‹ Précis élémentaire de physiologie (volume 2)Chapitre 15 sur 43 · TI · texte numérisé non relu

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Valvules des veines.

l'KECIS ELEMENTAIRE

Structure dus veines.

tension des veines influât sur la

grandeur des val

vules : il m’a semblé au contraire quelle reste toujours la même; mais la forme change par l’état de resserrement ou de dilatation, et c’est probablement ce qui en aura imposé a Bichat.

Trois membranes superposées forment les parois des veines. La plus extérieure est celluleuse, mais très - difficile à rompre. Si l’on en croit les ouvrages d’anatomie, celle qui vient ensuite est formée de fibres disposées parallèlement selon la longueur du vaisseau, et d’autant plus faciles à apercevoir que la veine est plus grosse, et plus resserrée sur elle -même. J’ai cherché vainement à voir les libres de la membrane moyenne des veines : j’y ai toujours observé des filaments excessivement nombreux, entrelacés dans toutes les directions et qui prennent l’apparence de libres longitudinales quand la veine est plisséc selon sa longueur, disposition qui se voit souvent dans les grosses veines.

Les veines sous-cutanées des membres dont les parois sont très -épaisses sont celles où l’on peut le plus facilement étudier la disposition de celle membrane.

O11 ignore la nature chimique de la couche fibreuse des veines : d’après quelques essais je soupçonne quelle est fibrineuse. Elle est extensible, assez résistante; elle ne présente d’ailleurs aucune propriété, sur l’animal vivant, qui puisse la faire

DE PHYSIOLOGIE. 2/p

rapprocher des libres musculaires. Irritée avec la pointe d’un scalpel, soumise à un courant galvanique, etc. , elle ne présente point de contraction sensible (1).

La troisième membrane des veines, ou la tunique interne, est extrêmement mince et fort lisse par la face qui est en contact avec le sang. Elle est très-souple, très-extensible, et cependant elle présente une résistance considérable; elle supporte, par exemple, sans se rompre, la pression d’une ligature fortement serrée.

Quelques veines, telles que celles des sinus cérébraux, les canaux veineux des os, les veines sushépatiques, ont seulement leurs parois formées par cette membrane, et sont presque entièrement dépourvues des deux autres.

Les trois tuniques réunies forment un tissu trèsélastique. Quel que soit le sens selon lequel on allonge une veine, elle reprend promptement sa forme et ses dimensions premières, et je ne sais sur quel fondement Bichat a avancé qu’elles étaient dépourvues d’élasticité : rien n’est plus aisé que de s’assurer qu’elles possèdent cette propriété physique à un degré éminent.

(1) Malgré ces faits, que chacun peut aisément vérifier, certaines personnes soutiennent que les veines ne sont pas seulement élastiques, mais qu’elles sont encore contractiles d’une autre manière : cette dernière propriété des veines me paraît une chimère.

Propriétés physique des veines.

Une autre propriété physique qu’olfrent à un haut degré les parois des veines, est eelle de Ui inhibition : elles se comportent a cet égard, après la mort et durant la vie, comme des éponges à cellules très-lines, et se remplissent de tous les liquides mis en contact avec elles.

Un assez grand nombre de petites artères, de veinules, et quelques lilaments du grand sympathique, se répandent dans les veines; aussi sontelles loin d’ètre toujours étrangères aux désordres maladifs qui surviennent dans l’économie animale. Quelquefois elles paraissent affectées d’inflammation.

Des cavités droites du cœur.

Oreillette droite du cœur.

Le cœur est trop connu pour qu’il soit nécessaire d’insister sur sa forme et sur sa structure, j’en rappellerai seulement les circonstances principales. Dans l’homme, les mammifères et les oiseaux, il est formé de quatre cavités, deux supérieures ou oreillettes , et deux inférieures ou ventricules. L’oreillette et le ventricule gauches appartiennent à l’appareil du cours du sang artériel ; l’oreillette et le ventricule droits font partie de celui du sang veineux.

Il serait difficile de dire quelle est la forme de

l’oreillette droite : son plus grand diamètre est transversal; sa cavité, dont les dimensions sont sujettes à de grandes variations, présente en ar-

rière l’ouverture des deux veines caves et celle de la veine coronaire : en dedans, elle offre un petit enfoncement nommé fosse ovale , qui indique le lieu qu’occupait dans le fœtus le trou Botal. En bas, l’oreillette présente une large ouverture qui conduit dans le ventricule droit. La surface interne de l’oreillette présente ses colonnes charnues , c’est-à-dire un nombre infini de prolongements arrondis ou aplatis, entre-croisés dans tous les sens de manière à présenter une sorte de tissu aréolaire ou spongieux, répandu à la face interne de l’oreillette, y formant une couche plus ou moins épaisse.,

A l’endroit où la veine cave inférieure se joint à l’oreillette, il existe quelquefois un repli delà membrane interne appelé valvule d’ Eustache.

La face externe et antérieure du ventricule droit est très-voisine du sternum, et s’y applique même lorsque le sang distend sa cavité. Nous verrons tout-à-l’heure l’importance de cette remarque.

Le ventricule droit a une cavité plus spacieuse et des parois plus épaisses que l’oreillette; il a la forme d’un prisme triangulaire, dont la base correspond à l’oreillette et à l’artère pulmonaire, et le sommet à la pointe du cœur; toute sa surface est couverte de saillies allongées et arrondies, qui sont aussi nommées colonnes charnues : la disposition en est fort irrégulière. Comme celles de l’oreillette, elles forment un tissu réticulaire ou caver-

Ventricule

droit.

Colonnes charnues du ventricule droit.

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neux dans toute l’étendue du ventricule, et particulièrement vers la pointe.

Les colonnes du ventricule, étant généralement plus grosses que celles de l’oreillette, donnent aussi lieu à un réseau dont les mailles sont moins fines. Quelques-unes, nées de la surface des ventricules, se terminent en formant un ou plusieurs tendons, qui vont s’attacher au bord libre de la valvule tricuspide , placée à l’ouverture par laquelle l’oreillette et le ventricule communiquent ensemble.

A côté, et un peu à gauche de celle-ci, est For i— lice de l’artère pulmonaire.

Les parois de l’oreillette et du ventricule sont formées de trois couches : l’une, extérieure, de nature séreuse ; l’autre, interne, analogue à la membrane interne des veines; et la moyenne, de nature musculaire, essentiellement contractile. Cette couche, peu épaisse à l’oreillette, l’est bien davantage au ventricule.

Les fibres innombrables qui la composent ont un arrangement très-difficile à démêler. Beaucoup d’auteurs très-recommandables en ont fait l’objet de travaux assidus; mais, malgré leur patience et leur adresse, la disposition de ces fibres n’est pas encore bien connue : heureusement qu’il n’est pas nécessaire d’en avoir une idée exacte pour comprendre l’action de l’oreillette et celle du ventricule.

Le cœur a des artères, des veines et des vaisseaux lymphatiques ; ses nerfs viennent du grand

DE Pli YS1Ü.L0GJK. 2 \ J

.sympathique, et se répandent, soit dans les parois des artères, soit dans le tissu museulaire.

De r artère pulmonaire.

Elle naît du ventricule droit et se porte aux poumons. D’abord elle ne forme qu’un seul troue : bientôt elle se partage en deux branches , dont l’une va au poumon droit, et l’autre au poumon gauche. Chacune de ses branches se divise et se subdivise jusqu’au point de former une multitude infinie de petits vaisseaux , dont la ténuité est telle, qu’ils sont à peu près inaccessibles aux sens.

Les divisions et subdivisions de chacune des branches de l’artère pulmonaire ont ceci de remarquable, qu elles n’ont point de communication entre elles avant d’être devenues d’une petitesse excessive. Les dernières divisions sont continues immédiatement avec les radicules des veines pulmonaires; elles commencent ce qu’on nomme les vaisseaux capillaires pulmonaires, qui sont complétés par les racines des veines qui du poumon vont se rendre au cœur. Le calibre de ces vaisseaux suffit à peine pour laisser passer les globules du sang, qui n’ont cependant qu’un cent cinquantième de millimètre, et paraît dans un rapport intime avec la viscosité naturelle du sang, au point que si celle-ci augmente ou diminue, il en résulte des troubles graves dans le passage du sang à travers les capillaires du poumon.

Artc'-r ■<'.

pulmnnaii e.

L’artère pulmonaire est formée de trois tuniques : l’une, extérieure, fort résistante, de nature cellulaire; l’autre, interne, très -polie par sa face interne, et toujours lubrifiée par un fluide visqueux; et une moyenne, à libres circulaires, trèsélastique, que l’on a crue long-temps musculaire, mais qui n’a rien moins que ce caractère. Sa na-r ture chimique vient d’ètre déterminée avec précision par M. Chevreul. Elle est formée par le tissu jaune élastique, principe immédiat distinct de tous les autres. C’est à ce tissu que l’artère doit principalement son élasticité; mais cette propriété ne s’y maintient qu 'autant que le tissu est pénétré d’eau; quand il en est privé pendant quelque temps, il devient friable. 11 est donc très-probable que la membrane jaune de l’artère pulmonaire s’imbibe continuellement de la partie aqueuse du sang qui la traverse, et quelle conserve ainsi la grande élasticité qui la caractérise.

Le tissu des parois de l’artère et des capillaires pulmonaires s’imbibe facilement de toutes les matières avec lesquelles il se trouve en contact. Comme toutes les membranes il se laisse aisément traverser par les vapeurs et les gaz.

Cours du sang veineux.

De l’aveu des physiologistes les plus estimés, le cours du sang veineux est encore peu connu. Nous

DE PHYSIOLOGIE. 2t\§

n’en décrirons ici que les phénomènes les plus apparents, nous réservant d’entrer dans les questions délicates lorsqu’il sera question du rapport du cours du sang dans les veines avec celui du même liquide dans les artères. C’est alors que nous parierons de la cause principale qui détermine l’entrée du sang dans les radicules veineuses et de son cours ultérieur dans les veines plus volumineuses et même dans les gros troncs veineux.

Pour prendre une idée générale, mais juste, du cours du sang dans les veines, il faut se rappeler que la somme des petites veines forme une cavité de beaucoup supérieure à celle des veines plus grosses, mais moins nombreuses, dans lesquelles elles vont se rendre; que celles-ci présentent le même rapport relativement aux troncs où elle se terminent : par conséquent, le sang qui coule dans les veines des racines vers les troncs passe toujours d’une cavité plus spacieuse dans une qui l’est moins. Or le principe d’hydrodynamique suivant peut s’appliquer ici : Lorsqu’un liquide coule à plein tuyau , la quantité de ce liquide qui , dans un instant donné , traverse les différentes sections du tuyau doit être partout la même : ainsi quand le tuyau va en s’ élargissant , la vitesse diminue ; elle s’accroît quand le tuyau va ensuite en se rétrécissant.

L’expérience confirme l’exactitude du principe et la justesse de son application au cours du sang veineux. Si l’on coupe en travers une très-petite

Cours du sang dans

les veines.

Cours du sang dans

les veines.

veine, le sang n’en sort qu’avec une extrême lenteur; il sort plus vite d’une veine plus grosse, et enfin il s’échappe avec une certaine rapidité d’un tronc veineux ouvert.

Plusieurs veines sont ordinairement chargées de transporter vers les gros troncs le sang qui a traversé un organe. A raison de leurs fréquentes anastomoses, la compression ou la ligature de l’une ou de plusieurs de ces veines n’empêche point et même ne diminue pas la quantité de sang qui retourne vers le cœur; seulement il acquiert une vitesse plus grande dans les veines qui restent libres.

C’est ce qui arrive quand une ligature est appliquée sur le bras pour l’opération de la saignée.

Dans l’état ordinaire, le. sang qui est apporté à l’avant-bras et à la main revient vers le cœur par quatre veines profondes , et au moins autant de superficielles; une fois le lien serré, le sang ne passe plus par les veines sous-cutanées, et très-difficilement traverse-t-il les profondes. Si alors on ouvre une des veines du plis du bras, il s’échappe en formant un jet continu, qui dure tant que la ligature reste serrée, et qui cesse le plus souvent dès qu’elle est enlevée.

A moins de causes particulières, les veines sont très-peu distendues par le sang; cependant celles où ce liquide a plus de vitesse le sont bien davantage : les très -petites veines au contraire le sont à peine. Par une raison facile à saisir, toutes

les circonstances qui accélèrent la vitesse du sang dans une veine causent aussi une augmentation dans la distension du vaisseau.

L’introduction du sang dans les veines ayant lieu d’une manière continue, toute cause qui met obstacle à son cours produit la distension de la veine et la stagnation d’une quantité plus ou moins considérable de sang au-dessous de l’obstacle dans sa cavité.

Les parois des veines ne paraissent avoir qu’une influence très-faible sur le cours du sang; elles cèdent très-facilement quand la quantité de celui-ci augmente, et reviennent sur elles-mêmes quand elle diminue : mais ce resserrement est limité ; il n’est point assez fort pour expulser entièrement le sang de la veine, aussi en contiennent -elles presque constamment dans les cadavres. J’ai plusieurs fois vu des veines vides, sur des animaux vivants, sans quelles fussent pour cela contractées ; et d’autres fois j’ai observé que la colonne de liquide était loin de remplir entièrement la cavité du vaisseau.

Un grand nombre de veines, telles que celles des os, des sinus de la dure-mère, du testicule, du foie, etc., dont les parois sont adhérentes par leur superficie à an canal inflexible, ne peuvent avoir évidemment aucune influence sur le mouvement du sang qui parcourt leur cavité. Le sang veineux qui est épanché dans plusieurs tissus, et particuîiè-

InUuence des patois des veines sur te cours du sang.

P R É C 1 S ÉLÉ .ME N T AIR E

Circonstances qui favorisent Je cours du sang veineux.

rement dans le tissu spongieux des vertèbres , ne reçoit évidemment aucune influence des parois des cavités qu’il parcourt.

Toutefois, c’est à l’élasticité des parois des veines, et non à une contraction qui aurait de l’analogie avec celle des muscles, qu’il faut attribuer la facultéqu’ellesontderevenirsurelles-mêmesquand la colonne de sang diminue : aussi ce retour estil beaucoup plus marqué dans celles où les parois sont plus épaisses, comme les superficielles.

Si les veines ont par elles-mêmes peu d’influence sur le cours du sang, plusieurs causes accessoires en exercent une des plus manifestes. Toute compression continue ou alternative, portant sur une veine, peut, lorsqu’elle est assez forte pour aplatir la veine, empêcher le passage du sang; si elle est moins considérable, elle s’opposera à la dilatation de la veine par l’effort du sang, et favorisera ainsi le mouvement de celui-ci.

La pression habituelle que la peau des membres exerce sur les veines qui rampent au-dessous d’elle est une cause qui rend plus facile et plus prompt le cours du sang dans ces vaisseaux; on n’en peut douter, car tou tes les circonstances qui diminuent la contractilité du tissu de la peau sont tôt ou tard suivies de la dilatation considérable des veines, et, dans certains cas, de la production des varices. On sait aussi qu’une compression mécanique, exercée par un bandage approprié, rétablit les veines

dans leurs dimensions ordinaires, ainsi que le cours du sang à leur intérieur.

Dans l’abdomen , les veines sont soumises à la pression alternative du diaphragme et des muscles abdominaux, et cette cause est également favorable à la marche du sang veineux de cette partie.

Les veines du cerveau supportent aussi une pression considérable, qui doit avoir le même résultat.

Toutes les fois que le sang veineux coule dans le sens de sa pesanteur, sa marche est d’autant plus facile; c’est l’opposé quand il marche contre sa pesanteur.

Ne négligeons pas de remarquer les rapports de ces causes accessoires avec la disposition des veines. Là où elles sont très-marquées, les veines ne

présentent point de valvules et leurs parois sont

très-minces, comme on Je voit dans l’abdomen , la poitrine, la cavité du crâne, etc.; là où elles ont moins d’influence, les veines offrent des valvules, et ont des parois un peu plus épaisses; enfin, là où elles sont très- faibles, comme aux veines sous - cutanées , les valvules sont multipliées, et les parois ont une épaisseur considérable.

Rapports de l’épaisseur des parois des veines, avec les causes qui retardent le cours du sang.

Si l’on veut prendre une idée comparative exacte dans ce genre, on n’a qu’à examiner la veine saphène interne, la crurale et le commencement de l’iliaque externe, au niveau de l’ouverture de

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