‹ Précis élémentaire de minéralogie contenant des notions générales sur la minéralogie et la description de toutes les espèces employées dans les arts et particulièrement la médecineChapitre 71 sur 84 · V. ; i, ’ ! .Vil if · texte numérisé non relu

V. ; i, ’ ! .Vil if

Neuvième genre. ZINC.

Les anciens n’ont fait aucune mention du zinc ; ce

n’est guère qu'au XII e siècle qu’il a commencé à être connu. Cependant il n’y a qu’environ deux siècles que ce métal a été employé en Europe. A cette époque il nous était apporté de la Chine et des Indes. Vers le milieu du siècle dernier les travaux de Margraaf, de Cronstedt, nous on fait connaître les moyens d’exploiter nos minerais de zinc.

Il ne se rencontre jamais à l’état natif. 11 est constamment combiné dans la nature avec J’oxigène, le soufre ou certains acides, particulièremant le carbonique et le sulfurique.

Purifié par les procédés métallurgiques le zinc est blanc grisâtre, légèrement bleuâtre, brillant dans une cassure récente , mais perdant rapidement son éclat et devenant terne, d'une texture lamellaire; il est malléable et légèrement ductile ; d'une pesanteur spécifique

de7» x 9-

Chauffé dans des vaisseaux clos, il fond au-dessous de la chaleur rouge et se volatilise complètement ; avec le contact de l'air il s’oxide facilement et donne des flocons blancs et légers qui sont formés par son oxide et qu’on désigne sous les noms de pompholyx ^fleurs de zinc , etc. 11 se combine avec quelques acides et forme des sels qui jouissent de la propriété remarquable de précipiter en blanc par presque tous les réactifs ; c'est-à-dire par la potasse, la soude et l’ammoniaque, par l'acide hydrosulfurique et les hydrosulfates; par le prussiate ferruré de potasse.

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Première espèce : zinc oxidé rouge.

( Zinc oxide ferrfére; oxide de zinc ferro-m a nganésien .)

Il est en masses amorphes d'un rouge brunâtre ou presque noir, à structure granuleuse ou lamellaire et comme micacée , très-brillante dans une cassure récente, se ternissant à l’air ; fragile; quoique assez dure; sa poudre est jaunâtre; sa pesanteur spécifique de 5,43.

11 est infusible au chalumeau sans addition; il colore le verre de borax en jaune.

M. Bertbier y a trouvé la composition suivante : Oxide de zinc 88, oxide de manganèse 12 .

Cette espèce n’a encore été trouvée que dans l’Amérique du nord où elle est très-abondante.

Deuxième espèce : zinc oxidé silicaté.

( Calamine , pierre calaminaire , zinc oxidé hydraté siliceux.)

Cette espèce est généralement blanche , quelquefois un peu jaunâtre, en niasses compactes ou concrétionnées ou cristallisées. Elle est assez tendre, d'une pesanteur spécifique de 3,38 à 3,5o; ses cristaux sont souvent des tables qui dérivent d’un octaèdre rectangulaire. Ils sont naturellement électriques , même à la chaleur ordinaire de l’atmosphère et phosphorescens par frottement.

Au feu du chalumeau, le zinc silicaté décrépite et blanchit sans se fondre. Mais le caractère qui le distingue

de tous les autres minerais de zinc , c’est qu'il se dissout sans effervescence ou avec une très-légère effervescence dans les acides à froid , avec lesquels il forme une gelée, due à la silice qu’il contient.

Cette espèce présente un grand nombre de variétés cristallisées ou amorphes; elle est quelquefois lamelliforme, aciculaire j concrétionnée, compacte, caverneuse ou terreuse. ' '

C’est un silicate de zinc hydraté, dans lequel la quantité d’eau parait très-variable. Voici l'analyse publiée par M. Berthier, de la calamine de Limbourg :

Silice

Oxide de zinc. . .

Eau

Gisement. Elle accompagne en général le carbonate de zinc et se trouve dans les terrains primordiaux et dans presque toute la série des terrains secondaires, en Angleterre, en Saxe , en Brisgau.

Usages. On exploite ce minerai pour obtenir le zinc métallique.

Troisième espèce : znvc sulfuré ou blende.

Substance solide d’un gris noirâtre, brunâtre ou presque jaune, à structure lamellaire, brillante, assez tendre, facilement clivabla, d’une densité de 4,oa à 4 , 07 » souvent transparente, ayant la réfraction simple; et quand elle est cristallisée, surtout les variétés de couleur jaune, devenant phosphorescente souvent par le simple frottement des barbes d’une plume. Sa forme primitive est un rhomboèdre obtus. . !• • •' .... âi'-.r '

Elle est infusible au chalumeau et ne donne qu’une

faible odeur sulfureuse, se dissout difficilement dans la-

eide nitrique. M. Berzélius l’a trouvée composée d’un atome de zinc et de deux atomes de soufre; ou en poids de zinc 67 , et de soufre 33.

Variétés. Elles sont très-nombreuses. Ses formes cristallines dominantes sont le dodécaèdre à plans rhombes, le tétraèdre régulier, l’octaèdre régulier , le cubo-dodé- / caédre , etc.

Il y a trois variétés principales de couleur : la noire, la brune ou rougeâtre , et la jaune.

Elle peut être lamellaire , radiée , concrétionnée , compacte, etc.

Gisement.Lz blende existe très-abondamment dans les terrains primitifs et de sédiment. En France elle est trèscommune à Vizille (Isère), à Arras (Pas-de-Calais), à Châtelaudren (Côtes du Nord) , etc., etc.

Quatrième espèce : zinc carbonate ou calamine.

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C’est cette espèce qui porte véritablement le nom de calamine. Elle ressemble beaucoup au zinc silicaté, dont elle diffère surtout en ce qu’elle fait une vive effervescence avec les acides et ne forme pas gelée. Sa forme primitive est un rhomboèdre obtus, sa densité de 3,5g à 4,33.

Elleest blanche, opaque, lamelleuse,aciculaire compacte ou cristallisée. Sa couleur néanmoins est très-variable; elle est quelquefois brune , verte, jaune, bleue. Elle se compose d’oxide de zinc 65 et d’acide carbonique 35.

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Gisement. Elle forme quelquefois des stalactites ou concrétions dans les mines de zinc ou de plomb ,.oubien constitue des especes de couches dans les terraiqs de transition. On la trouve en Carinthie, en Angleterre.

Cinquième espèce : zinc sulfaté:.

( Vitriol blanc.)

Il est assez rare dans la nature et paraît provenir, comme la plupart des sulfates métalliques de la décomposition des sulfures. Il est en aiguilles ou en poudre blanche ou constitue des stalactites à structure fibreuse, d’une saveur styptique. Obtenu par cristallisation il est en prismes quadrangulaires terminés par des pyramides à quatre faces. Il est très-soluble , se boursoufie au feu. Il se compose de zinc oxide 27,5, d'acide sulfurique 22 et d’eau 5 o.

On le trouve dans le département de l’Aveyron, à Idria en Carniole et surtout à Goslas dans le Harz d’où nous vient presque tout celui qu’on emploie dans les arts et la médecine.

Traitement métallurgique du zinc.

Le minerai qu’on exploite le plus communément, c’est le zinc oxidé silicate.

, On commence par le calciner au feu; puis on le réduit en poudre, on le mélange avec du charbon pulvérisé. On place ce mélange dans de grands tuyaux de terre placés obliquement dans un fourneau; l’extré-

MINÉRALOGIE. 34g

mité inférieure est fermée , la supérieure communique

dans d’autres tuyaux placés obliquement dans un autre sens. A mesure que le zinc se revivifie, il se volatilise et est reçu dans les tuyaux supérieurs. On le refond de nouveau avant de le verser dans le commerce.

Usages. Le zinc est un métal fort utile. Réduit en lames, il sert à la couverture des édifices, et a sur le plomb l’avantage d’être plus léger. On en fait aussi des tuyaux, des gouttières pour la conduite des eaux, des baignoires. Les ustensiles de cuisine qu’on a cherché à faire avec le zinc ont un grave inconvénient, celui d’être facilement attaqués par les acides qui existent ou se forment dans les alimens , par les préparations qu’on leur

fait subir. Or, les sels de zinc sont plus ou moins véné-

neux. Le zinc sert aussi à la construction de la pile de Volta. ,

Allié au cuivre, il constitue le laiton ou cuivre jaune avec lequel on fabrique une foule d’instrumens.

L’oxide de zinc est un antispamodique très-énergique à la dose de six à huit grains et même plus- La tuthie qui est un oxide grisâtre et impur s’emploie comme astringent dans les collyres liquides ou secs.

La sulfate de zinc est très-astringent. On l’emploie surtout à l’extérieur, dans les collyres résolutifs, à la dosede 12 à 1 5 grains; il a été donné quelquefois comme émétique.

Les vernisseurs s’en servent pour rendre les huiles siccatives. Il sert aussi à la préparation du blanc de zinc ou oxide de zinc, qui peut remplacer avec avantage le blanc de plomb dans la peinture à l’huile.

MlNréRAtoèlÊ.

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DIXIEME GENRE. CADMIUM.

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;, Cè métdl'dsSez rdféné se féirèbTiti’e’jiftrtais cftiè? dïnS quelques minerais ët ^ür'tdùMèS sùlfrtfèsdé iitifc; il ÿ est à Fêtât : dé stilfùré. Il â ‘êlë fleëoüHA; èii ! r8ï8 ^ Jpar Hérifcahn , dànS leS fléürs de Ziiic. ’Müid e esÜ ivt. Stf tttheyer tjuî, : péu de temps aptéâ, l’k fait ^ffinfettiénl connaître dans toutes sès combinaison^. "« ‘ 1 ‘

Le cadmiufti ressemble beâuétiüp' â Fêtait) jdï è'st d'iiii blanfc brilïànt avec ütie libéré teinté bleuâtfé, pôuVârit acquérir cm très-beau poli’, rhâitérûble à l’àir sec. Il* est assez rnoït, on Fétrtiiihe fâcilètrietit avec ùnë lime oii tin couteau ; sa tcpltiife est compacté et sa cassure crochue, ïlest ductile et aisez malléable, torsqu il a été fondu , il cristallise facilement en octaèdre, et comme rantimôihe, sà Surfàfcfe' & Féfcôùvfé d'empteièfes èft formé dè feuilles de fougère.’ Sit peSàfiteJff* spécifique est" de Il è^t

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en précipitent l’oxide hydraté qui est de couleur

blanche lé prééipî té' ti’dsf pas 'soluble dans un excès d’alcéli; -b anmn.apnq «là i-r. ry.< ü

Usagés. Le sulfure dé cadmium artificiel , que l’on prépare, soit en chauffant Ôü sbufcre avec foxîcfe de cacl-

minéralogie. 35 1

mïufn, OU en le précipitant d’une dissolution saline par l'acide hÿdrasülfurique, offre une couleur jaune orangé tfès-belïè et très-fixe. Elle se mélange très-facilement aVeé lès autres couleurs sans s’altérer. Aussi est-il assez usité aujourd’hui danà la peinture. On le prépare en Allemagne et à Paris. '' ‘ 1

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•Mil. • 1 - U'|>, OWZlâMK G*nRE. ÉTAIN- ’

L'étain a été connu des anciens, dès la plus haute antiquité. Il se rencontre dans la nature à l’état d’oxide et à l’état de sulfuré. Ce n’est donc que par les procédés métallurgiques que nous pouvons avoir. de> l’étain thétalliqjue., joi-.n; c. Ç ' v-'i- . : -

Ainsi qbjenu, “> estbl^nc d’argentj brillant, trèstendrç >r) un peu moins que le plomb , malléable , ductile j mais peu tenace. Un fil de deux milliruètreside diamètre aupport^vn. ppi4s , ^le i5 kü t ;?4o- Sa densité est de lorsqu’il a, été battu. U : <*ttrèsr flexible, et quand on le plie , il fait entendre un petit bruit partjlç^^’ofl, rmmtnn /Ofi idn TéMin. Quand on le frdtte ou qu’çp fe. tien;; quoique temps dan» la main il « une odeur désagréable. • : ! u >

Il fond à la température de 228 *,* çt jl o.çst que t^èspeu volatil. Si on élève beaucoup . la température , il s’oxide en brûlant. L’étain qui a été fondu, cristallise par le refroidissement eîj rhomboèdre. Le moiré rriétpliique est le résultat de la cristallisation de! etain sur les feuilles de ter blanc. , .

Comme il existe deux oxides d’étain, on v a des protosels et des déutosels dé ce métal.

Les protosels s’altèrent à l’air, en absorbant l'oxigène, et il se forme un précipité blanc qui est ou du deutoxide ou un sous-sel de deutoxide. Par les alcalis, précipité blanc, soluble dans un excès d’alcali;par l’acide hydrosulfurique, précipité brun chocolat; par le chlorure d’or, précipité pourpre ; enfin une lame de zinc se recouvre d’étain métallique. Les deutosels ne diffèrent que par le précipité formé par lucide hydrosulfurique, qui est jaune et non brun chocolat.

Première espèce : étain oxidé .

Il est d’un brun plus ou moins foncé ou presque rtoir, vitreux, trèséclatant, quelquefois presque limpide. Il est assez dur pour étinceler sous le choc du briquet; sa cassure est rabotteuse et inégale; sa pesanteur spécifique est de 6, p. ’ *' 1

Chauffé au chalumeau , il fond très-difficilement, et ne peut être réduit qu’avec peine. Il donne au verre de borax une teinte blanche laiteuse.

La forme primitive de l’étain oxidé est un octaèdre à base carrée; mais il varie beaucoup dans ses formes secondaires. ,

Il offre la composition suivante.

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Oxigène.... ai, 33 . ,

Étain..... v. 78,67 t( ....

Les principales variétés sont 1* le dodécaèdre, a° le dioctaèdre ; 3° lTiémitrope; 4* le sublaminaire; 5° le concrétionné ; 6° le granuliforme.

Gisement. Cette espèce se rencontre dans les terrains

primitifs. Elle est commune dans l’Inde à Banca et àMalafca, en Bohême, en Saxe, et surtout dans le comté de Cornouailles en Angleterre. L'étain est très -rare en France, cependant, il en existe deux mines, mais assez pauvres l’une à Vauly près Limoges, l’autre à Periac près Nantes.

Deuxième espèce : étain sujjftjré.

Il est gris d’acier ou jaune verdâtre comme le bronze, solide, assez fragile, et se réduisant facilement en une poussière noire; sa cassure est inégale, lamelleuse; sa densité de 4,35.

Il est fusible au chalumeau en donnant l’odeur sulfureuse. D’après Klaprolh, il se compose d’étain 34; de cuivre 36, de soufre a 5, de fer a parties. C’est la combinaison d’un atome de bisulfure d’étain avec deux atomes de sulfure de cuivre. On en connaît deux variétés, le laminaire et le massif.

On ne l’a encore trouvé que dans le comté de Cornouailles en Angleterre.

Traitement métallurgique de Pétain.

Il consiste à débarasser la mine de sa gangue et à la réduire en pâte, dont on fait des pains. Quand l’oxide d’étain estmélangéde sulfures de fer ou de cuivre, il doit être préalablement grillé, puis fondu avec du charbon dans un fourneau à réverbère. L’étaip ainsi obtenu n’est pas assez pur pour les usages des arts, il doit

354 MJKÉKALOGIE.

être fondu dé nouveau avec du charbon de bois ou de la houille.

Usages. L’e'tain est très-employé dans les arts. Allié d’une petite quantitéde cuivre qui lui donne un peu plus de dureté, il sert à fabriquer de la vaisselle, des vases et autres ustensils. On l’emploie à l'étamage du cuivre; à faire le fer blanc, qui n’est qu’une lame de tôle recouverte d'étain, et, uni au mercure, à l’étamage des glaces.

Il forme avec les differens métaux des alliages trèsusités, avec le plomb la soudure des plombiers, avec le cuivre , le bronze , etc.

Les dissolutions d’étain sont fort employées dans l’art de la teinture, pour aviver certaines couleurs pourpre fournies par la cochenille.

En médecine, l étain métallique a été considéré comme un anthelmintique à la dose d’un à deux gros.

Douzième genre. BISMUTH.

C’est un métal qu’on trouve dans la nature sous trois états, i° natif, a° oxidé, 3° sulfuré.

Première espèce : bismuth natif.

Le bismuth n’a guère été connu des minéralogistes que Vers le r5* siècle. Il est d’un bland jaunâtre, avec des reflets légèrement violacés, d’une texture lamellaire, ftagilë, non malléable, ni ductile, byant pour forme primitive l’octaèdre régulier; et pesant 9,83. 11 ést quelques fois sous la forme de dendrites. Il existe une variété rhomboïdale.

Minéralogie.

Fusible même à la simple flamme d’une bougie; pour fondre en masse, it exigé une chaleur de 247°5 sfe dissolvant avec effervescence dans l’acide nitrique , communiquant au verre de borax une légère teinte verdâtre. A une haute température H est complètement volatil.-

Les sels de bismuth sont précipités eit blanc par l’eau distillée: le précipité est un sous-sel insoluble; en noir par l’acide hydrosulfurique , en blanc jaunâtre par l’hydrdcyanate ferruré de potassé ; en blanc par la; potasse , la soudé et l’ammoniaque; en jaune sale par l'infusion de noix de galles.

Le bismuth fondu Cristallise très-facilement en espèces de lames rentrantes , disposées én cubes et un peu excavées en tréthies. Quand il est en masse, sa surface ne se découvre pas comme l’antimoine, de vestiges de cristaux en forme de feuilles de fougères.

Gisement. On trouve le bismuth en Saxe, en Suède, etc. Les mines de Poullaouen en fournissent également. Mais c’est un métal très-peu abondant dans la nature.

Deuxième espèce : bismuth oxidé.

On le trouve avec les mines de bismuth natif, tantôt à l’état pulvérulent, tantôt en niasses amorphes. Il est d’un vert jaunâtre, se réduit très-facilernen tau chalumeau; il est friable. Le bismuth que l’on en obtient par le chalumeau le distingue facilement de quelques minerais de cuivre avec lesquels on pourrait le confondre.

Troisième espèce : bismuth sulfuré.

En masses d’un gris de plomb avec une teinte légèrement jaune-rougeâtre. Sa- texture est tantôt granulaire , tantôt écailleuse, plus rarement en.aiguüles ; il est assez tendre. »

On le distingue i° du bismuth natif, par l'odeur sulfureuse qu’il répand quand on le chauffe au chalumeau, et parce qu’il ne fait pas effervescence avec l’acide nitrique; a* De l’antimoine sulfuré parce qu’il n’est pas complètement volatilisable par le, chalumeau; 3° de la galène, parce qu’il fond à la simple flamme d’une bougie.

Il se compose de 60 p. de bismuth et de 4° p- de soufre. La grande quantité de soufre qu’il contient fait qu’il est difficilement réductible sans addition.

On l’a trouvé en Saxe , en Suède , en Bohème , etc.

Traitement métallurgique du bismuth.

Les minerais de bismuth natif sont particulièrement ceux que l’on exploite pour en retirer ce métal. Il suffit de les fondre dans de grands creusets pour obtenir le métal.

Mais si le bismuth est allié au cobalt , ce qui est le cas le plus général , on fond le minerai dans des tuyaux de fer légèrement inclinés. Cofnme le bismuth fond plus facilement que le cobalt, il s’écoule par la partie déclive du tube à mesure qu'il se liquéfie et il est reçu dans des capsules en fer. Si le bismuth contient de l’arsenic,

il suffit de le chauffer pat» volatiliser ce dernier, .

Usages. Le bismuth est un métal fort peu têtu ployé . dans les arts; allié en faible quantité à l'étain, il augmente sa solidité sans nuire à son éclat. Allié ayec. 5,8 de plomh et de 3,8 d’étain, il forme l’alliage fusible de Darcet, qui fond à une chaleur de moins de cent degrés centigrades. i ; ,i V >. • • I»

En médecine on n’emploie que le sous-nitrate de bis-i muth , connu sous les noms d oxide ou magistère dé bitrnuth , dé blanc de fard -, blanc de perle , etc. A la dose « de ia à 20 grains, et plus; c’est un antispasmodique trèsénergique. i:.i

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Treizième genre. PLOMB.

Le plomb est un des métaux les plus anciennement connus. Les anciens le désignaient sousle nom de Saturne.

Il se rencontre sous plusieurs états, i° natif; 2® à l’état d’oxide; 3° à l’état de sulfure ; 4° enfin combiné avec plusieurs acides.

Première espèce : plomb natif .

Métal d’un gris bleuâtre assez brillant, dans une cassure récente, mais se ternissant rapidement, malléable, ductile , peu tenace ; un fil de deux millimètres de diamètre ne supporte qu’un poids de 8,8 1 8 kilog. Il est dense, ne présentant pas d'indice de clivage; il n'est ni élastique , ni sonore, et pèse 1 1,35a.

11 fond avant même de rougir, il n’est volatil qu’à une très-haute température. Chauffé avec le contact de

MINERALOGIE.

35fe

s'y oxitle facilement; fondu, il cristallise par refrbtdissemenç en octaèdre. Ti : . j

Le plomb peut se combiner avec les acides et tonner des sejs qui , pour la plupart, sont insolubles. Ces sels <e reconnaîtront aux caractères suivans : ils ont en géri&al une saveur styptiqueet douçàtre, ils précipitent en noir par l’acide hydrosulfurique; en blanc par la potasse, ht'sbd'de èt Ibnimoniaque; en jaune serin par le chrô mate dépotasse ; en jaune orangé par l’hydriodatede potasse; en 1 blanc par l’acide sulfurique, et enfin, le plomb métallique se dépose sûr une lame de zinc placée dans une dissolution d’un sel de plomb.

Gisement. Le plomb natif est fort rare dans la nature, on ne l a jamais trouvé qu’en grains bu en petites masses, et le pins souvent dans des laves, au Vésuve, à glacière, etc,

Deuxième espèce : plomb minium.

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( Oxide rouge de plomb. )

Il est pulvérulent, rougeâtre, rarement lamellaire, facilement réductible sur les charbons ardens , ayant du resté tous les caractères des minerais de plomb.

fl est composé de trois atomes d’oxigèae et de deux atomes de plomb, ou eu poids b ..

Ôxigène. . io,&8

Plomb.... v'.' 1 , ,. ...... . 89,62

On l’a trouvé dans quelques mines de plomb en Sibérie, en Angleterre^ en Westphalic , etc.

MUNIRA I.OGIE.

Troisième espèce : plomb sulfuré.

( Galène. 1 '

C’est le minerai de plomb le plus commun et le plus abondant; il a i’aspec» métallique, la couleur et l'éclat du plomb , ne se ternissant pas à l’air. Il cristallise facilement en cube ou en octaèdre ; sa texture est lamelleuse, rarement .granulaire, et par le cli vage on ^arrive avec la plus grande facilité à la forme cubique.

Il fond facilement ail feu du chalumeau, en dégageant 1 odeur sulfureuse et se réduit en plomb métallique; si loji continue le feu, il se forme une efflorescence d'abord jaunâtre de protoxide de plomb, puis rouge de deutoxide ou minium. La galène se compose en général de §3 à 85 p. de plomb et de 17 à 1 5 de soufre.

Tres-souvent la galène contient d’autres métaux , particulièrement de l’argent; quand ce dernier métal est en quantité suffisante pour que son produit compense les frais , on exploite la galène comme une mine d’argept.Plus rarement elle contient de l’or, de l’arsenic, de l’antimoine, etc. *

V ariéiéf. On rencontre, fréquemment le sulfure de plomb trèsrbien cristallisé en cube, en octaèdre ou en eubo-octaèdre; tantôt il a la texture laminaire , tantôt lamellaire, grenue ou compacte. . . 1 j ;

Gisement. La galène forme des fiions ou des -amas dans les terrains primitifs et secondaires. La France possède ce minerai dans un grand nombre-de localités, dans la Lozère, les Vosges et surtout la Bretagne ; les mines

366 MINERALOGIE.

de Hiielgoët et de Poullaouen sont les plus renomtnées

en France. *

Usages. C’est le minerai que l'on exploite presque exclusivement pour en retirer le plômb. Réduite en poudre, la galène, sous le nom d 'alqui/oux, sert à faire la couverte ou émail grossier dbnt on revêt les poteries communes.

Quatrième espèce : plomb carbonaté.

( plomb blanc , plomb spallùque , céruse. )

Il est vitreux et incolore quand il fest bien pur, extrêmement éclatant; mais très-souvent il est plus ou moins opaque, conservant néanmoins la texture vitreuse ; sa pesanteur spécifique est de 6 à 6 , y ; il a pour forme primitive un prisme droit rhomboïdal ; il est assez tendre et cassant. ‘

Il se dissout dans l’acide nitrique pur ou étendu, avec effervescence , fond facilement au chalumeau et se réduit en plomb métallique. . i

Il est composé de bi-oxide de plomb 82, acide carbonique 16.

Variétés. On le rencontre souvent cristallisé, tantôt en octaèdre, en dodécaère, etc. ; quand il n’est pas régulièrement cristallisé, il est souvent spathique, c’est-àdire à demi transparent ; tantôt aciculaire , bacillaire ou concrétionné ; ou bien il est lithoïde et comme terreux.

Gisement. On trouve lecarbonatede plomb aux mines de Poullaouen et de Huelgoet en Bretagne, dans les Vosges, en Languedoc, et£.

Cinquième espèce : plomb sulfaté.

( Plomb vitreux, ang/esite.)

Par ses caractères extérieurs , cette espèce ressemble beaucoup à la précédente. Elle est également vitreuse et transparente, très-éclatante , d’une pesanteur spécifique de 6,23 à 6 , 3 i. Sa forme primitive est également un prisme droit rhomboïdal ; mais sa forme la plus habituelle est un octaèdre à base rectangle.

Il ne fait pas effervescence avec l’acide nitrique; il fond au feu du chalumeau et se réduit, mais plus difficilement, quand on y ajoute de la poudre de charbon.

Klaproth a trouvé cette espèce composée de plomb oxide 71, acide sulfurique 24,8; eaû 2; fer 1.

Variétés . Il cristallise généralement en octaèdre rectangulaire, plus ou moins modifié.

D’autres fois il est simplement vitreux ou lithoide et terreux , granuliforme, concrétionné ; par rapport à la couleur, on distingue le blanchâtre le jaunâtre, l’incolore. . <

Gisement. On le rencontre surtout en Allemagne et en Angleterre, mais en petite quantité; tantôt en cristaux isolés , tantôt en veines ou en croûtes dans des minerais de galène.

Sixième espèce : plomb phosphaté.

( Plomb vert. )

Il varie beaucoup dans sa couleur. Il est tantôt près-

3f>3 MINÉRALOGIE,

que incolore, tantôt brunâtre, tantôt d'un beau vert émeraude, tantôt jaune, etc. Mais quelle que soit sa couleur, sa poussière est toujours grise.

Il a l’aspect et la cassure vitreuse; sa pesanteur spécifique est de 7,09; sa forme primitive est un rhomboèdre obtus ; il est un peu plus dur que le plomb carbonate , et cependant se laisse rayer assez facilement.

Il fond au chalumeau , mais il n’y est réductible que par l’addition d’un peu de potasse , de charbon ou d'un peu d'acide borique. Il ne fait aucune effervescence avec les acides. ■ •

• Il est formé d’oxide de plomb , d’acide phosphorique, presque constamment d'une petite quantité d’acide hydrochlorique. . *

Il y a une variété d’un jaune légèrement verdâtre, qu’on trouve entre autres dans les mines de Badenwiller en Allemagne , et qui contient toujours de l'acide arsénique.

r ariétés. Le plomb phosphaté cristallisé se présente sous plusieurs formes différentes, qui, toutes, sont des modifications de sa forme primitive. Mais le plus communément, il est en prismes hexaèdres réguliers.

On le rencontre aussi en aiguilles, en faisceaux mamelonnés, ou quelquefois même pulvérulent.

Gisement. Cette espèce fait partie des autres gites métallifères du plomb. On Je trouve particulièrement à Poullaouen çtaq If iielgoét en Brçtaguç.

Septième espèce ; plomb crrômatê .

. ( plomb rouge. )

Il est d'une belle couleur rouge orangé, fort différente de celle du chrômate de plomb artificiel qui est d’un jaune citron clair; brillant vitçeux.; ordinairement transparent; à texture compacte, très-tendre, à cassure rabotteuse; d’une pesanteur spécifique de 6, ou. Il a pour forme primitive pn prisme rhotpboïdal oblique.

Il décrépite an feu du chalumeau, se fonçe en couleur, puis se fond et se réduit, si on y ajpute du chprbon 6u de )a potasse. Il polore lé verre tle borax en vert, ce qui est assez remarquable à cause de sa propre couleur; mais cette coloration verte est due à l’oxide de chrome qui s’est formé par la décomposition de l’acide chrômique.

Variétés. P’après l'analyse de Vauquelin , il se compose d’oxidë de plomb 64, et d'acide chrômique 36.

Cette espèce présente un grand nombre de formes cristàilines , qui, toutes, sont plus ou moins compliquées; quelquefois il est sons la forme de lames ou de baguettes, de lamelles.

Gisement. Le plomb chrômate vient surtout des environs de Bérésoff en Sibérie. Il est implanté dans un quarz ferrugineux. On sait que c’est en analysant cette espèce que notre célèbre Vauquelin a découvert un métal nouveau, le chrome, qui y existe à l’état d’acide chrômique.

Huitième espèce : plomb molybdaté.

( plomb jaune.)

Il est d’un jaune tantôt clair et pur, tantôt plus ou moins sale ou brunâtre; il est fragile, tendre, mais moins que le plomb rouge ; d’ufi éclat vitreux translucide , ayant pour forme primitive un prisme droit à base carrée. Sa pesanteur spécifique varie de 5,09 à 5,86.

Par l’action du chalumeau, il décrépite et se réduit en partie; par le sel de phosphore , il forme un verre d’une teinte verte ou presque noire; par la soude et étendu ensuite dans l'eau , il se forme un précipité blanc d’acide molybdique, qui bleuit si on le place sur une lame de zinc, parce qu’il passe à l’état d’acide molybdeux.

Klaproth l’a trouvé formé de :

Plomb oxidé 64, 4*

Acide molybdique 34,s5

Fer, silice, perte » . . ... i,33

Variétés. Cette espèce, qu'on rencontre fréquemment cristallisée, est tantôt sous forme prismatique, tantôt sous forme octaédrique diversement modifiées.

Gisement. Le plomb molybdaté vient surtout de la Carinthie, de l’Autriche. On le trouve aussi en France, auprès d’Allemont (département de l’Isère).

Indépendamment des espèces indiquées précédemment, le plomb se rencontre encore à l’état de nmfiate , d’arseniate , de tungstate, d’aluminate ( plomb ** gomme), etc.-

Mais de ces diverses espèces il n’y a que le sulfure, ou galène, qui constitue des niasses très-considérables, et qui soit, l'objet de grandes exploitations.

Traitement métallurgique du plomb.

La France est riche , dans une foule de ses départemens, en mines de plomb. Les plus célèbres et les plus importantes sont, sans contredit, celles de Poullaouen et du Huelgoèt,près Morlaix, département du Finistère» Elles sont connues et exploitées depuis plus de trois siècles, et les travaux ont été poussés jusqu'à plus de trois cents mètres de profondeur. Indépendamment de la galène, ces mines contiennent encore du plomb carbonaté , du plomb phosphaté et du plomb gomme.

Partout, en France, les mines de plomb sont situées dans les terrains primitifs ou de transition; mais, en Angleterre, particulièrement dans le Derbyshire, on les trouve dans la partie inférieure du terrain de sédiment.

Ainsi que nous l’avons déjà dit précédemment, on n’exploite en grand que le sulfure de plomb ou galène.

On bocarde la mine, et qn la lave pour la débarrasser de «a gangue; on en forme une sorte de pâte qu’on nomme schilch. En y mêlant un peu d’argile, on fait avec celle-ci des espèces de pains qu’on. fait sécher. Ces pains sont ensuite entassés et grillés, soit sous des han- * gards , soit dans des fours à reverbère : par ce dernier procédé, on obtient de suite une petite quantité de

plomb métallique. On refond ensuite la mine , ainsi grillée et Guidée, dans un fourneau courbe, en y ajoutant quelquefois des scories de fer, et l’on obtient le plomb ô peu près pur, connu sous le nom de plomb d'œuvre.

Quand le plomb d’ûeuvre contient- assez d’argent (0,0007 à 0,0008) et plus, on l’en retire par l’opération de l’affinage ou coupellation. Par ce procédé, on obtient à la fois l'argent pur et la litharge , ou protoxide de plomb fondu.

* On voitque les procédés à l'aide desquels on rètire le plomb de la galène, sont assez variables. Ainsi , tan tôt on se contente de griller la mine dans des fourneaux appropriés, et ensuite de k fondre. Pendant la première opéra* tion,eii même tems qu’il se dégage de l’acide sulfureux, ilse formede l’oxide de plomb et du sulfate de plomb. Or, ces deux derniers composés, jouissent. de la propriété de décomposer le sulfure de plomb , et d’en sépare? le métal; Un second procédé consisté à décomposer la galène, préalablement grillée, par le fer ou mieux encore par l'oxide de fer. Les gangues qui accompagnent la galène servent aussi de fondons , qui très-souvent aident à la réduction du métal. * . )•:

Usages du plomb. Le plomb, réduit en lames ou en tuyaux, est très employé dans les arts. Comme l’acide sulfurique ne lattaque que lorsqu’il est extrêmement concentré , il sert à tapisser lés chambres dans lesquelles On prépare cet acide. Le sulfure de plomb est employé sous le nom A alquifoux, pour former un vernis jaunâtre sur les poteries communes.

Quoique la France soit assez riche en mines de plomb,

MINÊKALOGI8.

cependant il s’en faut de beaucoup que ces mines puissent être comparées à celles d’Angleterreet d'Espagne. On évalue à plus de 700,000 quintaux la quantité de plomb que l'Europe fournit annuellement. Or l’Angleterre etl’Espagqe en donnentchacune 3 oo,ooo quintaux, tandis que nos minesn’y entrent que pour 10,000 quintaux, quantité qui estde beaucoup au-dessous de notre consommation.

Le sous-carbonale de plomb artificiel est employé sous le nom de blanc de cèruse dans la peinture à l'huile. Il en est de même du minium et du chrômate de

Le plomb sert aussi, allié àl’étain, pour faire les émaux, qu’on peut colorer par les différens oxides métalliques.

Les oxides de plomb entrent dans la composition du cristal; iis donnent aü verre une plus grande fusibilité, augmentent sa transparence, sa force de refraction , etc.

En médecine, la litharge fait partie de tous les emplâtres solides.

Les acétates de plomb solide et liquide sont également employés.

Toutes les préparations de plomb sont vénéneuses.

Quatorzième genre. MERCURE.

Le mercure se trouve dans la nature , i° à l’état métallique, 2 0 amalgamé à l’argent (mercure argentai) , 3 ° sulfuré ( cinnabre), 4° à l’état de protochlorure.

Première espèce : mercure natif.

{Vif -argent).

Métal liquide à la température ordinaire de l'atmo-

sphère , d’un blanc argentin, pesant 1 3,568 , volatil à une très-faible température (23*); pouvant être solidifié quand on abaisse la température à — 4o* centigrades. Ainsi solidifié, le mercure est malléable et-peut cristalliser en octaèdre.

Le mercure se dissput dans l’acide nitrique, dont il décompose une partie pour en absorber l’oxigène et passer à l’état de protoxide. Chauffé avec le contact de l’air, il en absorbe l’oxigène et passe à l’état de deutoxide rouge.

Les sels de mercure sont faciles à reconnaître : une lame de cuivre placé dans leur dissolution se recouvre de mercure métallique. Les sels à base de protoxide précipitent en noir par les alcalis, les deutosels précipitent en jaune par la potasse et la soude , en blanc par l’ammoniaque; les protosels précipitent en jaune verdâtre; les deutosels en rouge vif par l'hydriodate de potasse. Le précipité formé est dans le premier cas du protoiodure et dans le second du deutoiodure de mercure. L’acide hydrochlorique précipite en blanc les protosels, et ne précipite pas les deutosels , le protochlorure de mercure étant insoluble , tandis que le deutochlorure est soluble.

Gisement. Le mercure natif existe, mais en petite quantité dans tous les minerais de mercure etsurtouteeux de cinnabre. Il est sous, forme de petites gouttelettestrèsbnllantes. On le trouve également disséminé quelquefois dans les hydroxides de fer.

Deuxième espèce : mercure argental.

C’est un amalgame de mercure et d’argent. Il est solide,

d’un blanc d’argent , à cassure conchoïde , assez fragile, cristallisant en octaèdre ou en dodécaèdre ; ou sous la forme de lames plus ou moins minces. Sa pesanteur spécifique est de 14,119. D’après l’analyse publiée par M. Cordier , cette espèce se compose de mercure, 72, et d’argent, 27.

Gisement. On a trouvé cette espèce dans les mines de mercure qui sont traversées par des filons d’argent à Mœrsfeld dans le pays des Deux Ponts, en Hongrie, etc.

Troisième espèce : mercure sulfuré.

( Cinnabre ou deutosul/ure de mercure. )

C’est le minerai de mercure le plus abondant. Il est solide, d’une belle couleur rouge de cochenille, quelquefois plus foncé et comme brunâtre , tantôt cristallisé en prismes hexaèdres réguliers , tantôt en aiguilles, d'autres fois il est compacte ou même pulvérulent. Dans ce dernier cas, il porte les noms de vermillon naturel , àe fleurs de cinnabre. Quand il est cristallisé , il est demi-transparent; sa pesanteur spécifique est très-variable; quand il est pur, elle est de 10,218. ,

Le cinnabre est entièrement volatil par l'action du chalumeau. Il brûle avec une flamme bleue et répand une odeur sulfureuse. Si on la chauffe avec de la chaux ou du fer, le mercure métallique se volatilise.

On le distinguera facilement du minium et du deutoxide de mercure en ce qu'il est complètement volatil par la chaleur , tandis que les deux autres ne le sont pas , et que la chaleur les décompose.

Gisement. Il est très-commun à Idria, en Garnioje , à Almaden , en Espagne , au Pprpu, au Chili , etc.

11 en existe une variété nommée mercure sulfuré bitu-

ffM Prtu

Le cinnabre e»t le minerai d'où Von retire le mercure métallique.

Quatrième espèce: mercure chloruré.

(Calomel, metvure corné; mercure muriaté.)

Sous la forme de petites croûtes superficielles, trèsrarement en masse ou disséminé , d’un blanc grisâtre , plus ou moins foncé , quelquefois jaunâtre, composé de cristaux extrêmement petits, tantôt cubiques , tantôt prismatiques , assez éclatans , translucides , tendres , et à cassure latnelleuse.

Sa pesanteur spécifique est de 6,5o.

Il est insoluble, entièrement volatil par la chaleur; facilement décomposable et donnant du mercure métallique quand on le chauffe avec la soude.

Gisement. Cette substance n'existe qu’en très-petite quantité dans les mines de mercure-

Observations générales et gisement.

Le sulfure de mercure ou cinnabre est à peu près le seul minerai qu’on exploite pourobtenir ce métal. Il était connu et employé par les Romains, qui letiraient d’Alroa- 4en , et s’en servaient dans la peinture. Il n’appartient guère qu’aux terrains secondaires et principalement k

ses assises inférieures entre le grés rouge et le calcaire pénéen. Il y est souvent accompagné de fer , de plomb, de zinc également sulfurés.

Les mines principales de mercure sont celles d'Almaden en Espagne , d ldria en Carniole ; celles du mopt Tonnèrequi sont très-riches, et enfin celles du Pérou et delà Colombie qui servent à l’amalgamation de l’or.

* Traitement métallurgique.

Il est extrêmement simple. Il consiste à distiller lé cinabre avec de la chaux ou de vieux fersdansde grandes cornues; et à recevoir le mercure qui se volatilise , dans des chambres de condensation. On peut également, et ce procédé est aujourd'hui assez généralement usité, obtenir le mercure en grillant tout simplement le minerai.

Usages du mervure.

11 sert à la construction des thermomètres et des baromètres. Amalgamé avec l’étain , il forme l'étamage des glaces.

Il est aussi très-employé pour l’extraction de l’or et de l’argent par le procédé de l'amalgamation; pour la dorure et l’argenture des métaux, à cause de la propriété qu’il a de dissoudre l'or et l’argent, et de se volatiliser. Quand on a appliqué l’amalgame sur une surface métallique qu’on veut dorer ou argenter; on chauffe ensuite, le mercure se volatilise et il ne reste que la couche d’or ou d’argent. Le cinnabre artificiel réduit en poudre fine , est employé dans la peinture sous le nom de vermillon.

En médecine on emploie le mercure et ses diverses préparations et particulièrement ses deux chlorures, ses deuxiodures, le cyanure, le protonitrate, l’acétate, le sulfure , etc. C'est principalement dans la syphilis que ces préparations sont usitées à defaibles doses, car elles sont toutes excessivement vénéneuses.

QUINZIÈME GENEE. ARGENT.

L’argent peut se présenter naturellement sous plusieurs états : i° natif j allié à d’autres métaux et surtout à l'antimoine; 3 ° combiné au soufre; 4° combiné au chlore; 5° combiné au soufre et à l’antimoine (argent rouge ); 5 ° enfin à l’état de carbonate.

Première espèce : argent natif.

Il est d’un blanc argentin , malléable, ductile , tenace , assez tendre pour être attaqué facilement par une lame d’acier, cristallisant dans le système cubique.

Sa pesanteur spécifique est de 10 , 4743.

L’argent est inaltérable à l’air. Soumis à l’action du calorique dans des vaisseaux clos , il fond et se volatilise.

L’acide nitrique à froid et l’acide sulfurique à chaud le dissolvent après l’avoir oxidé. La potasse et la soude font naître dans cette solution un précipité vert olive qui est de l’oxide d’argent. Une lame de cuivre en précipite l’argent métallique. Enfin le chlore, l’acide hydrochlorique et les Lydrochlorates solubles y forment un précipité blanc cailleboté , insoluble dans l’eau , soluble dans l’ammoniaque qui est du chlorure d’argent , et qui brunit à l’air.

MINÉRALOGIE. Z'j'i

y nriétés. L’argent se trouve quelquefois parfaitement cristallisé, soit en cubes, soit en octaèdres ou cubo-octaèdres. a° Très-souvent il est sous la forme de dendrites rameuses , imitant assez bien la forme des feuilles de fougère. 3 ° ou en filamens déliés et entre-croisés.

Gisement. L argent natif se trouve en filons ou en amas dans les schistes des terrains primitifs. Il est au contraire excessivement rare dans les terrains volcaniques, tandis que, comme nous le verrons bientôt , l’or y est trèscommun.

Deuxième espèce : argent antimonial.

C’est un alliage d’argent et d'antimoine. Il est d’un blanc légèrement jaunâtre, à cassure lamelleuse, non malléable, ce qui le distingue sur le champ de l’argent natif. On le trouve communément en prismes à six pans profondément canelés.

Il se fond assez facilement au chalumeau en donnant

une fumee blanche d oxide d’antimoine.

Il contient communément 7 6 à 84 sur cent d’argent , et 16 à as d’antimoine. On le trouve en Espagne, en

Souabe.

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Troisième espèce : argent antimonié sulfuré.

(Argent rouee, argyrothrose. )

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Cette espèce cristallise avec une grande facilité , tantôt en rhomboèdres, tantôt en prismes à six pans, etc. Elle est vitreuse demi-transparente, rougeâtre, fragile, à J cassure vitreuse, se laissant facilement entamer par

le couteau, qui en détache une poudre rouge. Sa pesanteur spécifique est de 5,56. Exposée au feu du chalumeau cètte espèce y est très-facilement réductible, elle brftle avec une fiamme bleue, répand une fumée blanche d’oxide d’antimoine, et une odeur de soufre et souvent d’ail , à cause d’un peu d’arsenic quelle contient.

i. 'argent rouge a quelque ressemblance avec certaines autres substances qu’il est facile d’en distinguer. Ainsi le sulfure de mercure et le réalgar sont totalement volatils au chalumeau, le cuivre oxidé rouge fait effervescence avec l’acide nitrique et communique à l’ammoniaque une belle couleur bleue.

L’argent rouge, analysé par M. Thénard , a donné les

résultats suivans :

Argent 58

Antimoine a3

Soufré...*'.. 16

Perte 3

Ses principales variétés de forme sont ; i® le dodécaèdre; a® le prismatique; 3° le botryoïde; 4° le massif; 5*' le granuliforine.

Cette espece sé trouve avec les autres minerais d’argent, à Freyberg en Saxe, à Sainte-Mavie-aux-Minés dans les Vosges et à Guadalcanal en Espagne.

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Quatrième espèce : Argent antimonié sulfuré

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