‹ Précis élémentaire de minéralogie contenant des notions générales sur la minéralogie et la description de toutes les espèces employées dans les arts et particulièrement la médecineChapitre 69 sur 84 · II. Méthode catalane · texte numérisé non relu

II. Méthode catalane

Elle est plus simple et plus expéditive, exigeant moins de temps et des fourneaux moins dispendieux. Ces fourneaux sont à peu près les mêmes que ceux qui servent à affiner la fonte. Le minerai est d’abord bocardé et grillé, on le met ensuite contre l’une des parois du creuset: le reste est rempli avec du charbon. On recouvre le tout avec de la poudre de charbon mêlée d’argile. Le feu est ménagé pendant les deux premières heures, puis conduit avec force. Au bout de cinq à six heures l’opération est terminée, tout le fer s’est réuni dans le fond du creuset en une masse que l’on porte de suite sous les martinets pour la forger.

Cette seconde méthode est comme on voit plus simple et plus expéditive que la précédente, puisque dans une seule opération, le minerai est de suite amené à l’état de fer doux, sans avoir besoin d’être préalablement converti en fonte. Mais tous les minerais ne peuvent pas être traités par la méthode catalane : ceux qui réussissent le mieux sont certaines variétés de ter spathique ou carbonate de fer; mais elle a l’inconvénient den’être pasappliquable à tous les minerais exploités et à ne pouvoir être exécutée que sur une faible échelle. La méthode par les hauts fourneaux au contraire est celle qui se prête le mieux aux vastes exploitations. Aussi est-elle bien plus généralement mise en usage.

L'industrie du fer est tellement importante , le fer occupe une place si éminente dans les produits du sol, et ses usages se sont tellement étendus et multipliés, qu’on

afeit dans tous les pays des essais nombreux pour améliorer sa fabrication. En Angleterre , on est parvenu à substituer le coke ou charbon de terre distillé au charbon de bois, et par ce changement on a obtenu une énorme économie, sans que la qualité des produits ait en rien été altérée. Des essais sont même tentés pour substituer la houille au coke, et annuler les inconvéniens graves qu’on avait reconnus à cette matière combustible dans la fabrication du fer. L’emploi de l’air chaud a aussi obtenu de très-heureux résultats et une économie très notable dans la consommation du combustible. Enfin on a reconnu que dans les hauts fourneaux, on peut substituer le bois en nature au charbon, et l’on a ainsi non-seulement une économie dans la main d’œuvre, puisque l’on n’est pas obligé de convertir le bois en charbon , mais une économie très-grande dans la quantité de combustible employée.

Usages. Le fer est sans contredit le plus précieux de tous les métaux, à cause des services multipliés qu’il rend à l’homme. En France, c’est l’exploitation minérale la plus productive. Selon M. Deudant, nos usines de fer emploient immédiatement plus de douze mille ouvriers, et plus de cent mille trouvent leur existence dans le transport des minerais et du combustible. On évalue le produit du la fonte et du fer forgé à plus de 70 millions de francs par année.

Le fer forgé se tire en barres , en lames ou en fils.

Le fer en barres est doux ou cassant, suivant les localités d’où on le retire et les minerais qui le fournissent. Ainsi le fer hydroxidé en grains contient toujours une

3l6 MINÉRALOGIE.

certaine quantité d’acide phosphorique qui le rend plus ou moins aigre et cassant. Il y a certains usages pour lesquels on doit préférer l'une ou l’autre de ces deux variétés de fer. ,

Le fer en lames portent le nom de tôle . La tôle est employée à fabriquer des tuyaux et une foule d’ustensils. Revêtue d’une couche mince d’étain qui forme un véritable alliage avec le fer, elle constitue le fer blanc , si usité et si précieux pour la confection d’une foule d’ustcnsils de ménage.

Tiré en fils il forme le fil de jer.

C’est avec le fer et la fonte que se prépare l’acier. On en distingue trois espèces : r* l'acier naturel , qui se fait avec de la fonte blanche que l’on chauffe fortement avec du charbon; 2 * l'acier fondu, préparé avec des copeaux de fer doux que l’on fait fondre avec du carbonate de chaux et de l’argile cuite; 3° et l’acier de cèmentation , qu’on obtient en plaçant des petits barreaux de fer de quelques lignes d’épaisseur dans des creusets remplis de poudre de charbon , de manière que celui-ci les recouvre en totalité. L’acier est un protocarbure de fer qui acquiert une dureté excessive par la trempe.

En médecine , le fer et ses préparations sont fort importantes; mais toutes n’agissent pas de la même manière. Ainsi les unes sont de véritables toniques , les autres sont plutôt astringentes; enfin il en est quelquesunes qui agissent comme des excitans.

i° Préparations ferrugineuses toniques. Nous placerons ici la limaille de fer et celle d’acier , le deutoxide de fer ou œthiops martial; le tritqxidq qq çqlçqthar , sa-

fran de mars astringent; et enfin le sous-carbonate de tritoxide, et ses variétés comme le safran de mars apéritif, l’eau rotiillée et les eaux minérales ferrugineuses, comme celles de Forges, deGournai, etc.

a° Parmi les préparations de fer astringentes , nous citerons le sulfate et le tartrate de fer et de potasse ou boules de Nanci, qui ne sont guères employées qu’à l’extérieur.

3° Les préparations ferrugineuses excitantes sont les fleurs martiales, mélange de chlorure de fer et d'ammoniaque, la teinture de mars tartarisée, solution de tartrate de fer et de potasse concentrée à laquelle on ajoute une petite quantité d'alcohol , et enfin le vin chalybé , qui se prépare avec le vin blanc, dans lequel on a laissé macérer de la limaille de fer.

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, Quatrième genre. COBALT.

Il n’existe pas à l’état de pureté dans la nature ; mais combiné avec l'oxigène , le soufre, l’arsenic et l’acide arsenique: à l’état d'alliage il fait partie de la plupart des fers météoriques.

Obtenu par les procédés métallurgiques, le cobalt est gris d’argent peu éclatant, à texture grenue, fragile et se réduisant facilement en poudre , difficile à fondre, puisqu'il exige une chaleur de i3o° du pyromètre de Wedgwood, malléable à chaud, soluble avec efflorescence dans l’acide nitrique , d'une pesanteur spécifique de 8,5, attirable à l'aimant. C’est Brandt qui le premier, en iy33, obtint le cobalt à l'état métallique.

Les minerais de cobalt ont pour caractère distincte

3 i 8 minéralogie,

de colorer en bleu le vçrrede borax et en général toutes

les autres matières vitreuses.

Première Espèce : cobalt oxidé.

( Protoxide de cobalt ; cobalt oxidé noir. )

Il est en petites masses terreuses mamelonnées ou pulvérulentes, d’un noir bleuâtre, devenant brillantes lorsqu’on les frotte avec un corps dur ; infusible au chalumeau et ne répandant pas l’odeur d’ail, colorant le verre de borax en une belle couleur bleue.

C’est un tritoxide de cobalt , composé en poids de: Oxigène.. .... j ...... t 28,90

Cobalt. . . . , v> ». . . . ... . 71,10

Gisement. Cette substance provient probablement de la décomposition des arseniures de cobalt. On la trouve sur le cuivre et la chaux carbonates et sur le sulfate de baryte , en Tyrol , en Saxe, etc. Elle est très-recherchée pour la fabrication du bleu d'azur.

Deuxième espèce : cobalt sulfuré ou kobab

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Substance très-peu répandue, d’un gris d’acier, à cassure grenue et inégale , fusible au chalumeau en répandant une odeur sulfureuse, mais non alliacée , colorant

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le borax en bleu intense. C’est un trisulfure dé cobalt ,

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contenant un peu de fer et de cuivre.

Gisement. On l’a trouvée à Bastnaès , près de Riddarvtta en Suède.

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Troisième espèce : cobalt arsenical.

{ Arsèniure de Cobalt , smaltine.)

Son éclat est métallique , sa couleur est gris ou blanc d’argent, dans une cassure récente, se ternissant promptement à l’air; il est aigre et cassant, à texture granulaire; sa pesenteur spécifique est de 7,72. Il cristallise dans le système cubique.

Chauffé au chalumeau , il donne l’odeur d’ail , et colore le verre de borax en bleu comme les autres minerais de cobalt, sa solution précipite en bleu violâtre par les alcalis , en verdâtre , par l’hydrocyanate ferruré de potasse.

C'est un biarseniure de cobalt , composé de:

Arsenic 65 , 7 $

Cobalt :... 28,00

Oxide de fer et de manganèse 6,2 5

On le trouve tantôt cristallisé en cube, en octaèdre ou en cubo-octaèdre, ou bien en forme de dendrites, ou fibreux, d’autrefois , il est en masses mamelonnées ou tout à fait amorphe.

Gisement. Dans les gites métallifères des terrains primitifs, à Allemont en Dauphiné, à Sainte-Marie-aux- Mines , dans les Vosges, dans les vallées de Luchon et de Juset dans les Pyrénées, en Saxe , en Hongrie , etc. j Usages. Comme tous les autres minerais de Cobalt, cette espèce sert à la préparation de l’oxide de Cobalt. Sa poudre noire se vend , dans le commerce , sous les noms de cvbolt ou tic poudre aux mouches. Mise flans

3ao

l’eau , l’arsenic passe en partie à l’état d'acide arsenieux , et c’est ainsi que cette poudre est un violent poison.

Quatrième espèce : cobalt gris.

( Cobaltine , cobalt éclatant , sulfo - arseniure de cobalt. )

Sa texture est lamelleuse , son éclat métallique et sa couleur d’un gris d’étain; il est assez dur pour étinceler sous le choc du briquet; d’une pesanteur spécifique de 6 , 29 . Il cristallise dans le système cubique, le plus souvent en dodécaèdre pentagonal, ou en icosaèdre, se clive en cubes. !; |

Il se fond facilement au chalumeau, en donnant beaucoup de vapeurs arsenicales alliacées ,• il se dissout dans l’acide nitrique et sa solution précipite en brun rougeâtre parles alcalis.

Le cobalt gris est tantôt cristallisé, tantôt en masses à structure lamellaire , tantôt en masses amorphes.

Son analyse a fourni les résultats suivans :

Soufre aoo ,8

Arsenic.... 43,47 ,■ •’

Cobalt............ ■ 33,io , 11

Fer » 3,a3 >

Gisement. Le cobalt gris existe surtout en Norvège et en Suède. Lamine de Tunaberg, dans ce dernier pays, est surtout la plus renommée pour la grosseur et la netteté de ses cristaux.

Usages. Il sert à la préparation de l’oxide de cobalt.

Cinquième espèce : cobalt arseniaté.

( Érythrine .)

Cette espèce est en aiguilles ou en niasses amorphes ou terreuses , d’un rouge violâtre ou rosé. Sa densité est de 2.946 à 3 ,o 33 . Elle cristallise en prisme rectangulaire oblique. Elle est fusible au chalumeau , en répandant beaucoup de vapeur d’eau et une odeur alliacée très-marquée. Voici les résultats donnés par Laugier de l’analyse du cobalt arseniaté d’AUemont.

Acide arséi.ique 4 °>°

Oxide de cobalt 20 , 5

Oxide de Kickel 9, a

Oxide de fer 6 , 1

Eau 24,5

Gisement. Le cobalt arséniaté se rencontre en général dans toutes les autres localités où l’on trouve le cobalt gris et le cobalt arsenical.

11 existe encore quelques autres espèces dont le cobalt fait partie, tels sont le cobalt arséniaté terreux argentifère , vulgairement mine d’argent merde-d’oie , le cobalt sulfaté , le cobalt arsénité ; mais ces espèces sont peu importantes.

Extraction et usages du cobalt.

Le cobalt à l’état métallique n’est d'aucun usage dans les arts, et on ne l’obtient que par des procédés assez longs et assez dispendieux. C’est Wentzel qui, le premier,

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MINÊRALOGIB.

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a reconnu que des aiguilles de cobalt pur jouissaient de la propriété d’être attirables à l’aimant. Mais si le cobalt métallique n'offre aucun intérêt ; il n’en est pas de même de son oxide, qui est extrêmement employé à cause de la belle couleur bleue qu’il communique au verre, aux émaux et à la porcelaine. On en fait différentes préparations connues sous les noms de safre, de smalt , d'azur, de bleu d émail et de bleu de Thénard.

Presque tous les minerais cobaltifères peuvent servir à préparer l’oxide de cobalt. Mais c’est plus spécialement du cnbal t gris de Tunaberg qu’on le retire. C’est en le grillant avec le contact de l’air dans des fourneaux surmontés d’une cheminée horizontale qu’on le prépare. Par ce procédé on obtient non-seulement l’oxide de cobalt, mais l’acide arsénieux qui se volatilise et se condense dans la cheminée. C’est ainsi qu’on prépare la plus grande partie de l’acide arsénieux dont on se sert dans les arts. L’oxide de cobalt , pilé et tamisé, porte le nom de safre ; mêlé avec deux ou trois parties de sable pur et fin et réduit en poudre très-fine , il constitue le smalt. Si l’on fait fondre le smalt avec de la potasse et une petite quantité d’acide arsenieux, on en forme un verre, qui, réduit en poudre impalpable constitue le verre d azur. C’est avec cette matière que l’on donne aux émaux et à la porcelaine la couleur bleue la plus intense et la plus pure. Quant au bleu de Thénard, il se prépare avec le phosphate de cobalt obtenu par double décomposition du sulfate de cobalt et du phosphate de soude. On prend une partie en volume du phosphate encore hydraté, et huit pariies d’alumine également hydratée; on les mêle ,

MINÉRALOGIE. 3s3

on les dessèche à l’étuve, on les chauffe, et on obtient ainsi une belle couleur bleue, qui remplace aujourd'hui l’outremer , ët qui est employée dans la peinture à l’huile et à la gomme.

On fait aussi avec le chlorure de cobalt , une encre sympathique. Avec sa dissolution très-étendue, on forme sur le papier des caractères invisibles , qui apparaissent dès qu’on chauffe le papier ; si on laisse le papier à l’air les caractères disparaissent.

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Cinquième genre. NICKEL.

Ce métal n’existe jamais à l'état natif. Celui auquel Haüy avait donné ce nom est du nickel sulfuré. On le trouve communément associé au soufre, à l’arsenic et à l’acide arsénique.

Le Nickel a été isolé pour la première fois par Cronstedt, en iy 5 i. Il l’a retiré de la raine connue depuis fort long-tems sous le nom de Kupfernickel ou nickel arsénical. 11 est d’un gris blanc, qui tient le milieu entre la couleur de l’argent et celle de l’acier; sa structure est fibreuse et crochue; il est ductile, malléable et très-tenace; sa densité est de 8,28 , quand il a été fondu , et de 8,66, quand il a été forgé. Comme l^ fep et le cobalt , il est magnétique , mais à un moindre degré. Le nickel décompose l’eau à la chaleur rouge ; à qnq température élevée» il absorbe l’oxigène de l’air et se convertit en oxide vert.

Parmi les différens minerais de nickel , nous décrirons seulement les trois suivons :

3a4 MINÉRALOGIE.

Première espèce : nickel sulfuré.

{Nickel natif, pyrite capillaire , Harkise).

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Il offre l’éclat métallique avec une couleur vert-jaunâtre ; il se compose de petites aiguilles fragiles, formant des espèces de petites houpes. Il se réduit par le charbon après avoir donné des vapeurs sulfureuses et forme une fritte métalloïde , attirable à l’aimant. L’acide nitrique le dissout et l’ammoniaque colore sa dissolution en violâtre.

II se compose d’un atome de soufre et d’un atome de métal ou en poids : . .

Nickel Y 64,8

Soufre 35, a

Gisement. Cette substance est assez rare ; on la trouve en Saxe , en Ëohéme, dans les mines de cobalt et de nickel arséniatés. ' v .

Deuxième espèce : nikel arsenical.

( Arseniure de nickel , knp fer nickel , nickeline ).

Le nickel arsenical est constamment en masses amorphes , ayant l’éclat métallique avec une couleur jaune rougeâtre ; il se ternit à l’air , est cassant , et sa cassure est presque terne et raboteuse ; sa densité de 6,6 à y, 65. Il est assez dur pour donner des étincelles par le choc du briquet. Chauffé au chalumeau, il répand des vapeurs alliacées, et fournit un globule métallique blanc cassant.

MINÉRALOGIE. 3 a 5

Il se dissout dans l’acide nitrique , et sa dissolution qui est verte, précipite en vert par la potasse et la soude, le précipité est de l’oxide de nickel.

D’après l'analyse de M. Berthier, le nickel arsénical

d’Allemont contient :

Arsenic 48,80

Antimoine 8,00

Nickel. 39,94

Cobalt «... 0,16

Soufre . . < a, 00

Fer et manganèse des traces.

Gisement. Cette espèce se trouve dans les mêmes localités que la précédente et accompagne constamment le cobalt arsénical, à Allemont, dans les Vosges, en Suède, en Saxe , etc. •

Troisième espèce : nickel arséniaté.

(Nickelocre , nickel oxidè noir.)

Cette substance est généralement à l’état pulvérulent, de couleur verte , ou en légers filamens grouppés ; elle est très-tendre ; donne par la calcination de l’eau et des vapeurs arsénicales.

M. Berthier l’a trouvée ainsi composée :

Acide arsénique 36,8

Oxide de nickel 36 , a

Oxide de cobalt a , 5

Eau 24,0

Gisement. C’est un des minerais de nickel les plus

3a6 MINÉRALOGIE.

communs; il se montre dans tous les lieux où existent le nickel et le cobalt.

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Extraction et usages du nickel.

L’extraction du nickel est une opération longue et minutieuse, parce que ce métal est toujours mélangé de cobalt, d’arsenic et de soufre, etc., dont il est difficile de le priver complètement. Quand on â obtenu l'oxide de nickel, on le réduit soit par lé charbon , soit par le gaz hydrogéné.

Jusqu’à présent le nickel a été peu employé dans les arts. Mais il peut , en sé combinant àvéC le Cuivre ou d’autres métaux , former dés alliages qui peuvent être d’une très-grande utilité dans lés arts. Ainsi le packforig, alliage de nickel , de cuivre et de zinc, est fort usité en Chine et commence à l’être beaucoup en Europe. Il a la plus grande ressemblance avec l'argent.

En alliant le nickelà l’acier, on forme un acier damassé, nommé acier météorique , susceptible d’un très-beau poli et possédant toutes les qualités d’un acier supérieur.

Le nickel étant très-peu oxidable à l’air humide , on s’en est quelquefois servi avec avantage pour faire des aiguilles de boussole , surtout pour les voyages de long cours.

Sixième genre CUIVRE.

Ce métal, que ses emplois variés dans les arts rendent si précieux, peut se trouver dans la nature : i° à l’étal natif; a*’ combiné avec des corps simples, l’oxigène, le soufre, le sélénium; 3* à l’état de sel.

Première espèce : cuivre natif.

Le cuivre est un des métaux les plus anciennement connus. Il parait même qu’il l’a été avant le fer, caries anciens ont fait des armes en cuivre avant d’en fabriquer en fer. Le bronze, qui est un alliage de cuivre et d'étain, n aussi été employé dès la plus haute antiquité ; et pour les peuples anciens , il remplaçait le fer dans la plupart des cas où ce dernier métal est aujourd’hui employé. 1

Le cuivre est d’un jaune rougeâtre , malléable et ductile, très-tenace, répandant par le frottement une odeur particulière nauséabonde et caractéristique ; pesant , quand il est pur, 8,89; susceptible de cristalliser dans le système cubique.

Le cuivre est attaquable par l’air humide , qui le recouvre d’une matière verte pulvérulente nommée vert de gris, et qui est du sous-carbonate mêlé de beaucoup d’oxide de cuivre. 11 est fusible à 27° du pyromètre de Wedgwood; par le refroidissement il cristallise en pyramides quadranguîaires; soluble dans presque tous les acides avec lesquels il forme des sels plus ou moins colorés en bleu ou en vert. La potasse, la soude forment dans la solution de ces sels, un précipité gélatineux bleu d’oxide de cuivre hydraté. L’ammoniaque forme un sel double très-soluble, d’une belle couleur bleue céleste. Le prussiate ferruré de potasse forme un précipité brunmaron, et une lame île fer plongée dans la liqueur se recouvre d’une couche de cuivre métallique.

Variétés. Le cuivre cristallise en cubes, plus souvent en octaèdres diversement modifies. Il est fréquemment sous la forme de dendrites, ou de lames ou de filamens plus ou moins gros, diversement engagés dans la gangue, ou enfin en masses amorphes. Auprès de la ville de Bahia, au Brésil, on a trouvé une masse de cuivre natif, qui pesait, dit-on, 2,616 livres.

Gisement. Le cuivre natif accompagne généralement les autres minerais du même métal. 11 existe dans les terrains primitifs sous la forme de filons ou de veines. Les plus beaux échantillons viennent de la Sibérie. Mais on le trouve dans une foule d’autres localités.

Deuxième espèce : coivre oxidulé.

( Ziguéline, cuivre rouge, cuivre vitreux , protoxide de cuivre.) •

Combinaison d'un atome d’oxigène et de deux atomes de cuivre, ou en poids de 11,22 d’oxigène et 88,78 de cuivre. C’est le protoxide. Il est vitreux, gris-rougeâtre; donnant une poudre rouge terne; cristallisant dans le système cubique, pesant 5 , 6 g.

Il est facilement réductible au chalumeau sans dégagement de vapeurs sulfureuses; il se dissout avec effervescence dans l’acide nitrique, ce qui le distingue du cinabre ou sulfure de mercure qui ne s’y dissout pas, et de l’argent rouge qui s’y dissout sans effervescence.

Les principales variétés sont i” le primitif en octaèdre régulier; a“ le cubique; 3 ° le dodécaèdre; 4 ° le cubo-oc-

taèdre; le cubo-dodécaèdre; 5 * le capillaire, filiforme, laminaire, etc.; 6° le massif, terreux.

Gisement, Il n’existe pas en grandes masses dans la nature et n’est nulle part l’objet de grandes exploitations. On le trouve à Chessy près Lyon , et en Sibérie.

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Troisième espèce : cuivre sulfuré.

( Chalkosine , cuivre -vitreux .)

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Combinaison d’un atome de soufre et de deux atomes de cuivre, ou en poids de 20,37 de soufre et de 79,73 de cuivre. C’est un protosulfure.

11 est ordinairement compacte, d’un gris sombre ou bleuâtre, assez tendre et cassant; sa poussière est noire. Sa forme primitive est un prisme hexaèdre régulier. Sa pesanteur spécifique est de 5,69.

Il se fond en bouillonnant au chalumeau avec odeur de soufre et se réduit. Avec le borax , il donne un verre d’un vert bleuâtre.

Variétés. Ses formes cristallines sont toutes des modifications du prisme hexaèdre régulier.

Il est quelquefois compacte, ou sous forme de lames ou de petits cônes écailleux spiciformes. Il porte dans ce dernier cas le nom vulgaire d'argent en. épis.

Gisement. C’est un des minerais les plus riches en cüivre et par conséquent un de ceux dont l’exploitation offre le plus d’avantages. Il est très-commun en Angleterre, dans le duché de Cornouailles, en Sibérie, etc.

Quatrième espèce i cuivre pyriteux.

( Pyrite cuivreuse , pyrite de cuivre , chalcopyrite. )

G’est tiü double sulfure de cuivre et de fer au minimum ou protosulfure. Il est solide, d’un jaune de laiton ou d’un jaune d’or, quelquefois mélangé de couleurs irisées, non malléable, assez cassant, dune pesanteur spécifique de 4, *6, cristallisant en octaèdre à base carrée.

Le ouivre pyriteux: est fusible au chalumeau avec dégagement d’acide sulfureux. Ixjs quantités de fer qu’il contient sont assez Variables. Il y en a de ag à 32 parties sur ioo et de 3o à 34 de cuivre; c’est une combinaison de deux atomes de soufre, d’un atome de cuivre et d’un atome de fer.

Le cuivre pyriteux se rencontre quelquefois cristallisé en octaèdre à base carrée, passant au tétraèdre. D’autres fois il est sous la forme de stalactites ou de mamelons , oU en masses compactes. Par rapport à la couleur, on distingue le cuivre pyriteux jaune pâle, jaune bronze, jaune doré , irisés hépatique. ,,

, Gisement. ; Le cuivre pyriteux forme des filons et des couches puissantes dans les terrains secondaires. Il est associéà labarytesulfatée,au quarz,au feldspath , etc.

Gette espèce est, sans aucun doute, la plus commune des minerais de cuivre; mais ce n’est pas la plus riche en cuivre. C’est elle qui est exploitée aux mines de Saint- Bel près Lyon; à Sainte Marie-aux-Mities; en Saxe, en Angleterre.

Vhtjuiiïhie espèce : coivre gris .

(Panabase , tennantite.)

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La couleur gris d’acier distingue sur le champ cette espèce, qui offre la même composition que le cuivre pyriteux , mais de plus quelqu’aufre principe variable , tel que l’arsenic, le zinc , l’antimoine. M. Beudant en fait deux espèces : l’ujie, qu’il nomme panabase , et qui est un sulfure ,de cuivre, d’antimoine, de fer, d’arsenic, de zinc ( et d’argent j. la seconde, qu’il appelle tennantite , est un sulfure de cuivre, d’arsenic et de fer. 11 cristallise dans le système du tétraèdre régulier. Sa cassure est raboteuse et brillante ; sa poussière noire, uh peu fougefttrê. ïl fcrid au chàlüttleàu , et donne un bouton métallique qui se cortipOSe dé cfrivre et de fer. Sa densité est de 4,6 ; il est idioélectrique par le frottement.

Ce minerai sé trouve cristallisé ou en masse. C’est une dès espèces lès plus communes, et qu’on exploite le plus souvent pour en retirer le cuivre. ’

On distingue encore le cuivre gris plaïimjere de Guadalcaual, variété dàns laquelle Vauquelin a trouvé une quantité notable de 1 platiné. '*/'

Gisefnent. On le trouve à Sainte-Marie-aux-Mines , à Baygorry dans les Pyrénées-Occidentales.

Sixième espèce : cuivre sélénié .

Trouvé par M. Berzélius dans la province de Smoland , en Suède. On reconnaît ce minéral à l’odeur de

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