X. Les sels de cuivre précipitent en bleu par la potasse
la soude et l’ammoniaque : cette dernière en excès redissout le précipité, et la liqueur conserve une belle couleur bleue. ' •
En brun marron par le prussiate de potasse.
En vert clair par les arsenites, le précipité (vert de Scheele) est de l’arsenite de cuivre.
Une lame de fer ou de zinc fait déposer le cuivre à l'état métallique.
XI. Les protosels de mercure précipitent en noir par la potasse , la soude et l’ammoniaque.
Les deutosels en jaune par la potasse et la soude ; en blanc par l’ammoniaque, le précipité est un sel double.
Les protosels précipitent en jaune verdâtre par Ibydriodate de potasse, et les deutosels en rouge très-vif.
Une lame de cuivre mise dans une dissolution se re-
couvre de mercure métallique.
Chauffés avec de la chaux ou de la potasse , ils donnent du mercure qui se sublime.
XII. Les sels dû argent précipitent en brun par la potasse, la soude ou l'ammoniaqûe, le précipité se redissout dans un excès d’ammoniaque.
En blanc par l’acide hydrochlorique et les chlorures solubles. Le précipité lourd et cailleboté est. soluble dans l’ammoniaque. y
En' jaune par les phosphates solubles.
Une lame decuivre précipite l’argent à l’état métallique.
XII f. Les sels de platine donnent par la potasse et l’ammoniaque un précipité jaune. La soude ne donne pas de précipité. •.
Ils se colorent eh rouge par l’hydriodate de potasse.
Nous allons terminer cfe chapitre en donnant deux tableaux analytiques qui, tout en résumant les caractères essentiels des corps simples qui composent les minéraux les plus répandus , permettrôntd’arriver à la connaissance d’une espèce minérale avec le plus petit nombre de réactifs possible.
Nous adoptons dans ces tableaux la division précédemment indiquée des corps électro-négatifs, ou acides, et corps électro-positifs, ou bases. Nous supposons également que les corps dont on veut connaître la nature , ont été ramenés par les moyens indiqués à l’état de dissolution saline neutre.
On remarquera queles caractères qui indiquent la présence de la base sont beaucoup plus certains que ceux qui indiquent là présence de l’acide; il en est même quelques-uns parmi ces derniers qu’il faut chercher dans plusieurs sections.
( Voy et les deux tableaux annexés ci-contre ).
MINERALOGIE. •
gisement des minéraux:
On appelle ainsi la manière d 'être des substances minérales dans le sein de la terre. Ces substances, en effet, peuvent y être disposées très-diversement. Ainsi le plus souvent elles forment des couches superposées les Unes au-dessus dés autres. D’autrefois, elles sont en amas , en filons, en veines ou irrégulièrement disséminées, sans ordre au milieu d’autres substances,
i° Les couches cfu bancs présentent une épaisseur très-variable. Il y a des couches qui ont dix, vingt, et jusxpia cent toises de puissance ; d'autres, au contraire, n’ont que quelque? pouces. Quelquefois elles sont dans une situation à peu près horizontales j d’autres sopt inclinées dans différons sens, il en est qui sont pinson moins sinueuses ou brisées en zigzag. .• . F -
i 3 ° Les amas sont des dépôts de matières limités , et en général enveloppés par d’autre? substances de nature différente. La nature des amas est fort variable. 11 en est de même de leur volume. Quand il? sont fort petits, on les désigne sous les noms de nids , de rognons ou de noyaux. Les nids sont, en général, formés de matières friables ; leur forme est très irrégulière. Les rognons ont une forme irrégulièrement arrondie et noduleuse; tels sont les rognons de silex pyromaqile qui existent au milieu des dépôts de -craie aux environs de Paris. Tandis que les noyaux sont des amas d’un très-petit volume, jamais noduleux, qui, pour la plupart, semblent s’être formés dans des cavités préexistantes.
3° On appelle filons des masses minérales aplaties , à
faces non parallèles , et plus ou moins en forme de coin , qui existent au milieu des diverses couches du glohe , et ne- suivent pas leur direction. Ces filops ne sont que de grandes fentes qui se sont formées accidentellement et qui * ensuite ont été rem plies de substances minérales dénaturé diverse. En effet, les matières, qui composent les filons, sont en général tout-à-fait différentes de celles an milieu desquelles elles sont placées. C’est très-souvent dans ces filons que se trouvent un grand nombre de métaux usuels et souvent les •plus précieux, et les matières minérales les mieux caractérisées par la beauté de leurs 1 cristaux.
Mais comment ces fentes ont-elles été remphes ? On est généralement porté à admettre qàie c’est par des matières liquéfiées, soit par le feu , Soit par l’eaü , qui y ont été poussées par une force agissant de dedans en dehors; par conséquent ces matières viendraient de la partie intérieure du globe. C’est ce qu'on concevra plus facilement quand nous aurons donné quelque idée des théories émises sur la formation de la terre.
4° Lorsque les filons sont extrêmement petits, minces, on leur donne le nom de veines. Quelquefois les veines ne sont, comme les filons, que des fentes, remplies de matières diverses ; d’autres fois, elles sont de même nature que les substances au milieu desquelles elles existent, se sont formées en même temps quelles, et nen diffèrent que par une coloration différente. C’est lé cas de tous nos marbres , qui ne sont que du carbonate de chaux. diversement coloré et veinée
5* Enfin il y a des substances quiau lieu d'être réunies
en couches, en amas,' en filons ou en. veines, sont dispersées et disséminées sans ordre dans les masses minérales. Tantôt c'est sous forme de grains, tantôt de paillettes , dé cristaux, etc.
. , . Age des couches do globe.
Lorsqu’on examine attentivement les différentes couches dont se compose la croûte extérieure de notre planète, on est.amené à admettre quelles ont dû se former les unes après les autres, et que les plus profondes, par exemple , sont plus anciennes que celles qui les recouvrent, quél que soit d’ailleurs l’espace de temps qui a pu s’écouler entre leur formation successive.
Maintenant , si l’on considère l’ensemble de ces couches depuis les plus' profondes qu’il nous soit permis d’étudier, jusqu’aux plus superficielles, onreconnaîtqu’elles forment deux séries distinctes. Les unes , et ce sont les plus profondes , sont de nature cristalline, formant des masses extrêmement épaisses, rarementdes couches, presque toutes composées de silicates de potasse, de soude, .d’alumine. Lès autres, au contraire, superposées aux précédentes, et arrivant jusqu’à la surface du sol actuel, sont des couches, et plus minces et plus nombreuses, horizontales ou onduleuses dans les plaines, plus ou moins inclinées quand elles se rapprochent des chaînes de montagnes, essentiellement composées de carbonate calcaire, dans ses différens états, entremêlées de cailloux roulés, de sables , de grès formés par des fragraens arrachés à des roches fort différentes d’elles-mémes , et présentant, dans leurs différentes assises , des débris d’être organisés végé-
taux et animaux qui y ont été successivement enfouis et dont il n'existe aucun vestige dans les terrains de la première série. Cet examen amène naturellement.à conclure, que les terrains de la première série, ceux qui ne renferment pas de débris d’êtres organisés, préexistaient à ces êtres ; tandis que ceux de la seconde série, dans lesquels on observe les cailloux roulés et les débris d’aniinaux et de végétaux à l’état fossile, ont été formés postérieurement à l’apparition des êtres organisés à lu surface du globe. De là la désignation de ces terrains sous les noms de primitifs et de secondaires.
L’origine et le mode de formation des terrains secondaires ne saurait être douteux. Les terrains dans lesquels on observe des sables et des cailloux roulés ou galets, en tous points semblables à ceux qui existent sur les bords de nos rivières ou de nos mers 5 des terrains composés cie couches, en général, parallèles entre elles, contenant des débris de coquilles, et d'autres animaux vivant dans l’eau, sont évidemment produits par des dépôts de matières tenues en suspension par les eaux , qui les ont successivement déposés sous forme de sédiment. Il serait impossible d’expliquer, par une autre hypothèse, le parallélisme de ces couches, l’existence des sables et cailloux roulés, et surtout leur position constante dans les couches pù on les trouve.
On a également donné aux terrains secondaires le nom de terrains de sédiment , par opposition aux terrains de cristallisation donné aux terrains primitifs.
Quant à la formation des terrains de cristallisation , elle a long- temps été Uniquement attribuée à la même cause
que les terrains secondaires) c’est-à-dire à l’action des eaux. Mais malheureusement aucune des substances qui les constituent n’est soluble dans l’eau , ce qui était une difficulté grave à objecter contre cette hypothèse.
Aujourd'hui, beaucoup de géologues admettent, au contraire, quelle est due à l’action du feu. Voici les faits sur lesquels ils s’appuient :
Il existe encore aujourd'hui dans différens points du globe , des volcans en activité, c’est-à-dire des montagnes qui vomissent par une énorme Ouverture, ordinairement placée à leur sommet, et nonimés cratère , des matières enflammées, souvent liquides, quis’épanchent sur leslieux environnans, sous formelle ruisseaux, ensuivant le cours des vallées ou les sinuosités duterrain. Or, toutes ces matières ainsi vomies par les volcans, et qu’on connaît sous les noms de laves , de basaltes , de scories, de pierres-ponces, sont toutes des silicates. D’abord à l'état liquide, elles forment souvent en se refroidissant des roches à structure cristalline, comme les basaltes, les trachytes , les porphyres qui ont la plus grande analogie, et souvent une ressemblance presque identique avec les roches des terrains primitifs. Ces faits ne portent-ils pas naturellement à conclure que les terrains primitifs sont également dus à des causes, analogues à celles qui forment sous nos yeux les terrains volcaniques, et que, comme eux , ils ont une origine ignée.
En admettant cette hypothèse, on peut facilement expliquer un grand nombre de phénomènes dont la solution était impossible dans l’hypothèse contraire. Nous reviendrons plus tard sur ce point, quand nous parlerons
* MmÉRALÔGÏE: ,
dès diverses hypothèses émises sur l'origine et la formation des terrains. ’• • *
DlVlSION DES TERRAINS ES SIX ORDRES.,
Nous avons dit précédemment que les diverses couches extérieures du globe terrestre formaient deux gran- /
des séries : i # les terrains primitifs ; 2 # les terrains secondaires. Cepèndant les géologues admettent encore quelques autres divisions. Ainsi , entre les terrains de cristal- v
lisation, composés de silicates et privés de débris organiques, et les terrains de sédiment, on trouve des couches de roches appartenant à la première série , intercalées au milieu de couches arénacées , ou de couelles contenant les premiers débris d’animaux marins invertébrés, appartenant à des genres.de crustacés ou de mollusques, dont il n’existe plus d’analogues ni sur .nos çontinens ni dans nos mers, ni même dans les couches plus superficielles. On a donné à ces terrains le nom A' intermédiaires ou de transition pour rappeler leur position entré les primitifs et les secondaires.
Quant aux terrains de sédiment eux-mêmes, on les a divisés en terrains secondaires, proprement dits , ce sont ceux qui, placés au-dessus des terrains intermédiaires, Commencent à montrer des débris d'animaux vertébrés,
d’ahotd de poissons et de reptiles, puis, plus tard, d’oi-
seaux; et en terrains tertiaires , ce sont tous ceux qui,
superposés aux grands dépôts de craie, nous olfrent des débris de mammifères, ou d’autres animaux perdus ou dont il existe encore des représentans, et souvent même
So MINÉRALOGIE. •
des espèces tout-à-fait identiques parmi celles qui vivent actuellement à la surface de la terre. Enfin la surface la plus superficielle de nos conlinens se compose de couches meubles d’une origine très-récente , relativement à celle des autres terrains, et dont la formation peut être attribuée à l’un des derniers cataclysmes dont la terre a été le théâtre. On les nomme terrains diluviens. On arrive ainsi à cinq divisions : i° terrains primitifs; a 0 terrains intermédiaires; 3° terrains secondaires; 4° terrains tertiaires; 5° terrains diluviens. Enfin, on forme une sixième division qui comprend les terrains volcaniques.
Principales matières formant les différens