P R É C I S É LÉ M E NIAI P, E
Expériences
de
IM. Despretz sur la chaleur animale.
Volume après la respiration
li très.
Acide formé . 2,o5c)
Oxigène disparu . 0,874
Azote dégagé . . 1,01 3
2,o5p acide.
48,022 { 7,122 oxigène
L’oxigène disparu = — de l’acide formé.
L’azote dégagé = -£■ de l’oxigène disparu , = — de l’acide formé. Elévation de la température de 2.5387?-, 5 d’eau, o°,57, d’où
Chaleur animale . 100
Chaleur due à la formation de l’acide \
carbonique . 57,8 [80,8
Chaleur due à la formation de l’eau. 23, 0 )
Les nombres qui représentent la partie de la chaleur animale due à la respiration sont un peu forts; en voici quelques-uns qui le sont moins.
IVe EXPÉRIENCE.
Deux jeunes chiens de cinq à six semaines.
Chaleur animale . . . . 100
Chaleur due à la formation de l’acide
carbonique . 4§v5 >7 0,7
Chaleur due à la formation de l’eau. 22,2 '
Ve EXPÉRIENCE.
Chienne de six mois.
Chaleur animale . 100
Chaleur due à la formation de l’acide \
carbonique . ’..... 49?^ [/4?!
Chaleur due à la formation de l’eau. 24,5 ;
VI e EXPÉRIENCE.
Six petits lapins.
Chaleur animale . . 100
Chaleur due à la formation de l’acide \
carbonique . 58,5 >82,1
Chaleur due à la formation de l’eau. 23,6 /
* VIIe EXPÉRIENCE.
Trois cochons-d’Inde , mâles, adultes.
Chaleur animale . 100
Chaleur due à la formation de l’acide
carbonique . . 5q, i 81, 5
Chaleur due à la formation de l’eau. 22,4 1
Ces exemples suffisent pour faire voir que dans le développement de la chaleur animale la respiration produit chez les mammifères frugivores une portion plus considérable de la chaleur animale totale que chez les carnivores.
vin e EXPÉRIENCE.
Expériences
de
M. Despretz
sur la chaleur animale.
Trois pigeons mâles , adultes.
Durée de l’expérience , 1 h. 32 m.
Volume d’air fourni à . . . 9°>7^ — 47lit 6j4
Volume d’air après ta respiration ramené à 9°,70 = 4-7, 65o .
litres.
10,012 oxigène.
37,662 azote.
2,45 1 acide.
6,826 oxigène.
38,372 azote.
Acide carbonique formé . . 2,45)
Oxigène disparu . 0,735
Azote dégagé . 0,710
L’oxigène disparu = -~y de l’acide formé.
L’azote dégagé = — de l’oxigène disparu.
Elévation de la température de la masse d’eau, 26387s*, 5, o°,644, d’où
Chaleur animale . 100
Chaleur due à la formation de l’acide \
carbonique . 60, 5 >78,8
Chaleur due à la formation de l’eau. 18, 3 /
IXe EXPÉRIENCE.
Grand-duc de Virginie adulte.
Durée de l’expérience , 1 h. 25 m.
Volume d’air fourni à . 7°,oo, — 481‘N136
Volume après la respiration ramené à la température de . 70, o — 47li,-,838
Acide formé .
Li 1res.
Oxigène disparu . . .
Azote dégagé .
oxigène.
azote.
acide.
oxigène.
azote.
L’oxigène disparu —77 de l’acide formé.
1/azote dégagé = ~ de l’oxigène disparu, — ^ de l’acide formé. Élévation de la température de la masse d’eau , 25i8yE-,5, o°,55 , d’où
Chaleur animale . . 100
Chaleur due à la formation de l’acide \
carbonique . »... 47,4 [77
Chaleur due à la formation de l’eau. 29,6 /
On voit qu’il y a , relativement à l’exhalation d’azote, la même difïerence que pour les mammifères.
Expériences
de
M. Despretz sur la chaleur animale.
Dans les expériences envoyées à l'Académie , le gaz provenant de la respiration était reçu dans un gazomètre, où il était séparé de l'eau par un flotteur en fer-blanc; cependant, comme l’intérieur du gazomètre était nécessairement humide, une certaine quantité d'acide aurait pu être dissoute. C'est afin d’avoir des résultats nets et à l’abri des objections que M. Despretz a fait construire un appareil dans lequel le gaz respiré est reçu sur le mercure.
On peut donc admettre maintenant comme vérités incontestables : i° que la respiration est la principale cause du développement de la chaleur animale ;
2° Qu'outre l’oxigène employé à la formation de l’acide carbonique, une certaine quantité, quelquefois très - considérable relativement à la première , disparaît aussi : on pense généralement qu’il est employé à la combustion de l'hydrogène ; mais cette explication n’a pas encore été prouvée directement;
5° Qu’il y a exhalation d'azote dans la respiration des mammifères carnivores ou frugivores, et dans la respiration des oiseaux ; et qu’en général la quantité d’azote exhalée suit la quantité d’oxigène employée à la respiration.
En considérant pour un moment le poumon comme l’unique source de chaleur dans l'économie , nous voyons que le calorique doit se distri-
huer aux différentes parties du corps d’une manière inégale; les plus éloignées du cœur, celles qui reçoivent moins de sang, ou qui se refroidissent le plus facilement , doivent être généralement plus froides que celles qui présentent les dispositions contraires.
C’est en partie ce qui existe. Les membres sont plus froids que le tronc ; souvent ils n’offrent que 25 ou 26% et quelquefois beaucoup moins, 4 ou 5° par exemple , tandis que la cavité du thorax approche de 32°; mais les membres ont une surface considérable, relativement à leur masse ; ils sont plus éloignés du cœur, et reçoivent moins de sang que la plupart des organes du tronc. A raison de l’étendue considérable de leur surface et de leur éloignement du cœur, il est probable que les pieds et les mains auraient une température encore plus basse que celle qui leur est propre, si ces parties ne recevaient proportionnellement une quantité de sang plus grande. La même disposition existe pour tous les organes extérieurs dont la surface est trèsgrande, comme le nez, le pavillon de l’oreille, etc. : aussi leur température est-elle plus élevée que ne semble l’indiquer leur surface et leur éloignement du cœur.
Malgré cette prévoyance de la nature , les parties à larges surfaces perdent plus facilement leur calorique, et non-seulement sont habituellement plus froides que les autres, mais éprouvent sou-
Chaleur
animale.
Chaleur
animale.
5l8 PRÉCIS ÉLÉMENTAIRE
vent des refroidissements considérables; les mains et les pieds, en hiver, sont fréquemment à une température voisine de o. C’est la raison pour laquelle nous les exposons plus volontiers à la chaleur de nos foyers.
Parmi les moyens que nous employons instinctivement pour empêcher ou pour remédier au refroidissement, il faut remarquer les mouvements, la course, la marche, les sauts, qui accélèrent la circulation ; les pressions , les chocs sur la peau , qui attirent dans le tissu de cette membrane une plus grande quantité de sang. Un autre moyen , aussi efficace , consiste à diminuer la surface en contact avec les corps qui nous enlèvent du calorique. Ainsi nous fléchissons les différentes parties des membres les unes sur les autres, nous les appliquons fortement contre le tronc quand la température extérieure est très-froide. Les enfants et les personnes faibles adoptent souvent cette position lorsqu’ils sont couchés (1). Sous ce rapport, il serait avantageux de ne pas renfermer les trèsjeunes enfants dans des maillots qui les empêchent de se fléchir ainsi sur eux-mêmes.
Nos vêtements conservent notre chaleur, car les tissus qui les forment étant mauvais conducteurs
(1) Voyez , sur ce sujet, un mémoire de [\1. Brès, dans le Journal de Médecine , année 1837.
du calorique, ne laissent point échapper celui du
corps.
D’après ce qui vient d’être dit, la combinaison de l’oxigène de l’air avec le carbone du sang satisfait seule à la plupart des phénomènes que présente la production de la chaleur animale ; mais il en est quelques-uns qui, s’ils sont réels, ne sauraient être expliqués par ce moyen. Des observateurs estimables ont avancé que , dans certaines maladies locales, la température du lieu malade s’élève de plusieurs degrés au-dessus de celle du sang, prise à l’oreillette gauche. S’il en était ainsi , l’abord continuel du sang artériel ne pourrait suffire pour rendre raison de cet accroissement de chaleur ; mais je doute de l’exactitude du fait : j’ai moi-même fait des recherches suivies sur ce sujet, en me servant de thermomètres très-sensibles, et je n’ai jamais vu la partie enflammée avoir une chaleur au-dessus de celle du sang. J’ai vu, par exemple, une main malade être de 8 ou io° plus chaude que la main saine, mais cette température pathologique était cependant au-dessous de celle du sang , elle n’était que de 29 à 3o° II. Toutefois, d’après les expériences de i\l. Despretz, dans les circonstances les plus favorables, et seulement dans les animaux herbivores , la respiration ne
fournit que 89° sur 100 de chaleur animale, et dans les carnassiers elle ne donne que 8o°. Il existe
donc d’autres sources de chaleur dans leconomfe
Chaleur
animale.
Seconde source de la clialcu animale.
il est probable qu'elles existent dans les frottements des diverses parties, le mouvement du sang, le roulis de ses globules les uns sur les autres, et enfin dans les phénomènes nutritifs.
Il n'y a rien de forcé dans cette supposition , car la plupart des combinaisons chimiques donnent lieu à des élévations de temnérature, et l’on ne peut douter que , soit dans les sécrétions , soit pour la nutrition , il ne se passe des combinaisons de ce genre dans la profondeur des organes.
Au moyen de ces deux sources de chaleur, la vie peut se maintenir quoique le corps soit exposé à une température très-basse, telle que celle de l’hiver dans les pays voisins du pôle , et qui descend quelquefois à 5/j.0 R. En général, nous supportons difficilement un froid aussi rigoureux, et il arrive souvent que les parties qui se refroidissent le plus aisément sont mortifiées et tombent en gangrène : un grand nombre de militaires ont éprouvé ces accidents dans les guerres de Russie.
Moyen par lequel nous résistons à une folle çhaleur .
Cependant, puisque nous résistons facilement à une température beaucoup plus basse que la nôtre, il est évident que la faculté de produire de la chaleur est très-développée en nous.
Celle de produire du froid , ou , en termes plus exacts, de résister à une chaleur étrangère qui tend à s’introduire dans nos organes , est plus restreinte. Dans les pays équatoriaux , il est arrivé
que des hommes sont morts subitement quand la température approchait de .
Mais, pour être restreinte, cette propriété n’en est pas moins réelle. MM. Banks, Blagden et Fordyce, s étant exposés eux-mêmes à une chaleur de près de ioo° R. , ont constaté que leur corps avait conservé, à peu de chose près, sa même température. Des expériences plus récentes, de MM. Berger et Delaroche , ont fait voir que la chaleur du corps pouvait, par cette cause, monter de plusieurs degrés : il n’est pas même nécessaire, pour que cet effet ait lieu , que la température ambiante soit très -élevée. S’étant placés l’un et l’autre dans une étuve à 5p°, leur température s’éleva de 5° environ. M. Delaroche, ayant séjourné seize minutes dans une étuve sèche à 64°, trouva une augmentation de 4° dans la sienne.
Franklin , à qui les sciences physiques et morales sont redevables de plusieurs découvertes importantes, et d’un grand nombre d’aperçus ingénieux , est le premier qui ait trouvé la raison pour laquelle le corps résiste ainsi à une forte chaleur. Il a fait voir que cet effet était dû à l’évaporation de la transpiration cutanée et pulmonaire , et que , sous ce rapport , le corps des animaux ressemble aux vases poreux nommés alcarrazas . Ces vases , en usage dans les pays chauds , laissent suinter l’eau qu’ils renferment, ont une surface constamment humide , où se fait une évaporation
I » il E G 1 S E LE ME N T A I f i E
rapide qui refroidit le liquide qu’ils renferment.
Pour vérifier cet important résultat, M. Delaroche a placé des animaux dans une atmosphère chaude, et tellement saturée d’humidité, qu’aucune évaporation ne pouvait s’y produire. Ces animaux n’ont pu supporter, sans périr, qu’une chaleur un peu plus élevée que la leur, et se sont échauffés comme s’ils n’avaient plus aucun moyen de se refroidir. Ainsi, point de doute que l’évaporation cutanée et pulmonaire ne soit la cause pour laquelle l’homme et les animaux résistent à une forte chaleur. Cette explication est encore confirmée parla perte considérable de poids qu’éprouve le corps après avoir été exposé à une chaleur élevée.
D’après les faits qui viennent d’être exposés, il est évident que les auteurs qui ont représenté la chaleur animale comme fixe se sont fort éloignés de la vérité. Pour en juger sainement, il faudra tenir compte de la température et de l’humidité ambiante; il faudra prendre le degré de chaleur des diverses parties, et ne point juger la température de l’une par celle de l’autre.
Nous avons peu d’observations bien faites sur la température propre au corps de l’homme ; les plus
récentes sont dues à MM. Edwards et Gentil. Ces
auteurs ont observé que le lieu le plus propice pour juger de la chaleur du corps est l’aisselle. Ils ont remarqué une différence de près d’un degré entre
Chaleur
animale.
la chaleur d’un jeune homme et celle d’une jeune fille : celle-ci ne présentait à la main qu’un peu moins de 290; la main du jeune homme marquait 29° 1/2. Les mêmes ont observé des différences remarquables pour la chaleur dans les différents tempéraments. Il existe aussi des variations diurnes ; la température peut varier de deux ou trois degrés du matin au soir. En générai , ce sujet aurait besoin de nouvelles observations.