchant accueil que mérite l'infortune, il fut traité en captif et livré aux Anglais pour 400,000 livres sterling (30 janvier 1647).

8. Rôle de Cromwell (1647-1648). — Charles ne fut plus qu'un instrument que les presbytériens et lesindépendants se disputèrent. Cromwell s'empara de sa personne, sans même en avertir Fairfax, et quand il se vit accuser à la chambre des communes, il protesta de son dévouement à In patrie, parla de l'armée, de ses amis, de ses ennemis avec tant de chaleur et d'enthousiasme qu'il eût pu faire enfermer ses accusateurs dansla Tour. 11 y eut pourtant une réaction en faveur du roi ; mais Cromwell comprima tous ces mouvements de révolte, et s'assura de Charles en le séquestrant dans l'île de Wiglit. Les Écossais, honteux d'avoir lâchement trahi leur maître, coururent aux armes. Cromwell les battit en toutes rencontres, revint triomphant à Londres, et purgea, comme il le disait, la chambre des communes en proscrivant tous les membres qui ne lui étaient pas dévoués.

9. Condamnation de Charles I" (1649). — Ceux qui restèrent se montrèrent si serviles, que le mépris populaire leur donna le nom de Rump (croupion).CefutceRump quimitenjugpmentCharlesI" et qui le déclaTai traître, tyran et meartner. « Quand il fallut signer l'ordre fatal, on eut grand'peine à rassembler les commissaires, Cromwell, presque seul gai, bruyant, hardi, se livrait aux plus gros-

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