‹ Précis élémentaire de minéralogie contenant des notions générales sur la minéralogie et la description de toutes les espèces employées dans les arts et particulièrement la médecineChapitre 23 sur 84 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Car dctpres optiques des minéraux.

Nous réunissons dans ce chapitre les caractères que l’on peut tirer de la manière dont lalumière se comporte ;%fci|ps corps; telles sont la transparence et l’opacité,- la

réfraction simple ou double, et les couleurs.

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“*• § I. Transparence.

,> Un corps qui se laisse assez facilement traverser par les rayqns lumineux pour permettre d’apercevoir ira autre qorps placé derrière lui est transparent. Exemple : Une lame de mica, de spath calcaire , de gypse cristallisé , 4e cristal de roche.

Un corps transparent .peut être incolpre ou -diversement coloré. Quand les couleurs sont très-inténses , il est rare quelles ne nuisent pas à la transparence comme dans le quare enfumé , par exemple.

Quelquefois cependant on n’aperçoit que difficilement et confusément à travers un corps : on dit alors qu'il est demi-transparent s comme certaines agathes, par

«temple. • '

Si le corps laisse seulement traverser la lumière, mais sans permettre de distinguer les objets placés • derrière

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lui , on dit qu'il est translucide : exemple : les cornalines.

Enfin tout corps que la lumière ne peut traverser est opaque. Tous les métaux sont dans ce cas.

L’opacité peut être plus ou moins complète. Quelque^ fois elle ne dépend que de l’épaisseur trop considérable du corps. Si on le réduit en lames minces, celles-ci sont non-seulement translucides, mais souvent transparentes : exemple: le mica laminaire. . .

. SU. Réfraction.

Lorsqu’un rayon lumineux passe obliquement d’üti

milieu dans un autre de densité différente, il éprouve à partir de son point "d’immersion une déviation plus ou moins grande qui varie suivant la nature du milieu. S’il passe de l’air dans un corps solide ou liquide , le rayort se rapproche de la perpendiculaire élevée au point d’im4 mersion. Si, au contraire, le milieu est moins dense, il s’en écarte. On a donné le nom de réfraction à cette propriété dont jouissent seulement les corps transparert'S. de dévier les rayons lumineux qùi les traversent. j r ' ”

Mais certains corps -, particulièrement le* substances cristallines qui n’appartiennent point aü système cuhi-i que, jouissent de la propriété remarquable de forcer le rayon lumineux à se diviser en deux faisceaux. 11 résulte de là nécessairement qu’un corps placé derrière Une semblable substance , surtout s’il est dë petite diMéhsien, se voit double. Ch dit alors que cette substance jouit de la double réfractiân . Nulle substance ne montre lu double réfraction d’une manière plus manifeste qné^le spath d’Islande. On l’observe également dans le soufre , le

cristal de roche. Tantôt cette propriété se fait voir à travers deux faces parallèles d’un cristal, comme dans le

spath calcaire , tantôt entre des faces non parallèles connue dans le cristal de roche.

Tous les minéraux non cristallisés ou ceux qui appartiennent au système de cristallisation cubique , n offrent que la réfraction simple. Le diamant est dans ce cas.

§ III. Couleurs.

Les substances minérales peuvent être incolores ou diversement colorées. Celles qui sontà la fois incolores et opaques sont blanches, comme la èraie par exemple. Quelquefois la coloration des corps estpurement accidentelle etdépend du mélange de quelque autre matière étrangère. Ainsi, le cristal de roche est naturellement incolore, il peut être accidentellement violet, noir, etc. De là la distinction. des copieurs en propres et en accidentelles. Ces dernières peuvent être produites par des causes très-diverses : tantôtpar des mélanges mécaniques de. matières étrangères,, qpi se sont trouvées mêlées à la substance encore liquide au moment où elle a cristallisé ; tantôt par des, combinaisons clu iniques. Les couleurs propres ait contraire sont fixes et invariables et peuvent servir à Caractériser les corps, gaj-çequ' elles tiennent à leu* nature même. Ainsi le sulfure de mepçure est rouge*, le-moly.WHte de ( plomb est jauneKetc,,,,,,,.; '.n

L« nuamm des couleurs, et leur diftwsition «ont extrêmement variables, et peuvent servir a caractériser un grand nombre de corps. Mais -il faut pour cela que ces odrps soient à leur état de pureté. Ainsi, le soufre, l'or,

l’argent, le cuivre, pourront toujours être reconnus à leur seule couleur. , , •

On nomme couleurs irisées, celles qui présentent les nuances diverses de l'arc-en-ciel. Tantôt, elles sont lé résultat de la décomposition que la lumière éprouve dans l’intérieur du corps , surtout quand celui-ci offre un grand nombre de fissures intérieures : pat exemple , dans le quarz , le gypse, les pyrites de cuivre, etc. Tantôt elles dépendent d'ùn arrangement particulier des molécules des corps, comme dans le feld-spath chatoyant ou pierre

de Labrador, l’opale, etc.

§ IV. Phosphorescence.

Certains minéraux ont lapropriété de devenir lumineux, ou de luire dans l’obscurité, quand on les place dans des circonstances convenables. Ils sont alors phosphorescens. Le plus souvent c’est en élevant leur température que l’on développecette propriété. Ainsi, en projetant sur une pelle très-chaude du lluate ou du phospliate de chaux réduits en poudre, ils deviennent lumineux ou phosphorescens. On obtient le même résultat en frottant fortement l’un contre l’autre dans l’obscurité deux morceaux de silex.

La phosphorescence peut être produite dans les corps par trois procédés différens.

i° Certains corps peuvent devenir phosphorescens par la percussion. Ainsi, quand on frotte fortement l’un contre l'autre dans l’obscurité deux morceaux de cristal de roche ou de pierre à fusil, on voit des traînées lumineuses se manifester dans les points qui ont. été le plus

4^ MlNÉRAi-OGlj;.

». V exposés au frottement. Il suffit même quelquefois du

frottement le plus léger pour déterminer ce phénqjnène,

comme dans certaines variétés de feldspath, Enfin, fl y

a une variété de sulfure de aine qu'on rend phosphores-

cefi te en passant dessus les barbes d’une plume.

2 ® La chaleur rend phosphorescens un très-grand nombre de corps. On les réduit en petits fragmens ou eu poudre , et on les expose ensuite sur une lame de fer chauffée. La couleur de la lueur est très-variable. On peut observer ce phénomène dans le spath fluor, le spath calcaire , le phosphate de chaux , l’argent müriaté, etc. '

Très-souvent l’insolation ou la simple chaleur du soleil suffit pour obtenir le même résultat. C’est ce qu’on observe parfaitement dans cette variété de baryté sulfatée radiée, connue soirs le nom de phosphore de Bologne. ,

3° Enfin, en accumulant sur un corps un grand nombre d'étincelles électriques , on peut aussi le rendre lumineux datas l’obscurité.

§ V. Éclat.

L’éclat, c’est-à-dire la manière dont un corps réfléchit la lumière et la renvoie à taotre œil, doit aussi être compté parmi les- propriétés physiques des minéraux. Les expressions par lesquelles on exprime les nuances diverses de cette propriété sont empruntées à des comparaisons prises dans d’autres corps bien connus. C’est ainsi qu'on dit : éclat métallique ou métalloïde; éclat résineux, vitreux -, gras , nacré , soyeux. Ces diverses expres-

MixÉitAnotfrt. 43

srons s'entendent d’clles-mêmes , sans avoir besoin d’être plus longuement définies.

• ’ ’ CHAPITRE VII. i '

Des degrés de résistance aux actions mécaniques .

i° Elasticité.

Plusieurs substances minérales ont la propriété de .céder à l’effort que l'on fait pour les courber et de revenir fortement à leur position primitive quand cet effort cesse. On nomme élasticité cette propriété particulière, qui peut gervir à distinguer l’un de l’autre certains minéraux. Ainsi le mica, qui ressemble tant au talc, en diffère par son élasticité dont l'autre manque. On connaît une variété de grès , qui nous vient du Brésil et qui est très-élastique. Beaucoup de substances minérales réduites en lames plus ou moins minces, laissent apercevoir cette propriété, quelles ne semblent pas ppsscder quand elles sont en grandes masses.

2° Dureté.

Cette expression peut être prise dans dçs sens tout a fait différens. Ainsi elle exprime tantôt la résistance qu’un corps oppose au choc qui tend à le briser ; elle est alors opposée à celle de fragilité ; tantôt elle s’aps plique à la résistance que le corps oppose à se laisser «déprimer par les doigts; elle est opposée à là mollesse; -''tantôt enfin c’est la résistance à se laisser rayer ou entamer par un autre corps. C’estdans ce dernier sens

que la duteté devient une propriété employée pour caractériser les niihéraux. .

Il est important de remarquer que les différens modes de résistance des corps à l’action des forces mécaniques, ne se trouvent pas réunis au même dpgré dans un mêmie corps. Ainsi le diamant, que l’on considère comme le corps le plus dur puisqu il les raye tous et qu'il ne peut être rayé par aucun deux, résiste cependant difficilement au choc d’un marteau qui le brise avec assez de faéilité. • * ' ■ , 1

Pour que la dureté pût devenir un caractère' dans les minéraux, on aen J quelque sorte dressé une table qui sert de point de, comparaison. Ainsi entre Je talc qui est la substance la plus tendre -et le diamant qui est la plus dure, on a placé huit autres substances dont la dureté va en croissant. Voici ces substances : '*

••• i. Talc.

- . a. Gypse. . •> ,

, , 3. Calcaire.

' 4 Spath fluor. *"

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