Ti . !.. excréteurs
bre de six ou ^ept. Ils naissent des petits grains de la glande glanduleux qui, par leur assemblage, forment la •^'^'"«c. glande ; ils marchent quelque temps dans les in«* terv ailes des lobules qu'elle o&e ; bientôt ils Tabandonnent , se placent sur la conjonctive , et viennent percer cette membrane très-près du cartilage tarse de la paupière supérieure , vers son extrémité externe. On peut les rendre sensibles , soit en les insufiQant, soit en soulevant la paupière supérieure et comprimant la glande , ce qui donne lieu à la sortie des larmes par les orifices de ces canaux , soit en laissant macérer l'œil dans i'eau teinte par du sang, soit enfin en les injectant avec du mercure. Les larmes sont versées par ces conduits à la surface de la conjonctive.
A l'angle interne de l'œil, on voit un corps sail- caroncute lant, dont la couleur rosée indique l'énergie des forces générales, dont la pâleur, au contraire, indique un état de débilité et de maladie : c'est la caroncule lacrymale. Ce corps, peu volumineux, a pour base de sa composition sept ou huit foUicu-* les, qui sont rangés. suivant une ligne demi-circulaire, dont la convexité est en dedans. Ils ont chacun une ouverture à la superficie de la caroncule
lacrymale ; ils contiennent un petit poil : ces ouvertures sont tellement disposées qu'elles complètent , avec celles des glandes palpébrales , un cercle qui embrasse toute la^ partie anté-
lacryoïalc.
PRKC1S ELEMKNTAIKE
Points lacrymaux.
Conduits lacrymaux.
rieure de Tœil quand les paupières sont écar* tées.
A l'endroit où elle quitte le globe de Tœil pour se porter vers la caroncule , chaque paupière offre sur sa face interne, près de son bord libre, une petite ouverture nommée point lacrymal ^ orifice externe des conduits lacrymaux. Les points lacrymaux sont continuellement ouverts; ils sont tous deux dirigés vers l'œil. Sont -ils doués d'une faculté contractile qui se manifeste lorsqu'ils sont touchés par l'extrémité d'un stylet? Quelque soin que j'aie mis pour apercevoir ces contractions , je n^i jamais pu y réussir : une cir^ constance aura pu en imposer à cet égard. Quand on renouvelle plusieurs fois le contact de l'extrér* mité d'un st}'lct,la membrane muqueuse qui revêt les points lacrymaux se gonfle , comme elle le ferait dans tout autre lieu, et alors l'ouverture est réellement rétrécie ; mais il ne faut pas confondre ce phénomène avec une contraction.
Par l'intermédiaire des conduits lacrymaux, les ouvertures dont nous venons de parler conduisent dans un canal qui règne depuis le grand angle de l'œil jusqu'à la partie inférieure des fosses nasales. Les canaux lacrymaux sont très-étroits ; ils laissent h peine passer une soie de cochon ; ils ont trois à quatre lignes de longueur; ils sont placés dans répaisseur de la paupière , entre le muscle orbiculaire et la conjonctive. Ils s'ouvrent tantôt isoler-
ment, tantôt réunis, dans la partie supérieure du canal nasal.
C'est à tort que les anatomistes distinguent deux Sac lacrymal
* ^ et canal
parties dans le conduit qui s'étend du grand angle nasal. de.Tœil au^méat inférieur des fosses nasales. Ce canal a partout à peu près les mêmes dimensions , et rien ne justifie le nom de mc lacrymal qu'on a donné à sa partie supérieure , pour réserver le nom de canal nasal au reste de sa longueur. Toutefois ce canal est formé par la membrane muqueuse des fosses nasales , qui se prolonge dans le conduit osseux, pratiqué le long du bord postérieur de Tapopbyse montante de Tos maxillaire , et de la • moitié antérieure de^Tos unguis. Il a pour usage de verserles larmes dans les fosses nasales.
On doit ranger parmi les organes de l'appareil lacrymal la conjonctive , membrane du genre des conjuncUve. muqueuses , qui recouvre la face postérieure des paupières^ et la face antérieure du globe de l'œil. Cette membrane a plus d'étendue que le chemin qu'elle parcourt, ce qui est très-favorable aux mou* vements des paupières et de l'œil. La manière lâche dont elle adhère aux paupières ainsi qu'à la sclérotique est encore bien disposée pour se prêter à ces mouvements. La conjonctive passe-t-elle au devant de la cornée transparente , ou bien s'arrêtet-elle à la circonférence de cette portion de l'œil pour s'unir avec la membrane qui la revêt? C'est ce qui n'est pas complètement démontré. On
Usage de la conjonctive.
Sensibilité
de la
conjonctive.
pense en général qu'elle recouvre la cornée; mais plusieurs anatomistes croient que la cornée estre* couverte par une membrane particulière , unie à la conjonctive par sa circonférence sans en être une continuation. ^
La conjonctive garantit la face antérieure de l'œil ; elle sécrète un fluide muqueux qui se mêle aux larmes; elle jouit de la faculté absorbante (i), supporte les frottements quand l'œil se meut, et facilite même ce mouvement en raison de Thu** midité et du poli de sa surface.
C'est à la conjonctive qu'appartient l'extrême sensibilité de l'œil, sensibilité qui se manifeste par la douleur que cause le moindre contact d'un corps irritant , même en vapeur. Cette sensibilité est de beaucoup supérieure à celle de toutes les parties l'œil , sans en excepter la rétine. Elle dépend de la branche ophtalmique de la cinquième paire. Si ce nerf est coupé sur un animal vivant, la conjonctive devient entièrement insensible à toute espèce de contact, même à ceux qui la détruisent chimiquement; par exemple, quelques atomes d'ammoniaque, mis sur la conjonctive, déterminent immédiatement une rougeur et une inflamma* tion des plus vives avec un écoulement abon-
(i) On empoisonne facilement un animal en appliquant sur ses conjonctives des [substances vénéneuses, de Pacide prnssique, par exemple.
nsagcs.
dant de larmes ; au contraire , un œil dont le nerf ophtalmique est coupé reste sec et insensible au contact de l'ammoniaque. Ce contact n'y produit aucun indice d'inflammation ( i ).
De la iécrétion des larmes et de leurs usages. Ce n'est point ici le lieu de décrire la sécrétion , Sécrétion
*■ des larmes et
des larmes, de faire connaître en quoi elle se rap- de leurs proche des autres sécrétions , en quoi elle en dif-* fère ; il suffit de savoir que la glande lacrymale les forme sous l'influence de la cinquième paire (a) 9
(1) J'ai observé un fait fort remarquable dans ces expériences (voyez no on Journal de Physiologie^ tom. 4 9 iBa4)« La section du nerf ophtalmique est constammenl suivie cbes les animaux d*uue violente inflammation avec suppuration abondante de la conjonctive ; plus tard il se forme une ulcération de la cornée avec écoulement des humeurs de Tœil ; mais la surface de Poeil n*en reste pas moins complètement insensible. Les auteurs qui ont le courage de proposer des explications des phénomènes morbides devraient faire rentrer de pareils faits dans lears doctrines : une inflammation des plus vives avec abolition complète de la sensi* bilité !
(2) J'ai eu plusieurs fois l'occasion de piquer sur l'hoauno vivant le neif lacrymal au moyen d'une aiguille fine, Maquelle j'appliquais ensuite le galvanisme, et j'ai observé constamment qu'au moment où le nerf est touché par la pointe de l'aiguille, les larmes coulent en abondance, comme si on introduisait un corps irritant dans l'écartemeut des
Sécrélicn des larmes.
Prétendu
canal uji coulent les larmes.
et qu'elle les verse, au moyen des conduits dont nous avons parlé, sur la conjonctive à la partie externe et supérieure de l'œil. Mais comment se comportent-elles lorsqu'elles sont arrivées dans ce lieu? C'est ce que nous allons chercher à faire connaître : nous dirons d'abord qu'elles coulent pendant le sommeil autrement que pendant la veille ; en effet , dans ce dernier état, les paupières s'éloignent et se rapprochent alternativement l'une dé l'autre ; la conjonctive est exposée au contact de l'air, l'œil se meut continuellement; rien de tout cela n'existe dans le sommeil.
Les physiologistes supposent que les larmes coulent dans un canal triangulaire, qui est chargé de les transporter vers le grand angle de l'œil, où elles sont absorbées par les points lacrymaux. Ce canal est formé, disent-ils : v r par le bord despaupiè- «res, dont les surfaces, arrondies et convexes, ne se •> touchent que par un point; a* par la face anté-
• rieure de l'œil, qui le complète en arrière. Ce canal a son extrémité externe plus élevée que l'in- » terne. Cette disposition, jointe à la contraction »du muscle orbiculaire, dont le point fixe est à
• l'apophyse montante de l'os maxillaire, dirige »les larmes vers les points lacrymaux, i
paupières sur la conjonctive, et peut-être plus abondamment encore. Un malade sur lequel je faisais cet essai, disait qu'avec mon aiguille ]' ouvrais le robinet des larmes.
m I*HYSI0L0GIÈ. 6l
Cette explication est défectueuse* Les paupières se touchent, non par un bord arrondi, mais par leurs marges , qui sont planes : le canal dont on parle n'existe donc pas. En effet, lorsqu'on exa^ mine les paupières par leur face postérieure quand elles sont rapprochées, à peine voit-on la ligne qui indique leur point de contact. D'ailleurs, en admettant l'existence du canal, il ne pourrait servir à l'écoulement des larmes que durant le sommeil; il resterait toujours à savoir comment elles marchent pendant la veille.
Dans le sommeil, et dans tous les cas où les paupières sont rapprochées, les larmes, dont la sécrétion parait moins active que pendant la veille, se répandent de proche en proche sur toute la surface de la conjonctive oculaire et palpébrale ; elles se portent en plus grande quantité dans les points où elles éprouvent le moins de résistance. La route qui leur présente le pioins^ d'obstacles, étant l'endroit où la conjonctive passe de l'œil aux paupières, elles arrivent aisément jusqu'aux points lacrymaux. Ainsi répandues sur la conjonctive , les larmes se nriêlent avec le mucus de cette membrane, et sont soumises à l'absorption qu'elle exerce.
Dans la veille , les choses ne se passent pas de cette manière. La portion de conjonctive qui est en contact avec l'air laisee évaporer les larmes qui la
Marche des
larmes
pendant le
sommt'il.
Marche
des larmes
durant la
veille.
6a PRÉCIS ÉLÉMENTAIRE
recouvrent; elle se sécherait bientôt si, par le mouvenient des paupières, les larmes n'étaient pas renouvelées : c'est là, je crois, le principal usage du clignement. Les larmes, étendues ainsi sur la partie de la conjonctive exposée à l'air, y forment une couche uniforme qui donne à l'œil son poli et son brillant ; l'augmentation ou la diminution d'épaisseur de cette couche influe beaucoup sur l'exprès** sion des yeux : dans les regards passionnés, où les yeux brillent d'un vif éclat, elle parait sensi-^ blement plus épaisse.
De faibles courants de larmes s'établissent quel-^
quefois sur la cornée , pour les voir il faut regarder un ciel pur mais peu éclairé; elles entraînent des parcelles d'humeur sébacée que M. Ribes nomme globules des larmes.
Usage de Daus l'état ordinaire de la sécrétion, les larmes Méibom^ius! n'ont aucune tendance à couler sur la face externe au^couTdes ^® "^i paupièrc inférieure. Je ne sais sur quoi l'on larmes. ^ fonde pour attribuer à l'humeur de Méibomius d'agir comme une couche d'huile, qui, mise au bord d'un vase, s'oppose à l'écoulement du fluide aqueux qui en dépasse le niveau. Je doute que cette humeur puisse remplir cet usage, car elle parait soluble dans les larmes.
Absorption Les Isrmes qui ne s'évaporent point ou qui ne
deslarmns . . , . . .
par les sont point repnses par la conjonctive, sont absotr^ lacrymaux , bées par l6S conduîts lao'ymaux , et transportées
DB PIITSIOLOGIE.
dans le méat inférieur du nez par le canal nasal. Comment se fait ce transport, on Tignore. On a voulu tour à tour en donner l'explic^ition par la théorie du siphon, des tubes capillaires, des propriétés vitales, etc. : ces explications sont incertaines (i). L'absorption des larmes par lespoints lacrymaux est bien évidente lorsqu'elles sont très-abondantes ou qu'elles roulent dans ks yeux; alors le transport se fait avec une telle promptitude qu'il oblige presque immédiatement à se moucher : cet effet se remarque au théâtre dans les instant; pathétiques.
transport des
larmes dans
les fosses
nasales.
Appareil de la vision.
L'appareil delà vision se compose de l'œil et du nerf optique.
La position de l'œil à la partie la plus élevée du corps; la possibilité qu'a l'homme d'apercevoir en même temps 'des deux yeux un même objet ; la coupe oblique de la base de l'orbite ; la protection que l'œil trouve dans cette cavité contre les chocs
Appareil de la vision.
(i) L'explication de Tabsorption des larmes par la capillarité des conduits lacrymaux est celle qui réunît le plus de probabilités en sa faveur. En effet, puisque l-orifice des conduits lacrymaux est formé par un orifice toujours ouvert, le liquide doit être attiré dans le conduit par la seule capillarité»
extérieurs ; la présence d'une grande abondance de tissu cellulaire graisseux , qui forme un coussin élastique au fond de Torbite , etc. , sont autant de circonstances qu'il ne faut pas négliger, mais que nous ne pouvons qu'indiquer.
L'œil est composé de parties qui servent différeqfiment à la vue. On peut les distinguer en parties réfringentes et en parties qui ne jouissent pas de cette propriété.
Les parties réfringentes sont :
Cornée A. La comée transparente , corps réfringent ,
transparente* ,
convexe-concave, qui, par sa forme, sa transparence et son insertion sur la sclérotique , a beaucoup de ressemblance avec lé verre qu'on place audevant du cadran des montres.
Humeur B. Ukumeur aqueuse, qui remplit les cbambres
aqueuse. ^^ j,^.^ ^ jj^^j j^. q^j xiQst point purcmcut aqueux ,
comme son nom l'indique , mais qui est composé d'eau et d'un peu 4*2tlbumine ( i ).
Cristallin. C. Le cristalHn y que l'on compare à tort à une lentille. La comparaison serait exacte si l'on ne s'en rapportait qu'à la forme; mais elle est complètement défectueuse dès l'instant que l'on a égard à la structure. En effet, le cristallin est composé de
(i) D'après M. Berzélius, Thumeur aqueuse est composée d'eau, 98,10; albumine, un peu; muriates et lactates, 1,1 5; soude, avec une matière soluble seulement dan$ l'eau, 0,75 : total, 100,0.
couches superposées , mais non régulièrement Le cristallin
-, . ^ • ^ n'est point
concentnques , dont la consistance va croissant uneientuie. depuis la surface jusqu'au centre, et qui ont des épaisseurs, des courbures, et par conséquent des puissances réfringentes différentes. En outre, le cristallin est enveloppé d'une membrane qui n'est pas sans influence sur la vision. Une Lentille , au contraire, est partout homogène, à sa surface comme dans chacun des points de son épaisseur ; elle a partout la même puissance de réfraction; aussi n^a-t-elle qu'un seul foyer, tandis que par sa structure le cristallin peut en avoir un grand nombre. Toutefois remarquons que la courbe de la face antérieure du cristallin n'est pas semblable à celle de sa face postérieure. Cette dernière appartiendrait à une sphère plus petite que celle à laquelle appartiendrait la courbe de la face antérieure. On avait cru le cristallin composé en grande partie d'albumine; mais, d'après une nouvelle analyse de M. Berzélius, il n'en contient pas : il est formé presque entièrement d'eau et d'une matière particulière qui a la plus grande ^ analogie ( la couleur exceptée ) , par ses pro- Composition priétés chimiques, avec la partie colorante du sang, dttcrislaufn.
D. Derrière le cristallin se trouve Yhumeur vitrée, ainsi appelée à cause de sa ressemblance avec du verre fondu ( i ) •
(i) D'après M. Berzélius, l'humeur ritrée contient : eau, I. 5
Membrane
de rhumear
aqueuse.
Capsule cristalline.
Canal goudronné.
Membrane hyaloide.
66 PRECI6 ÉLÉMENTAIRE
Chacune des parties que nous venons d'indiquer est enveloppée par une membrane très-mince et transparente comme elle ; au-devant de la cornée se voit la conjonctive ; derrière elle, existe la menibram de l* humeur aqueme ^ qui tapisse toute la chambre antérieure de Tœil , c'est-àdire la face antérieure de l'iris et la face postérieure de la cornée. Le cristallin est entouré de la capsule cristalline^ qui adhère par sa circonférenceà la membrane qui revêt l'humeur vitrée. Celleci, en passant de la circonférence du cristallin sur les face« antérieure et postérieure de cette partie > laisse entre ses deux lames un intervalle qui a été nommé canal goudronné. Jusqu'ici Ton avait pensé que ce canal ne communiquait point aveo la chambre de l'œil; mais M. Jacobson assure qu'il présente un grand nombre de petites ouvertures par lesquelles l'humeur aqueuse peut y entrer et en en sortir. Nous avons inutilement cherché à voir ces ouvertures.
L'humeur vitrée est entourée d'une membrane nommée hyalçide. Cette membrane n'est pas une simple enveloppe; elle s'enfonce dans la masse, la partage en diverses portions en formant des celluleg. Les détails que Tanatomie apprend tou-
iii»i* I» >i>»<iiiii» ■■^■■^■t «II»
«P H ^i'W ^'* it H I'
98^40; albumine, 0,16; miiriates et lactate^, 1,4*'^; ^oude, avec une matièrs animale soluhle seulement dans Teau , o,oî! : total, ioo,o.
(jlioroïde.
chant la disposition de ces cellules, n'ont jusqu'ici rien ajouté à be que Ton sait des usages de l'hu- «ïeur vitrée.
VmX n'est pas seulement composé de parties réfringentes; il présente encore des membranes qui ont chacune une destination particulière , et qulMnt:
A. La êcïéroîique^ enveloppe extérieure de l'œil, Sciôioiiquc membrane de nature fibreuse : elle est épaisse
et résistante; elle a évidemment pour usage de protéger les parties intérieures de l'organe; elle sert en outre de point d'insertion aux divers muscles qui donnent le mouvement à l'œil.
B. Im choroïde i membrane vasculaire et ner* veuse , formée de deux lames distinctes ; elle est imprégnée d'une matière noire, nécessaire à Texercice complet de la vision.
G, VcWs, qui sa voit derrière la cornée transpa* rente , est diversement coloré selon les individus ; il est percé , dans son centre , d'une ouverture nommée pupilk , qui s'agrandit et se resserre sui-^ vant certaines circonstances que nous indiqueron$. L'iris adhère « par sa circonférence, à la sclérotique au moyen d'un tissu cellulaire d'une nature particulière , qu'on nomme le Ugameni cilimre ou irien. La face postérieure de Tiris est recouverte d'une matière noire assez abondante.
Derrière la circonférence de l'iris il existe un grand nombre de lignes blanches, disposées en
Iris
Pupille.
Ligament ciliaire. .
68 PRÉCIS ÉLÉMEiVTAIRE
manière de rayons qui tendraient à se réunir au
centre de l'iris, si on les prolongeait : ce sont les
Procès procès ciliairesi On n'est d'accord ni sur la struc-
ciiiaires. .1 ■, , ,
ture m sur les usages de ces corps : les uns les croient nerveux, les autres musculaires, les autres glandulaires ou vasculaires. Le fait est qu'on ne sait pas encore à quoi s'en tenir sur leur véritable stnicture. Mous verrons plus bas qu'il en est de même pour leurs usages.
Coiiieui La couleur de l'iris dépend de celle de son tissu ,
qui est. variable, et de celle de la coucbe noire de sa face postérieure , dont la couleur perce à travers l'iris. Dans les yeux bleus , par exemple, le tissu de l'iris est blanc; c'est la couche noire postérieure qui paraît à peu près seule , et détermine la couleur des yeux.
Nature Lcs anatomistes varient sur la nature du tissu
de Hri". de l'iris : les uns le croient semblable à celui de la choroïde, c'est-à-dire principalement composé de vaisseaux et de nerfs; les autres ont cru y voir un grand nombre de fibres musculaires : ceuxci envisagent cette membrane comme un tissu sui generis^ ceux-là la confondent avec le tissu éreclile. M. Edwards a démontré que l'iris est formé de quatre couches faciles à distinguer, et dont deux sont la continuation des lames de la choroïde; une troisième appartient à la membrane de l'humeur aqueuse, et une quatrième, qui forme le tissu propre de l'iris.
D£ PHYSIOL'oGIB. 69
D'après les dernières recherches sur Tanatoniie de l'iris , il parait certain que cette membrane est musculaire, et qu'elle est composée de deux plans de fibres, l'un extérieur, rayonné, qui dilate la pupille, l'autre circulaire, concentrique, qui la resserre. Les fibres circulaires externes paraissent être soutenues par une espèce d*anueau que MukcUs forme chaque fibre rayonnée, et dans lequel elles glissent dans les mouvements de contraction et de resserrement de la pupille. Liris reçoit les vaisseaux et les nerfs ciliaires , les derniers viennent , de deux sources : iMe ganglion ophthalmique , n"" le nerf nasal de la cinquième paire.
Entre la choroïde et l'hyaloide existe une mem- De u réiinc brane nerveuse, connue sous le nom de rétine \ elle offre une légère opacité et une teinte lilacée; elle est formée par l'épanouissement des filets qui composent le nerf optique (i). La rétine présente, en dehors et à deux lignes du nerf optique, une tache jaune, et à côté un ou plusieurs plis. Ces choses ne se voient que chez l'homme , chez les singes et quelques reptiles.
L'œil reçoit un grand nombre de vaisseaux {ar-
(i) Plusieurs auteurs ayant récemment élevé des doutes sur la nature nerveuse de la rétine, j'ai prié i\l. Lassaigne d*en faire l'analyse. Ce savant chimiste a trouvé qu'il exit^te une grande analogie entre cette membrane et la pulpe blanche du cerveau ; qu'elle en diffère cependant par une plus grande proportion d'eau, et par moins de matière grasse phosphorée et d'albumine.
tèreê et veines ciliairet) , et beauecap de oeifd, dont la plupart viennent du ganglion ophthaknîque.
Origine
du nerf
optique.
Eutrecroûemeot des
oer£i optiques.
Nerf optique.
Ce nerf parait le principal moyen de communication de l'œil et du cerveau. Il ne nait pas de la couche optique, comme on le professait il n'y a pas encore long-temps ; mais il tire son origine, 1* de la paire antérieure des tubercules quadriju-^ meaux ; 2* du corpus geniculatwn extemum, éminence qui se voit au-devant et un peu en dehors de ces mêmes tubercules ; 3* et enfin de la lame de substance grise, placée entre Tadossement ^es nerfs optiques et les éminences mamiUaires^ et que Ton connaît sous le nom de tuber cinereunu
Les deux nerfs optiques se rapprochent, et paraissent se confondre sur la face supérieure du corps du sphénoïde. Se croisent-ils, ne fbntHlls que s'adosser, ou se confondent-ils réellement? WoUaston supposait que l'entrecroisement n'existe que pour leur moitié interne : l'anatomie n'éclaircit pas la question. La pathologie foyrnit des preuves en faveur de chacune de ces opinions : ainsi, l'œil droit étant atrophié depuis long-temps, le nerf optique du même côté a été vu atrophié dans toute sa longueur. Dans d'autres cas, où le même œil droit était atrophié, c'était la portion antérieure du nerf de ce côté et en même temps la portion postérieure du nerf gauche qui présentaient une •
atrophie évidente. Quelques-uns ont pensé que Tentirecroisement des nerfs optiques qui a lien chez le6 poissons , pouvait lever tous les doutes ; ce fait fournit tout au plus quelque probabilité. Mais Texpérience directe est péremptoîre : j'ai coupé sur un lapin le nerf optique droit derrière rentrecroisemeni, la vue s'est perdue de l'œil gauche. J'ai coupé le nerf gauche, la vue a été totalement abolie. Sur un autre animal j'ai séparé en deux portions égales Tentrecroîsement sur la ligne médiane, l'animal a immédiatement perdu la vue ; l'entrecroisement est donc total et non partiel (i), comme l'avait supposé le savant Wollaston. Ici, comme dans nombre d'autres circonstances, la physiologie expérimentale parle un langage clair et positif, quand l'anatomie la plus minutieuse ne peut élever que des doutes.
Le nerf optique n'est point formé d'une enveloppe fibreuse et d'une pulpe centrale, comme les anciens le croyaient ; il est composé de filets trèsfins, placés les uns à côté des autres, et communi-
^i«>*a*rti*Ai*'-
ka*aA*B*ak**Aa^
IAA^HtfH«^A*«
(1) Sur des oiseaux le fait de l'entrecroiseiâent se prouve d'une autre maatère. Je vide rœîl d*un pigeon; quinze jours après j'examine l'appareil optique^ et je trouve la matière nerveuse disparue et le nerf atrophié en avant de l'entrecroîsement du côté de l'œil vide, et du côté opposé derrière l'entrecroisement. L'atrophie se prolonge jusqu'au tubercule optique, point où le nerf optique prend son origine.
EiitiecioUcmeut dei
nerfs optiques.
Struclure du nei-r optique.
quant entre eux à la manière des autres nerfr* Cette disposition est surtout apparente dans la portion du nerf qui s'étend de la selle turcique à l'œil.
Mëcanisme de la vision.
Usages de la cornée.
Mécanisme de la vision.
La lumière qui arrive sur la cornée peut seule servir à la vue; celle qui tombe sur le blanc de l'œil, les cils, les paupières, ne peut y contribuer ; elle est réfléchie ou absorbée par ces parties , suivant leur couleur. La cornée ellemême ne reçoit pas la lumière dans toute son étendue, car elle est ordinairement reoouverte en haut et en bas par le bord libre des paupières.
Pour faciliter l'étude de la marche de la lumière dans l'œil , supposons un seul cône lumineux partant d'un point placé dans la prolongation de l'axe antéro-postérieur de l'œil :
Usages de la cernée,
La forme convexe-concave de la cornée indique l'influence qu'elle doit avoir sur la lumière qui entre dans l'œil : elle rapproche les rayons de l'axe du faisceau avec d'autant plus d'efiBcaeité qu'il y a une plus grande différence entre son pouvoir réfringent et celui de l'air. Pour cette raison , la cornée contribue puissamment à la réfraction de l'œil; en d'autres termes , elle accroît l'intensité
de la lumière qui va pénétrer dans la chambre antérieure.
La cornée étant très-polie à sa surface, la lumière qui y arrive est en partie réfléchie et concourt à former le brillant de TœiL Cette même lumière réfléchie , produit les images qui se for* ment derrière la cornée. Dans ce cas, la cornée remplit l'office de miroir convexe (i).
Usages ds i*humear aguêuss.
Eh traversant la cornée , les rayons ont passé Usages d'un milieu* plus rare dans un milieu plus dense; acpieuse. par conséquent ils ont dû. se rapprocher de la perpendiculaire au point de contact. Si , en entrant dans la chambre antérieure, ils la trouvaient remplie d'air, ils s'écarteraient autant de la perpendiculaire qu'ils s'en étaient rapprochés : par conséquent ils reprendraient leur première divergence ; mais ils entrent dans l'humeur aqueuse, milieu ' plus réfringent que l'air ; ils s'écartent à peine de la perpendiculaire, et par conséquent divergent beaucoup moins que s'ils avaient passé de nouveau dans l'air.
De toute la lumière qui est entrée dans la chambre antérieure, celle qui traverse la pupille sert
(1) J'ai trouvé, par l'expérience, que les propriétés physiques de la cornée dépendent de Tiptégrité de la cinquiènie paire. Cette aiembrane devient opaque et s'ulcère après la section de ce nerf. {Voyez Nutrition, t. II.)
74 PBÉCIS ÉLEMENTÀIBE
seule à la rision ; le surplud est réfléchi, repasse à travers la cornée, et va faire connaître au dehors la couleur et Taspect de l'iris.
En traversant la chambre postérieure, la lumière ne subit aucune nouvelle réfraction, puisqu'elle marche toujours dans le même milieu [l'humeur aqueuse).
Usages du cristallin.
Usages En passant à travers le cristallin la lumière subit
du ciîstallin. n i*/* .^ t i • •
une nouvelle modification. Les physiciens comparent l'action de ce corps à celle d'une lentille qui aurait pour usage de rassembler tous lés rayons d'un cône quelconque de lumière sur un certain point de la rétine. Mais, ainsi que nous l'avons dit plus haut, il s'en faut de beaucoup que le cris- ' tallin soit une lentille. En outre, quand même cet organe en aurait toutes les propriétés, il ne pourrait en remplir les fonctions, ou du moins -ne pourrait-on en comparer l'effet à celqi des lentilles qui sont employées dans l'air; car son pouvoir réfringent est à peu près semblable à celui de l'humeur aqueuse et de l'humeur vitrée (i). Tout
MM. Brewàter et Gordon donnent les résultat? suivants sur les pouvoirs réfringents des humeurs de Toeil. L*eau
étant 1,5358%
Humeur aqueuse i,3365.
vitrée ^3391-
Couches extérieures du cristallin. . . 1,^767.