‹ Précis élémentaire de minéralogie contenant des notions générales sur la minéralogie et la description de toutes les espèces employées dans les arts et particulièrement la médecineChapitre 28 sur 84 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Essai des minéraux par la voie humide .

Il ne s’agit pas , ainsi que nous l’avons déjà dit précédemment, pour reconnaître une espèce minérale, d’une analyse rigoureuse et détaillée, qui isole chacun des principes constituant du corps et les pèse exactement. Il suffit pour le minéralogiste de constater l’existence de ces principes constituans. Or pour arriver à ce résultat il n’est besoin que d'un petit nombre de réactifs et d’instrumens très-simples, que tout le monde peut facilement se procurer. -,

Les corps dont le minéralogiste veut reconnaître la nature par le moyen de l'analyse chimique , sont simples ou composés.

I. Nous avons déjà dit précédemment que dans la nature on ne pouvait rencontrer que treize corps simples À l'état libre. Or ces corps sont tellement distincts et bien caractérisés , que le plus souvent il n’est pas nécessaire de les soumettre aux agens chimiques pour les reconnaître. Leurs caractères physiques suffisent communément pour les faire distinguer les uns des autres. D ailleurs à l’exception du soufre , qui est si bien car ractérisé , ces corps sont tous des métaux. En les traitant par les acides nitrique, hydrochlorique oa. nitromuriatique ( eau régale) on les dissout et on en forme des sels, dont on reconnaîtra la base par les moyens que nous indiquerons plus bas. >

II. Les corps composés seront des combinaisons binaires , ternaires ou quaternaires.

Les combinaisons binaires que l’on rencontre le plus souvent dans la nature , sont des oxides , des sulfures , des chlorures ou des iodures.

i° Les oxides naturels sont des cotjps solides -opaques, ayant souvent l’éclat métallique ou susceptibles de l’acquérir par le poli,; d’autres fois ils sont transparens- et diversement colorés. Traités par le charbon , à l’aide de la chaleur , .ils se réduisent la plupart avec plus ou moins de facilité , et on obtient le métal.

On peut reconnaître la nature des oxides en les dissolvant dans les acides et les traitant par les réactifs, comme nous 1 indiquerons bientôt en parlant des sels.

a° Les sulfures s ont solubles ou insolubles, souvent avec l’éclat métallique. Tous chauffes sur des charbons ardens ou par le moyen du chalumeau * laissent dégager de l’acide sulfureux, reconnaissable à l’odeur de soufre qui brûle.

Les protosulfures traités par yn acide étendu , donnent de 1 acide hydrosulfurique ( odeur d'œufs pourris). Il faut quelquefois aider par la chaleur.

Fondus avec le sous-carbonate de aoude et projetés dans de leau acidulée, ils donnent également de l’acide hydrosulfurique.

3° Les chlorures ne sont pas très-abondans dans la nature. Par 1 acide sulfurique concentré ils laissent dégager des vapeurs blanches d’acide hydrochlorique. Si on y ajoute du peroxide de maganèse il y a dégagement de vapeurs de chlore jaune-verdatres.

Les chlorures solubles précipitent en blanc par le nitrate d’argent. Le précipité est lourd, cailleboté, insoluble dans l'eau et l’acide nitrique, soluble dans l'ammoniaque; il brunit par son exposition à la lumière.

III. Les composés ternaires ou quaternaires les plus communément répandus dans la nature, sont ou des mélanges de deux composés binaires ou le plus souvent des, sels. Ce dernier état est en effet de beaucoup celui sous lequel les substances minérales peuvent se présenter le plus souvent à l'examen du minéralogiste. Or les sels en les supposant simples sont composés de deux corps de nature diverse, savoir: l'acide ou l’élément électro-négatif et la base ou l’élément électro-positif. 11 faut donc rechercher successivement l’urte et l’autre de ces deux parties constituantes du sel.

1° RECONNAÎTRE l’aCIDE.

Considérés quant à l’acide, les éels les plus communément répandus dans -la nature, sont : les carbonates, les sulfates, les nitrates, les hydrochlorates, les silicates , les phosphates , les arseniates , les borates , les chromâtes et les molybdates.

Parmi ces sels, les uns sont solubles, les autres ne le sont pas. Mais les sels insolubles peuvent tous être rendus solubles en les faisant bouillir avec le carbonate de soude ou mieux encore avec le carbonate d’ammoniaque, dont on peut évaporer l’excès en chauffant. On obtient alors un sel à base de soude ou d'ammo-

niaque, qui est constamment soluble. Pour faciliter les recherches, il sera toujours convenable de ramener les sels insolubles à 1 état de sels solubles, par le moyen que nous venons d’indiquer. ,

Si, en versant un acide dans une dissolution d’un des sels precédens, il y a effervescence , ce sel sera un carbonate ou un hydrochlorate : un carbonate s’il y a effervescence sans vapeurs, et si le gaz dégagé précipite l’eau de chaux en blanc : un hydrochlorate , s’il y a dégagement de vapeurs blanches , qui ne précipitent .pas l'eau de chaux, mais forment avec le nitrate d’argent un précipité blanc cailleboté, insoluble dans l’eau et l’acide nitrique , soluble dans l’ammoniaque.

.Les sels qui ne font pas effervescence sont bien plus

nombreux. On les reconnaîtra aux caractères suivans :

i° Les sulfater précipitent en blanc par l’hydrochlorate de baryte. Le précipité est insoluble dans l'acide nitrique.

a° Les nitrates donnent avec le cuivre et l’acide sulfurique des vapeurs rutilantes d'açide nitreux.

3° Le» phosphates précipitent en jaune par le nitrate d'argent. Le précipité est soluble' dans l’ammoniaque et l’acide nitrique, , .

4° Les silicates sont tous insolubles. Réduits en poudre fine, ils sont attaqués par l’acide hydrochlorique à l’aide de la chaleur et forment une gelée. Ce caractère ne s’observe ni pour les bisilicates ni pour la silice.

5* Les borates traités par l’acide sulfurique à chaud , laissent déposer par refroidissement des paillettes légères et nacrées d’acide borique.

' 6» liés 1 hrsertitttes chauffés avec te charbon-, laissent «Jlgager de l’nfrsenic qui se volatiüse et qu’on reconnaît à sbn odeur d ail. Chauffés dans un tube, ils donnent de l’arsenic métallique , si on les mélange avec du char- ,,bon, leurs dissolutions précipitent en blanc bleuâtre par les sels de cuivre.

y 0 Les chromâtes dissous précipitent en jaune serin par les sels de- plomb. Le précipité est du chromate de

8* I.es molybdates , extrêmement rares dans la nature, donnent quand On ajoute un acide à leur dissolution On précipité blanc d’acide molybdique. Une hîtne d’étain placée dans te liquide, rend le précipité bien., parce que l'étain absorbant une partie de loxigèn e dfe l’acide molybdique, le fait passera l’état décide molybdeux qui est bleu. " ‘ ; * " .

a* RECONNAÎTRE LA BASE.

Si lè sel est insoluble, il faut l’amener à l’état de sel soluble, en changeant lactde et conservant la base; pot# fcèteen le chauffe' avec dti charbon dâns*un creulët oO Simplement avec te chalumeau. On décompose ainsi le sel -en enlevant l’oxigène de l’acide et de l’oxide, et l’on obtient un composé binaire, un sulfure ou un phosphure par exemple , si c’est un sulfate ou un phosphate que l’on a décomposé : on le traite par l'acidè hydrochloriqüc et l’bn obtient un hydrochlorate soluble de la base que l’on cherche à connaître. Par ce moyen on p«eut amener toits les sets à l’état dé Solubilité. Nous supposerons donc quel’on agitsur des dissolutions salines.

plomb.

Les sels considérés quant à leur base forment ou ne forment pas de précipité avec l’hydrosulfate de potasse.

L Ceux qui ne forment pas de précipité sont les sels à base de : \ */. .

Potasse. . r . -»!■.- :

• Soude. ' ' • ; ■

Ammoniaque. • ■ . . . > ' i

Chaux. ' , ! ’ ' ■ i

Baryte. - • .< .... . ..*•

Strontiane. . \ . . ; -, -, -

Parmi ces se)s les uns ne précipitent pas par le ao micarbonate de potasse. Ce sont ceux de potasse, soude et ammoniaque. ?■

On les. distinguera les uns des autres aux caractères suivans : . • •

1 “ Les sels à' ammoniaque triturés avec de la chaux, laissent dégager l'ammoniaque qui se reconnaît à son odeur désagréable et piquante. : • * N {, *

a” Les sels de potasse précipitent en jaune serin par Tbydrochlorate de platine. Le précipité est un chlorure double de potasse et de platine , qui est soluble dans une grande quantité d’eacu»

3 ° Les sels de soude ne préeipitent pas par l’hydrochlorate de platine. . . • * » ' ’ :

Les -sels qui précipitent par le sous-carbonate <4e potasse sont ceux de chaux , de baryte et de strontiane, le précipité est un carbonate de ces bases. On le calcinera dans un creuset avec du charbon et on traitera le résidu par l’acide hydfoehlorique étendu qui formera un sel soluble. ;v .»

La chaux n’est pas troublée par l'acide sulfurique trèsétendu.

La baryte et la slronliane donnent au contraire un précipité blanc; celui de baryte est complètement inso- . lubie, celui de strontiane est soluble dans une trèsgrande quantité d’e?u. La bai-yte brûlée avec de l'alcool communique à Ja flamme une couleur jaune; la strontiane une couleur rouge. .

Page 1