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CHAPITRE IV

DE l'Angleterre depuis la mort de Charles i^'

jusqu'à la restauration des STUARTS. — CROM- WELL (1649-1 6G0).

1. État de l'Angleterre a la mort de Charles i«' (1649). — Après l'exécution de Charles l^'", les trois royaumes se trouvèrent dans la plus horrible confusion. Le fanatisme religieux exalta les nombreuses sectes qui couvraient la surface des îles Britanniques, et chacun conçut à sa façon un plan de gouvernement. Les millénaires voulaient la loi agraire, en attendant la venue prochaine du Christ. Les antinomiens se déclaraient contre toute espèce de lois ; la dépravation, l'ivrognerie, leblasphème, tout leur paraissait vertu, comme si le Seigneur faisait tout en nous. Les gwa/iers réclamaient l'abolition

de tous les cultes, et les niveleurs se faisaient soldats ou voleurs de grand chemin. Au milieu de ce désordre, on proclama la république, etCromwell, maître de l'armée, sut s'imposer pour chef à tous les partis.

2. Soumission de l'Irlande (l649-i6Du). — La catholique Irlande refusant de sanctionner le régicide, Cromwell marcha contre cette malheureuse contrée. Elle avait été si tristement ruinée par le fléau de la guerre civile, qu'il y avait dans son territoire de grands espaces incultes et désolés qui ressemblaient à des déserts. Néanmoins ses habitants, royalistes décidés, protestèrent avec un héroïque courage contre lesmeurtriers de Charles I". Cromwell, indigné de leur vertu, se précipita sur eux moins en conquérant qu'en exterminateur. 11 versa le sang à ilôts, massacra prûtres, soldats, royalistes, Anglais et Irlandais, et se mit à dépeupler lîle pour la soumettre. Tout le sol irlandais, légalement confisqué, fut partagé, vendu ou donné. C'était la monnaie que l'on distribuait à l'armée pour solder ces horreurs. Les cathohques, proscrits en masse comme rebelles, furent obligés d'émigrer. On leur assigna pour retraite la province deConnaught que la contagion et le meurtre avaient rendue déserte, et, quand on les eut parqués dans cette misérable contrée, on plaça autour d'eux un cordon de troupes et de poteaux, et on leur défendit à tous, hommes, femmes, enfants, sous peine de mort, de jamais sortir de cette enceinte.

3. Guerre d'ÉcossE (i6c0-l6oi). — Après ces atrocités, Cromwell passa en Ecosse, où Charles II venait d'être reconnu roi. Il défit les royalistes à Dunbar, et entra vainqueur dans Edimbourg.

i78 HISTOIRE D'ANGLETERRE.

Charles II, désespéré par ce revers, prit dans sa détresse une résolution extrême. Il se jeta en Angleterre pendant que Cromwell pénétrait en Ecosse, espérant trouver du secours dans les contrées du Nord. Mais la crainte glaça tous les courages, et il ne put réunir autour de lui que 12,000 hommes. Crom^vell avec des forces bien supérieures l'atteignit à Worcester. La bataille se donna le jour anniversaire de celle de Dunbar (3 septembre 1651), et le même succès couronna les armes du régicide. Charles II, voyant ses soldats prendre la fuite, s'écria : Tuez-moi donc, plutôt que de me laisser vivre pour voir tes funestes suites de cette journée. Mais il ne put les rallier, et il fut obligé de s'enfuir lui-même. Après six semaines d'une course aventureuse, le 17 octobre il toucha la côte hospitalière de France et débarqua à Fécamp en Normandie.

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