‹ Précis élémentaire de physiologie (volume 2)Chapitre 38 sur 43 · IT · texte numérisé non relu

IT

P H É C ï S É LÉ ME N T A I R K

Expériences sur la génération ans Lova ire.

des vésicules de 1 ovaire se rompt, et qu’il s’en échappe avec le liquide contenu un très -petit corps globuleux visible seulement au microscope; cette molécule serait le véritable œuf. La vésicule elle-même serait Yœuf de l’œuf, ou, dans le langage fig uré de vogue en Allemagne , Yœuf élevé à la seconde puissance . Je vais dire ce que mes observations sur des animaux (chiens, brebis, lapins) m’ont appris relativement à cette question délicate (i ).

Vingt - quatre ou trente heures après un coït fécondant, les vésicules de l’ovaire qui étaient déjà les plus développées augmentent encore sensible-

(1) Le point difficile de ce genre de recherches est de savoir si la femelle soumise à l’expérience est ou non fécondée. Or rien n’est, en général, plus incertain; on saura peutêtre que tel jour, à telle heure, elle a souffert les approches du male; mais les avait-elle déjà souffertes, les a-t-elle reçues depuis? ïl ne faut s’en rapporter à personne, et surveiller tout soi-même.

Les animaux qui pourraient fournir des renseignements précieux seraient sans doute ceux qui, comme la jument et la vache, ont des vésicules presque aussi volumineuses que des œufs de poule. Mais le moyeu de faire des essais sur ces animaux! Il faudrait, pour de telles expériences, le dévouement d’un riche agriculteur, encore toutes les grandes difficultés ne seraient-elles pas levées; il faudrait surtout une persévérance et un désintéressement bien rares dans les travaux scientifiques de nos jours.

ment de volume; le tissu de l’ovaire qui les environne devient plus consistant; il change de couleur et devient gris jaunâtre.

Ainsi modifié, le tissu de l’ovaire prend le nom de corps jaune, corpus luteum, La vésicule continue de grossir les deuxième, troisième et quatrième jours. Le corps jaune croît dans la même proportion à cette époque ; il contient dans ses aréoles un liquide blanc opaque , analogue au lait pour l’apparence. Au-delà de ce terme, la vésicule rompt la tunique externe de l’ovaire qui la revêtait et se porte à sa surface , où elle adhère cependant par un de ses côtés. J’ai vu sur des chiennes des vésicules ainsi sorties de l’ovaire , et qui avaient le volume d’une noisette ordinaire. A cet état, elles ne présentent rien à leur intérieur, du moins à l’œil nu , qui puisse être considéré comme un germe; leur surface est lisse; le liquide qu’elles contiennent ne se prend plus en masse, comme cela arrive avant la fécondation.

Après la sortie de l’œuf , le corps jaune reste dans l’ovaire ; il offre dans son centre une cavité d’autant plus grande qu’on est plus près de lepoque de la conception. Cette cavité n’est point tapissée par une membrane ; ce qui arriverait si la vésicule qui y logeait s’était simplement rompue pour laisser écouler son contenu ; elle diminue ainsi qu.e le corps jaune lui-même à mesure que lepoque de la fécondation s’éloigne ; mais la diminution de ee-

Corps jaune.

v Liquide du

corps jaune.

Corps jaune après la sortie de l’œuf.

lui -ci est très -lente, et souvent l’ovaire contient ceux des fécondations précédentes, ce qui en a imposé plusieurs fois aux observateurs.

Ainsi, d’après mes observations, les premiers effets de îa fécondation se passent dans l’ovaire et consistent dans le développement d’une ou plusieurs vésicules , et d’autant de corps jaunes. Quelquefois on trouve après le coït des vésicules qui sont remplies de sang : dirons-nous qu’elles semblent avoir été trop fortement ébranlées par le sperme; mais c’est là une simple supposition, que rien ne justifie. 11 paraît aussi que dans certains cas la vésicule d’un ou plusieurs corps jaunes disparaît au lieu de se développer; car il n’est pas rare de trouver plus de corps jaunes dans l’ovaire que de vésicules à sa surface.

Action de la trompe.

Parmi les vésicules ou œufs attachés à la surface de l’ovaire, il y en a ordinairement un qui adhère à l’orifice évasé et muqueux de celle-ci, dont le tissu est d’ailleurs ramolli et gorgé de sang, et présente un mouvement péristaltique évident. Je ne me rappelle pas si j’ai aperçu la vésicule dans la trompe ; mais j’ai vu plusieurs fois sur des chiennes une vésicule descendue jusqu’à la partie la plus inférieure de la corne de l’utérus , tandis qu’une autre avait déjà contracté des adhérences avec

J extrémité de la trompe. A cet instant, le corps de celle-ci était élargi au point d’avoir près dun demi-pouce de diamètre : il avait par conséquent bien assez de largeur pour laisser passer des vésicules du volume de celle qui était descendue dans l’utérus.

Le moment où les vésicules passent à travers ia trompe paraît variable suivant les espèces. Dans les lapines , il paraît se faire du troisième au quatrième jour; dans les chiennes, du sixième au huitième. 11 est probable qu’il est encore plus tardif dans les femmes, et qu’il ne se fait guère avant le huitième ou dixième. 11 existe plusieurs exemples ou le produit de la fécondation a été rendu par un avortement le douzième jour de la grossesse : ce sont en général de petites vésicules de la grosseur d’un pois, légèrement tomenteuses à la surface, et pleines d’un fluide transparent.

Les appendices vasculaires par lesquels la trompe se termine dans l’espèce humaine ont probablement pour usage de contracter des adhérences avec la vésicule qui se détache de l’ovaire, et de verser sur elles un fluide qui favorise son développement. Après le passage de celles-ci, la trompe se resserre et reprend son étroitesse ordinaire.

Arrivé dans la cavité de l’utérus, l’œuf s’unit intimement avec la surface intérieure de cet organe; il y puise les matériaux nécessaires à son accroissement, et y acquiert un volume considérable.

Action

de la trompe utérine.

Usage

des dentelures vasculaires de la trompe.

I/utérus se prête à cet accroissement , change de forme , de position , etc.

Changements de l’utérus dans la grossesse.

Changements de l’utérus dans

la grossesse.

État du col de l’utérus durant la grossesse.

Durant les trois premiers mois de la grossesse, le développement de l’utérus est peu considérable, et se fait dans l’excavation du bassin, mais dans le quatrième l’organe croît plus rapidement , et bientôt il ne peut plus être contenu dans cette cavité , il s’élève et vient se loger dans l’hypogastre. L’organe continue de croître en tous sens pendant les cinq , six, sept et huitième mois ; il occupe un espace de plus en plus considérable dans l’abdomen, comprime et déplace les organes cireonvoisins , refoule les intestins dans les flancs et les ré* gions iliaques. A la fin du huitième mois il remplit presque à lui seul les régions hypogastrique et ombilicale , son fond approche de la région épigastrique ; passé cette époque , le fond baisse et se rapproche de l’ombilic.

Le col de l’utérus éprouve peu de changements dans les sept premiers mois de la gestation, et l’organe conserve durant ce temps une figure conoïde ; mais alors le col diminue de longueur, s’entr’ouvre, et finit par s’effacer presque entièrement : alors la matrice a une forme ovoïde prononcée, et son volume est, selon Haller, près de douze fois plus considérable que dans l’état de vacuité.

Il est impossible que l’utérus change ainsi de forme , de volume et de situation sans que ses rapports avec ses annexes ne soient modifiés ; en effet, les lames péritonéales qui forment les ligaments larges s’écartent, le vagin est allongé dans le sens de sa longueur. Les ovaires, retenus par leurs artères et leurs veines, ne peuvent point s’élever avec le fond de l’utérus ; ils sont appliqués , ainsi que les trompes, sur ses parties latérales. Les ligaments ronds se prêtent à son élévation, autant que le permet leur longueur; ensuite ils y mettent plus ou moins d’obstacle , et tendent à porter le fond de l’utérus en avant, ce qui doit avoir un effet avantageux pour la circulation abdominale, en diminuant la compression des gros vaisseaux. Les parois abdominales éprouvent une extension considérable; de là les vergetures qui se voient sur l’abdomen des femmes qui ont eu plusieurs enfants.

À mesure que l’utérus se développe , son tissu perd de sa consistance ; il prend une couleur rouge assez foncée et une disposition spongieuse ; sa structure fibreuse devient plus évidente. On y voit à l’extérieur des fibres longitudinales, qui, du fond, se rendent au col , où elles sont coupées à angle droit par des fibres circulaires. Au-dessous de cette couche, le tissu de l’utérus présente un entrelacement inextricable de fibres où l’on ne peut distinguer aucun arrangement régulier; dans cet état l’organe paraît doué d’une contractilité spéciale

Rapports de l’utérus durant la grossesse»

Changements

dans

la structure de l’uxérus pendant la grossesse.

Phénomènes que présente la cavité de l’utérus.

Membrane

caduque.

qui semble 11 'avoir aucun analogue dans l’organisme. Chez les animaux, l’utérus avant et pendant la gestion offre une contractilité semblable au mouvement péristaltique des intestins.

Mais l’un des phénomènes les plus curieux que présente l’utérus, après la fécondation, sepassedans sa cavité.

Dès que le sperme a produit sur l’ovaire l’importante transformation de la vésicule non fécondée en vésicule fécondée , la face interne de l’utérus devient le siège d’une sécrétion propre à l’organe, et qui paraît indispensable au développement de l’œuf à i état normal.

Une matière coagulable, sans doute analogue à l’albumine , se dépose dans la cavité , et y forme bientôt une sorte de sac sans ouverture qui en tapisse les parois et s’introduit même plus ou moins haut dans l’intérieur des trompes utérines. Formant d’abord une masse visqueuse , elle se sépare, par une sorte d’organisation spontanée , analogue à celle de la lymphe qui se prend en masse ; elle se sépare , dis-je, en deux parties, l’une solide , celluleuse, spongieuse, qui adhère à l’utérus, et l’autre liquide , qui occupe le centre de l’espèce de sac formé par la partie solide.

Cette couche, qui a été vue d’abord par W. Hunier, et qui a été nommée par lui membrane caduque , existe pendant toute la durée de la gestation ; elle n’est donc point caduque, ainsi que le

croyait Hunter. M. Breschet la nomme périone , Périone; M. Velpeau anhiste ; le premier ayant égard à sa "anhiste”0 situation , le second à sa structure.

Des deux faces de cette pseudo - membrane ,

Tune est, nous l’avons déjà dit, adhérente à la surface de la cavité utérine; l’autre, qui est interne, et qui correspond au liquide, est lisse et comme tapissée, selon M. Velpeau, d’une pellicule extrêmement fine (i).

Le liquide central n’a jamais été analysé ; il est , pseudo-memselon M. Velpeau , parfois tout-à- fait limpide, le b Utérine! * plus souvent rougeâtre, semblable à du blanc d’œuf.

M. Brescliet le nomme hydro - périone ; selon ce savant, il est limpide dans les premiers temps, incolore, muqueux ou légèrement albumineux; plus tard il est un peu lactiforme , et quelquefois il ressemble à une émulsion légère unie à du mucilage, et d’un blanc faiblement rose (2).

Ce liquide, d’abord peu abondant, augmente à mesure que l’utérus se développe ; alors sa quantité , selon M. Breschet , peut s’élever à plusieurs onces ; mais dès que l’œuf prend un certain accroissement dans la cavité utérine, sa quantité diminue graduellement, et il finit par disparaître entièrement, quand l’œuf a acquis quelque développe-

(1 ) Ovologie humaine. Paris, i853.

(2) Etudes sur V Œuf dans l’espèce humaine , Mémoires de l’Académie royale de Médecine, 1802.

Circulation du sang dans l’utérus durant la grossesse.

ment. C’est clone à ce liquide que la qualification de caduc devrait appartenir, et non à son enveloppe membraniforme, qui persiste , avons-nous déjà dit , pendant toute la durée de la grossesse.

Il n’y a rien de certain encore sur le genre d’organisation de la pseudo - membrane intra-utérine. M. Breschet est tenté de la regarder comme douée de l’organisation et de la vie ; mais il ne l’affirme cependant pas, et surtout il n’en donne aucune preuve satisfaisante. M. Velpeau pense qu’elle 11’est qu’une simple exhalation non organisée : de là le nom cl’anhiste qu’il lui a donné.

Nous examinerons plus loin le rôle curieux que remplit cette production utérine dans les premiers temps de la descente de l’œuf dans Futérus. Mais avant cette époque, elle paraît avoir pour usage de fermer les orifices de la cavité utérine, et surtout, dit M. Breschet (ouvrage cité) , d’empêcher l’écoulement du liquide qui se dépose peu à peu dans la cavité de cette nouvelle membrane.

Son liquide central paraît concourir à la dilatation lente , graduée et régulière de la cavité de Futérus , de préparer à l’ovule un séjour convenable dans la cavité utérine , et probablement de lui fournir les premiers éléments nutritifs.

Les changements qui arrivent dans le volume et la structure de Futérus pendant la durée de la gestation nécessitent des modifications dans sa circulation. En effet, les arteres subissent une di-

latation très - considérable ; les veines grossissent aussi beaucoup , elles forment dans le parenchyme de l’organe ce qu’on a improprement nommé les sinus utérins ; les vaisseaux lymphatiques deviennent aussi très- volumineux. Il est évident que la quantité de sang qui traverse l’utérus dans un temps donné est en rapport avec les changements qu’il a éprouvés et les nouvelles fonctions qu’il est appelé a remplir.

Phénomènes généraux de ia grossesse .

Tandis que tous ces phénomènes se passent dans l’utérus , d’importantes modifications arrivent dans les fonctions de la mère , et commencent souvent à se manifester immédiatement après la fécondation.

La femme qui a conçu ne voit plus d écoulement menstruel reparaître ; ses mamelles se gonflent ; si elle allaite, son lait devient séreux et cesse d’être profitable à l’enfant ; ses paupières sont gonflées et bleuâtres; le visage est décoloré; la transpiration prend une odeur particulière ; u ne pâleur générale se montre , et avec elle des dégoûts pour la plupart des aliments, qui coïncident quelquefois avec des appétits bizarres; des nausées continuelles, de violents maux de tête, se font sentir et sont suivis de vomissements très-fatigants; l’abdomen devient d’une sensibilité extrême, s’aplatit d’abord

Phénomènes généraux de la grossesse.

pour se gonfler ensuite ; quelques femmes perdent le sommeil, et cependant ne peuvent quitter le lit sans une extrême fatigue ; en revanche , des femmes délicates , valétudinaires, voient leur santé devenir prospère : souvent des maladies graves sont arrêtées dans leur cours , et ne reprennent leur marche qu’après l'accouchement , etc.

^tat chez 01 aI En général, chez les femmes enceintes, les fais femme Cll]tcs intellectuelles sont affaiblies ; elles s'affectent

grosse.

sans raison ; les événements les plus ordinaires leur causent des impressions profondes et presque toujours tristes; de là la nécessité des soins de tous genres dont la femme doit être l’objet, et la tendre sollicitude qu'elle inspire à chacun.

À ces differents accidents , qu'il est impossible d’expliquer, se joignent des phénomènes qui tiennent évidemment à l’augmentation du volume de l'utérus : tels que des crampes dans les membres inférieurs, le gonflement des veines superficielles des cuisses et des jambes, un sentiment d'engourdissement, de fourmillement né de la gêne qu’éprouve la circulation. Dans les derniers temps de la grossesse, la vessie et le rectum étant fortement comprimés, les envies d’uriner et d’aller à la garde-robe sont fréquentes.

Ne joignons pas à ces phénomènes, dont l’existence est certaine, des suppositions dénuées de fondement : telles , par exemple , que les fractures des femmes enceintes guérissent plus difficilement

que celles des autres femmes : l’expérience prouve directement le contraire.

Arrivée de l’œuf dans l’utérus .

Nous avons dit à l’article de l’action de la trompe utérine , que l’on ne sait rien de positif sur le moment où la vésicule de l’ovaire traverse ce canal, ni sur le mode de son transport; est- ce par la contraction péristaltique du tissu de la trompe? est-ce un résultat de la pression abdominale? est-ce par des adhésions successives? Nous l’ignorons.

Toutefois le petit corps ovoïde arrive à l'extrémité de la trompe, où il rencontre la membrane caduque; mais, au lieu de s’engager dans sa cavité, ainsi que le croyait TV. Hunter, et depuis lui beaucoup de physiologistes, l’œuf glisse entre la caduque et l’utérus en déprimant légèrement celleci , ou même en se logeant dans son épaisseur, selon M. Breschet.

Le point où il s’arrête est variable , mais la raison en est ignorée ; quelquefois il stationne au voisinage de l’orifice tubaire, et d’autres fois il se fixe à la partie la plus déclive de la cavité utérine, et jusque sur les bords de l’ouverture du col.

Il est facile de comprendre, durant cette période de la grossesse, de quelle utilité est la membrane

Arrivée de l'œuf dans l’utérus.

périone ou caduque ; elle soutient mollement l’ovule et le maintient appliqué contre les parois de la matrice , où il doit bientôt contracter des adhérences intimes.

Développement de l’œuf dans l’utérus.

Dans les premiers moments du séjour de l’œuf

SanT Pu téruf dans l’utérus, son volume est à peu près celui qu’il avait en abandonnant l’ovaire; bientôt ses dimensions augmentent; il se couvre de filaments longs d’environ une ligne, qui se ramifient à la manière des vaisseaux sanguins, et qui s’implantent dans la membrane caduque. Dans le troisième mois on ne les aperçoit plus que d’un seul côté de l’œuf, les autres ont à peu près disparu ; mais ceux quirestentont acquis plusd’étendue, de grosseur et de consistance, et se sont implantés profondément dans la paroi utérine. Dans le reste de sa surface, bœuf ne présente qu’une couche molle tomenteuse, nommée caduque réfléchie , et dont nous allons expliquer la formation.

Formation L’o vule qui descend de l’ovaire ne déplace la

^réfléchie! Ue caduque que dans un espace très-limité; mais à mesure que son volume s’accroît, il repousse et détache de la paroi utérine une plus grande étendue de la membrane qui revêt alors une de ses faces. La partie ainsi détachée et repoussée fait saillie dans la cavité centrale occupée par le îi-

Usage de la membrane caduque.

Développe

quide périone, et cette proéminence est d’autant plus grande et la cavité d’autant plus rétrécie , que les dimensions de l’œuf deviennent plus considérables. Il arrive même un moment vers le troisième mois de la gestation où la saillie de l’œuf , revêtue de la caduque , vient rencontrer la concavité de la membrane restée attachée aux parois utérines. 11 est inutile d’ajouter qu’à dater de ce moment le liquide central a disparu , puisque l’espace qu’il occupait est rempli par l’œuf luimême.

C’est à cette partie du corps membraniforme intra-utérin que les anatomistes, et particulièrement Hunter, ont donné le nom de caduque réfîé- Caduque ré-

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chie ; mais ils ignoraient le véritable mécanisme de sa formation.

Recouvrant ainsi l’œuf sans le contenir, la caduque a été comparée à une membrane séreuse, mais seulement quant à sa disposition anatomique.

11 ne paraît pas que jamais les deux feuillets de la caduque se confondent en un seul, ainsi qu’on l’a cru long-temps; au terme naturel de la grossesse, il est encore possible de les distinguer; ils restent accolés l’un à l’autre pendant toute la durée de la gestation.

L’œuf continue donc de croître et de se développer jusqu’à la fin de la grossesse, où son volume égale à peu près celui de l’utérus; mais sa struc-

Surface de l’œuf.

Villosités du chorion.

turc éprouve des changements importants que nous allons examiner.

Je ne sache pas que personne ait observé bœuf humain au moment de son passage à travers la trompe utérine. Dans le chien, où j'ai vu l’œuf peu après cet instant, il était tel qu’à l’ovaire , c'est-àdire lisse à sa surface; ce n’est qu’après quelque temps de séjour dans l’utérus qu’il se couvre d’aspérités.

Les plus petits œufs qui aient été étudiés chez la femme étaient âgés de huit ou dix jours, sans que cette date ait rien de bien positif. Ils étaient du volume d’un pois, et leur surface était de toutes parts recouverte de filaments nombreux , qui leur donnaient un aspect villeux. Au-dessous de ce tissu se voit l’œuf lui-même, formé d’une enveloppe membraneuse et d’un liquide intérieur; on n’y distingue encore aucune trace de germe, ni des diverses parties liquides, membraneuses ou vasculaires qui s’y montreront plus tard; il n’y a donc aucune ressemblance connue entre cet œuf et celui d’un oiseau, où l’on observe aisément presque au sortir de Fo~ vaire , indépendamment des membranes, une cicatricule ou premier rudiment du germe, et au moins deux liquides qui serviront à la nutrition de l’embryon, le vitellus et l’albumine , c’est-à-dire le jaune et le blanc de l'œuf.

Les villosités ou flocons qui revêtent l’ovule humain ont été l’objet de recherches spéciales de

DE PHYSIOLOGIE. 5(> i

MM. Breschet et RaspaiL Chacun de ces iilaments est simple et fusiforme à son point d’insertion sur l’ovule; il se ramifie de manière que le tronc est quarante fois plus grêle que le sommet (1). Les sommités des ramifications forment de véritables spongioles, dont les propriétés physiques sont très -propres à contracter des adhérences, et à exercer l’imbibition; du reste, ces filaments n offrent aucune disposition anatomique qui puisse les faire soupçonner d’être ou de pouvoir plus tard devenir des vaisseaux sanguins; car ils conservent leur forme et leur structure jusqu’au dernier terme de la gestation.

Nous venons d’étudier les changements que l’œuf éprouve à sa surface. Voyons maintenant ceux qui ont lieu dans sa structure.

Aux environs du dixième au quinzième jour, à dater de l’instant de la fécondation, et du quatrième au septième, a compter de l’arrivée de l’ovule dans 1 utérus , il se fait de nombreuses et importantes modifications de la structure de celui-ci :

Au lieu d’un seul et même liquide intérieur, on commence à y distinguer plusieurs parties importantes , organes nécessaires au développement du nouvel être. Ces parties sont, i° l’amnios

(1) Anatomie microscopique du chorion de l’œuf humain . Répertoire d’ Anatomie, etc., t. Y.

Structure de l’œuf.

P R ÉCIS É LÉME NT A I R J£

Parties membrane mince et flexible ; 20 les premiers ru ~

constituantes /• . / 1. , , . . r,

de l’œuf, diments du germe appliques a un point supernciel de l’amnios , sous la forme d’une petite tache opaque ; 3° la vésicule ombilicale ; 4° l’ allantoïde ; 5° bientôt après apparaissent le cordon ombilical , qui établit une communication entre le germe et la face interne du chorion ; 6° les vaisseaux ompluilomësentêriques , qui font communiquer le germe avecla vésicule ombilicale ; 70 enfin un prolongement de l’allantoïde , qui réunira plus tard l’embryon et cette membrane.

Liquides Quant aux liquides qui se montrent à la même époque, ce sont i® le liquide amniotique ; 20 celui de la vésicule ombilicale ; 3° le liquide allantoïdien ; et 4° enfin une masse gélaliniforme ?, qui se voit cà et là autour du cordon .

51 faut ajouter à tous ces appareils spéciaux du germe fécondé, les nombreux vaisseaux sanguins, artériels et veineux qui adhèrent à l’utérus , et qui, sous le nom de placenta , établissent l’indispensable communication, chez tous les mammifères. de la circulation de la mère avec celle du fœtus.

Des différents organes ou fluides de l’œuf, dont nous venons de faire l’énumération , les uns persistent jusqu’à la fin de la grossesse , et n’abandonnent le nouvel individu qu’à l’instant de la naissance; les autres disparaissent dans les premiers mois delà gestation, ainsi que nous l’avons

déjà vu pour le liquide de la membrane caduque.

Les premiers ou les persistants sont : le chorion, l’amnios et son liquide, le cordon ombilical et le placenta.

Les seconds ou les décidas sont : la vésicule ombilicale et le fluide qu’elle contient, F allantoïde et son fluide, les vaisseaux omphalo -mésentériques, etc.

De l’amnios.

C’est la membrane d’enveloppe propre au fœtus; à trois semaines ou un mois, elle forme une petite poche de trois ou quatre lignes de diamètre , qui contient au milieu d’un liquide l’embryon et la tige qui doit former bientôt le cordon ombilical. (Velpeau.)

Selon M. Breschet, le germe n’est pas contenu dans la cavité même de l’amnios, et par conséquent n’est pas plongé au milieu du liquide, mais, par les progrès de la fécondation, le germe s’enfonce vers le centre de la vésicule-amnios, comme l’ovule dans la cavité de la caduque; de surte que, semblable aux membranes séreuses, elle revêtirait de toutes parts l’embryon, sans cependant le contenir dans la cavité.

En s’enfonçant dans l’amnios, ou plutôt le germe en poussant devant lui cette membrane , celle-ci forme une gaine au milieu de laquelle se trouve la vésicule ombilicale , etc.

Amnio

Surface externe de l'amnios.

Fluide

amniotique.

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