CHAPITRE V
Poids spécifique.
Toutes les substances minérales ont une pesanteur particulière qui , en général , est fixe dans chaque espèce , et varie pouf-chacune d’elles. Elle peut donc servir à les caractériser et à les distinguer les unes des autres.
On appelle poids spécifique d’un corps, le rapport qui existe entre son poids et celui de diverses autres substances sous un même volume donné.
En général , on prend l’eau distillée comme point de comparaison ou comme étalon normal pour déterminer le poids spécifique des autres substances, et on représente son poids par l’imité. Ainsi, un volume donné d’eau distillée pesant i , le même volume dfe plomb pfe *
sera 11,33a; le même volume d’or 19,257. D’où l'on déduit que le plomb pèse 11 fois et des fractions plus » que.l’tyu distillée, et l’or 19 fois et des fractions.
Il y a plusieurs procédés pour connaître le poids spécifique d’un corps. Le plus sihiple est le suivant :
On prend un flacon bien bouché à l’émeri et rempli d’eau distillée : on le place avec le corps dont on veut connaître le poids spécifique et qu’on a pesé préalablement, dans le plateau d’une balance, et ompèse le tout.
On met ensuite le corps dans le flacon. Il en fait sortir un volume d’eau exactement égal au sien. Le flacon bien essuyé, et contenant le corps, est pesé de nouveau : la différence en moins de ce dernier poids au premier, exprime le poids de l’eau déplacée. Il devient alors très-facile d’établir le rapport du poids de l’eau à celui du corps en expérience.
Mais le moyen dont on se sert le plus généralement, c’est de peser alternativement un corps dans l’air et dans l’eau. Cette méthode est fondée sur ce principe : qu’un corps solide plongé dans l’eau y perd une certaine quantité de son poids égale à celui dsi volume du liquide qu’il déplace . Pour opérer, on se sert d’un aréomètre particu-
> lier, connu sous le nom de balance de Nicholson. C’est
un cylindre métallique creux, terminé à sa partie supérieure par une tige qui porte à son soin met un petit disque légèrement concave : sur cette tige est un petit trait noir et circulair e; à l’extrémité inférieure du cylindre est suspendu un petit cône métallique renversé, lesté de manière à ce que l'instrument reste perpendiculairement plongé dans le liquide, et que cependant une partie du cylindre surnage.
Quand on veut se servir de l’instrument , on le place dans une éprouvette remplie d eau distillée , puis on affleure l’instrument, c’est-à-dire qu’on pl;\ce sur le disque supérieur les poids nécessaires pour l’enfoncer jusqu’au trait circulaire de la tige.' On enlève ensuite ces poids dont on a noté la quotité, on place le corps sur le disque, et on y ajoute les poids nécessaires pour affleurer de nouveau l’instrument. La différence entre ce second poids et le premier est nécessairement celui du çorps pesé dans l’air. Maintenant, sans déranger les poids ajoutés dans le disque, on place ,1e corps sur la base du cône , et on le plonge dans l’eau. L’instrument n’est plus affleuré, parce que le corps plongé dans l’eau a perdu de son poids; on est donc forcé d’ajouter sur le disque un certain nombre de poids. Or, la somme de, ces derniers est le poids d’un volume de liquide égal à celui du corps dont on a voulu connaître la pesanteur spécifique.
Le poids spécifique, quand il a été pris avec totftfes les précautions qu’exige l’opération, est un caractère d’une assez grande valeur. Mais il est rare cependant qu’il puisse servir seul à distinguer deux substances.
Exemple du pouls spécifique de quelques métaux.
Potassium ^ . 0,865
j.in Arsenic... ........ .i . 5 , 78^'
! Zinc. 1 . s . î 1 . . 6,86 1 ^