‹ Précis élémentaire de l'histoire d'AngleterreChapitre 95 sur 140 · CHARLES II · texte numérisé non relu

CHARLES II

sures excitèrent partout une grande agitation. Le 24 août, deux mille ministres presbytériens renoncèrent en Angleterre à leurs bénéfices, et c'est ce qu'on appela l» Saint-Barthélémy des pri'Shytériens . En Ecosse, il y eut des menaces de rébellion, et on eut recours à la force pour les emp(}cher d'éclater. 3. Fautes de Charles II (1662-1070). — Charles II, depuis ce moment, s'aliéna de plus en plus les esprits. Passant sa vie au milieu des fêtes et des plaisirs, il dissipa ses revenus en folles dépenses, et se fit mépriser en donnant lui-même l'exemple de la plus scandaleuse immoralité. Il reprit pourtant la guerre contre les Hollandais, que Cromwell avait rudement châtiés ; mais les événements n'ayant pas tourné à sa gloire, il attribua ses revers à son chancelier Glarendon, dont le seul crime était de condamner la corruption de la cour par l'austérité de ses mœurs. Il lui retira les sceaux, et confia le soin de ses affaires à un conseil composé de cinq ministres corrompus : ClifTord, Àshley, Buckingham, ArlingtonetLauderdale.Lebonsensdupeuple forma le mot cabnl^ avec les lettres initiales de ces intrigants, et ce nom leur est resié. Ces ministres renvoyèrentle parlement qui s'était montré hostile envers le roi, et inspirèrent à Charles II le dessein de rendre son autorité absolue comme celle de Louis XIV. C'était la plus grande erreur qu'on pût commettre ; en Angleterre, les idées de liberté étaient trop avancées pour que la nation se prêtât jamais à cette forme de gouvernement. Néanmoins Charles II n'eut pas assez de perspicacité pour le comprendre, et, sans respect pour l'opinion, il ne craignit pas de se séparer de la triple alliance conclue à la Haye contre la

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France,pour s'unir à Louis XIV, qu'il avait pris pour modèle (1670).

4:. Serment du test (1673). — Quoiqu'il eût tout à craindre du parlement, les frais de la guerre épuisèrent tellement son trésor en deux ans, qu'il fut obligé de le convoquer pour obtenir des subsides. Ce parlement lui accorda toutes ses demandes, mais en retour il lui imposa le fameux bill du teit ou de l'épreuve, par lequel tout officier public devait5indépendamment du serment d'allégeance ou de fidélité, jurer qu'il ne croyait pas à la transsubstantiation du pain au corps de Notre-Seigneur dans le sacrement de la cène. Ce serment avait pour but d'exclure des emplois tous les catholiques et de fermer le chemin du trône au duc d'York, frère de Charles II, dont on connaissait l'attachement à l'Église romaine.

5. iSOD\'ELLES MANŒUVRES CONTRE LES CATHOLI- QUES (1678). — Un des membres delacabale,Ashley, devenu lord Shaftesbury et chancelier, enflamma cette persécution des catholiques parla plus indigne manœuvre. Un certain Titus Oatès, mendiant décrié qui avait été de toutes les sectes et avait apostasie toutes les religions, s'était fait chasser à cause de son inconduite du collège des jésuites de Saint-Omer; poussé par Ashley, ce misérable dénonça au parlement un complot absurde, qui aurait été tramé par les catholiques d'Angleterre et ses anciens maîtres. Il prétendit que le P. d'Oliva, général des jésuites, était envoyé en Irlande par le saint-siége pour y faire massacrer tous les protestants; il affirma même qu'on devait faire mourir Charles II par le poison, afin de donner la couronne au duc d'York, qui s'était engagé à ruiner toutes les

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