II
CUIV&S CARBONATE.
Le cuivre carbonate comprend (leux especes : la malachite et 1 azurite. Leur caractère commun , indépendamment de tous ceux qui sont propres aux sels de cuivre sont de faire effervescence dans les acides.
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Septième espèce : cuivre carbonate vert.
( Malachite , Hydrocarbonate de cuivre ; Vert de Montagne ; r cendre verte.)
Selon M. Berzélius, celte espèce se compose d’un
atome de carbonate de cuivre combiné à un atçme d’eau, ou en poids de 71,8 d’oxide de cuivre, ao d’acide carbonique et 8,2 d’eau. Elle est opaque, d’une belle couleur verte plus ou moins foncée, d’une pesanteur spécifique de 3 , 5 . Ayant pour forme primitive un prisme rhomboldal droit. Elle est tantôt compacte , tantôt soyeuse , tantôt pulvérulente.
Fusible au chalumeau , elle communique au borax une belle teinte verte. Elle se dissout très-facilement dans l’acide nitrique avec effervescence à l’aide de la chaleur; elle communique à l’ammoniaque une belle teinte bleue, mais lentement, ce qui la distingue du cuivre muriaté-
MINÉRALOGIE. ô33
On distingue plusieurs variétés de cuivre carbonaté vert ; les principales sont :
i°. La malachite cristallisée en prismes rhomkoïdaux terminés par des sommets dièdres.
2 ®. La malachite soyeuse en aiguilles fines déliées , luisantes, soyeuses, entrecroisées ou rayonnantes.
3°. La malachite concrélionnée, en masses compactes, ondulées et en couches parallèles.
4°. La malachite pulvérulente ou chrysocolle , vulgairement vert de montagne , tantôt en masses terreuses et pulvérulentes, tantôt en efflorescence à la surface des autres minerais de cuivre.
Gisement. Cette belle espèce accompagne en général tous les autres minerais de cuivre. Elle est souvent le résultat de leur décomposition spontanée. Les morceaux les plus volumineux de malachite viennent en général des monts Ourals en Sibérie.
Quelques-unes des pierres vertes , connues sous le nom de Turquoises, et qu’on taille pour faire des bijoux, sont des os ou dents fossiles colorés par de la malachite.
Huitième espèce : cuivre carbonaté azuré.
( Cuivre azuré, azurite ; bleu de montagne, cuivre bleu , pierre d’Arménie. )
Couleur d’un beau bleu indigo, assez fragile , très-éclatant et comme vitreux, d’une pesanteur spécifique de 3,5 à 3 , 7 , ayant pour forme primitive un prisme rhoniboïdal oblique.
Il est composé, d’après M. Berzélius, d’un atome d’hy-
334 MJNÉRfLOGIK,
drate de cuivre , et de deux atomes de bicarbonate de cuivre, et en poids d’après Klaproth de 70 d’oxide de cuivre; 24 d’acide carbonique et 6 d’eau.
Il est tantôt parfaitement cristallisé, tantôt lamelliforme , tantôt aciculaire , granulaire ou en niasse.
Gisement. Il est rarement très-abondant, il tapisse en général les parois des filons qui contiennent d’autresminerais de cuivre ou forme des amas sphéroïdaux, àChessy, près Lyon, etc.
La malachite et l’azurite bien compactes sont susceptibles de recevoir un beau poli. On en faitdes vases , des boîtes , des ornemens , de petits meubles d’un prix trèsélevé.
Neuvième espèce ; cuivre muriaté.
(Atacamite ou chlorure de cuivre.) . .
C’est la combinaison d’un atome de chlorure de cuivre et de quatre atomes d’eau ou en poids, de 71,45 d’oxide de cuivre , de 12,36 d’acide hydrochlorique et de 16,20 d’eau.
Il est d’un beau vert émeraude, tantôt sous la forme d’une poudre ou sable très-fin , tantôt en niasses lamellaires ou en cristaux qui sont des prismes droits rhomboïdaux.
Fusible et réductible au chalumeau , colorant la flamme en bleu ou en vert , se dissolvant dans l’acide nitrique, sans effervescence. Sa densité est de 4 ) 43 . Elle donne de l’eau par la calcination.
Elle est tantôt cristallisée en très-petits cristaux prisma-
tiques ou octaédriques ; tantôt aciculaire ou fibreuse, ou enfin granulaire et terreuse.
Gisement. Cette espèce ne parait être qu’une matière accidentelle dans les autres gites des minerais de cuivre. On la trouve surtout au Chili et au Pérou.
Dixième espèce : cuivre phosphaté.
Il est vert , souvent noirâtre à l’extérieur et comme mamelonné, à structure fibreuse et rayonnée, cristalline, ayant pour forme primitive un octaèdre rectangulaire, assez durpour rayer la chaux carbonatée. Il est fusible à la flamme d’une bougie, réductible au chalumeau ; mais à un feu très-vif; soluble sans effervescence dans l’acide nitrique. L’analyse publiée par M. Berthier a fourni :
Acide phosphorique 28,7.
Oxide de cuivre 63,9.
Eau y, 4.
C’est-à-dire cinq atomes d'acide phosphorique combinés à 4 atomes d'oxide de cuivre et a atomes d’eau.
Le cuivre phosphaté de Eheinbreitbach , contient plus d’eau et moins d’acide phosphorique. M. Beudant en fait une espèce à part qu’il nomme Ypoleime, cristallisé en prismes rhomboïdaux obliques.
On l’a trouvé sur les bords du Rhin et en Hongrie.
Onzième espèce : cuivre arseniaté.
On a long-temps confondu sous ce nom plusieurs espèces dont la composition n’est pas parfaitement idenli-
que, M. Beudant les a distinguées les unes des autres et en a forméquatre espèces différentes, savoir :
i*. L’ermite , ou cuivre arséniaté rhomboédrique , cuivre micacé, composée de 3 atomes d’acide arsénique, 3 atomes d’oxide de cuivre , et i atome d’eau.
2°. La liroconite , ou cuivre arséniaté en octaèdre obtus, composé d’un atome d’acide arsénique , 2 atomes d’oxide de cuivre et 6 atomes d’eau.
3 . L’olivenite cuivre arséniaté prismatique droit, cuivre arséniaté en octaèdre aigu, composé de 5 atomes d’acide , 3 atomes d’oxide et i atome d’eau.
4 e . L’aphanèse ou cuivre arséniaté prismatique triangulaire, composé de 2 atomes d'acide arsénique, 2 atomes d’oxide de cuivre , et 3 atomes d’eau.
Cependant ces espèces présentent quelques caractères communs qui peuvent servir à les distinguer. Leur couleur générale est le vert dans toutes ses nuances : elles sont solubles sans effervescence dans l acide nitrique ; chauffées au chalumeau, elles fondent en répandant des vapeurs alliacées d’arsenic. Elles sont réductibles.
Le cuivre arséniaté est commun dans le duché de Cornouailles.
Douzième espèce : cuivre sulfaté.
( Vitriol bleu , couperose bleue ; cristaux de Vénus).
Il se compose d’oxide de cuivre 3i,8o, acide sulfurique 3a, i4, eau , 36, 06. Cristallise en prisme oblique à base de parallélipipède obliquangle. Mais on ne le trouve guère que sous forme de concrétions ou de poussière
dans les minerais de cuivre où il s’est formé par suite de leur décomposition. On le trouve à Saint -Bel, près Lyon.
iO .
Treizième espèce : cuivre dioptase. v
Ce beau minéral est cristallisé en dodécaèdre , translucide et d’un beau vert d’émeraude. Sa densité est de 3,3. Il est insoluble dans l’acide nitrique ; il y conserve sa belle couleur verte , prend une couleur marron au chalumeau et donne un grain de cuivre par l’addition du borax. C’est un silicate de cuivre hydraté. On ne l’a rapporté que de la Bucliarie Chinoise.
Traitement métallurgique du cuivre.
On n’exploite guère en grand , pour en retirer le cuivre , que la pyrite, le cuivre natif, les oxides et les carbonates de cuivre , mais surtout le premier de ces mine-
rais.
Pour obtenir le cuivre des pyrites , elles doivent être grillées un grand nombre de fois pour en chasser la plus grande partie du soufre. On les fond ensuite et on a des mattes composées de cuivre et de fer sulfurés fondus, brunes et fragiles. On les concasse , on les grille de nouveau , puis on les refond plusieurs fois, et les scories qu’on a eu soin d’enlever ont entraîné une grande partie du soufre et du fer. On obtient ainsi du cuivre noir qui se compose ordinairement de neuf dixièmes de cuivre.
On procède alors à son affinage. Pour cela on le fait,
fondre dans un fourneau à réverbère dont le sol concave est recouvertd'une brasque d’argile et de charbon. Quand le cuivre est fondu on enlève les scories qui contiennent le fer oxidé et le soufre , et l’opération est terminée. On
coule le cuivre dans des petits bassins où il se fige et forme des espèces de gâteaux couverts d’aspérités. On le nomme cuivre de rdsette.
Si le minerai pyriteux contient peu de cuivré , Comme 1 à Saint- Bel et à Ghessy, près Lyon , on le grille, puis on le lave poür dissoudre les sulfates dé fér et de cuivre qui se sont formés; on plonge dans ces liqueurfc des plaques de fer ou de la vieille ferraille qui décoriîposent le sulfate de cuivre et le cuivre métallique vient se déposer sur le fer , en couches poreuses et couvertes d’aspérités. On nomme cuivre de cémentation celui qu’on obtient par
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ce procédé.
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Su le cuivre contient de 1 argent en gronde quantité « j •vùpvrsi •> tnqruTi > fi
on en retire ce dernier par la coupellation. Si les mattes
sont moins riches, on les fopd avec du plomb , oq en forme des pains cylin JriqOes , qu’on place ensuite verticalement dans un four que l’on chauffe graduellement.
Lé plomb, beaücôtip plus fusible que le cuivre, fond lé
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premier, entraînant avec lui tout 1 argent, et le cuivre
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reste sous la forme de masse poreuse. On coupelle ensuite le plomb. Ce procédé est connu sous le nom de
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Quànd le cuivre est aurifère , on le traite par l’amal-
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gamation. Le mercure s empai'e de 1 or.
Usages du cuiv.re. Le cuivre est après le fer , le métal
dont l’homine tife le plus d’avantages et qu’il employé le plus àsesbesôUiS. Ainsi üne foule d'ustensiles nécessaires pour Ses usages domestiques ët pour les operations des arts sont faits ëti cuivre.
Ce métal offre encore un très- grand avantage ; c’est celui dè s' unir avec plusieurs autres substances métalliques et de former des alliages fort importans. Nous nous
*!l J •• • : t. ;• UMg iTl •<;<>' W> 7>\T ■* • .... ; >* ; 1
contenterons dë citer les suivans : 1 :
•UiUlTotl. H.'lli. ! ?.|ÏO ■ - I.J 1 »i Ir.M . / . ... 1 1
i° Le laiton est un alliage de cu,iyre et de. zinc. C’est lui que l’on connaît sous le. npm de. cuivre japne et qui est employé à la construction des. mstrumens de physique. La proportion du zinc et du cuivre n’est pas rigoureusement déterminée. Aussi }es analyses qu’on a publiées de différentes sortes de laitop , varient-elles beaucoup entre elles sous çe. Rapport. , . , , i(l „. , . !>u
2* Le bronze pu l’airain est un alliage de cuivre et d’étain. 11 sertà^ffÿjr^des ( st^tues, des monnaies,* des canons, dés qle^ies ?| d^f çjmbales, d? tamtams, des miroirs de télescope, etc, mi ,-ë
( 3 ® Le Packjbng «q cuivre blanc de la Chine. C’est un alliage de cuivre , de piç.Vçl et de 7 flpp. On en fabrique en France. Il a une couleur blanche argentine , et est
susceptible d’un très-beau poli,
Un a évalué a environ £ap,p.<j>o; quintaux la quantité
de cuivre que chaque année l’Europe verse dans, le commerce, et dont la valeur moyenne est d’environ 60 à 80 millions de francia L'Angleterre '.fournit à elle seule la
j 1 -,r jfiiii nicw •*) i«q i ' 1 ' iu -u a t ■■ ’ ' ** 1
taux chacune; tandis qae la France n entre guere que
34o MINÉRALOGIE.
pour 2,5oo quintaux dans cette production. Cette quantité est de beaucoup inférieure à celle qui est nécessaire pour nos besoins. Aussi sommes-nous forcés de tirer de 1 etranger la plus grande partie de nos cuivres.
Propriétés médicales des préparations de cuivre. ,
Les préparations de cuivre sont en général très-vénéneuses. Ainsi le vert de gris naturel (sous carbonate, mêlé de beaucoup dfiydroxide de cuivre ) est un poison violent , dont les accidens se montrent malheureusement bien souvent, quand on le laisse se foi-mer dans les ustensiles de nos cuisines. Toutes les autres préparations cuivreuses agissent'de la même manière. Le meilleur moyen à employer pour remédier à ces accidens , consiste , selon M. Orfila , à administrer de l’eau albumineuse en grande quantité , il est aussi très-utile de provoquer les vomissemens. On a souvent , et à plusieurs reprises, préconisé le sucre comme antidote certain des préparations cuivreuses. On se basait sur ce que Face ta te de cuivre était, à l’aide dë l’ébullition , converti par le sucre en protoxide de cuivre ; mais M. Orfila conclut d’expériences précises que le sucre n’exerce aucune action chimique sur le vert de gris qui a été introduit
dans l’estomac et qu’il ne l’empêche pas d’agir comme
caustique.
HUITIÈME GENRE. URANE. ■:!!.. U
(oui
L’urane, ainsi nommé par Klaproth du nom de la planète Uranus , a été découvert par ce savant chimiste en
minéralogie:.
1787. On ne le trouve dans la nature que combiné avec l’oxigène et les acides phosphorique ou sulfurique. C’est dans le minéral nommé pechblende ou blende de poix par les Allemands, que le chimiste de Berlin en a d’abord constaté l’existence.
Réduit à l’état de pureté par les procédés chimiques, l’urane cristallise en petits grain s octaédriques réguliers , ayant l’éclat métallique, et une couleur gris foncé ou brun rougeâtre, légèrement transparens sur leurs bords.
Les minerais d’urane se reconnaissent assez facilement. Par le chalumeau ils colorent le verre de borax en jaune sombre à la flamme d’oxidation , et en vert sale au feu de réduction. Leur solution dans l'acide nitrique est légèrement jaunâtre. Lesalcalis y formentun précipité jaune ; et l’hydrocyanate ferruré de potasse, un précipité rouge de sang.
Première espèce : drane noir.
( Urane oxidulé , bioxide cTurane , pechblende ou mine de fer en poix.)
Cette espèce a un aspect à peine métalloïde, ayant quelque ressemblance avec de la poix noire, de là le nom de pechblende qui lui a été donné par les minéralogistes allemands. Elle est assez dure et néanmoins cassante, sa cassure chonchoïde et inégale; sa densité est de 6 , 5 j. Elle est ordinairement en masses rendormes ou mamelonnées à structure quelquefois lamellaire, surtout dans un sens. ,
C’est un bioxide d’urane qui se compose en poids
de :
Urane §4*
Oxigène 6.
Gisement . L'urane oxide ne s’est encore trouvé que dans les terrains primitifs et surtout dans les minerais d’argent et de plomb , en Saxe et en Bohême.
hydroxide d’urane ou ocre cT urane est un tritoxide contenant de l’eau. Il est en poudre ou ep masses jaunâtres, dans les mêmes localités que l'espèce précédente.
Deuxième espèce : urane phosphaté ou uranite.
( Urane jaune , urane micacé , mica vert , urane oxidè d'ilaiiy , chalcolite.)
L’urane phosphaté est d’un jaune citrin, ou verdâtre ou même d’un vert d’émeraude. % structure est laminaire; il est tendre, fragile et translucide, son éclat est vif et perlé; sa densité de 2,19 à 3,i i5. Par le clivage on arrive à un prisme droit à base carrée.
Les variétés cristallisées sont assez nombreuses. Non cristallisé il est ou lamelliforme , ou Jlahellijorme, c’est-àdire formé de petites lames disposées en éventail , ou amorphe et ferreux- Cette espèce contient toujours de lu chaux ou du cuivre et de l’eau.
Quant à sa couleur elle offre deux teintes principales, jaune ou verte.
L’urane jaune offre la composition suivante :
Oxide d’urane 5 g, 37.
Acide phosphorique. . . i 4 , 63 .
Chaux et eau, ......... 14,90.
L’urane vert, qui doit sa couleur au cuivre, offre la composition suivante :
Oxide d’urane. . . 60.
Acide phosphorique 16.
Oxide de cuivre g.
Eau i 4 -
Gisement. Minéral des terrains primitifs, on trouve l'urane phosphaté dans les filons de granités; à Saint-
Symphorien près d’Autun, à Saint-Yrieix , près I.imo-
ges, etc.
L'urane sulfaté est en cristaux aciculaires d’un vert d’herbe, translucides, solubles dans l’eau, à Joachimstahl en Bohême.
Extraction et usages de t urane.
L’urane s’obtient assez facilement à l’état métallique, en décomposant son oxide par l’hydrogène au moyen de la chaleur ronge , comme l’ont démontré les travaux de M. Lecanu et M. Asfwedson. M. Berzélius le retire de l’oxalate neutre d’urane, chauffé en vase clos.
Ce métal n’est d’aucun usage.