DEUXIÈME ORDRE : OXIDES UN PEU SOLUBLES
Quatre métaux se trouvent réunis dans cet ordre , ce sont :
Le magnésium ,
Le calcium ,
Le strontium,
. Le barium.
Leurs oxides, connus sous les noms de magnésie, de chaux , de strontiane et de baryte sont plus ou moins solubles dans l’eau.
PREMIER GENRE. MAGNESIUM.
La magnésie fait partie de plusieurs espèces minérales; nous citerons ici les suivantes :
Première espèce : epsomite.
(Sulfate de magnésie hydraté ; sel d'Epsom , de Sedlitz.)
Matière incolore , vitreuse , devenant efflorescente à sa surface par son contact avec l’air atmosphérique , trèssoluble, d’une saveur amère, cristallisant en prismes rhomboïdaux, contenant presque la moitié de son poids d’eau. Sa solution précipite en blanc par la potasse, et le précipité, qui est de la magnésie, devient lilas quand on le chauffe sur du charbon avec une goûte de nitrate de cobalt.
Elle se compose, suivant M. Vogel, de :
Acide sulfurique. . 33
Magnésie 18
Eau 48
L’epsomite n’est pas toujours cristallisée. On la trouve quelque fois sous les formes aciculaire ou fibreuse.
Gisement. Cette espèce, à l’état solide, est peu abondante dans la nature: elle est au contraire assez commune dans certaines eaux minérales : telles sont celles d’Epsom , dans le comté de Surrey, en Angleterre; celles de Sedlitz et d’Egra , en Bohême.
Usages. Le sel d’Epsom ou de Sedlitz ét les eaux mi • nérales qui le contiennent sont un excellent purgatif minoratif. On emploie le sel à la dose d’une demi-once à une once.
C’est avec ce sel que l’on prépare le carbonate de magnésie des pharmacies.
minéralogie.
a/jo
Deuxième espèce : giobérite.
( Magnésite , carbonate de magnésie. )
La giobérite est tantôt cristallisée en rhomboèdre, tantôt en lamelles , tantôt amorphe et terreuse. Elle est incolore ou blanche , rayant le calcaire , happant légèrement à la langue.
Elle se dissout à froid dans l’acide nitrique avec une légère effervescence ; très-souvent elle contient un peu de silice et de carbonate de chaux.
Gisement. Tantôt en veines, tantôt en masses plus ou moins volumineuses dans des roches de serpentines , en Piémont , en Tyrol , etc.
Usages. On se sert en médecine du carbonate de magnésie artificiel , qui vient principalement d’Angleterre. Il est en masses blanches, très-légères, douces au toucher. C’est un léger purgatif.
La magnésie calcinée se prépare en chauffant fortement le carbonate de magnésie. On l’emploie comme absorbant à l’intérieur.
Parmi les autres espèces dont la magnésie fait partie , on peut encore citer : (
i° Le talc (silicate de magnésie) , remarquable par son toucher doux. Il présente detfx variétés principales: Le talc vert ou laminaire , talcde V mise et la craie de Briançon ou talc écailleux. Cette matière sert principalement à donner du poli et de l’éclat aux papiers satinés.
La stéatite , ou pierre de lard, ou craie d'Espagne est aussi un silicate d’alumine hydrate'e.
MINERALOGIE. l/f l
a° La magnésite (silicate de magnésie hydraté). C’est à cette espèce qu’on rapporte la matière qu’on trouve dans l’Asie mineure, répandue dans du calcaire compacte et qu’on connaît sous la dénomination vulgaire d'écume de mer. On en fait, comme on sait, des pipes fort estimées.
3° La magnésie borutée ou boracite, se présente sous forme de cristaux très-nets, dérivant du cube, maisqui sont toujours modifiés sur les arêtes , ils se trouvent engagés dans une chaux sulfatée grenue.
DEUXIÈME GENEE. CALCIUM.
Les espèces dont le calcium à l’état d’oxide ou la chaux fait partie sont nombreuses. Voici les principales :
• Première espèce : calcaire.
( Chaux carbonatée , spath d'Islande.)
C'est une des substances les plus abondamment répandues dans la nature et qu’on trouve dans des terrains de toutes les formations. C’est en même teins la substance la plus polymorphe que l’on connaisse. Nous renvoyons à ce que nous en avons dit déjà dans la première partie de cet ouvrage (page 83).
Deuxième espèce : gypse.
( Chaux sulfatée hydratée , pierre à plâtre , sélènite.)
Nous avons aussi parlé de cette espèce (première partie , page 85). Nous y renvoyons le lecteur.
a 4 ? MINÉRALOGIE.
Troisième espèce : chaux fluatée.
(Spalhrjluor ,Jluorite , spath -vitreux.)
Elle est ordinairement en beaux cristaux cubiques , incolores ou colorés en violet,' en vert, en jaune, etc. Quelquefois elle est compacte ou terreuse. Chauffée avec de l’acide sùKuriqué, elle laisse dégager des vapeurs d’acide hydfophtorique qui corrodent le verre.
On s’en sert à la préparation de l’acide hydrophtorique. On fait aussi des ornemens, des petits vases avec les variétés bien colorées.
Cinquième espece . chaux nitratee.
Ce sel est très-déliquescent, pouvant cristalliser artificiellement en priantes à six pans , terminés par des pyramides à six faces ; il fuse lentement sur les charbons ardens.
On le trouvé sur les parois des vieux murs , dans les caves des maisons habitées , mais htlmides. Il est mélangé de nitrate de potasse et de soude.
■ Il sert à la préparation du nitre. ’•
TROISIEME GENRE. STRONTIUM. * ‘ •
La strontiane ou oxide de strontium forme deux espèces principales:
i° La strontianite ou carbonate de stronttane , qui est fort rare et se trouve près de Strontian, en Ecçsse , d’où lui est venu son nom.
2° La rclcstine ou sulfate de strontiane , tantôt cristallisée en beaux prismes' obliquanglés ordinairement bleuâtres, tantôt en masses fibreuses et rayonnées. Les beaux cristaux de célcsthse se trouvent en Sicile, associés aa' soufre èt au gypse cristallisé. A Montmartre, près Paris, se voient en abondance des rognons de sulfate de strontiane terreuse, dans des bancs de marne vérdâtre.
QUATRIEME GEXftÉ;' BARfUM.
J ies deux espèces principales dont la bafyte fait partie, 'Sont: 1 ,M f ». 1 ■ -
. us^o j. a wîthêrité ou carbonate dô baryte, substance terreuse, ou cristalline, assez dure, très-lourde, devenant phosphorescente quand on la projette sur des charbons ardens , soluble lentement avçc effervescence dans l’acide nitrique. Elle est jrèa;comrnunjj en Angleterre.
2 0 La barytine ou sulfate de baryte, spath pesant , tantôt cristallisé' rafitdt amorphe, dbtrt on se sert dans les laboratoires ponr préparer la baryte et ses sels. On l’emploie aussi eoipjrne fondait, pour faciliter la fusion- de quelques gangue^ métallifères.
Il existe une variété de barytine remarquable par sa .propriété phosphorescente et qii’op désigne çommuné- J»ept sons le nom de phosphore de Bologne. EÎle est en masses irrégulièrement globuleuses, à structure fibreuse et radiée. C’est un des corps les plus anciennement connus pour sa propriété phosphorescente. On la trouve au. Monte PcUeri\o i près Bologne.
Tous les sels de Laryte et strontiane sont plus ou moins vénéneux.
3 e ORDRE : OXTDES TRÈS-SOLDBLES.
Dans ce troisième ordre se trouvent réunis le lithium , 'le sodium et le potassium , dont les oxides , la lithine, la soude et la potassé , qui sont les alcalis par excellence, ‘sont excessivement solubles et donnent naissance à des sels également solubles.
Premier genre : LITHIUM.
La lithine a* été retirée par l’analyse chimique , de deux substances minérales, la triphane et la pétalite, dans lesquelles elle existe à l’état de silicate, unie avec l’alumine. Ces deux substances sont rares et sans usages , si ce n’est pour fournir la lithine aux chimistes. Nous ne croyons pas devoir les décrire, ici. • v- ’
' Deuxième genre. SODIUM. •
Première espèce : natron.
( Sous-carbonate de soude. )
Ce sel se montre sous 1» forme d’efflorescence, ou en poudre agglomérée en masses plus ou moins volumineuses. Sa sâ.veur est fraîche, urineuse, un peu caustique ; il est très-soluble dans l’eau et peut alors former par évaporation des cristaux octaédriques à base rhombe, tronqués au sommet, qui s’effleurissent avec rapidité; il verdit le sirop de violettes.
La composition du natron , ainsi que le prouvént les analyses faites par M. Beudant, varie suivant 1<£> localités où il a été récolté. Voici la composition de celui d’Egypte :
Acide carbonique 00,9 .
Soude 43>8
liau 1 3,5
Sulfate de soude sec y, 3
Chlorure de sodium. 3,i
Matière terreuse. . 4 • i,4
Gisement. Le natrrm est assez abondamment répandu dans certains pays. Il forme des efflorescences blanches à la surface du sol , dans plusieurs plaines basses et bu* mides, surtout au voisinage de la mer, en Egypte, dans l'Inde, la Hongrie, etc. Très souvent aussi il est en dissolution dans les eaux de certains lacs, et se dépose sur leurs bords par suite de l’évaporation de l’eau. Comme ces lacs contiennent aussi del’hydrochlorate de soude en dissolution , on trouve souvent le natron en couches minces qui alternent avec des couches de sel marin.
Usages. Partout où ce sel existe en assez grande abondance, on le recueille avec soin pour les besoins des arts. Il sert principalement ife la fabrication du savon et du verre. Mais ce n’est pas ainsi qu’on se procure la plus grande partie de la soude du commerce. On l’obtient par deux autres moyens : i°En brûlant les végétaux qui, venant au bord de la mer, contiennent beaucoup de sels de soude, telles sont les diverses espèces des genres salsola, atriplex , chenopodium ; ou les plantes marines qui vivent dans les eaux'de la mer et qu’on connaît sous la dénomination de varecs ; de là le nom de soude de varecs donné à celle qu’on retire de ces végétaux; a 0 le second procédé, aujourd'hui fort en usage, consiste à décomposer le sel marin par la chaux et le charbon, à l’aide de la chaleur.
Il existé un autre carbonate de soude, nomméuRAQ ou trôna. C’est unsesqui-earbonate de soude', dans lequel la proportion d'acide carbonique est par conséquent plus forte que dans le natron. Il a d’abord été trouvé en Colombie par MM. Rivero et Boussingault. Il existe aussi en Egypte, en Perse , dans l’Inde et une foule d’autres localités.
Ses usages sont les mêmes que ceux du natron.
Deuxième espèce : soude sulfatée effleurie.
[Exanthalose ; sel de Giauber , sel admirable.)
Il est en efflorescence où en dissolution dans l’eau de quelques fontaines. Sa saveur est amère et salée; il s’effleurit à l’air avec la plus grande facilité. Par là cristallisation artificielle il donne des cristaux prismatiques qui dérivent d’un octaèdre symétrique. Ilfuurnit beaucoup d’eau par la calcination , et offre la composition sui-
vante, *
Acide sulfurique.: 44 »8
Soude. . ; 35,o
Eau.... 1 ....". 20,2
Gisement. Celui qu’on trouve à l’état d’efflorescence se forme principalement dans les mines de sel gemme, dans des schistes houillers , ou à la surface du sol, comme dans la plaine de Marietnberg, en Allemagne.
Les eaux de quelques fontaines, comme celles de Château-.Salins , de Dieuze; les eaux des lacs de natron en contiennent aussi - en dissolution.
Usages; Ce sel peut être employé à la fabrication du
verre ou à celle de la soude artificielle. Prësqtîe tout le sulfate de sôude qu’on emploie en médecine est un produit de l’art. C’est un exellent purgatif minoratif à la dose d'une demi-once à une once. On le retire aussi des eaux qui le contiennent en dissolution , et en troublant sa cristallisation , il forme de petits cristaux analogues à ceux du sulfate de magnésie, et qu’on trouve assez souventdansle commerce sous le notn deseide Sedlitz de Lorraine, parce qu’on lerecueille surtout dans cette province.
Deuxième espèce : sel marin.
( Sel de cuisine , sel gemme, soude muriatée; chlorure de sodium, hydrochlorate de soude, etc. )
Il est incolore ou accidentellement coloré , soluble dans l’eau, ayant une saveur salée et caractéristique, inaltérable à l’air quand il est pur, il y devient déliquescent quand il contient des hydrochlorates de chaux ou de magnésie. Il cristallise très-facilement en cube , et se clive avec la plus grande facilité. Sa dissolution précipite en blanc par le nitrate d’argent. Le précipité est lourd , cailleboté, soluble dans l’ammoniaque. C'est du chlorure d’argent. »
Composition : >
Chlore... 60, 34.
Sodium ........... 3g, 66.
Il contient assez souvent 3e l’eau. Mais’ les chimistes ne la regardent pas comme essentielle à sa composition.
Le chlorure de sodium présente deux variétés principales', qui proviennent de son origine. Il est en masses
MUfÉilALOGlK.
très-volumineuses, incolore oudiversement coloré quand on le retire de la terre, ou en petits cristaux cubiques quand il a été produit par l’évaporation des eaux qui le contiennent.
Gisement. Le sel marin se trouve : i° dans le sein de la terre ; a° au voisinage des volcans ; 3° en dissolution dansées eaux de sources, de lacs ou de la mer.
• i° On nomme en général sel gemme celui qu’on retire des entrailles de la terre. Il y est abondamment répandu , et dans presque toutes les contrées du monde. Il semble que la prévoyance de la nature ait proportionné l’abondance du sel, à son immense utilité pour l’homme et les autres animaux. On ne le trouve ni dans \es terrains primitifs, ni dans les terrains de transition , ainsi qu’on l’avait cru long-temps. Il est , au contraire , très-commun dans les terrains secondaires , et surtout dans les couches inférieures de ce terrain qui sont placées au-dessous du liais. H est aussi très-probable que cette matière saline n’existe.pas dans les terrains tertiaires.
Le sel gemme ne constitue pas à lui seul des couches distinctes , il est subordonné à des dépôts d’argile nommée argile salif'ere. Le plus souvent il est disséminé en nids , en veines ; mais quelquefois aussi il forme des amas très-considérables.
« On connaît et on cite , dit M. Beudant ( Minéralogie , t. II, p. 5o8), un très-grand nombre .de dépôts salifères dans toutes les parties du monde, où probablement ils se trouvent dans les positions que nous venons d’indiquer. On le connaît sur toute la partie septentrionale desKarpathes, depuis Cracovie jusqu’en Bukovine et en
Moldavie (Williczka, Bochnia, Okua , etc). L’autre pente est tout aussi riche en Hongrie et en Transylvanie. Les bords des grandes plaines de la mer Caspienne, la Russie d’Europe et d’Asie en sont extrêmement riches. En Perse il s’en trouve egalement de grands dépôts. En Afrique, il existe desdépôts immenses en différens lieux, sur les bords du désert de Sahara, et du Fezzan, et les plaiqes même du désert en offrent çà et là des masses très-solides à fleur de terre. En Amérique, on en cite en Californie, à Cuba, à Saint Domingue, au Pérou, etc.; et à en juger par les nombreuses sources connues, il doit en exister également dans l’Amérique septentrionale jusqu a la baie d’Hudson.
» 11 y a des localités où il paraît que ce sont des masses immenses , des montagnes entières où le sel se présente quelquefois à nu (Oltna, en Moldavie, Tauris,Tiflis, en Perse), et l’on dit que ces masses sont exploitées à ciel ouvert comme des pierres de taille. »
Les mines de sel gemme de Williczka, auprès de Cracovie, en Pologne, sont célèbres par leur étendue et l’ancienneté de leur exploitation qui remonte à l’année 1261. La profondeur de ces mines est d'environ 260 mètres. On y descend par six puits qui n’ont pas moins de quatre à cinq mètres de diamètre. Les galeries ont été taillées dans le sel gemme , et les ouvriers y ont ainsi formé des petites maisons , une écurie, des chapelles, dont toutes les parties, telles que colonnes, statues, autels, sont en sel. Ce qui n’est pas moins remarquable, c’est que ces mines ne sont nullement humides, et que dans les galeries il y a plutôt de la poussière que de la
boue. On y trouve des sources d’eau' salée, et même d’eau douce.' Le produit de ces mines est d’environ i ao,doo quintaux de sel par année.
La France- ne possède pas de mine de sel gemme, mais beaucoup de sources salées.
2 ° On trouve du chlorure de sodium solide sur les laves de certains volcans en activité. En*i83'a, j’ai recueilli dan3 le cratère même du Vésuvé,.et pendant son éruption , des masses de sel riiarin, blanches èt poreuses. Elles y étaient très-abondantes. ,
3° Les sources d’eau salée sont également très-nombreuses et répandues dans presque toutes les parties du globe. Les plus renommées en France sont celles de Dieuie,Giâleau-Salins, Moyenvic, en Lorraine. On en retire le sel par l’évaporation.
Beaucoup de lacs qui n’ont aucune communication visible avec la mer, contiennent aussi du sel en dissolution. Ils sont surtout très-communs dans le nord de l’Europe et de l’Asie.
Enfin l’eau de la mer est le réservoir commun d’où l’on extrait une grande partie du sel que l’on emploie dans l’économie domestique et les qrts. Les procédés d’extraction du sel des eaux de la mer varient suivant la température des lieux. Dans les pays méridionaux , on se contente de faire arriver sur des surfaces planes et bien unies des couches de peu d’épaisseur d’eau , la chaleur de l’air suffit pour en opérer l’évtfporation, et le tfel reste sous forme d’une croûte légère. Mais dans les pays du Nord, .on est forcé de mettre les eaux salées dans de grandes chaudières que l’ô'n chauffe pour le6 concentrer;
ef c’est après cette opération préliminaire qu’on les soumet à la cristallisation.
Usages. Ils Sont nombreux et importans. Le sel est un objet de première nécessité pour l’honune, dans tous les états de civilisation. On peut dire que l’usage d’assaisonner et de conserver les alimens avec du sel, est à peu près général chez tous les peuples connus. Les animaux herbivores le recherchent avec avidité , et il paraît être même fort utile à leur santé. Suivant M. Beudant, la consommation annuelle du sei en Europe s’élève à a5 ou 3o milliers de quintaux, qui peuvent être évalués environ 125 ou t5o millions de francs.
Le chlorure de sodium est fort utile dans les arts. 11 sert à la préparation de l’acide hydrochiorique, du chlore , de la soude artificielle. Cette dernière se fait avec le sulfate de soude qui résulte de la décomposition du sel commun par l’acide sulfurique dans la fabrication de l’acide hydrochiorique. On met ce sulfate de soude avec du charbon et du carbonate de chaux dans des grands fours que l’on chauffe fortement, on obtient du sous-carbonate de soude et du sulfure de calcium. Le chlorure de soude sert aussi à la préparation du sel ammoniaque artificiel. On traite le sulfate d ammoniaque par le sel commun.
En médecine, le chlorure de sodium est peu employé; cependant.il est purgatif et fondant à la dose- d’un à deux gros dans une pinte d’eau. La même dose dans un lavement le rend plus ou moins irritant.
En petite quantité, ce sel est très-favorable à la végétation ; aussi emploie-t-on avec avantage , comme engrais,
les argiles salifères. Mais en quantité plus considérable , il est, au contraire très-nuisible à la. vie des végétaux.
Enfin, le sel sert aussi à former un vernissur les poteries communes cuites à grand ffu; il agit en favorisant la vitrification de leur surface ; et la soude forme qn verre avec la silice de ces poteries.
Quatrième espèce : borax.
( Soudé boratée, tinkal , sous-borate de soude ).
Le borax naturel est en fragmens de cristaux, quelquefois en masses irrégulières, d’urre saveur douceâtre, plus soluble dans l’eau chaude que dans l’eau froide; légèrement efflorescent, verdissant le sirop de violettes, cristallisant dans le système prismatique oblique, à base rectangulaire (5 e type). Si on ajoute quelques gouttes d'acide sulfurique à la solution chaude , elle laisse déposer par le refroidissement des paillettes d’acide borique. Le borax se fond dans son eau de cristallisation par l’action d’une faible chaleur, et il finit par former un verre incolore.
Il offre la composition suivante :
Acide borique 36,5a.
Soude 1 6 , 37 .
Eau 47 »i°>
Gisement. Il existe en abondance dissout dans les eaux de plusieurs lacs de l’Inde, de la Perse, de la Chine, de l’Ue de Ceylan, du Pérou. Celui qui vient de l’Inde est en fragmens de cristaux prismatiques , couverts d’une
matière grasse brune, qui s’oppose en grande partie à son efflorescence. Le nom de tinkal donné à cette matière grasse a fini par s’appliquer au sel lui-même. Le tinkal qui nous venait autrefois exclusivement de l’Inde, avait besoin d’être raffiné avant d’être employé dans les arts , pour le priver de sa matière .grasse.
Aujourd’hui on le fabrique artificiellement avec l’acide borique hydraté ou sassoline qui se trouve abondamment dans les lacs delà Toscane, et le sous-carbonate de soude. Il est très-probable que dans les lacs de l’Inde c'est ainsi qu’il se forme aussi , leurs eaux contenant et de l’acide borique et du natron.
Usages. Le borax sert : i° à la préparation de l’acide borique; 2° de fondant dans les essais chimiques par la voie sèche (voyez i” partie, p. 60); à préserver les soudures de l’oxidation , et à faciliter leur fusion. C’est ainsi que les orfèvres et les bijoutiers en font un très-grand usage.
La soude nitratée se trouve assez souvent associée à la potasse et à‘la chaux nitratées dans les vieux platras. Elle sert à la préparation du salpêtre.
Troisième genre. — POTASSIUM.
La découverte du potassium faite en 1807 par Davy , a changé totalement les idées des chimistes sur la nature des terres et clés alcalis qui ont été reconnus comrtie de véritables oxides métalliques. Le potassium n’existe jamais dans la nature à l’état libre; mais à l’état de potasse ou oxide de potassium. Il forme la base d’un trèsgrand nombre de sels.
Première espèce : nitre oh salpêtre.
( Nitrate de potasse.)
Sel inaltérable à l’air, soluble dans l’qay , d’une saveur fraîche et comme urineuse; pouvantcrislalliser en prismes rhomboidaux, cannelés ou striés sur leurs faces, ou en tables rectangulaires: fusant fortement sur les charbons ardens, donnant, par 1 hvdro chlorate de platine, un précipité jaune serin, et par la limaille de cuivre et l'acide sulfurique, des vapeurs nitreuses jaune orangé.
Sa composition est :
.Acide nitrique,, . 53 , 54 - . ,
j Potasse ^ ...r. , , , , 46 , 46 .
Gisement. Le salpêtre se forme tous les jours dans les habitations humides , dans les lieux has exposés à l’action des matières organiques ep décomposition, jl est alors mélangé d’une très-grande quantité de chaux, de soude et de magnésie nitratées,. et se présente sous la foçmed efflorescences, à la surface des vieux murs. On le trouve également loin des habitations dans. des grottes ç^lcRÎres ou feldspathiques, en Touraine, à la Roche-Guyon, sur les bords de la Seine/ ou enfin en efflorescence à la surface de terrains sablonneux, eï, çajeaires , sur le$ .bords du Rhône r à Villeneuve -lès- Avignon , département du Gard, dans les landeâ de .ja Gascogne, en . Cljine, en Égypte, etc. .. . .... ♦./. v ;; -,
Usages,^ Cette matière étant fort pôle, on, la recueille avec soin, partout où elje existe naturellement. Dans beaucoup de localités même on provoque sa formation.
MINÉRALÛG-IE. a55
en réunissant toutes les circonstances qui peuvent la favoriser , c'est-à-dire que l’on fait des nitrières artificielles.
Le nitre sert à la préparation de la poudre à canon , de l’acide nitrique, de l’acide sulfurique, etc. En médecine, c’est un excellent diurétique à la dose de dix à vingt grajns.