DE LA VISION
La vision est une fonction qui nous fait recon- i>e u ▼uion naître la grandeur, la figure, la couleur, la distance, le mouvement des corps, etc.
Les organ^es qui composent l'appareil de la vî- l'wm'ère. sion entrent en action sous l'influence d'un excitant particulier qu'-on nomme lumière.
Nous apercevons les corps, nous ' prenons con-naissance de plusieurs de^leurs propriétés, quoique soi|vent ils soient fort éloignés de nous; il faut donc qu'il j ait entre eux et notre œil un agent intermédiaire : cet intermédiaire, nous le nommons lumière.
La lumière est un fluide excessivement sub- Lumière. til , qui émane des corps nommés lumineux, tels que le soleil , les étoiles fixes ^ les corps en igni«
Des rayoDS lumineux.
Itumièrc.
tion (i), ceux qui sont phosphorescents, etc. (2).
La lumière est composée de molécules qui se meuvent avec une prodigieuse rapidité, puisque chacune d'elles parcourt environ 70 mille lieues par seconde.
On nomme rayon de lumière une série de molécules qui se succèdent sans interruption en ligne droite. Les molécules qui composent chaque rayon sont séparées par des intervalles considérables, relativement à leurs masses ; ce qui permet à un trèsgrand nombre de rayons de se croiser en un même point, sans que les molécules puissent se choquer en se rencontrant.
(1) Tous les corps peuvent deveoir lumineux qi;iand leur température est élevée à p)us de 5oo degrés centig.
(2) En fait, on ne sait rien de la nature intime de la lumière ; on devrait tout simplement e»convenîr, et se borner à en étudier les propriétés, cette marche serait logique; mais notre esprit ne procède point ainsi , il lui faut une supposition sur laquelle il semble se reposer et s'endormir ; on suppose donc, d'après NewtOQ, que la lumière émane^ sous forme de molécutesy des corps lumineux, etc. Descartes avait fait uaç autre hypothèse; il supposait l'espace rempli par jun fluide très-subtil, l'éther ; il supposait, en outre, que les corps lumineux mettaient en vibrations ou en ondulations cet éther onduleux, qui étaiJt la lumière. L'hypothèse des ondulations reprend force depuis quelque temps , parce qu'elle rend raison de phénomènes inexplicables dans l'hypothèse de l'émanation, et qu'elle se prête mieux à l'analyse mathé-* matique.
La lumière qui part du corps lumiûeux forme inimsitô des cônes divergents, qui, s'ils ne rencontraient luJière. point d'obstacles, se prolongeraient indéfiniment. Les physiciens ont conclu de là que l'intensité de la lumière qui se trouve dans un lieu quelconque, est en raison inverse du carré de la distance du corps lumineux d'où elle part. Les cônes que forme la lumière en sortant des corps lumineux sont en général nommés faisceaux de lumière^ et on désigne par le nom de milieux les corps dans lesquels . la lumière se meut.
. Quand la lumière rencontre dans sa marche cer- R^nexion
(16 13 iuiuiërc
tains corps qu'on nomme opaques, elle est repôussée , et sa direction se trouve modifiée suivant la disposition de ces corps.
On appelle réflexion le changement que subit la marche de la lumière dans ce cas. L'étude de la réflexion constitue cette partie de la physique qui a été nommée catoptrique.
Certains corps se laissent traverser par la lumière, par exemple le verre r on les appelle transparents ou diaphanes. En les traversant , la lumière y subit un certain x^hangement qui se nomme réfraction. Comme le mécanisme de la vision repose entièrement sur les principes de la réfraction , il est important que nous nous arrêtions quelques instants à leur examen.
Le point par lequel un rayon de lumière entre Réfraction dans un milieu s'appelle point dUmmersion , et ce- lumière.
Lois de la réfraction.
LoU de la te fraction.
l\2 PnÉCIS ÉLÉMENTAlRi:
lui par lequel il en sort, point d'émergence. Si le rayon rencontre perpendiculairement la surface d'un milieu, il continue sa route dans le milieu, en conservant sa direction première ; mais si l'incidence est oblique à la surface du milieu, le rayon se détourne de sa route, en sorte qu'il parait rompu au point d'immersion.
\J angle d'incidence est celui que fait le ray.on incident avec une ligne perpendiculaire, menée par le point d'immersion sur la surface du milieu , et Vangle de réfraction est celui que fait le rayon rompu avec la même perpendiculaire.
Le rayon de lumière passè-t-il d'un milieu plus rare dans un milieu plus dense, il se rapproche de la perpendiculaire au point de contact; il s'en écarte, au contraire, quand il passe d'un milieu plus dense dans un- milieu plus rare. Le même phénomène a lieu, mais en sens opposé, lorsque le rayon rentre dans le premier milieiT; de façon que si les deux surfaces du milieu que le rayon traverse de part en part, sont parallèles entre elles, le rayon, en repassant dans le milieu environnant^ prendra une direction qui sera elle-même parallèle à celle du rayon incident.
Les corps réfractent la lumière en raison de leur densité (i) et de leur combustibilité. Ainsi de deux
(i) L^ densité est le rapport de la masse nu volume; en
ï)Ii PHYSIOLOGIE. l\'C)
corps d'égale densité, mais dont l'un sera composé d'éléments plus combustibles que l'autre , la force réfringente du premier sera plus considérable que celle du second4
Tous les corps diaphanes, on même temps qu'ils réfractent la lumière, la réfléchissent. .C'est en raison de cette propriété que ces corps remplissent jusqu'à un certain point l'office de miroirs. Quand ils n'ont qu'une faible densité, comme l'air, ils ne sont visibles qu'autant que leur masse est consi'^ dérable. ^ •
La forme. du corps réfiringent n'influe pas sur sa inflaencc de
* , la forme des
force réfringente , mais elle modifie la disposition corps des rayons réfractés les uns par rapport aux autres. ' "°^^" ** En effet, les perpendicutaires à la surface du corps se rapprochant ou s'éloignant suivant la forme de ce corps, les rayons réfractés doivent en même temps se rapprocher ou s'éloigner.
Quand, par l'effet d'un corps réfringent, des rayons tendent à se rapprocher , le point où ils se réunissent se nomme foyer du corps réfringent. Les corps de forme lenticulaire (i) sont ceux qui présentent principalement ce phénomène.
Un corps réfringent à surfaces parallèles ne
sorte que si tous les corps étaient sous le même volume, leurs densités pourraient être mesurées par leur poids.
(i) Les corps lenliculairel; sont des corps terminés par deux 9eg;ments de sphère.
44 PKÉCIS ÉLÉMENTAIRE
change pas la direction des rayons, mais les rapproche de son axe par une sorte de transport. Un corps réfringent, convexe des deux côtés (lentille), n'a pas une force réfringente plus grande qu'un corps convexe d'un côté et plane de l'autre; mais le point où les rayons se réunissent derrière lui est plus rapproché.
Composition L'étudc de la réfraction conduit à reconnaître lumière. "^ ^^^* extrêmement important , savoir , qu'un rayon de lumière est lui-même composé d'une infinité de rayons diversement colorés et diversement réfrangibles, c'est-à-dire qu'à chaque rayon coloré correspond, dans ces mêmes corps et pour une même incidence , une réfraction qui varie avec la couleur des rayons. *
Si l'on fait passer un faisceau de rayons lumineux à travers un prisme de verre , ou tout autre corps réfringent dont les surfaces ne sont pas parallèles, on voit le faisceau s'élargir; et si après sa sortie du corps on le reçoit sur un plan, tel qu'une feuille de papier, il y occupe une étendue consi- . dérable, et, au lieu d'y produire une image blan-
che, il parait sous la forme d'une image oblongue , peinte d'une inûnitéde couleurs qui se succèdent par des dégradations insensibles , et parmi lesquelles on distingue les sept couleurs suivantes : le rouge, l'orangé, le jaune, le vert, le bleu, l'indigo et le violet. Chacune de ces couleurs est indécomposable ; leur ensemble forme le spectre
De physiologie. 4^
solaire. Ainsi la lumière n'est pas homogène , puisqu'elle est composée de rayons de couleurs trèsdifférentes. C'est sur ce fait qu'est fondée l'expli- coloration cation de la coloration des corps. Un corps blanc ^®* ^^'^P'"' réfléchit la lumière sans la décomposer ; un corps noir ne réfléchit point 1« lumière et l'absorbe en totalité. Les corps colorés décomposent la lumière en la réfléchissant; ils eu absorbent upe partie et réfléchissent l'autre. Ainsi un corps paraîtra vert lorsque la réunion des couleurs qu'il réfléchira formera du vert, etc.
Les corps transparents paraissent aussi colorés par la lumière qu'ils réfractent, et il arrive souvent que , vus par réfraction , ils paraissent d'une couleur difl'érente de celle sous laquelle on les aperçoit par réflexion.
Si maintenant on voulait savoir pourquoi tel coloration corps, réfléchit certaine couleur, tandis que tel au- ^"* ^action, tre corps l'absorbe, les physiciens répondront que ce phénomène tient à la nature et à la disposition particulière des molécules des corps (i).
La découverte de l'action des corps réfringents sur la lumière n'a point été un objet de simple curiosité ; elle a conduit à construire des instru-
(i) Cette explication ressemble beaucoup à celle des phénomènes de la vie par les propriétés vitales, c'est-à-dire qu'il se pourrait bien qu'elle n'expliquât rien.
4^ f PRÉCIS ÉLÉMENTAIRE
Instruments mcnts ingéoieux , au moyen desquels la sphère de la vision de Thomme s'est beaucoup agrandie » et s'est étendue à une foule de corps, qui, soit par leur grand éloignement, soit par leur extrême ténuité, ne semblaient pas destinés à être connus de l'homme. Mais ici , comme dans d'autres cas , son intel- * ligence a suppléé à l'imperfection de ses sens.
Diffraction. On appelle diffraction un genre de modification que subit la lumière , quand elle passe près des parties saillantes qui terminent les corps; non-* seulement, le rayon en entier éprouve une déviation , mais chacun des rayons colorés qui le composent éprouve cette déviation à un degré différent, et ils se séparent à peu près comme s'ils traversaient un prisme.
Appareil de la vision.
Appareil L'appareil de la vision est composé de trois par-
de la vision. tieS distiuctCS.
La première modifie la lumière. C'est une véritable lunette.
La deuxième reçoit l'impression du fluide.
La troisième transmet cette impression nu oer- ' veau.
L'appareil de la vision est d'une texture extrêmement délicate , que la moindre cause peut altérer ; aussi la nature a-t-elle placé ati devant de cet (ippareil une série d'organes dont l'usage est de le
protéger et de le maintenir dans les conditions nécessaires à Fexercice libre et facile de ses fonctions^
Ces parties protectrices sont les sourcils , les paupières , et l'appareil sécréteur et excréteur des larmes.
Les sourcils , parties propres à l'homme , sont formés :
1 \ Par des poils d'une couleur variable ;
2^ Par la peau ;
3^ Par des follicules sébacés, placés à la base de chaque poil ;
4^ De muscles ^ destinés à leurs mouvements multipliés, savoir, la portion frontale de l'occipitofrontal, le bord supérieur de Torbiculaire des paupières {orbito-palpébral) , le surcilier i
5^ De vaisseaux assez nombreux ; ^
6*. De nerfs.
Les sourcils ont plusieurs usages. La saillie qu'ils forment protège l'œil contre les violences extérieures; les poils, en raison de leur direction oblique, de la matière huileuse qui les enduit, s'opposent à ce que la sueur coule vers l'œil , et aille irriter la surface de l'organe; ils la dirigent vers la tempe et la racine du nez. La couleur et le nombre des poils des sourcils influent sur leur usage. Ils sont ordinairement en rapport avec le climat. L'habitant des. pays chauds les a très-épais et trèsnoirs ; l'habitant des régions froides peut les avoir épais, mais il est très rare qu'il les ait noirs. Les
Parties protectrices
de l'œil.
{Tutamina
oculi. )
Sourcils.
Usage des sourcils.
.jy PRÉCIS ÉLÉMENTAIRE
sourcils garantissent l'œil de Timpression d'une lumière trop vive, surtout lorsque celle-ci vient d'un lieu élevé : nous rendons cet effet plus marqué en fronçant le sourcil.
Paup'Kics. Les paupières sont au nombre de deux chez l'homme , distinguées en supérieure et en inférieure, en grande et en petite j palpebra major ^pal^ pebra minor.
La forme des paupières est accommodée à celle du globe de l'œil, de manière qu'étant rapprochées, elles couvrent complètement la face antérieure de cet organe. Le lieu où elles se rencontrent n'est point au niveau du diamètre transverse de l'œil ; il est beaucoup au-dessous : c'est à tort que Haller le nomme œquator oculL
Plus l'ouverture qui sépare les paupières a d'étendue, plus l'œil nous paraît grand : aussi le jugement que nous portons sur le volume de l'œil est-il souvent inexact : il n'exprime le plus souvent que l'étendue de l'ouverture des paupières (i).
Paupières. Lc bord Hbrc des paupières est épais, résistant, garni de poils plus ou moins longs, plus ou moins nombreux, d'une couleur ordinairement semblable à celle des cheveux; ces poils sont placés trèsprès les uns des autres. Ceux de la paupière supérieure forment une légère courbure, dont^la concavité est en haut; ceux de la paupière inférieure
(i) Bichat.
en ont une en sens opposés. Kous attachons une idée de beauté à des cils longs et bien fournis , ce qui s'accorde avec l'utilité qui en résulte. Semblables à tous les autres poils , les cils sont enduits d'une humeur onctueuse , qui sort de petits fol* licules situés dans l'épaisseur des paupières ^ au-^ tour de leur bulbe.
Entre la ligne qu'occupetit led cils et la face ip- Marge
.1 <• 1 1 11 1 des paupières.
terne , il y a une surface plane , par laquelle les paupières se touchent quand elles sont rapprochées. Je nomme cette surface la marge de la paupière. Les paupières sont composées d'un muscle à structure
«1 ••!• f L» Ê » i «ix des paupière».
nbres semi-circulaires {orbtculatre ue$ paupières) , d'un fibro-cartilage (cartilage tarse) , d'un ligament {ligament large de la paupière) , d'un grand nombre de follicules (glandes de Méibomius), d'une portion de membrane muqueuse. Toutes ces parties sont liées entre elles par un tissu cellulaire, dont les lamelles sont très-minces et très-flexibles.
La peau des paupières fine^ et demi-transpa- Peau rente , se prête aisément à leurs mouvements ; ^*"^* ^^^ elle présente des plis transversaux. Le muscle orbiculaire des paupières, par sa contraction, les rapproche, ou, comme on dît, ferme les yeux y en même temps qu'il porte les paupières unpe.u en dédans.
Le fibro-cartilage s'appelle le cartilage tarse; ^^l^^^ celui de la paupière supérieure est beaucoup i. A
5o PRÉCIS ÉLÉMENTAIRE
plus grand que celui de rinférieure. Ils ont pour usage de maintenir les paupières tendues et toujours adaptées à la forme de l'œil ; en outre ,. ils soutien'nent les cils , logent dans leur épaisseur les follicules et garantissent l'œil des chocs extérieurs. La présence du cartilage tarse dans les paupières n'est pas indispensable, puisqu'il manque chez plusieurs aninvaux, dont les paupières n'en remplissent pas moins bien leurs fonctions.
Lipraent Le Hgament large n'est autre chose que du tissu
dcspaupfëres. ccllulairc, qui de la base de l'orbite se rend au
bord du cartilage tarse : il parait destiné à limiter
le mouvement par lequel les paupières se rap*
prochent.
Tissu Le tfesu cellulaire, extrêmement fin et dé-
despan^ères. Uc^t , «c couticnt poiut de graissc , mais une sérosité' Kmpide^ qui, dans certains cas, s'accumule dans les aréoles de ce tissu ; les paupières sont alors gonflées et d'une couleur bleuâtre ; cette couleur et ce gonflement se voient à la suite <ies excès de tovit genre, aqprès les grandes maladies et pci>dant la convalescence , chez les femmes lorsqu'elles ont leurs règles , etc. La finesse , la laxilé du tissu cellulaire des paupières, l'absence <de la graisse de ses aréoles , étaient nécessaires pour le libre exercice de leurs mouvements. Leur face oculaire est recouverte par la membrane muqueuse conjonctive.
DE PHYSIOLOGIE. Si
Indépenddixi'itient des parties qui viennent d'être indiquées 9 la paupière supérieure a un muscle qui lui est propre, et qu'on nomme élévateur de lapaw^ pière supérieure.
Les paupières couvrent IWl dans le sommeil, le Usages do» garantissent du contact des corps étrangers qui p*"P"'"^** voltigent dans Tair ; elles le préservent des chocs par leur rapprochement presque instantané; leurs mouvements habituels» qui reviennent à des intervalles à peu près égaux » s'opposent aux effets du contact prolongé de Tair sur la conjonctive ; ce mouvement, liommé cligfumeni^ dépend en partie du nerf clignement» facial, et en partie du nerf de la cinquième paire. Il cesse quand le nerf f aeial est coupé ; il cesse ou ne se montre que très-rarement, et seulement par l'effet d'un rayon direct de lumière solaire, quand le nerf de la cinquième paire est divisé. La perte du mouvement des paupières par la section ou la paralysie du nerf facial s'entend facilement, puisque ee nerf envoie des filets au muscle orbiculaire. Il est beaucoup plus difficile de comprendre comment la section dé la cinquième paire arrête le cMgnement, car ce nerf, presque entièrement des- ' tiné à la sensibilité, n'envoie aucune branche aux muscles qui font monvoir les paupières.
Les paupières ont aussi l'usage de modérer l'effet d'une lumière trop vive sur l'organe de la vue : en se rapprochant , elles ne laissent passer que la
quantité de ce fluide nécessaire à la vision, mais insuffisante pour blesser Tceil. Au contraire, lorsque la lumière est faible , nous écartons largement les paupières, afin d'en laisser pénétrer le plus possible dans l'intérieur de TœiL Usuges Lorsque les paupières sont rapprochées, les cils
^ dcl éiis. forment une espèce de grille , qui intercepte une partie de la lumière qui se dirige vers TœiL Sontils humides , les petites gouttelettes placés à leur surface décomposent la lumière à la manière du prisme, et le point d'où part celle-ci paraît irisé. Divisant en faisceaux la lumière qui pénètre dans l'œil, les cils font paraître, pendant la nuit, les corps en ignition , comme s'ils étalent environnés d'une auréole lumineuse.
Cette apparence disparait dès qu'on renverse les paupières, ou seulement que les cils prennent une autre direction. Les cils écartent de l'œil les atomes de poussière qui voltigent dans l'air. La vision est toujours plus ou moins altérée chez les personnes qui sout privées de cils.
<nandc8 de On appelle glandes de Méibamius dés follicules ^IteicTun composés qui sont logea dans l'épaisseur des cartilages tarses. Il j en a de trente à trente-six à la paupière supérieui'e, et de ringt-<{uatre h trente à l'inférieure. Au centre de chaque follicule composé il existe un petit canal central, autour duquel sont placés les follicules simples, et dans lequel est
usrg^es.
vursée la matière qu'ils sécrètent. Ce canal cen- , u«gc
*■ de IHiameiir
tral est toujours rempli par cette matière,- nommée detpaaptcteK. humeur de Miibomiuêj ou chassie. A l'instant du réveil on en trouve souvent une certaine quantité desséchée et accumulée au grand angle de Tœil, ainsi que sur la marge des paupières. Cette matière est-elle de nature onctueuse? Des recherches particulières me font croire qu'elle n'est qu'albumineuse. Chaque canal central s'ouvre par un orifice à peine visible sur la face interne de la paupière, près de sa jonction avec la marge. Ces ouvertures , très-^rapprochées les unes des autres, régnent dans toute la longueur du bord de cette marge ; une légère pression suffit pour en faire sortir l'humeur sécrétée; or, comme Jl y a pression sensible des paupières quand elles se portent au-devant de l'œil, ce mouvement doit contribuer à l'excrétion de l'humeur. Son u^agé principal tne paraît être de favoriser les frottements réciproques des paupières et du globe de l'œil. La paupière supérieure, exerçant plus de frottements que l'inférieure, devait avoir dès follicules plus nombreux et plus considérables : c'est en effet, ce qui exiate.
Appareil lacrymal.
f)n vient de voir comment les sourcils et les Appaicu paupières garantissent l'oèil contre les corps étran-
gers , le contact trop prolongé de l'air, les effets nuisibles • d'une lumière trop vive. L'œil avait besoin d'une autre sorte de protection. Il fallait que la surface par laquelle pénètre la lumière fût toujours lisse et d'un poli parfait , et que les mouvements qu'il fait dans toutes les directions n'éprouvassent aucun empêchement. Un petit appareil « dont le mécanisme est fort curieux, est destiné à ce double usage ; c'est l'appareil sécréteur des larmes. Il se compose de la glande lacrymale^ de ses canaux eçacriteurs , de la caran-cule lacrymale , des conduits lacrymaux et du canal nasal.
ciande Lo{!:ée daus la petite fossette que présente la
lacrymale, . , „ ^ . . ».
voûte de 1 orbite, à sa partie antérieure et externe, la glande lacrymale est peu volumineuse ; elle reçoit une branche de la cinquième paire, fait anatomique qui mérite , depuis mes derniers travaux sur ce nerf, une attention particulière. Son usage est de sécréter les larmes*
Cette glande était connue des anciens, mais ils en ignoraient la fonction ; ih la nommaient inno^ minée supérieure, par opposition à la caroncule, qu'ils nommaient innominée inférieure. Us attri-* huaient la formation des larmes, les uns à la caroncule , les autres à une glande qui n'existe point chez l'homme, et qui se voit chez certains animaux {la glande de Hardérus).
Les cunaux excréteurs des larmes sont au nom* canaux