‹ Précis élémentaire de physiologie (volume 2)Chapitre 25 sur 43 · P R K C I S É LÉ M E N T A I R E · texte numérisé non relu

P R K C I S É LÉ M E N T A I R E

Dilataiion du cœur.

semblable pour le ventricule droit, on arriverait à quelque chose d’approximatif sur la force totale du cœur ventriculaire . Mais M. Poiseuille n’a point encore, que je sache, appliqué son instrument au système artériel pulmonaire.

il paraît impossible de savoir au juste la force que le cœur développe en se contractant; car elle doit varier suivant une multitude de causes, telles que l’âge, la taille de l'individu , sa disposition particulière, la quantité de sang, l’état du système nerveux, l’action des organes, l’état de santé ou de maladie, etc.

Tout ce qui a été dit sur la force du cœur n’a rapport qu’à sa contraction ; sa dilatation a été regardée comme un phénomène actif, et j’ai moimême professé cette opinion. Je ne la partage plus aujourd’hui; en étudiant de nouveau avec soin la dilatation du cœur, il m’a semblé que la contraction comprime les fibres de cet organe, que leur élasticité est mise en jeu sous cette influence , et qu’aussitôt qu’elle cesse, les fibres reprennent leur longueur naturelle avec d’autant plus d’énergie qu elles ont été plus comprimées : il se développe, comme on a vu , un phénomène de ce genre immédiatement après la contraction d’un faisceau de fibres musculaires par l’effet du courant galvanique. A cette cause physique de la dilatation des cavités du cœur, il faut joindre, pour les oreillettes, l’effort de la colonne du sang qui tend à s’in-

troduire dans leur cavité, et qui est sans contredit la raison la plus puissante de l'écartement de leurs parois. Pour les ventricules , il faut tenir compte de la contraction des oreillettes, qui poussent avec plus ou moins de force le sang dans leur cavité. La contraction du ventricule droit est donc, par Tintermédiaire de l’artère et des veines pulmonaires, l’une des causes de la dilatation de l’oreillette gauche. La contraction du ventricule gauche agit de même pour la dilatation de l’oreillette droite, par l’intermédiaire du sang qui remplit les artères et les veines. Enfin la contraction de chaque oreillette contribue à élargir le ventricule auquel elle aboutit.

B. Depuis les premiers jours de l’existence de l’embryon jusqu’à l’instant de la mort par décrépitude, le cœur se meut. Pourquoi se meut-il?

Telle est la question que se sont faite les philosophes et les physiologistes anciens et modernes. Le pourquoi des phénomènes n'est pas facile à donner en physiologie; presque toujours ce que l’on prend pour tel n’est que l’expression du fait en d’autres termes ; remarquable faiblesse de notre esprit, que la facilité avec laquelle il se laisse abuser sous ce rapport : les diverses explications du mouvement du cœur en sont une des preuves les plus palpables.

Les anciens disaient qu’il y avait dans le cœur une vertu pulsifujue , un feu concentré , qui donnait

Cause des mouvements du cœur.

Expériences de Legallois sur les mouvements du coeur.

le mouvement à cet organe. Descartes imagina qu'il se faisait dans les ventricules une explosion aussi subite que celle de la poudre à canon. Le mouvement du cœur fut ensuite attribué aux esprits animaux , au fluide nerveux , à l’âme, au président du système nerveux (1), à /’ archée : Haller le considéra comme un effet de l’irritabilité. Tout récemment Legallois a cherché à prouver, par des expériences, que le principe ou la cause du mouvement du cœur avait son siège dans la moelle épinière.

Ces expériences consistent à détruire successivement, sur des animaux vivants, la moelle épinière par l’introduction d’une tige métallique

dans le canal vertébral. Le résultat est que la

force avec laquelle le ventricule gauche se contracte diminue à mesure que la destruction de la moelle est plus considérable, et, quand elle est complète, le cœur n’a plus assez de force pour entretenir la circulation, et pousser le sang jusqu’aux extrémités des membres.

De ces expériences , qui ont été multipliées et variées d’une manière très -ingénieuse , Legallois conclut que la cause du mouvement du cœur est dans la moelle épinière; et, comme on lui faisait remarquer que cet organe se contracte

(j) Wepfer, Præses systemaüs nervosi.

encore long-temps après la destruction complète de la moelle, que même ses mouvements continuent régulièrement après qu’il a été tout-à-fait séparé du corps , Legallois répondait que ces mouvements n’étaient plus la contraction véritable du cœur, qu’ils n’étaient qu’un simple effet de l’irritabilité de l’organe.

Pour faire admettre cette explication, l’auteur aurait dû montrer, par des expériences, en quoi diffère l’irritabilité des fibres musculaires de leur contraction : cette distinction importante n’ayant pas été établie, on ne peut, selon moi, conclure du beau travail du physiologiste français autre chose, sinon que la moelle épinière influe sur la force avec laquelle le cœur se contracte; mais on ne peut en déduire quelle est et où siège la cause du mouvement du cœur.

Les organes qui transmettent au cœur l’influence de la moelle épinièrç et du cerveau sont des filaments nerveux, provenant de la huitième paire, et peut-être un grand nombre de filets des ganglions cervicaux du grand sympathique.

J’ai, à diverses reprises, cherché à déterminer par l’extraction des ganglions cervicaux, et même du premier thoracique, si réellement ces organes avaient une action sur le mouvement du cœur, mais je n’ai rien obtenu de satisfaisant; les animaux sont presque tous morts des suites de la

Expériences s raies ganglions dn

grand sympathique.

piaie inévitable pour line opération aussi laborieuse. Je n’ai jamais remarqué aucune influence directe sur le cœur.

Remarques sur le mouvement circulaire du sang ou

la circulation.

Quantité du sang.

Volume du corps eu rapport avec la quan tité du sang.

Nous connaissons maintenant tous les anneaux de la chaîne circulaire que le système sanguin représente , nous savons comment le sang est porté du poumon vers toutes les autres parties du corps et comment de ces parties il revient au poumon, Examinons ces phénomènes d’nne manière générale, afin de faire ressortir les plus importants.

A. La quantité de sang contenue dans le système sanguin est très-considérable. Plusieurs auteurs l’ont estimée de vingt-quatre à trente livres. Il ne peut y avoir rien d’exact dans cette évaluation , car la quantité du sang varie suivant un grand nombre de causes. La jeunesse et l’enfance doivent avoir plus de sang que l’âge avancé; il est plus que probable que les individus replets, dont le corps est bien développé et la vie active, ont plus de sang que les personnes débiles, dont le corps est maigre; de même les personnes que l’on nomme pléthoriques, sujettes à des saignements de nez ou à des flux hémorroïdaux, doivent aussi, selon toutes ces apparences, avoir une dose de sang

plus considérable que les personnes qui ne présentent pas les mêmes dispositions.

Des expériences que j’ai faites sur des animaux m’ont donné des résultats fort analogues à ces conjectures relatives à l’homme. Un chien de taille moyenne ne fournit, par une hémorrhagie rapide qui le fait périr, qu’environ une livre de sang, s’il est maigre et faible; s’il est vigoureux et en bon état, il peut en fournir plus du double.

O11 a quelques données sur le rapport de la masse du sang artériel à celle du veineux. Ce dernier, contenu dans des vaisseaux dont la capacité totale est supérieure à celle des artères, est nécessairement plus abondant sans qu’on puisse dire au juste de combien sa masse est plus considérable que celle du sang artériel.

B. Le volume des organes et même celui de Volume

, , des organes

tout le corps, est généralement en rapport avec la en rapport

...fl 1. .1 . . t T -j avec celui du

quantité du liquide qui circule. Les nommes re- sang. marquables par les dimensions considérables du corps, offrent une énorme quantité de sang, comme il est facile de s’en assurer par les nombreuses saignées qu’ils supportent dans certaines maladies, et par l’examen de leurs vaisseaux sanguins après leur mort. Chez ce genre de personnes l’aorte et ses divisions, le système veineux, sont quelquefois deux ou trois fois plus spacieux que les mêmes organes dans une personne de même taille, mais d’une corpulence médiocre.

Volume de la rate eu rapport avec celui du sang.

Rapport du canal digestif avec le volume du sang.

Sur les animaux vivants, les dimensions de plusieurs organes peuvent être augmentées à volonté. Prenez, par exemple, les trois dimensions de la rate d’un chien, puis, l’abdomen étant ouvert, injectez une pinte de sang d’un autre chien dans ses veines, vous verrez la rate, grandir graduellement, et avoir acquis, à la fin de l’injection, un tiers ou une moitié en sus de ses dimensions premières.

Faites l’expérience opposée : après avoir mesuré la grandeur de la rate d’un animal, saignez-le jusqu’à défaillance, et vous verrez la rate diminuer sensiblement de volume à mesure que le sang s’écoulera. Des observations analogues peuvent être faites sur le foie, mais comme le tissu de cet organe est moins extensible que celui de la rate, les changements de volume sont moins marqués.

11 est facile de s’assurer que la longueur du canal intestinal et l’épaisseur de ses parois sont aussi en proportion du sang qui circule. Chez les individus forts et vigoureux, pléthoriques, ou l’abdomen est très-développé, les intestins ont des parois fort épaisses, une cavité large, et une longueur qui peut dépasser douze mètres; chez les hommes maigres, dont le ventre est creux au lieu de faire saillie, et chez lesquels le sang est fort peu abondant, les parois du canal digestif sont minces, la cavité est très-étroite, et la longueur totale «

du canal n’excède quelquefois pas cinq mètres.

On peut faire aisément des observations analogues sur la peau.

C. Ce qui vient detre dit sur les dimensions de la rate, par rapport au volume du sang, est de nature à jeter quelque lumière sur les fonctions de ce singulier organe. D’après ce que nous avons dit, la rate est un véritable réservoir à parois élastiques, qui presse incessamment sur le sang qu’il contient, et qui tend à le faire passer dans le système de la veine porte. Le peu d épaisseur et d’élasticité des parois de cette veine, l’absence des valvules à son intérieur, doivent permettre facilement au sang pressé par la rate d’y pénétrer. La rate doit d’autant plus facilement expulser le sang quelle contient, que non-seulement elle est trèsélastique , et tend ainsi physiquement à revenir sur elle -même, mais qu’en outre elle est douée d’une force contractile d’un genre particulier, et qui se met en évidence sous l’influence de certaines substances, la noix vomique, par exemple.

D. Le cercle circulatoire du sang étant continu, et la capacité du canal étant très-variable, la vitesse de ce fluide doit être très-différente ; car la même quantité doit passer par tous les points dans un temps donné : c’est ce que l’observation confirme. La vitesse est grande dans le tronc et les principales divisions des artères aorte et pulmonaires; elle diminue beaucoup dans les divisions secondaires; elle diminue encore au moment du

Influence de la rate sur la

circulation.

Vitesse, du mouvement du sang.

Différents modes du mouvement du sang.

Du pouls.

passage des artères dans les veines ; elle va ensuite en augmentant à mesure que, des racines des veines, le sang passe dans des racines plus grosses , et enfin dans les grosses veines; mais jamais la vitesse ne peut être aussi grande dans les veines caves que dans l’aorte.

Dans les troncs et les principales divisions artérielles, le cours du sang est, non-seulement continu sous l’influence du resserrement des artères, mais il est en outre saccadé par l’effet de la contraction des ventricules. Cette saccade se manifeste dans les artères, par une dilatation simple dans celles qui sont droites, et par une dilatation et un mouvement de redressement dans celles qui sont flexueuses.

Le premier phénomène, auquel se joint quelquefois le second, forme le pouls. Il n’est facile de l’étudier sur l’homme ou les animaux qu’aux endroits où les artères sont accolées à un os, parce qu’alors elles ne fuient point le doigt qui s’applique dessus comme le font celles qui flottent entre les parties molles.

Le plus souvent, le pouls fait connaître les modifications principales de la contraction du ventricule gauche, sa promptitude, son intensité, sa faiblesse, sa régularité ou son irrégularité. On connaît aussi, par le pouls, la quantité du sang. Si elle est grande, l’artère est ronde, grosse et résistante ; si le sang est peu abondant, l’artère est

petite et se laisse facilement déprimer. Certaines dispositions dans les artères influent aussi sur le pouls, et peuvent le rendre différent dans les principales artères.

Le battement des artères se fait nécessairement sentir aux organes qui les avoisinent, et d’autant plus que les artères sont plus volumineuses, et que les organes cèdent moins facilement. La secousse qu’ils en éprouvent est généralement considérée comme favorisant leur action , quoiqu’il n’en existe aucune preuve positive.

Sous ce rapport, aucun organe ne doit être influencé davantage que le cerveau. Les quatre artères cérébrales se réunissent en cercles à la base du crâne, et soulèvent le cerveau à chaque contraction du ventricule, comme il est facile de s’en convaincre en mettant à nu le cerveau d’un animal, ou en observant cet organe dans les plaies de tête. C’est probablement pour modérer cette secousse que sont utiles les nombreuses courbures anguleuses des artères carotides internes et des vertébrales, avant leur entrée dans le crâne; courbures qui doivent aussi nécessairement ralentir le cours du sang dans ces vaisseaux.

Quand les artères pénètrent encore volumineuses dans le parenchyme des organes, comme au foie, au rein, etc., l’organe doit aussi recevoir une secousse à chaque contraction du cœur. Les organes où les vaisseaux ne pénètrent qu’après s’être

Influence présumée du battement des

artères sur l’action des organes.

Nature du sang dans les différentes parties du cercle qu’il parcourt.

Séparation des éléments du sang des capillaires.

l\ 1 2 PRÉCIS ÉLÉMENTAIRE

divisés et subdivisés ne doivent éprouver rien de semblable.

E. Depuis le poumon jusqua l’oreillette gauche, le sang est de même nature; cependant il arrive quelquefois qu’il n’est pas semblable dans les quatre veines pulmonaires (1). Si, par exemple, un poumon est altéré au point que l’air ne puisse pénétrer dans ses lobules, le sang qui le traverse ne sera pas changé de veineux en artériel; il arrivera au cœur sans avoir subi cette transformation ; mais, par son passage à travers les cavités gauches, il se mélangera intimement avec celui du poumon opposé. Du ventricule gauche jusqu’aux dernières divisions de l’aorte, le sang est nécessairement homogène ; mais , arrivé à ces petits vaisseaux, ses éléments se partagent : il existe du moins un grand nombre de parties, telles que les membranes séreuses, le tissu cellulaire, les tendons, les aponévroses, les membranes fibreuses, etc., où l’on ne voit jamais pénétrer la partie rouge du sang et où les capillaires ne contiennent que du sérum.

Ce partage des éléments du sang ne se fait cependant que dans l’état de santé ; quand les parties que je viens de nommer deviennent malades, il arrive souvent que leurs petits vaisseaux se remplissent de sang avec tous ses éléments.

(i) Voyez les expériences de Legallois.

On a cherché à expliquer cette analyse particulière du sang par les petits vaisseaux. Boerhaave, qui admettait dans le sang plusieurs espèces de globules de grosseur différente, disait que les globules d’une certaine grosseur ne pouvaient passer que dans des vaisseaux d’un calibre approprié : nous avons vu que les globules', tels que Boerhaave les admettait, n’existent point.

Bichat croyait qu’il existait dans les petits vaisseaux une sensibilité particulière par laquelle ils ne se laissaient pénétrer que par la partie du sang en rapport avec elle. Nous avons déjà combattu plusieurs fois des idées de ce genre ; elles ne sont pas plus admissibles ici, car les liquides les plus irritants introduits dans les artères passent aussitôt dans les veines sans que les capillaires s’opposent à leur passage.

F. L’une des idées les plus singulières qu’ait enfantées l’imagination des physiologistes , est que les corps vivants ne sont point soumis aux lois physiques , que la vie est en opposition constante avec ces lois ; comme si une telle opposition était possible, comme si un phénomène pouvait être opposé à un phénomène.

Pour cette raison , que le simple bon sens repousse, l’influence de la pesanteur, et par conséquent celle des diverses positions du corps sur la circulation, a été peu étudiée; cependant nul doute que cette influence n’existe, et qu’elle ne

Effet de la pesanteur sur la

circulation.

Eléments <iu sang ni s’échappe des petits vaisseaux.

soit très -puissante. L’empirisme médical ou chirurgical est forcé de la reconnaître. Dans une foule de cas il est de toute évidence que le sang se meut plus difficilement quand il marche contre sa propre pesanteur, tandis que ce liquide arrive et séjourne plus facilement dans les parties où il est porté par son propre poids.

Durant le sommeil et dans la position horizontale, le sang se dirige vers la tête en quantité plus considérable. M. le docteur Bourdon a remarqué sur lui-même qu’étant couché sur un côté, le sang s’accumulait dans les parties les plus déclives de la tête, gonflait la pituitaire de ce côté, et interceptait le passage de l’air par la narine correspondante; qu’en se retournant sur le côté opposé, la narine précédemment obstruée redevenait libre, tandis que celle qui était devenue la plus déclive offrait les phénomènes énoncés.

Ainsi les puissances qui font circuler le sang ont souvent à surmonter les effets de la pesanteur de ce liquide, ainsi la gravitation universelle exerce une influence remarquable sur la circulation. Ce fait mérite toute l’attention des médecins, car, pour peu que les fonctions se dérangent, les effets des lois physiques s’y font plus manifestement sentir.

G. En traversant les petits vaisseaux, le sang se dépouille de ses éléments ; tantôt c’est le sérum qui s’échappe et se répand à la surface d’une mem-

DE PHYSIOLOGIE. /j l 5

brane, tantôt c’est la matière grasse qui se dépose dans des cellules; ici c’est le mucus, là c’est la fibrine ; ailleurs ce sont les substances étrangères qui avaient été accidentellement mêlées au sang artériel. En perdant ses divers éléments, le sang prend les qualités de sang veineux.

En meme temps que le sang artériel fournit à ces pertes, les petites veines absorbent les substances avec lesquelles elles sont en contact. Par exemple, dans le canal intestinal, elles s’emparent des boissons; d’un autre côté, les troncs lymphatiques versent la lymphe et le chyle dans le système veineux; il est donc certain que le sang veineux ne peut être homogène , et que sa composition doit varier dans les différentes veines; mais arrivés au cœur, par les mouvements de l’oreillette et du ventricule droits, et la disposition des colonnes charnues, tous les éléments se mêlent , et, lorsqu’ils sont intimement mélangés, ils passent dans l’artère pulmonaire.

II. C’ est une loi générale de l’économie, qu’aucun organe ne peut continuer d’agir s’il ne reçoit du sang artériel; il en résulte que la circulation tient sous sa dépendance toutes les autres fonctions ; mais, à son tour, la circulation ne peut continuer sans la respiration, qui forme le sang artériel, et sans l’action du système nerveux, qui a la plus grande influence sur la vitesse du cours du sang et sur sa répartition dans les organes. En

Influence du système nerveux sur le mouvement du sang.

] n fluence du système nerveux sur le mouvement du sang.

effet, sous l’action du système nerveux, les mouvements du cœur se précipitent ou se ralentissent , et par conséquent la vitesse générale du cours du sang; ensuite, quand les organes agissent volontairement ou involontairement, l’observation apprend qu’ils reçoivent une plus grande quantité de sang, sans qu’il y ait pour cela accélération du mouvement de la circulation générale; et si leur action devient prédominante, les artères qui s ’v portent prennent un accroissement considérable; si , au contraire, l’action diminue ou cesse entièment, les artères se rétrécissent, et ne laissent plus parvenir à l’organe qu’une petite quantité de sang. Ces phénomènes sont manifestes pour les muscles : la circulation y devient plus rapide quand ils se contractent; s’ils sont souvent en contraction, leurs artères croissent en volume, s’ils sont paralysés, les artères deviennent très-petites, et le pouls s’y fait à peine sentir.

Le système nerveux peut donc influencer la circulation de trois manières : i° en modifiant les mouvements du cœur; 2° en modifiant les capillaires des organes, de manière à y accélérer ou ralentir le cours du sang; 5° enfin en produisant les mêmes effets dans le poumon , c’est-à-dire en rendant plus ou moins facile le cours du sang à travers cet organe.

L’accélération des mouvements du cœur devient sensible pour nous par la manière dont la pointe

DE PHYSIOLOGIE. Zj. i 7

de cet organe vient frapper les parois pectorales ; la gêne de la circulation capillaire se fait reconnaître par un sentiment d’engourdissement, de fourmillement particulier; et enfin, quand la circulation pulmonaire est difficile, nous en sommes avertis par une oppression, une suffocation plus ou moins forte.

Il est probable que la distribution des blets du grand sympathique dans les parois des artères a quelque usage important ; mais on ignore complètement cet usage : aucune expérience n’a encore éclairé sur ce point.

La composition du sang doit exercer une grande influence sur le mode d’action des organes, mais nous n’avons encore que des notions fort imparfaites sur les variations chimiques que ce liquide peut éprouver. Si l’on s’en rapportait même à quelques travaux sur le sang , ce fluide serait constamment le même. Probablement que les progrès de l’analyse animale nous sortiront bientôt de ces idées inexactes; quelques faits semblent du moins l’annoncer.

Introduisez dans la veine jugulaire d’un chien quelques gouttes d’eau qui aura séjourné sur des matières animales en putréfaction, une heure ap rès cette introduction l’animal sera abattu, couché ; une fièvre ardente l’agitera; il vomira des matières noires et fétides; ses évacuations alvines seront de même nature ; son sang aura perdu la h. 27

Sentiments

instinctifs

qui

avertissent des modifîca tions de la circulation.

Influence de la

composition du sang sur l’action des organes.

Expériences sur la

composition du sang.

Expériences sur la

composition du sang.

/|i8 PRÉCIS ÉLÉMENTAIRE

faculté de se coaguler, il s’extravasera dans les divers tissus ; enfin la mort ne se fera pas longtemps attendre.

Ces phénomènes, qui ont la plus grande analogie avec certaines maladies de l’homme, telles que le vomissement noir des contrées méridionales, la fièvre jaune, etc. , paraissent avoir pour source commune une altération de la composition chimique du sang ; je crois même avoir remarqué que les dimensions des globules diminuent à mesure que les accidents se développent , ce qui serait en harmonie avec le passage du sang à travers les parois des petits vaisseaux et les diverses hémorrhagies qui en sont l’effet. (Voyez mou Journal de Physiologie , tom. I et II.)

Il est un mode d’altération que l’on peut facilement apprécier, je veux dire les proportions respectives du sérum et du caillot. J’ai voulu voir sur des animaux quels seraient les effets de la diminution graduelle de la partie solide et non soluble du sang. A cet effet j’ai pris un chien bien portant, et je lui ai fait une saignée de huit onces : le sang, examiné le lendemain, offrait fort peu de sérum , un huitième environ. J’ai remplacé le sang tiré par une injection d’une demi-livre d’eau à 3o° R. dans la veine jugulaire : l’animal n’a rien offert de particulier. Le lendemain j’ai répété la saignée et l'injection ; le sang offrait un quart de sérum et trois quarts de caillot. Deux jours en-

DK PHYSIOLOGIE. [y \ ()

suite, j’ai fait encore et la même soustraction de sang et la même introduction d’eau, et j’ai continué de cette manière de deux jours l’un jusqu’au dixième jour; alors le sang de l’animal ne présentait plus qu’à peine un quart de caillot pour trois quarts de sérum,; mais aussi l’animal était faible, se remuait avec peine, semblait avoir perdu son instinct, ses habitudes caressantes; ses facultés cérébrales étaient diminuées , et semblaient engourdies, enfin il n était plus le même.

Nul doute donc qu’une certaine composition du sang ne soit une des conditions importantes de l’exercice des diverses fonctions.

Ce sont les.diverses remarques que j’ai faites sur ce sujet qui m’ont conduit à essayer sur l’homme l’injection de beau dans les veines. L’individu sur lequel j’ai fait cet essai était hydrophobe , et sur le point de mourir; l’introduction d’environ une pinte d’eau à 3o° a calmé, comme par enchantement , l’état de fureur et de rage où il se trouvait. (Voyez mon Journal de Physiologie , t. 111. )

De l'influence des muscles inspirateurs et des expirateurs sur le mouvement du sang.

Le cœur, avons-nous démontré, est le principal agent de la circulation; dans la plupart des cas, sa force contractile qui détermine la progression du sang, mais il existe d’autres puissances

lu fluence des mouvements .de la

respiration sui le cours du sang.

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