‹ Précis élémentaire de physiologie (volume 4)Chapitre 38 sur 39 · DE PUY6I0L0G1K · texte numérisé non relu

DE PUY6I0L0G1K

di£Férence dans la loogueur ou dan$ la forme des os d^s deux aieaibres, ainsi que dans la force de contraction des muscles, entraînent nécessairement des altérations sensibles dans la progression» et la rendent plus ou moins difficile.

Du saut.

Si Ton examine avec attention le mode de mou- ^" f^a^^tvendent qui va nous occuper , on reconnaîtra que le leorps de Thomme j devient un véritable projectile , et qu'il en suit toutes les lois.

. Le saut peut avoir lieu directement en haut, en avant, en arrière ou latéralement, etc.. ; mais, ' dans tous les cas, il faut y considérer les phénomènes qui le précèdent et ceux qui l'accompagnent. Toute espèce de saut nécessite la flexion antécédente d'une ou de plusieurs articulations du tronc et des membres inférieurs ; l'extension subite des articulations flécbies est la cause particulière du saut.

Supposons le.saut vertical exécuté de la manière Sam vc»ticai. la plus ordinaire : la tête est un peu fléchie sur le. cop ; la colonne vertébrale est courbée en avant ; le bassin e/st fléchi sur la cuisse, la cuisse sur la jambe , et celle-ci sur le pied ; ordinaireoîent le talon ne presse que légèrement le sol, ou l'a abandonné entièrement. A cet état de flexion général succède brusquement une extension <de toutes les^

Du saui. articulations fléchies ; les diverses parties du corps sont rapidement élevées avec une fwce qui surpasse leur pesanteur d'une quantité variable ; ainsi la tête et le thorax sont dirigés en haut par Textension et le Tedressement de la colonne vertébrale ; le tronc , en totalité , est dirigé dans le même sens par l'extension du bassin sur les fémurs ; les cuisses, en se relevant rapidement, agissent de la même manière sur le bassin ; les jambes à leur tour poussent les suisses. De tous ces efforts réunis résulte une force de projection telle que le corps en totalité est lancé en haut, et qu'il s'élève tant que cette force surmonte sa pesanteur ; après quoi, il retombe sur le sol , en présentant les mêmes phénomènes que tout autre corps qui tombe en obéissant à son poids.

Dans la détente générale qui produit le saut , l'action musculaire ne se fait pas partout avec la même intensité : il est clair qu'elle doit être plus grande là on le poids à soulever est plus considérable ; c'est pourquoi les muscles qui déterminent

le mouvement d'extension de la jambe sur le pied

sont ceux^ qui développent le plus d'énergie, puisqu'ils ont à soulever le poids total du corps, et à lui imprimer une impulsion qui surmonte sa pesanteur. Ces muscles, présentent aussi la disposi* tion la plus favorable : ils sont extrêmement forts ; ils s'insèrent perpendiculairement au levier qu'ils doivent mouvoir ( le calcauéum ) , et ils agissent

par un bras de levier qui a une longueur considérable. ,

Il faut remarquer que le saut vertical ne résulte d'aucune impulsion directe , mais qu'il en a une moyenne entre les impulsions opposées qu'éprouvent le corps et les membres inférieurs dans Tin- v stant du saut. En effet, le redressement de la tête, de la colçnne vertébrale et du bassin, porte autant le tronc eu arrière qu'en haut; le mouvement de rotation des fémurs sur les tibias porte au contraire le tronc autant en- avant qu'en haut. C'est l'opposé pour le mouvement de la jambe, qui tend à diriger le tronc en haut et en arrière : quand le saut doit être vertical, les efforts qui portent le tronc en avant ou en arrière se détruisent les uns les autres; l'effort en haut est le seul qui ait son effet.

Le. saut doit-il avoir lieu en avant, le mouvement Sauten avant de rotation de la cuisse prédomine sur les impul-* arrière. sions en arrière, et le corps est transporté dans ce sens; le saut se fait-il en arrière, c'est le mouvement d'extension de la colonne vertébrale et du tibia sur le pied, qui l'emporte, etc.

La longueur des os des membres inférieurs est avantageuse pour l'étendue du saut. Le sauten avant, par lequel on franchit des espaces plus considérables qu'avec aucune des autres manières de sauter, doit cet avantage à la longueur du fémur.

Quelquefois on fait précéder le saut d'une course plus ou moins longue, on prend son élan^ comme

^gS PBÉCIS ÉLÉMENTAIRE

on dit ; l'iinp'ulsion qu'acquiert le corps par cette course préliminaire s'ajoute à celle qu'il reçoit à l'instant du saut, d'où il résulte que celui-ci a plus d'étendue.

Usages des Lcs bras nc sont point inutiles à la production du

membres i r i i , •

supiîiieur». saut ; IIS sottt rapprochés du corps dans le moment vOÙ lés articulations sont fléchies ; ils s'en écartent, au contraire , dans le moment où le corps abandonne le sol. La résistance qu'ils présentent aux muscles qui les élèvent donne occasion à ces mus^ clés d'exercer sur le tronc une traction en haut , qui concourt au développement du saut. Les bras rempliront d'autant mieux cet usage, qu'ils présenteront une certaine résistance à la contraction des muscles qui les élèvent. ' Les anciens avaient fait cette remarque ; ils portaient dans chaque main des poids nommés /iaUères , quand" ils voulaient s'exercer au saat. Par le. balancement préliminaîre des bras, on peut aussi favoriser la production du saut horizontal, en imprimant une impui* sion en avant ou en arrière de la partie supérieure du tronc.

Saut sur un Un scul membre inférieur suffit pour produire le "* ïiféîi^rr ^^^^» comme il arrive quand on saute à cloche-pied; mais- on conçoit que le saut doit nécessairement être moins étendu que lorsqu'il est exercé simultanément par les deux membres inférieurs. TantAt on saute les deux pieds rapprochés et parallèles , ou à piedê joints ; tantôt l'un des pieds se porte en

DE PHYSIOLOGIE. 'jQQ

nvant pendant la projection du corps : c'est alors ce pied qui reçoit le poids du corps à l'instant où il vient toucher le sol. ^.

Aucune espèce d'impulsion ne peut être commu-

niquée au corps par le plan qui le soutient au mo* aient du saut» à moins que ce plan, étant très-^las^ tique, ne joigne S2i réaction à l'effort des muscles qui déterminent le mouvement de projection du corps. Dans les cas les plus fréquents, ie sol ne sert au saut qu'en résistant à la pression qu'exerce sur lui le pied. Personne n'ignore qu'il est à peu près impossible de sauter quand le sol est mou èf qu!ii cède à la pression des pieds.

De la course*

La course résulte de la combinaison du pas et oe la course. du saut, ou plutôt elle consiste dans une suite de sauts exécuté* ôlternativement par un membre ^ ijànààs que l'autre se porte en avant ou en arrière pour aUet 9'appliquer sur le sol et bientôt produire le saut, aussitôt que le premier aura eu le temps de se porter en arrière ou en avant, selon que la course a lieu dans lune ou l'autre direction. On peifl courir avec plus ou ipoins de rapidité ; mais il y a toujours dans la course un moment où le corps est suspendu en l'air , â raison de l'impulsion qui lui est communiquée par le membre resté en arrière, si l'on court en avant. Ce caractère distingue la

i^OO PRÉCIS EliHENTAIBE

cousse de la marche rapide, dans laquelle le pied porté en avant touche le sol avant que celui qui est derrière l'ait quitté.

Pour les mêmes raisons que nous avons indiquées à l'article de la marche, la course la moins fatigante est celle qui se fait sur un plan horizontal ; cjelle qui a lieu sur un plan incliné ascendant ou descendant est toujours ^lus ou moins pénible, et ne peut être continuée long-temps.

lNou$ ne décrirons pas, même d'une manière abrégée , le3 nombreuses modifications des mouvements progressifs de Fhomme, tels quele^ifn* per, l'action de gravir y la marche avec des béquilles , des échâsses , des membres artificiels. Il en sera de même pour les divers mouvements que comprend l'art delà danse, soit ordinaire, soit sur la corde tendue ou flexible ; ceux qu'exécutent les sauteurs, ceux qui appartiennent à Tescrime, à l'équitation , aux différentes professions ou métiers, etc. : des considérations de ce genre seraient très-importantes, mais elles ne peuvent faire partie que d'un traité complet de mécanique animale, ouvrage qui est encore à.faire, malgré ceux de Borelli et de Barthez : nous dirons seulement quelques mots de la natation.

De la natation.

ly^ Ijj Le corps de l'homme est en général spécifique-

naïauon. Q^eut plus pcsant que Teau ; par conséquent, aban*

i)E PHYSIOLOGIE. * 4oi

donné au milieu d'une masse considérable de et De ii liquide^ il tendra à aller se placer à sa partie inférieure ; ce transport se fera d'autant plus facilement, que la surface par laquelle il pressera J'eau sera moins étendue. Si, par exemple, le corps est placé yerticalement les pieds en bas et la tête en haut, il arrivera beaucoup plus vite au fond que si le corps était placé horizontalement à la surface du liquide. Quelques nageurs à large thorax parviennent cependant à se rendre plus légers que Teau, et, par conséquent, à rester sans aucun effort à sa surface. Leur procédé consiste à inspirer une grande quantité d'air, dont la légèreté comparative contrebalance la tendance de leur corps à plonger dans le liquide.

Ce n'est pas en suivant cette pratique que les na- ' geurs se maintiennent ou se meuvent à la surface de l'eau, mais par les mouvements qu'ils font exécuter à leurs membres. Ces mouvements ont le double but de maintenir le corps à la surface, et de. déterminer sa progression. Quelle que soit son intention, le nageur doit agir sur l'eau de telle manière, qu'elle présente une résistance suffisante pour soutenir le corps ou pour permettre son déplacement : dans cette vue^ il doit la frapper plus vite qu'elle ne peut fuir, et faire en sorte de porter rapidement l'action des mains ou des pieds sur un grand nombre de points différents , parce que la résistance est d'autant plus grande ,

402 PRÉCIS ÉLÉMCNTAIRE

que la masse d'eau déplacée est plas considérable. Xes mouvements des membres inférieurs dans la manière la plus ordinaire de nager, la ôrassée, ont beaucoup d'analogie avec ceux qu'ils exécutent dans le saut.

Il y a une multitude de façons de nager, mais dans toutes il est nécessaire de frapper ou de pres^ ser l'eau plus vite qu'elle ne peut se déplacer.

Du tôt.

Da vol. Il est impossible à l'homme de voler; sa pesan-

teur, comparée à celle de l'air, est trop considérable , et la force qu'il développe par la contraction de ses muscles est infiniment trop faible. Toute» les tentatives faites avec l'intention de se soutenir dans l'air à l'aide de machines plus ou moins analogues aux ailes des oiseaux, ont été à peu près également infructueuses.

Influence du cerveau sur les mouvements.

influcMicf Des recherches récentes ont donné desrenseigne-

"sur h'^" ments très-curieux touchant l'influence du cerveau

°t°'JVj"",j *' sur les mouvements. La science s'est enrichie de

faits entièrement neufs, et qui permettent d'envi*

sager les mouvements d'une manière très-différente

de celle dont on s'était contenté jusqu'ici.

Je regrette que la nature de cet ouvrage ne me

DS PUTSIOLOGIE^ 4^3

laisse pas la possibilité de présenter tous les détails des expériences ; mais je tâcherai, dans le résumé que je vais en faire*, de n'omettre rien d'important. Je renvoie d'ailleurs à mon Journal de Physiologie, où toutes ces recherohes sont consignée^.

Influence des hémisphères sur itsmouvements^

Les hémisphères eérébraux peuvent être coupés innuence profondément dans les divers points de leur face sur les

supérieure sans qull en résulte d'altération dans les mouvements.

Leur ablation totale même, si elle ne s'étend pas jusqu'aux corps striés, ne produit pas non plus d'effet bien appréciable, et qui ne puisse être facilement rapporté à la souffrance qu'entraîne une pareille expérience.

Les résultats ne sont pas semblables dans toutes les classes de vertébrés ; ceux que je viens de décrire, ont été observés sur les mammifères, et particulièrement sur les chiens, les chats, les lapins, les cochons d'Inde, les hérissons, les écureuils.

Sur les oiseaux , la soustraction , la destruction des hémisphères , les tubercules optiques restant intacts, donne lieu souvent à un état d'assoupissement et d'immobilité qui a été décrit pour la première fois par Rolando; mais j'ai vu dans nombre de cas des oiseaux courir, sauter, nager, leurs

moiiTcmcnts.

4o4 PRÉCIS ÉLEMENTAIIIE

hémisphères étant enlevés; la vue seule paraissait éteinte, ainsi que Tai déjà dit.

Quant aux reptiles et aux poissons , sur lesquels j'ai agi , la soustraction des hémisphères ne sem-* ble avoir que très-peu d'effet sur les mouvements de ces animaux : des carpes nagent avec agilité ; des grenouilles sautent et nagent comme si elles , étaient intactes» etc., etc. , et la vue ne parait pas abolie.

influcnee La spontauQ^té des mouvements n'appartient céiêbniQx donc pas exclusivement aux hémisphères, comme njouvcm^ntK ^^ physiologistc français le prétend. Ce fait, vrai dans certains oiseaux , tels que les pigeons , les corneilles adultes, etc., n'est déjà plus exact pour d'autres oiseaux, mais il est tout-à-faît inapplicable aux mammifères, reptiles et poissons, je veux dire aux espèces que j'ai soumises à l'expérience.

La section longitudinale du corps calleux, et sa soustraction , ne produisent non plus aucun effet apparent sur les mouvements.

Influence des corps striés sur les mouvements.

Tant que les hémisphères seuls sont lésés , les choses se passent comme je viens de le dire ; mais si l'opération faite pour extraire ces organes se prolonge jusque derrière des corps striés , et si par conséquent ceux-ci se trouvent extraits du

8trit^.s sur Icn mouvcuienU.

crâne, aussitôt TaDimal s'élance en avant, et court influence avec rapidité ; s'il s'arrête, il conserve l'attitude de »t,i?*/«,7T« la fuite ; ce phénomène est surtout remarquable chez les jeunes lapins : on dirait que l'animal est poussé en avant par une puissance intérieure à laquelle il ne peut résister; dans cette course rapide , il passe quelquefois par- dessus des obstacles qu'il rencontre, mais il ne les voit pas.

Il est fort important de remarquer que ces effets n'arrivent qu'autant que la partie blanche et rayonnée des corps striés est détachée. Si l'on se borne à enlever la matière grise qui forme le segment de cône recourbé , il ne se développe point de modification dans les mouvements.

' Ce qui n'a pas lieu par la soustraction de la matière grise commence à se montrer dès que la blanche est intéressée; l'animal s'agite, marque de l'inquiétude, cherche à s'échapper; cependant si un seul des corps striés est enlevé , il reste encore maître de ses mouvements et les dirige en divers sens, s'arrête quand il lui plaît;. mais iramédiatctement après la section du second corps strié l'animal se précipite en avant comme poussé par un pouvoir irrésistible.

Une maladie des chevaux parait avoir la plus grande analogie avec ce singulier phénomène : on la nomme immobilité; l'animal qui en est atteint, ou le cheval immobile , marche facilement en avant, trotte, et galoppe mên^ avec rapidité; mais

4o6 PAIÎGIS iliMENT^RF

il lui est impossible de reculer , et souvent il ne parait pas maître d'arrêter son mouvement de progression, cheraux J*aî ouvert plusieurs chevaux dans cet état , et •' j'ai trouvé dans tous une collection aqueuse dans les ventricules latéraux, collection qui devait comprimer les corps striés^ et qui même avait altéré leur surface;

Enfin, l'homme lui - même est quelquefois entraîné irrésistiblement à un mouvement en avant. M. Piedagnel a rapporté , dans le tome III de mon Journal, un fait de cette nature.

Après la description de divers symptômes cérébraux qu'éprouvait un malade, M. Piedagnel ajoute : * Au moment de la plus grande stupeur, tout-

» à-coup il se levait, marchait d'uiie manière agi- » tée, faisait plusieurs tours dans la chambre, et ne » s'arrêtait que lorsqu'il était fatigué. Un }Our la )> chambre ne lui parut plus suffisante, il sortit et

• marcha tarit que ses forces le lui permirent; il » était resté dehws environ deux heures,, et fut rap- » porté sur un brancard ; il était tombé dans la rue » sans force pour rentrer.

» Le lendemain il partit de nouveau ; sa femme n voulut Ten empêcher ; il «e fâcha, et voulut la bat- »tre; dès lors elle le laissa aller, mais le suint ^^ «tout ce qu'elle put lui dire pour savoir où il al^ »lait, pour l'engager à rester^ fut inutile; ce ne

• fut qu'au bout d'une heure et demie de marche

» sans but, et coanae entra ioé par une farùe ^u'il * ne potMait surmonter, que, se isentant fatigué, il » s'arrêta. 9 A l'ouverture du corps, on trouva plusieurs tubercules qui intéressaient partieuUèiesnent la partie antérieure des^hémisphèces.

Il deyient donc extrêmement probable qu 'il eïtste chez les mammifères et chez l'homme une force Ou une impulsioo toujours existante , qui tend à importer en atant. Dans l'état sain, elle est diri^ par la volonté, et sèmbie contrebalancée par une autne force qui a^t en sens inverse , et 4001 iumis aUoos parler^

Ce phénomène ne se montre point ^ns les autres classes de6 vertébrés.

Force

intf^rieure

qui nous

pousse à

marcher en

avant.

Influence du cevï^ekt sur les rnow^eme^iis génermiœ.

Depuis quelques années l'influ^iM*^ H^ -«li^oio* fiur les mouvements a été étudiée expérimentalenouent par plusieurs personnes , mais plus spéciale^ ment par M. Rolando de Turin, qui regarde cet -oj^ane comme ia source de toutes les contrac*lions musculaires.

Cet auteur recommandable a enlevé le cervelet sur dies mammifères <et des oiseaux, et il a observé qi^e les mouvements diminuaient en raison de la quAfitité de cervelet enlevée; il assure que tous les mouvements cessent quand la totalité xie IVrgane est extrai4ic.

du cervelet

sur les mouvements.

4o8 PRÉCIS 1ÊLÉM£NTAIB£

OpîoioD de Se fondant sur ce résultat, qu'il regarde comme sur le général , M. Rolando a cherché à montrer corn- ^'^ ment le cervelet peut produire des contractions

musculaires ; le gran'd nombre de lames alternati- Tement grises ou blanches qu'oCEre le cer?elet , lui paraissent une pile voltaïque qui développe de Télectricité et excite les mouvements.

Quoique le fait annoncé par M. Rolando se soit

souvent présenté à mon observation, je ne puis en

admettre l'explication; car j'ai Ttl, et j'ai fait voir

' bien des fois, dans mes cours, des animaux privés

de cervelet, et qui cependant exécutent des mou*

vements très-réguliers.

ExpérieDces J^'^i >'u , par exemple , des hérissons et des co-

fo^ii^s chons-d'Inde privés, non-seulement du cerveau ,

da cenreieu ^g^jg encore du ccrvclct, se frotter le nez avec leurs

pattes de devant quand j^e leur mettais un flacon

Or, ici un seul fait positif f emporte en valeor sur tous les faits négatifs ; et qu'on ne croie point qu'il y ait eu du doute sur l'exactitude de l'expérience, et sur l'ablation entière du cervelet : Topération avait été faîte de manière qu'il ne pouvait y avoir aucune incertitude i cet égard.

Ces expériences répondent aussi à une autre idée proposée par un physiologiste déjà cité, M. Hourens , qui a donné au cervelet la propriété d'être le régulateur j ou le balancier des mouvements.

Un fait qui a été observé par toutes les person-

DE PUYSIOlOGIEi 4^9

nés qui ont expérimenté sur le cervelet , c'est que Force

, 1 , . 1 1 • \ intérieure

les lésions de cet organe portent les animaux a reçu- qui nous porto 1er et même leur font exécuter ce mouvement évi- ^^^^ ^'' demment contre leur volonté. J'ai vu souvent des animaux blessés au cervelet faire un effort pour avancer 9 mais immédiatement être forcés de reculer. J'ai conservé pendant huit jours un canard auquel j'avais emporté la plus grande partie du cervelet , et qui n'a pas fait d'autre mouvement progressif durant tout ce temps , encore était-ce seulement quand je le plaçais sur l'eau.

J'ai vu aus&i des lésions de la moelle allongée produire le mouvement de reculer; en sorte qu'il ne faut pas , ]e pense, le rapporter exclusivement aux blessures du cervelet. Des pigeons auxquels j'avais enfoncé une épingle dans cette partie ont con- . stamment reculé en marchant pendant plus d'un mois, et même volé en arrière, mode de mouvement des plus singuliers, et qui s'éloigne entièrement des allures habituelles de cet oiseau.

La conséquence à déduire de ces expériences se montre d'elle-même : il existe , soit dans le cervelet, soit dans la moelle allongée , une force d'impulsion qui tend à faire marcher en avant les animaux.

Il est fort probable que cette force existe aussi chez l'homme. M. le docteurLaurent, de Versailles^ m'a montré il y a quelques années, et a fait voir à l'Académie royale de Médecine, une jeune fille

lotenourc DÎooaspoT à reculer.

4lO PRÉCIS ÉliMENTAlEE

F< rce qui , dans des attaques d'une maladie nerveuse , ^aîDoas porte ^^ ODugee de reculer assez rapidement sans pouvoir éviter les corps ou les creux vers les* quels elle se dirige, et sans éviter des chocs et des chutes. Cette force est en opposition directe avec celle dont nous avons parlé à Toccasion des c<Nrps striés*

Du reste, cette force de reçut n'existe que dans les mammifères et les oiseaux ; j'ai souvent enlevé le cervelet â des poissons , et ce qu'on nomme cervelet chez certains reptiles , et je n'ai rien vu qui rappelât les phénomènes dont je viens de parler. Ces animaux continuent leur mouvement à peu près comme s'ils étaient intacts.

Nous venons , par les résultats rapportés , de rendre fort pn^ble l'existence de deux forces ou puissances intérieures qui se feraient équilibre dans l'animal sain, etquisemontreraientdès qu'au moyen d'une lésion des corps striés ou du cervelet, on aurait rendu l'une ou Tautre prépondérante.

Ces deux forces ne paraissent pas les seules qui prennent leur source dans le système cérébrospinal ; il en existe très-probablement deux autres» qui président aux mouvements latéraux et de rotation du corps.

Influence dss pédoncules du cervelet sur Us mouvements.

Si l'un des pédoncules du cervelet est coupé sur un animal vivant , aussitôt l'animal se met à

DE PHYSIOLOGIE. â\ 1

rouler latéralement sur lui-même, comme s'il était iniiuoncc poussé par ulie force assez grande; la rotation se cuufs du Terfait du côté où le pédoncule est coupé, et quelque- mmivenicnts! fois avec une telle rapidité, que l'animal fait plus de soixante révolutions dans une minute.

Le même genre d'effet se produit par. toutes les sections verticales du cervelet qui intéressent d'avant en arrière l'épaisseur entière de Tarcade me- • duUaire qu'il forme au-dessus du quatrième ventricule; avec cette circonstance remarquable, que le mouvement est d'autant plus rapide , que la section ejst plus près de l'origine des pédoncules ,. c'est-à-dîre de leur communication avec le pont de varole.

Ces effets ne sont pas bornés à quelques heures : je les ai tus continuer jusqu'à huit jours , sans s^arrêter , pour ainsi dire , un seul instant ; les animaux ne semblaient pas souffrir. Ils restaient en repos quand un obstacle mécanique s'opposait à leur rotation ; souvent alors ils avaient les pattes en l'air, et mangeaient dans cette attitude.

Une expérience des plus curieuses est celle où j'ai coupé le cervelet en deux moitiés latérales parfaitement égales'; alors l'animal paraît alternativement poussé à droite et à gauche, sans conserver aucune situation fixe ; sll roule un tour ou deux d'un côté, bientôt il se relève, et tourne autant de fois. du côté opposé.

4 12 PRÉCIS ELÉHENTAIKE

Inflliftwê du pont de varoU sur les mouvements.

Influence Chacun Sait que les pédoncutes du cervelet se varokTJr les Continuent avec le pont de varole , et qu'il existe mouvcmente. ^^jj^gj ^^ ccFcle complet autouF de la moelle allongée , cercle dont la moitié supérieure est formée par l'arcade que représente Ic'cervdet, et dont la moitié inférieure est représentée par le pont, et plus exactement par cette partie que l'on nomme aujourd'hui la commissure du cervelet. Je viens de faire connaître ce qui arrive par la section verticale du demi-cercle supérieur, j'ai trouvé, par l'expérience, qu'il en est de même pour le cercle inférieur.

Toutes les sections verticales d'avant en arrière faites sur le pont de varde produisent le mouvement de rotation qui vient d'être décrit, et, d'une manière semblable ; les sections faites à gauche de la iigne médiane , déterminent la rotation à gauche, et vice versa. Je n'ai jamais pu réussir i faire une section exactement sur la ligne médiane, . en sorte que j'ignore s'il en est du pont comme du cervelet.

Quoi qu'il en soit , nous pourrons conclure de ces faits, qull existe deux forces qui se font équilibre en passant à travers le cercle formé par le pont de varole et le cervelet. Pour le mettre hors de doute, il faut faire lexpérience suivante : coupez un pé^-

DE PHYSIOLOGIE. /^iZ

doncule, aussitôt ranimai roulera sur lui-même, comme nous l'avons dit ; coupez ensuite celui du côté opposé, et immédiatement le njouvement cessera, et l'animal aura même perdu le pouvoir de se tenir debout et de marcher.

Je ne prétends pas ici exprimer avec la rigueur nécessaire la nature des phénomènes qui yiennenJ; d'être décrits ; mais comme notre esprit a besoin de s'arrêter à certaines images, je dirai qu'il existe dans le cerveau quatre impulsions spontanées ou quatre forces qui seraient placées aux extrémités de deux lignes qui se couperaient à angle droit; l'une pousserait en avant , la deuxième en arrière', la troisième de droite à gauche, en faisant rouler le corps, la quatrième de gauche à droite en faisant exécuter un mouvement semblable de rotation.

Dans les diverses expériences d'où je tire ces ^ conséquences, les animaux deviennent des espèces d'automates montés pour exécuter tels où tels mouvements , et incapables d'en produire aucun autre.

Ces quatre mouvements généraux ne sont pas Qaatre les seuls qui se produisent par des lésions déter- principale* minées du système nerveux. Un mouvement en cerveau, cercle à droite ou à gauche, semblable à eeluidu manège, se montre par la section de la moelle allongée, faite de manière à intéresser la portion de cette moelle qui avoisine en dehors les pyramides antérieures ; pour faire cette expérience je me sers

ImpuUions intérieures

pour le mouvciiieDt du

pcrclc ou du inaoégip«

Jeune fille

priTéede

cerTelel el

de pont de

Tarole.

4l4 PRECIS ÉliMBNTAIRE

d'un lapin de trois ou quatre mois; je mets à dé« couYert le quatrième ventricule ; puis, soulevant le cervelet , je fais une section perpendiculaire à la surface du ventricule» et à trois ou quatre millimè* très en dehors de la Ugne médiane. Si je coupe k droite» Tanimal tournera à droite, et à gauche si j'ai coupé de ce côté.

Voilà donc deux nouvelles impulsions qui por« tent à des mouvements-différents des quatre principaux que j'ai décrits d abord.

Toutes ces données expérimentales sur les fonctions du cervelet et du pont de varole font sentir la nécessité de nouvelles recherches. Ce besoin si pressant le devient encore plus par un fait pathologique des plus extraordinaires, et qui a été observé l'année dernière.

Une jeune fille a vécu jusqu'à l'âge de onze ans avec l'usage de ses sens et de ses mouvements, fsuH blés, il est vrai, mais ayant suffi à ses besoins et m^ me à sa progression. Dans les derniers mois de son existence ses membres inférieurs étaient paraly* ses du mouvement, mais non de la sensibilité.

k l'ouverture du corps et à l'autopsie minutieuse du cerveau, que j'ai faite moi-même, avec tous les soins dont je suis capable, il s'est trouvé absence complète du cervelet et de sa commissure, c'est-à-dire du pont de varole. ( Voyez les détails très-curieux de cette observation unique, dans mon Journal de Physiologie, t. XI.)

mouyemeots.

DE PHYSIOLOGIE.' 4l5

Influence des pyramides sur les mouvements.

En faisant ces expériences j'ai constaté un fait influence qui est d'une grande importance pathologique : il àJlm^èl «st généralement connu, et les médecins cliniques le constatent tous les jours , que la compression d'un hémisphère détermine la paralysie de la moitié du corps opposée à l'hémisphère comprimé. Cet effet croisé porte le plus souvent sur le mouvement et le sentiment, mais dans certains cas il ne paralyse que Tun ou l'autre de ces deux phénomènes. Les recherches anatomiques de Gall et de Spurzheim, en faisant mieux connaître l'entrecroisement des pyramides à la face antérieure de la moelle, et leur continuation apparente^avec les fibres rayonnoes des corps striés , rendaient trèsprobable que la transmission des effets nuisibles de la compression avait lieu par les racines entrecroisées des pyramides.

' J'ai voulu savoir par l'expérience si cette idée était fondée; pour cela j'ai coupé directement une pyramide sur des animaux vivants, en l'attaquant par le quatrième ventricule, et je n'ai point remarqué de lésion sensible dans les mouvements , et surtout je n'ai aperçu aucune paralysie, soit du côté lésé , soit du côté opposé ; j'ai fait plus , j'ai coupé entièrement et en travers, les deux pyramides vers le milieu de leur longueur , et il ne s'en

4l6 PRECIS ÉLÉMENTAIRE

est suivi aucun dérangement bien apparent dans les mouvements; j*ai cru remarquer seulement un peu de difficulté dans la marche. en avant.

La section des pyramides postérieures ne produit non plus aucune alternative visible des mouvements généraux; et pour obtenir la paralysie de la moitié du corps il faut couper la moitié de la moelle allongée, et alors le côté correspondant devient non immobile, car il offre des mouvements îrrégulîers, non insensible, car l'animal meut ses membres quand on les pince, mais cette moitié du corps devient incapable d'exécuter les déterminations de la volonté.

Des attitudes et Mes mouvements dans les différents

âges.

' Aitiiudcs'et Depuis l'état d'embryon j usqu'à dix-huit ou vingt dans les ^us , Ics OS cnaugent continuellement de forme ,

. *^'^*' de grandeur , de volume , etc. ; par conséquent , pendant tout le temps que dure l'ossification , les attitudes et les mouvements doivent présenter des changements en rapport avec ceux qu'éprouve le squelette. Nous avons déjà vu que les muscles et la contraction musculaire sont aussi très-modifiés par l'état de fœtus, d'enfance, de jeunesse, etc.; les mêmes circonstances influent beaucoup sur les mouvements. Ordinairement, à vingt ou'vingt-deux ans , l'accroissement des os en longueur est termi-

né; mais ils continuent de croître en épaisseur jusqu'au *detà de l'âge adulte; alors toute espèce d'accroissement cesse , et les changements qu'ëprouvent les os jusqu'à la vieillesse décrépite, ne portent plus que sur la nutrition de ces organes et leur composition chimique.

La position du totus dans l'utérus dépend de Auiiudcs

, ^ -, du fœturi.

circonstances encore peu connues; le plus souvent la tête est tournée eu bas, ce qui dépend probablement de sa pesanteur plus considérable ; mais pourquoi l'occiput correspond^il presque toujours «U'-des8tis de la fosse cotyloïde gauche ? pourquoi arrive-l*il Quelquefois qi»e le fœtus est posé d'une le ute autre manière , par exemple, les fesses en bas, dirigées soit à droite, soit à gauche? On l'ignore. • • • '

Les cuisses du fœtus sont fléchies sur l'abdomen, les jambes sont appliquées sur les cuisses, les bras sont croisés sur la partie antérieure du tronc, et le plus souvent la tête est baissée sur la poitrine , en sorte que le fœtus occupe le moins d'espace possible. Cette position ne dépend point d'une contrae* tion musculaire soutenue^ elle est l'effet dé la ten* dance qu'ont tous les muscles à se raccourcir; dans un âge plus avancé, l'homme prend quelquefois cette même position quand il veut mettre tous ses muscles dans un état de repos complet.

A quatre mois de conception, le fœtus commence Mouvcmentu à exécuter des mouvements partiels , et peut - être " '^'^ *"*' I. 37

l\\S PRÉCIS ÉLÉMENTAIRE

quelques légers mou vemeots qui déplacent le corps en totalité. Ces mouvenoents sont irréguliers , se montrent à des distances variables , durant jus^ qu'à la fin de la grossesse ^ et sont fréquemment exercés par les membres inférieursr à qn juger par les points où ils se font sentir* On ne peut croire qu'ils dépendent de la Yolonté, car rintelligence n'existe point encore, et les fœtus acéphales^ c'est* à-dire dépounrus de cerveau, les présentent comme des fœtus bien conformés.

Attirudeii L'eufont naissant ne peut prendre de lui^t-rnême

de l'enfant. , .^. ,■, 11^ » i • i

de position, il conserve celle qu on lui donne ; c^ pendant le coucher sur h, dos est l'état qu'il préfère, et qui est en effet plus eh rsqiport avec la faiblesse de son système musculaire. Sesmouxbreft inférieurs et supérieurs offrent des mouvemeot3 assetfi prononcés; sa physionomie est à peu près sans expressicud.

Mouvements ^^ ^^^* ^^ ^^^^ ^^ ^^^^ *^^^*s , Teufaut cbauge* de l'enfant, jç lui-même d'attitude quand on veut bien le laisser libre ; il se couche sur le cdté , sur le ventre , il tourne sa tète; les mouvements de ses membres sont plus multipliés et plus énergiques ; il saisft plus fortement les corps qui lui sont. présentés, il les porte à sa bouche ; quand il tette, il comprime avec force la mamelle de sa mère, etc# : m^s il ne saurait se tenir sur ses deux pieds ni même assis. En «voici les raisons principales. La tête est très*volumineuse et très^pesante , proportionnellement ;

DE PHÏSÏOiOGIE. 4^9

elle tombe en avant, n'étant pas lùaintenue par I effort muBCulaîre conTçnable ; le poids des yiseè* res pectoraux, et surtout des yiscères abdominaux, est énorme; la colonne vertébrale ne présente qu'une cou]^bure dont la convexité est en arrière. Les muscles postérieurs du tronc sont de beaucoup trop faibles pour résister à la disposition qu'a la colonne vertébrale à se porter en avant ; mais en* outre les apophyses épineuses n'existent pas , en sorte que le bras de levier par lequel ils agissent se tFouve tres^ourt^ circonstanee défavorable à leur action. Le bassin, trèa--petit:et très^ncUné en avaftt^ ne soutient presqiiie pae le poids des viscèffe^ ab*dominaux. Les membres iaférîeura so«]tt peu déyer loppés, et leurs musclés scrDt trop faibles pour ba* lancer un seul instant le mouvement du tronc ^n avant. Toute espèce de station est donc impossible.

Cependant il arrive bientôt que l'enfant peut, eu Pourquoi se servant de ses membres supérieurs et inférieurs, peut se tenir

1 » 1 » • 1 .«^ . debout.

se déplacer et parcourir de petits espaces ; et parce que ce mode de progression a de l'analogie avec celui de certains animaux, des sophistes ont soute* mi que l'homme était naturelkment quadrupède, et que la station sur deux pieds était une acquisition dépendante de la vie^sociale. Pouf que. cette idée ait quelque fondement^ il faudrait que les organes du mouvetnent de l'adulte fussent disposés comme ceux de l'enfant : or je viens de faire voir qu'il en est tout autrement.

4^0 VIŒCIS ELÉMBNTAIIIE

MoiiTenicnta Yers la fin de la première année, quelquefois au comaienceineAt de la deuxième, plus tôt ou plus tard, par retfet du dèfeloppfeoient des os, des muscl<»6, ietc. , par la diminutiondu volume et du poids proportionnel de la tête, des viscères abdomi- . naux , etc. , l'enfant parvient à se tenir debout , mais il'ne peut encore marcbeti bientôt il y parvient , en s'attacha ut aux corps qui l'avoisinent ; enpfin il marche seul, mais c'est en chanceUnt, et la hioindre cause détermine sa chute. Le pas est d''9bord le seul genre de locomotion qu'il puisse exercer ; il faut ordinairement assez long; -temps avant K^ue Fenfant parvienne à courir, et surtout à faire des sauts un peu considérables ; mais une fois ^ qu-il est bien affermi dans les divers ttiouvements progressifs , il est d'une agitation continuelle ; il acquiert de l'agilité, de l'adresse : ^'cst alors qu'il contracta le goût dès différents jeux , qui, presque t^us, surtout chez les garçons, servent à exercer lesorgànesdelaloeomotion et ceux de l'intelligence. Jeux des Sous le point de vue physiologique, les jeux des enfants sont dignes de remarque. Qu'on les étudie avec • attention , et l'on verra qu'ils sont le simulacre ded actions de l'homme adulte ; on peut établir le même. rapprochement pour les jeux des jeunes animaux, qui sont aussi en quelque sorte là répétitiofi des actions qu'ils seront appelés à exercer par la suite. .

Dans les jeux des enfants, il ne faut pas confon-

enfants.

Attitudes et mouTcments dans la |ea*

, DE fHYSIOiOGIE. >^2.i

dre cçiix qui sont purement instinctifs avec ceux qui dépendent de Ticnitation.

Depuis la jeunesse jusqu'à l'âge adulte, et même au-delà, tous les phénomènes qui se ra[^orteBt aux attitudes et aux mouvements sont dans toute leur râ^adid'ê." perfection ; ils gagnent seutement dé l'énergie ayee l'âge, mais, à la vieillesse, ils subissent une altération notable, qui dépend de l'affaiblissement d^ la contractiop musculaire; : comme elle ne se (fait plus qu'arec uiie certaine peiise, qu*elle est tremi» blo tante , les attitudes et les mouvements dojivent é'en ressentir. Le vieillard , sqit qu'A marche ou qu'il se tienne debout , est ordinairement courbé en' a? ant; le bas^sin {léchit sur les cuisses, eelles-ci sur les jambes, et enfin lés fambéf sont inclinées en avant sur ie^ pieds. Cet étatdedemi-ilexroD général tient à l'affaiblissement de la force des muscles, qui n'ont plus assez d'énergie pour main tenir la rectitude du*corps. - '

Le vieillard a aussi un ^and avantage à se serw Attitudes et vir d'un bâton, au moyen duquel iLugr audit sa ^rTiemay. base de sustentation et tran*§met directement, sut: le sol le poids des parties supérieures du corps. : Dans la décrépitude, les mouvefnents sont d'une difficulté extrémre, quelquefois même entièrement impossibles.

422 PKici^ ÉLEHENTAIBE

Rapports des sensations avec les attitudes et les

mouvements,

Ripporis des Les «ensatiofifi influent sur les attitudes et les avw* Ua^atti- mouvcDacnts, réeiproquemeQt ceux-ci ont une in- ^"„"e^çn^ flueBc sur ks sensations.

La vue contribue beaucoup à la fixité de la plu* paît de nos attitudes ; par elle , nous }ugeoQS de la position de notre corps en la comparant à celle des corps envirpnnaots. Aussi, quand nous sommes privés de ce moyen de juger de notre équili-* bre , comme lorsque nous sommes au sommet d'ujQ édifice, ou sur un lieu élevé quelconque, où nous ne sommes entourés que par Tair, notre station sur deux pieds est mal assurée, et même il peut arriver que nous ne puissions paiB la maintenir.

Rapports de L'utillté de là vue est encore des plus grandes , les aiiutûdes sî la basc de sustentation est très-étroite. Un dan*^ ** ^mcnts^^" ^^' d^ corde ne pourrait point soutenir la station debout , si sa vue ne l'avertissait continuellement de la position, qu'il faut conserver pour que la perpendiculaire abaissée de son centre de gravité passe par sa base de sustentation. Quelle que soit en général l'attitude que nous prenions , elle est peu stable si nous ne pouvons faire usage de la vue. Pour s'en assurer il ne faut qu'examiner un moment la station et les attitudes d'un aveugle. Si la vue est d'un aussi grand secours pour les

r>E PHTSI0L06IE. 4^^^

attitudes , k plus forte raison doit ^ elle être utile pour les diverses espèces dé mouyemeûts pai-tiels et locomoteurs. En effet , la vue éclaire , farorise nos mouvements ; c'est elle qui leur donné la précision ^ la rapidité nécessaires : dans presque tous les cas, elle les dirige. Bandez les yeux à un homme agile et adroit , il perd aussitôt presque tous ses avantages : sa démarche eftt craintive, surtout .si le lieu où il se trouve ne lui e^ {)as parfaitement connu ; tous ses mouvements porteront le même caractère. Les mêmes phénomènes existent ckes les aveugles, qu'ilest très-facile de reconnaît tre aux moindres mouvements qu Ils exécutent, à moins qu'ils ne leur soient trè&*fami)iers. L'absence , de la vue dispose donc à l'immobilité; l'usage de ce sens excite au contraire à se mouvoir : tout le monde connaît la tendance instinctive qtii nous porte à toucher les objets que nous voyons pour la première fois.

La considération des rapports de la vue avec les Distinction mouvetnents donne lieu dç remarquer qiie ceux îSaUvc au* qui sont destinés à exprimer nos actes intellectuels ^®^*®*' et instinctifs , et qu'on peut comprendre sous le nom générique de gesteà, peuvent être distingués en ceujt qui sont intimement liés à l'organisation, et par conséquent existent toujours chez l'homme, dans quelque condition qu'il se trouve, et en ceux qui naissent &vec l'état social et se ficrfectionnent concurremment.

4^4 'PRECIS ÉLÉMENT AlKE

Gestps innés Les premiers sont destinés à exprimer lesbesoios instinctifs, les plus sûnples, les sen^atioos internes vives» comme la joie, la douleur,' la crainte, etc. , ainsi que les passions animales; ils «sont aux mouvements ce que. le cri est à la voix. Ils se voiebl chez Tidiot^ le sauvage, Taveugle dé naissance, aussi bien que chez rbotnme civilisé jouissant de tous ses avantages physiques et mcMraux.

Gestes acquis Lcs gestes dé la seconde espèce ne peuvent exîsou sociaux.^ ter que dans l'état de société, ils supposent la vue

et Tintelligeace ; ils ne n'existent donc point cheA Taveugle de naissance, l'idiot, l'individu qui aura toujours vécu isol;é. Ih ppurraient être nommés gestes acquis ou sociauûfj par analogie avec la voix acquise. Il serait curieux de savoir si, en don-> niant la vue à un aveugle de naissance, on lui pro-* curerait en^ même temps l'acquisition des gestes particuliers dont nous parlons.

On peut dire que les gestes de l'aveugle-né sont absolument dans le même cas que la voix du sourd de naissance. Ces deux phénomènes se suppléent mutuellement s le sourd-itxuet ftiit un usage con-* tinuel des gestes » et les porte à un haut degicé de perfection ; c'est la voix au contraire qui seule sert de moyen d'expression à Faveugle ; de là son goût pour le chant, la parole^ et l'accent qu'il sait leur donner.

Rapports de ^ L'ouîc n'cst pas saûs influence sur les mouvez mo"uTcmcnir BDients ; cc scns concourt quelquefois avec la VUQ

pour les diriger et surtout pour les mesurer, les fairereyenir à des iater?all6s égaux, et les produire un certaiu nombre de fois dans un temps donné, comme dans la danse ou les marches militaires* * Qn a remarqué depuis long-temps que les mcruvements cadencés exécutés au son de la musique ou au bruit du tambour, étaient moins fatigs^nts que d'autres : c'est parce que chaque muscle se contracte et se relâche alternativement, et que le. temps du repos est égal. à celui del'action». Il faut ajouter que la musique et même le bruit excitent, à se mouvoir.

Les rapports de l'odorat et du goût avec les atti- Rapports tudes et les mouvements sont. trop peu importants,, ei da goût pour que nous en fiassions mention. Quant au ton- "udes^ctles cher 9 çoname la contraction musculaire y est in- ™^'*^c'"«'»*»hérente, que sans. elle la sensation ne peut avoir lieu , ce sens est intimement lié avec tous les phénomènes qui dépendent de la. contraction des muscles.

Les sensations internes n'influent pas nH>ins sur Rapports

I (if*9 SL'Dfi&llOIlS

les diverses attiti;ides et les. mouvements du co'rps intenaes atec que les externes. Qui ne reconnaît à sa démarche * ci les ^* ou à sa pose un homme qui éprouve une douleur vive ou une sensation d'un autre genre?. On peut même, jijsqu'à un certain point, détermiper le slé^e particulier de l'affection douloureuse par l'espèce de position ou le genre de mouvemei^l qu'exerce le malade. Chacun sait qu'une foyte co-

mouvemenia.

4â6 PRÉCIS ÉlÉlirENTAinE

lique porte à fléchir la [poitrine sur le bassin et à porter les mains sur Tâbclotnen; qu'un Tîolent point de côté excite à se coucher sur le côté douloureux; que la présence d'un calcul dans la ressîe force le patient à prendre des attitudes particulières.

On vient dcf voir l'influence des sensations sur les attitudes et les mouvements. Cettx - ci réagissent de même sur l'action des sens ; les diverses attitudes sont favorables ou défavorables au développement des sensations externes, les mou- - vements n'y prennent pas une moindre part. Il y a des mouvements partiels propres à chaque sens et qui favorisent son action ; en outré , presque tous les sens ont des muscles particuliers qui font pslrtie essentielle de l'appareil sensitîf, comme on le reinarque pour l'œil, l'oreille, la main , etc.

' Rapporté des attitudes et des mouveàients avec ta

volonté.

Rappori» Leg attitudes et les mouvements que nous ve-

de la volonté ^

avec les aui- 'nons de décrire sont en général nommés volon--

tudes et le» ,

mouvements, taircs, parcc quc, dît-on, ils sont sous llnfluence . immédiate de la volonté. Cette assertion est vraie sôus un point dé vue ; elle ne l'est pas sôus d'autres : il est doîic nécessaire de s'entendre à cet

égard. ,

A la suite d'une détermination de la volonté, un

DE PHYSIOLOGIE. f\^'J

mouvement est prodoit ; nul doute qu'elle n^ait été La volonté l'occasion du développement de celui*oi : mais tous des mouveles phénomènes qui se passent pour la production oTu/prmiuu même du mouvement ne sont plus sou sla puissance ahectement. de la volonté. Je puis faire mouvoir mon bras ou ma. main, mais il m'est impossible de faire contracter isolément ou en totalité les muscles de ces parties, si ]e n'ai pas l'idée d'un mouvetnent à ptoduife. Il en est de même pour la contraction de tous les muscles, que l'on regarde comme entière* nient soumis à la volonté* Comment s'y prendrait-^ on pour faire contracter isolément l'obturateur externe ou tout autre muscle qui ne produit pas à lui seul un mouvement déterminé? Cela serait impossible.

On peut donc affirmer que la cause détermi«nante du mouvement est la volonté; mais la pro^ duction même de la contraction musculaire nécessaire pour qu'il se fasse, n'est pas sous la dé^ pendance de cette action cérébrale : elle est purement instinctive.

D'après ces considérations, on serait en droit de conclure que la volonté et l'action du cerveau, qui produisent directement la contraction des muscles, soQt deux phénomènes distincts; mais les expériences directes des physiologistes modernes, et celles que nous avons rapportées à l'article de Tin-, fluence du cerveau et du cervelet sur les mouvements , ont mis cette vérité dans tout son jour. Ces

4^^ PlŒCiS iliMKNTAXBE •

expéricncesi ont démontré que chez Thomme et les animaux uiainmilères la yolonté a plus particulièrement son siège dans les hémisphères cérébraux. La cause directe des mouvements parait 9 au con-; traire 9 siéger dans la moelle épiuière. SI Ton sépare la moelle du reste du c^rir^àu par une section faite derrière Toccipital , on empêche bien la tolonté de déterminer et dé diriger les mouvements;; ^ mais ceux-ci n'en sont pas moins produits : il est vrai qu'aussitôt que la séparation est faite ils de-r viennent très-irréguliers pour l'étendue, la rapidi* té, la durée, la direction, etc. J'ai eu dernière*^ ment sous les yeux .une maladie qui offrait le sin« .guUer spectacle de la séparation complète de la volonté et dés forces qui président directement aux mouvements; je vais en rapporter un exposé rapide.

Perte de M***, âgé de trénte-sîx ans, d'un physique a^réa^

rinflaence de __ ., . i . r i, ir ^ t o

la volonté blc, d uu esprit cultive, d un commerce doux et

sur les

moaTeineDts. facîle, mais d'uuc grande Susceptibilité nerveuse, a mené la vie des gens du monde jusqu'à son ma-t riagé , qui eut lieu il y a dix ans. A dater de cette époque , il fut obligé de s'adonner aux affaires ; il éprouva de vives contrariétés, puis il fut atteint d'un violent chagrin causé par une maladie men* taie qui survint à sa femme, au moment de son. premier accouchement. Il ne la quitta pas un instant durant toute cette maladie; il raccompagna dans un voyage, et fut ainsi témoin, pendant près.

d'une année, des divagations et des niouveoients convulsifs d'an être pour lequel il araît rattachement le plus tendre. La guérison complète dénia* dame*** mit un terme aux tortures morales qu'éprouvait son mari ; mais au |ieu de se li?rer à lai joie que devait naturellement lui causer un aussi heureux événement, il resta triste et taciturne , et peu à peu il offrit tous les signés d'une véritable mélancolie, croyant sa fortune inévitablement perdue, se persuadant qu'il était l'objet de l'animadversio^n de l'autorité, des recherches de la police et des railleries du public. Son esprit conservait sa justesse sur tout autre sujet. On le fit voyager, prendre les eaux, du le soumit à divers traite* ments,^ sans- aucun succès. '

Lies choses étaient dans cet état, lorsqu'au mois de septembre dernier il: fpt pris d'une certaine raideur dans la jambe et la cuisse droites, raideur qui le faisait boiter eh marchant. Peu de jours après une raideur semblable s'empara de: la "cuisse et de la jambe opposées; puis il penjit toute in-fluence de sa volonté sur ses mouvements. Ceux-ici étaient loin cependant d'être paralysés^ mais ils étaient livrés en quelque sorte à eux*mêmes pen-dant des heures entières; ce malheureux jeune homme était alors obligé d'exécuter les mouvements les plus déréglés, de prendre les attitudes les plus bizarres, de faire les contorsions les plus extraordinaires. H est impossible dé peindre par le

langage la raultfplielté, Yétrangeté de ses mouvements et de ses poses. S'il eût yécu dans des temps d'ignorance, il aurait sans doute passé pour possédé, car ses contorsions étaient tellement éloignées dès moutements propres à Thomme, qu'elles auraient pu aisément être* regardées comtne diabo** liques. Il fut digne de remarque qu'au milieu de ces contorsions, dans lesquelles son corps grêle et souple était tantôt porté en avaut, tantôt reavorsé sur le côté ou en arrièi'e, à Tii^star de certains bateleurs, il ne perdait ppint l'équilibre, et que daos la multiplicité d'attitudes et de mouvements sinr* guliers qu'il a exécutés pendant plusieurs mois, il ne lui. est jamais arrivé de 1;omber.

Dans certains cas, ses mouvements rentraient dans la. classe des mouvements ordinaires ; ainsi, sans que sa volonté j participât le moins 4u mon* de, on le voyait se lever et marcher rapidement ^ jusqu'à ce qu'il rencontrât un corps solide qui s'opposât à son passage; quelquefois il reculait avec la m^e promptitude, et ne s'arrêtait que par la même cause.

»0q Ta vu souvent reprendre l'usage de certains mouvementis, sans pouvoir en aucune manière diriger les autres. G est ainsi que ses bras et ses mains obéissaient fréquemment à sa volonté, plus fréquemment encore les muscles de son visage et de la parole. 11 lui était quelquefois possible de reculer dans l'instant où la marche en avant lui

1>K PHYSIOLOGIB. 4^^

était intejrdite, et il se servait alors de oe ipouve*raeat rétrograde pour se diriger vers les objela qu'il voulait atteiadre.

Pu reste, ces cnoairemonts , qu'oa pourrait appeler automatiques 9 ne duraient jamais un jour entier : il avait d'asfiea longs intervalles paisibles entre ses accès : ses nuits étaient toujours tranquilles.

Bien que ses contractions fussent extrêmement violentes I» jusqu'au point de suef abondamment, ^ quand elles avaient ce^é^ il n'éprouvait pas de sentiment de fatigue, en rapport avec l'intensité des efforts qu'il avait faits ; comme si l'action iutelleetuelle que nouîs faisons^, pour exciter .nos mouvements était ce qui se iatiguo davantage en

nous.il

Si l'action du cerveau qui produit la contraction nTU8cu)aire est un pbénomène distinct de la volonté, on peut ais^otent concevoir pourquoi^ dans certains cas, les mouvements ne sont pas produits^ quoique la volonté les commande, et pourquoi, dans quelques circonstances opposées, des^mouve^ •ments très-^tendus et trés-énergiques se dévelop*pent 89ins aucune participation delà volonté, com«me on le voit fréquemment dans plusieurs malff^ dies. Par la même raison, on conçoit pourquoi il nous est très-difficile, quelquefois même impossible, de prendre une attitude nouvelle pour nous, ou d'exécuter un mouvement pour la première fois ; pourquoi tous les arts, tels que la. danse, l'es*

Influence du cerveau

et de la moelie épini&ie sur la production des mon Temcnts^

1(^2 PRÉCIS iliMENTAlRE

crime, etc., qui sont fondés sur la rapidité et la précision de nos mouvements, ne s'acquièrent que par un long exercice ; pourquoi enfin il arrive firéqueinment que nous exécutons un mouvement d'une manière; plus parfaite en en détournant no* tre attention , que si nous voulons la concentrer sur ce point (i),

. Rapports des attitudes et des mouvements avec

l'instinct et les passions.

Rapports Ou vicut de voir qu'une grande partie de ce que

et dcâ Ton appelle mouvements et atâitudes tùloniaires est

a^cori^tlDct du domaine de Tinstînct; il existe un très-*grand

lîDw/oM. nombre d'attitudes et de mouvements partiels ou

géiiéraux qui en dépendent

Tous les sentiments instinctifs eBsentiellement attachés à l'organisation , tels que la tristesse , la crainte, la joie, la faim, La soif, portées à un cer* tain degré, ont des attitudes et des modes de mou* vements qui leur sont propres et qui font reconnaître leur existence : il en est de 1néme pour les passions naturelles et pour tous les phéoo* mènes instinctifs qui se développent dans l'état social.

(i) Cette théorie est confirmée par les expériences d'un médecin anglais M. "Wîlson Philip. — Koyetla^ Transactitms philosophique», année iSift.

DE PHYSIOLOGIfi. f\55

Plusieurs passions excitent à se mouvoir, augmentent beaucoup l'intensité de la force musculaire, comme on en a des exemples dans la joie excessive, la colère, dans certains cas la peur, etc. D'autres passions stupéf\fnt et rendent toute espèce de mouvement impossible, telles que le chagrin violent, certain genre de terreur ; souvent la joie extrême produit le même effet : aussi voyons-nous l'art <le la pantomime s'exercer avec succès dans la peinture des passions violentes.

Rapports des mouvements avec la voix.

Les relations des mouvements avec la voix sont „

Rapports

intimes , et cela devait être , puisque ces deux ^^» mouve-

* ■■■ ments avec

genres de phénomènes sont l'effet immédiat de la iavoix. contraction musculaire, avec cette différence que pour la voix on entend l'effet, et qu'on le voit dans les mouvements*

Il y a des mouvements essentiellement attachés à l'organisation ; le cri est dans le même cas. Il y a une voix qui s'acquiert par la vie sociale ; un grand nombre de mouvements s'acquièrent de la même manière. La voix et les mouvements se réunissenf pour la production de la parole. Ces deux phénomènes sont nos principaux et presque nos seuls moyens d'expression ; ils s'aident et quelquefois se suppléent mutuellement : un homme qui s'exprime avec difficulté gesticule beaucoup ; c'est I. ' fi8

434 PRECIS BLÉBfENTAIRE

le contraire pour une personne dont rélocution est facile. Dans les grandes passions, les deux moyens d'expression se réunissent : il est rare qu'en exprimant un sentiment vif on ne }6%ne pas le geste à la parole. ^

On a dû remarquer que les modifications qu'éprouvent les mouTements et la voix par l'âge ont la plus grande analogie; on aurait un résultat semblable si l'on étudiait les changements qu'ils ' subissent par le sexe , le tempérament , l'habitude, etc.

Nous terminons par ces considérations la description des fonctions de relations. Ces fonctions ojàt pour caractère commun d'être périodiquement suspendues, ou, en d'autres termes, d'être plongées par intervalles dans l'état de sommeil. Il pourrait donc paraître convenable que l'histoire du sommeil suivit immédiatement celle des fonctions de relations; mais comme les fonctions nutritives et génératrices sont aussi très-influencées par le sommeil, nous préférons renvoyer l'étude de celui-* ci à l'époque où nous aurons terminé la description de ces fonctions : c'est ce qui sera fait dans le volume suivant.

FIN DU TOMIi: PREMIER.

DU PREMIER ¥0£U|fE.

Division de la Physiologie. pag. i

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