II. Les Stalactites sont une forme irrégulière sous la
quelle on rencontre certaines substances minérales et en particulier le carbonate calcaire. Ce sont des espèces d’aiguilles ou de masses quelquefois très-volumineuses , cylindroïdes ou conoïdes, qui pendent à* la voûte deft parités souterraines, et qui sont formées par l’irçfiltration d’un liquide chargé de particules pierreuses. On peut se faire une idée très-exacte dé leur formation , en lés comparant à ces glaçons qui Se forment au bord de nos toits pendant l’hiver. . Ces stalactites exis : tent particulièrement dans les terrairis calcaires, et fréquemment on les voit se former et s’accroître graduellement. • '. * j • j
Les fa*ffeuses grottes d’Ântiparos , dont Tournefort nous a donné la dêscription dans son voyage au Levant, les grottes qui environnent la cascade de Terni dans les États Romains, offrent ‘des exemple» de stalactites dé toutes les formes et de toutes les dimen'sions. ■ .
III. Les Stalagmite* se développent communément en même temps que les stalactites; elles sont produites par Ie3 gouttes de liquide chargés de sels qui tombant des voûtes souterraines et déposant à terré les particules qu'elles contiennent , y forment des conches mamelonnées. Assez souvent elles prennent assez d’accroissement pour se joindre aux stalactites et consti-
tuer ainsi des espèces de piliers qui soutiennent la voûte. Quelquefois les stalagmites sont formées par les dépôts de rivières ou de ruisseaux dont de* eaux sont chargées de molécules calqures. Elles constituent alors des masses très-étendues. Ainsi la pierre nommée travertin, et dont sont construits presque tous les monumens de Rome , est formée par les dépôts de l’Aniô, rivière qui coule au pied des montagnes de Tivoli.
IV, On appelle Oolithes des pierres plus ou moins globuleuses, cqmposées de couches concentriques superposées. Les oolithes paraissent devoir leur formation à Je petits fragmens de pierres, qui suspendus dans dqs eaux incrustantess'y recouvrent successivement de plusieurs couches de matières calcaires. Quand elles sont très- petites, on leur donne le nom de pisolithes. On en trouve dans les eaux de Vichy en Auvergne, de Tivoli près Rome,* etc. Quand ces oolithes' sont trop volumineuses et trop lourdes, elles tombent au fond du liquide et forment des masseskà structure oolithique. Certains calcaires secondaires contiennent une énorme quantité d’oolithes et sont pour cette raison désignés sous le nom de calcaires oolithiques.
V. Sous le nom général de formes nodulaires on désigne les substances minérales qui se présentent sous une forme plus ou moins arrondie : tels sont les rognons de silex ou caillou dont on fait les pierres à fusil et qui sont si abondans dans la craie. Quelquefois ils sont creux et portent alors le nom de géodes. La cavité intérieure de la géode est souvent tapissée d’une couche de cristaux très-réguliers , tandis que son
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extérieur est formé de matières terreuses et amorphes. . ‘ V," "• .
TI. On donne le nom de galets ou de cailimix roulés à des fragmens de roches qui après avoir été longtemps entraînés et agités par lés eaux, ont îéurs angles usés et onetorme irrégulièrement arrondie. On les trouve dans le lit des torrens ou sur les" bords de la mer. Quelquefois ils foerilèht dés dépôts considérables dans l’intérieur des terres.’ Là nature des galets est extrêmement Variable. Tantôt ils proviennent de roches calcaires, tantôt de roches granitiques cmvofon niques, etc.
Vil. Quelques substances ininéralcs affectent une Forme qui est dire au retrait qu’elles ont, éproftvé en se desséchant après avoir été à l’éeat pâteux*. Ainsi les argiles et les marnés, présentent quelquefois des fissnrex qdi affectent fréquemment une disposition "régulière. -Mais nulle substance «offre sous ce "rapport, des for Aies plus remarquables que les basaltes. Ce sont d'anciennes laves produites par l’éruption de volcans. En se refroidissant «t *en devenant- solides, elles se sont partagées , par des fissures fongfrudmales , en prismes, présentant de trois à six pans et formant -sonV^it des espèces de colonnades régulières, tés basaltes sont extrêmement communs en Auvergne, et la ville dé St-Flour, par exemple , est’ bâtie sur «ne colline basaltique. La grotte de Fin gai dans l’ilede Staffà,* l’ouest de l’Ecosse , est l*une dés localïtés où la disposition des prismes basaltiques est- la plus cà&jre et la plus remarquable. Elle représente en quelque sorte k nef d’une cathédrale gothique, dont les piKérs formés de
prismes .réguliers n’ont pas moins de soixante pieds d'élévation; tandis que la voûte est composée de prismes beaucoup plus petits et entrecroisés en tous sens.
• VIII. Quelques minéraux offrent souvent des formes <Ju ils ont empruntées à d’autres substances. Ainsi par exemple des matières liquides ou pâteuses peuvent pénétrer dans 1 intérieur de' coquilles qui leur servent en quelque sorte de moule, et dont*elles présentent plus tard la forme et l’aspect extérieur. Quelquefois ces matières s introduisent dans un moule laissé vide par la destruction d’un corps organisé qui s’est détruit et dont elles ont pris la place. Le même résultat peut encore se produire par voie de pétrification. Ainsi certaines matières organisées», telles que du bois par exemple , enfouies dans le sein de la terre, peuvent avoir été petit à petit pénétrées par des liquides chargés de molécules pierreuses, qui finissent par remplacer la matière organique. Mais ce qui est fort remarquable , c’est que cettematièreanorganique, tantôt calcaire, tantôtsiliceuse, présente la même organisation , la même disposition de parties que le corps organisé quelle a remplacé. Ainsi dans le bois pétrifié, on reconnaît encore la striicture fibreuse propre à cet .organe. On distingue même trèsfacilement la structure particulière au bois des arbres monocotylédons et des arbres dicotylédons.
Le règne animal nous offre également des exemples de pétrification. En général il n’y a que les parties dures qui persistent, comme les os, les dents et le teste des coquillages ; toutes les parties molles se détruisent. Cependant on trouve des animaux charnus, des alcyons
par exemple, dans lesquels il n’entre aucune partie dure, et qui se sont parfaitement conservés.
On n’a pas d’exemple de fruits pulpeux pétrifiés. Mais on a trouvé des noix, des cônes de conifère, etc.
IX. Quelquefois entre deux espèces minérales il se fait aussi des substitutions analogues à celles que nous venons de faire connaître. Mais elles sont toujours le résultat de l'action chimique. Une matière en se décomposant se change en une autre qui occupe sa place , et ce qui est plus à noter , qui se présente sous la forme cristalline propre à la première. Ainsi le sulfure de fer se change quelquefois en okide ou en hydroxide; le phosphate et le carbopate de plomb peuvent se converti^cn sulfure, etc. Ces changemens proviennent de ce que' ces matières se trouvent exposées à l’action de vapeurs ou de liquides de diverse nature , qui tendent à en opérer la décomposition. Haüy a donné le nom d 'Epigénie à cette substitution d’une matière à une autre, par suite de la loi des doubles décompositions.
Après avoir étudié les formes des minéraux nous allons nous occuper de leur structure. • •