DES ATTITUDES ET DES MOUVEMENTS
La contraction musculaire n'est pas seulement ^^ aiiiiude» la cause de la voix, elle préside encore à nos mou- mouvemcnti. vements et à nos attitudes.
L'explication des mouvements et des attitudes de l'homme consiste dans l'application des lois de la mécanique aux organes qui les exécutent.
Nos attitudes et nos mouvements étant extrêmement variés, si l'on voulait les expliquer tous, on y trouverait Tapplication de la plupart des lois de la mécanique.
Personne ne s'est encore occupé de ce travail d'une manière entièrement satisfaisante ; en géné-« rai on s'est borné aux attitudes et aux mouvements les plus fréquents, et aux applications les pbis sim» pies des principes de la mécanique.
Principes de mécanique nécessaires pour l'intelligence des mouvements et des attitudes.
a. Un corps est en mouvement quand ses par* ties occupent successivement différents points de l'espace.
b. On nomme force toute cause de mouvement. Force*..
c. Plusieurs forces peuvent être appliquéos à ua
346 PRÉCIS ÉliHINTAlRE
corps sans produire de mouvement^si leurs efiFets / se détruisent mutuellemeni. On dit alors qu'il y a équilibre.
d. Quand deux forces appliquées en sens contraire à un même point ou aux extrémités d'une ligne droite se font équilibre, ces deux forces sont égales.
Rapports e. Une force A est double d'une force B, jsî la entre diee. première pcut être considérée comme la réunion de deux forces égales à B.
f. Deux forces seront entre elles comme deux nombres, 7 et 5 par exemple, si elles peuvent être considérées comme la réunion , la première de 7, la seconde de 5 , forces toutes égales entre elles.
Les rapports des forces pouvant ainsi être évalués en nombre ou en longueur, on pourra les soumettre, soit au calcul, soit aux constructions géométriques.
Quand un point matériel est sollicité par plusieurs forces qni ne se font point équilibre , il se meut dans une certaine direction. On conçoit que ce mouvement pourrait être produit par Tapplica- Résultante tiou d'uue sculc forcc. On nomme résultante cette tomposantes. forcc uuiquc qui pourrait remplacer toutes les autres, et celles-ci, considérées par rapport à la résultante, sont nommées ses composantes.
g. Pour qu'un système de forces soit en équilibre, il faut que chacune d'elles détruise l'effet de
- DB PHTSI0L06IS. 3^7
toutes les autres, par conséquent qu'elle soit égale et directement opposée à leur résultante.
h. Si toutes les forces sont dirigées suivant une Résultante
et '
même ligne droite, leur résultante sera dirigée composantes. dans le même sens, et égale à leur somme, si elles tirent toutes du même côté* Si elles tirent de deux côtés opposés, elle^séra égale à la différence de la somme des forces qui tirent dans un sens sur les forces qui tirent dans l'autre , et dirigée dans le sens de la plus grande somme.
f. D'après le rapport connu des trois lignes ^ si on nous donne la direction de deux forces P et Q, celle de leur résultante R , nous pourrons facilement trouver le rapport des deux forces : elles seront entre elles comme les côtés du parallélogramme construit, en menant d'un point quelconque de la direction de la résultante deux parallèles à la direction des autres forces.
De plus, si Ton a la valeur de la résultante, on aura aussi celle des composantes, puisque le rapport de chacune de ces forces à la résultante est connu par le moyen que je viens d'indiquer.
A. La résultante d'un nombre quelconque de forces parallèles jouit d'une propriété très-remar-» quable; c'est que de quelque manière qu'on fasse varier la direction des forces, pourvu qu'elles restent parallèles entre elles, et que leurs points d'application ne soient pas changés, celui de la résultante sera toujours le même, puisque c'est
ufiiquemont du rapport de ces forces et de la distance de leurs points d'application que dépend celui de la résultante.
/. Si le corps atlquel sont appliqués les forces n'est pas libre dans l'espace, mais assujéti à tourner autour d'un point fixe, on juge bien que pour qu'il j ait équilibre, il suffira que la résultante de toutes les forces passe par ce point, puisqu'alors son action , s'exerçant contre un obstacle învincî- . ble, restera nécessairement sans effet
m. Si le corps soumis à l'action des forces est assujéti à se mouvoir autour d'une ligne droite, il suffira pour l'équilibre que la résultante passe par Taxe fixe qui rendra nul son effet.
n. La pesanteur agit sur chaque molécule des corps, et les sollicite toutes dans des directions sensiblement ^parallèles; on pourra donc appliquer à ces forces ce qu'on a dit généralement de tout système de forces parallèles^ c'est que leur résultante passera toujours par un même point, de quelque manière qu'on fasse varier la direction des forces, c'est-à-dire, dans ce cas, de quelque manière qu'on incliiie le corps par rapport à la verticale, qui est la direction constante de la pesanteur.
Centre Ce poiut uuique d'application de la résultante de
K"^*^** • toutes les pesanteurs partielles, est ce qu'on nommé centre de gravité.
0. Pour qu'un corps soumis à la seule action de h pesanteur reste en équilibre, il faudra que la
verticale, passant par le centre de gravité, rencontre le point d'appui ou de suspension..
p. Si le corps repose sur un plan horizontal, il faut que cette résultante tombe en dedans de l'espace compris entre les points par lesquels il touche le plan : on nomme base de sustentation l'espace Base de ainsi circonscrit. Plus cet espace sera grand, toutes choses étant égales d'ailleurs, plus l'équilibre sera assuré.
q. L'équilibre sera stable quand le corps, dérangé infiniment peu de sa position, tendra à y revenir par une suite d'oscillations. Il sera instantané, si du moment que le corps est dérangé de sa position,' il tend à s'en éloigner de plus en plus, jusqu'à ce qu'il ait trouvé une autre position d'équilibre.
r. L'équilibre sera stable quand le centre de gra-- Équilibre vite sera le plus bas possible, parce que tout chan- inTùnûné. gement ne peut que le faire monter contre la tendance qu'il a à descendre. L'équilibre sera instantané quand le centre de gravité sera le plus haut possible , parce que tout changement, ne pouvant que le faire descendre, sera favorisé par la tendance qu'il a déjà.
s. De deux colonnes creuses, formées d'une égale Rénîstancc
... rii A .•\ .j A 1 des colonne»*
quantité de la même matière, et de même hauteur, celle qui présentera la cavité la plus considérable sera la plus forte.
t. De deux colonnes de même diamètre, mais de
Késistance
des ressorts
courbes.
hauteur différente, la plus haute sera la plus faible. V. Le plusgrand poidsque puisse supporter un ressort qui éprouve de petites flexions, est proportionnel au carré du nombre des flexions, plus un, en sorte que si le ressort présente trois courbures, il supportera un poids seize fois plus considérable que sîl n'en présentait qu'une (i).
Des leviers.
Des leWejri.
^ («évier du premier geare*
On définit le levier une ligne inflexible qui tourne autour d'un point fixe.
On distingue dans un levier le point d'appui, le point où agit la puissance, celui où se fait la résistance, ou simplement le point d'appui, la puissance et la résistance.
Selon la position respective du point d'appui , de •la puissance et de la résistance , le levier est d^ premier , second ou troisième genre.
Dans le levier du premier genre , le point d'appui est entre la résistance et la puissance ; la résistance est à une extrémité, et la puissance à l'autre extrémité.
Le levier du deuxième genre est celui où la résistance est entre la puissance et le point d'appui.
(i) J'ai emprunté presque tout cet article aux Recherches sur la Mécanique animale, par M. Rouiîn, et insérées dans niOD Jeurnal de Physiologie.
Levier du
troisième
genre.
Bras du levier.
DE PHYSIOLOGIE. l5l
et OÙ le point d'appui et la puissance occupent* chacun une extrémité.
Enfin \ dans le levier du troisième genre, c'est la puissance qui est entre la résistance et le point d'appui, tandis que la résistance et le point d'appui sont aux extrémités»
On distingue encore dans un levier le bras de la puissance et celui de la résistance. Le premier comprend la portion du levier qui s'étend du point
d'appui à la puissance ; le second est la portion de levier qui sépare le point d'appui de la résistance.
Lorsque dans le levier du premier genre le point d'appui occupe exactement le milieu du levier, on dit alors que le levier est à bras égaux ; quand le point d'appui se rapproche de la puissance ou de la résistance , on dit alors que le levier est à bras inégaux.
La longueur du bras de levier donne plus ou influeace de moins d'avantage, soit à la puissance, soit à la ré* dubra^^dq sistance. Si le bras de la puissance , par exemple, est plus long que celui de la résistance , l'avantage est pour la puissance , dans la proportion de la longueur de son bras à celle du bras de la résistance ; en sorte que si le premier de ces bras est double ou triple du second, il suffira que la puissance soit la moitié ou le tiers de la résistance , pour que les deux forces se fassent équilibre.
Dans le levier du second genre, le bras de la puis**
levier.
3Sâ PRÉCIS ilÉHENTAlRE
' dance est nécessairement plus long que celui de la> résistance , puisque celle-ci est entre la puissance et le point d'appui , tandis que la puissance est à Une extrémité. Ce genre de levier est toujours avantageux à la puissance.
C'est le contraire pour le levier du troisième gen* re, puisque dans ce levier la puissance est placée entre la résistance et le point d'appui, tandis que la résistance occupe une extrémité.
Le levier du premier genre est le plus favorable à l'équilibre ; le levier du second genre est le plus favorable pour vaincre une résistance, et le levier du troisième genre est celui qui favorise le plus la rapidité et l'étendue des mouvements.
Insertion de La dircctiou sclou laquelle la puissance s^insère «urineWen sur Un Icvicr cst importante à remarquer. L'effet de la puissance est d'autant plus considérable, que sa direction approche davantage d'être perpendiculaire à celle du levier. Lorsque cette dernière condition est remplie, la totalité de la force est employée à surmonter la résistance , tandis que , dans les directions obliques , une partie de cette force tend à faire mouvoir le levier dans sa propre direction, et cette portion de force est détruite par la résistance du point d'appui.
Le principe général d'équilibre des leviers con* siste en ce que, quelque direction qu'aient les forces, elles sont toujours entre elles en raison inverse des
perpendiculaires abaissées du point fixe sur leur direction.
Forc€ motrice.
On appelle inertie cette propriété générale des corps, en vertu de laquelle ils persévèrent dans leur état de mouvement ou de repos, tant qu'aucune cause étrangère n'agit sur eux.
La force qui produit le mouvement doit se mesurerpar la quantité de mouvement produite. Cette quantité s*estime en multipliant la masse par la vitesse acquise.
Cette vitesse peut s'acquérir de deux manières différentes, ou par Taction continuée d'une force, comme celle de la pesanteur « ou par l'effet d'une force qui produit instantanément une vitesse finie.
Il est facile de conclure de ce qui précède , que tout effort exercé sur un corps libre produira un mouvement. La direction de ce mouvement, la vitesse acquise et l'espace parcouru par le corps, dépendront 1' de l'effort ou de sa masse , â"* de l'intensité de l'action exercée sur lui , et 3^ des forces qui le solliciteront pendant son mouvement.
Ainsi* un corps lancé par la main acquiert instantanément une vitesse d'autant plus grande, que l'effort est plus grand et que la masse est moindre : l'action continuelle de la pesanteur modifie sans cesse et cette vitesse et la direction du mouvement, I. â3
laertîe.
Caasfiê qui
influeot sur
le niouTe-
luent.
MouTrment uoifurme.
Accéléré.
JlPtArcIé.
Vitesse.
354 ' PRÉCIS SL£M£NTiJII£
qui cesse loisque le corps est tombé sur la surfece de la terre. Le mouTement est encore ralenti par la résistance de Tair, dont l'effet augmente avec la vitesse du corps, 1 étendue de la surface qui frappe continuellement Tair , et la légèreté spécifique du corps.
Un corps iooiganique ne peut par lui-mêoie chau* ger l'état dans lequel il se trouve. ImmobUe , il per* siste à l'état du repos, jusqu'à ce qu'une farce quelconque lui soit a^^iquée. Devenu mobile par l'action instantanée d'une certaiae force , il persiste à l'état de mouvement uniforme ^t en lign^ droite, jusqu'à ce qu'une force nouvelle vienne modifier ou détruire l'effet de la pvemière.
On nomme mouvement uniforme celui dans lequel le mobile parcourt en des temps éga^iz des espaces toujours égaux. Le mouvement est acoilérë quand les espaces parcourus deviennent de plus on plus grands; retardé, quand ils deviennent de plus en plus petits , les temps restant toujours égaux.
I>'après ce que nous avons dit plus haut » on voit que le mouvement accéléré ou retardé né^ cessitera à chaque instant l'application de forces nouvelles.
Dans le mouvement uniforme, l'espace parcouru dans un temps donné pourra être plus ou moins grand , suivant l'intensité de la force qui a été appliquée. Ce rapport du temps i Tespaee par«
DE PHTSIOtOGIE. 355
couru par le mobile» tlétemune ce qu*OD oomme tucssc.
sa vitesse.
Si dans le même temps qu^un corps A par^ court un espace de trois mètres , un autre corps B parcourt un espace de 5 mètres, on dira que k vitesse du premier est à celle du second comme 3 est à 5.
Il arrive souvent qu'on exprime une vitesse par un nomtre absolu, mais ce nombre ne représente que le rapport de cette vitesse avec une autre qu'on n'énonce pas , mais qu'on est convenu de prendre pour unité.
Si un corps, dans l'unité du temps ( la seconde par exemple) , parcourt l'unité d'espace , que nous supposerons le mètre, sa vitesse est celle qu'on choisit pour terme de comparaison, et qu'on représente par l'unité. Si toujours dans le même temps un se-^ cond corps parcourt 5 mètres, sa vitesse, 5 fois plus grande que celle du premier, sera représentée par 5. Si un troisième corps emploie trois secondes à parcourir ces 5 mètres, que le deuxième parcourait dans une, sa vitesse sera soustriple : par conséquent la deuxième étant 5, celle-ci sera |. On obtiendra donc l'expression de la vitesse en divisant le nom-^ bre qui représente l'espace par celui qui représente le temps, ce qu'on exprime ordinairement plus brièvement en disant que la vitesse est égale à l'espace divisé par le^temps.
Vitesse.
Frottement.
Adhésion.
356 PRÉCIS éLÉUENTAlRE
A masse égale les vitesses seront proportionnelles aux forces.
 vitesse égale les forces sont proportionnelles aux masses; car l'effet d'une force qui met en mouvement un corps libre, est d'imprimer une même vitesse à toutes les molécules de ce corps, et par conséquent l'intensité de la force sera proportionnelle au nombre de ces molécules ou à la masse du corps. La mesure d'une force est donc représentée par la somme des forces qui animent toutes les molécules, et comme on le dit ordinairement, l'effet d'une force a pour mesure la masse multipliée par sa vitesse.
A forces égales, les vitesses seront réciproquement proportionnelles aux masses. Ainsi, si à un corps mobile vient se joindre un corps immobile, de manière à ce que le premier ne puisse pliis se mouvoir sans le second , l.e mouvement se répandra uniformément dans les deux , de manière à ce qu'ils puissent se mouvoir avec des vitesses égales; il faudra donc qu'il s'y distribue proportionnellement aux masses , et la vitesse résultante sera à la vitesse du premier corps, comme la masse de ce premier corps est à la masse des deux réunis.
On appelle frottement la résistance qu'on est obligé de vaincre pour faire glisser un corps sur un autre.
On nomme adhésion la force qui unit deux corps polis , appliqués l'un sur l'autre. Cette force se me-
sure par Teffort que ron exerce perpendiculairement à la surface de contact pour séparer les deux corps.
. Plus les surfaces en contact sont polies , plus Tadhésion est grande , et plus le frottement est faible : aussi , tant qu'il ne s'agira que de faire glisser un corps sur un autre , il y aura toujours de Tavantage à rendre les surfaces polies , ou à interposer entre elles un liquide.
De$ oi.
Les os, déterminant la forme générale du corps et ses dimensions, remplissent, à raison de leurs propriétés physiques, un usage très-important dans \ç8 différentes positions et mouvements du corps : ce sont eux qui formeftit les différents leviers que présente la machine animale, et qui transmettent le poids de nos parties sur le sol. Gomme leviers , ' ils sont employés tantôt comme du premier genre, tantôt comme du second ou du troisième. Quand il s'agit d'équilibre , c'est presque toujours le levier du premier 'genre qui est employé; s'il y a une résistance considérable c^ surmonter, ils représentent un levier du second genre. Dans les autres mouvements, ils sont employés comme leviers du troisième genre, lequel, comme on sait, désavantageux à la puissance, favorise l'étendue et la rapidité des mouvements. La plupart des saillies et des émi-*
Organef des attitudes et des mouvements.
358 PRiciS AlilfXNTÂIRE
ponces de os ont pour usage de changer la direc* tien des tendons^ et de faire qu'ils s'y insèrent dans une direction moins éloignée de la perpendiculaire. . *
Comme moyen de transmission du poids, les os représentent des colonnes superposées , presque toufours creuses.9 ce qui augmente de beaucoup la résistance généraleque présente k squelette et celle de chaque os en particulier.
Forme êies os^
Forme On distingue les os en os courts, en os plats, et
en os longs.
Les os courts se trouvent dans les parties où il faut beaucoup ^e solidité et peu de mobilité, com-^^ me aux pieds, à la colonneVertébrale,
Les os plats ont pour principal usage de former les parois des cavités; cependant ii& concourent aussi avantageusement aux mouvements et aux attitudes par l'étendi^ de la surface qu'ils présen-^ tent pour l'insertion des muscles.
Les os longs sont principalement destinés i la locomotion ; ils ne se trouvent qu*aux membres. La forme de leur corps et celle de leurs extrémités , méritent d'être remarquées. Le corps est la partie de ces os qui présente le moins de volume ; il est en général arrondi : les extrémités, au contraire, sont toujours plus ou moins volumineuses.
DB PHYSIOLOGIE. SSq
La disposition du corps de l'os concourt à Téiégance de la forme des membres ; le volume des extrémités articulaires, outre le même usage, a^ssurc la solidité des articuiadoDS, et diminue l'obliquité de l 'insertion des tendons sur les os.
Les os courts sont presque entièrement compo- structure fiés de substance spongieuse, d^'où il résulte qu*ils peuvent présenter une surface considérable 8an« être trop pesants. Il en est de même pour l'extrémité des os longs; mais le coîy>s de ceux-ci présetkte la substance compacte en très-grande quantité, ce qtn lui donne une grande -résistance , laqtpelle était nécessaire, puisque c'est dans le corps des as longs que viennent aboutir les efforts que siipportent ces os.
Le tissu spongieux des os courts et de l'extrémité des 08 longs est rempli par le suc «lédullaire ou par le sang.
La cavîié du corps des os longs est remplie par la moeUe.
Articul4Ktionê des as.
On les distingue en celles qui ne f»ermettenit ^s Des diiré-
. 11 • renies espèces
de mouvements et en celles qui ea peAfaettent. d'anicuia-
La piemière division présente des sous -divisions, fondées sur la f<urme des surfaces articiilaires«
Les secondes en présentent aussi ^\n sont fo ndées sur la disposition des surfaces articulaires et
tiOQS.
560 PRÉCIS lililCENTilEE
sur Tespècc de mouyement que les articulations permettent.
Articulations DaDS les articulations mobiles, les os ne setou* ""^ * **'• chent jamais immédiatement ; il y a toujours entre eux une substance élastique diversement disposée selon les articulations, et destinée à supporter ai-^ sèment les plus fortes pressions, à amortir les chocs et à iavoriser les mouvements. Tantôt cette substance est unique , adhère également à la surface des deux os qui s'articulent, ett^onstitueles articulations de continuité. Elle est alors de nature fibrocartilagineuse. Tantôt cette substance forme une couche particulière à chaque surface articulaire ; c'est ce qui se voit dans les articulations de conti-^ guité. Dans ce cas, la substance est cartilagi-^ nejuse.
On dit que la substance qui , dans ce genre d'ar-« ticulation, revêt les os, est formée de fibres dispo* sées les unes à côté des autres , et perpendiculaires à la surface articulaire qu'elles revêtent : cette opi-^ nion nous parait mériter de nouvelles recherches. Les cartilages ont plutôt l'apparence d'être formés d'une couche homogène.
Synovie, ^^^ articulations ainsi disposées présentent les
dispositions les plus favorables au glissement. Les' surfaces en contact sont très-polies, et un liquide particulier, la synovie, vient continuellement se placer entre elles. Pour les mêmes raisons, l'adhé-* sion est très-grande, et cette circonstance ajoute à
la solidité de Tarticulation en contribuant à prévenir les déplacements.
Dans certaines articulations mobiles on trouve entre les surfaces articulaires des substances fibrocartilagineuses non adhérentes à ces surfaces. On leur a donné pour usage de former des espèces de coussins qui, cédant à la pression et revenant ensuite sur eux-mêmes, protègent les surfaces articulaires auxquelles ils correspondent. Elles se trou* yent, dit-on, à cet effet, dans les articulations, qui supportent les pressions les plus considérables. INous pensons que cette opinion n'est passufiSsamment fondée. En effet, l'articulation de la hanche et surtout l'articulation du pied, qui supporte ha- ' bituellement les efforts les plus considérables, n'en présentent point. N'ont-elles pas plutôt pour usage de favoriser l'étendue des mouvements et de prévenir les déplacements ? '
Autour et quelquefois à l'intérieur des articulations , .on trouve des corps fibreux , nommés liga^ mentSj et qui ont pour double usage de maintenir les os dans leurs rapports respectifs^ et de limiter les mouvements qu'ils exécutent les uns sur les autres.
Gartilagef etfibro-cartilaees arti-
culaîrea.
Ligaments.
Attitudes de l* homme.
Examinons l'homme dans les différentes posi- station tions qu'il peut prendre , et d'abord danls l'état de
362 PRÉCIS ÉlÉMElfTAinE
Station staticH le plus ordinaire, c'est-à-dire, sur ses
debout. • n
pieds.
Nous voyons «eïi premier lieti que la tête , «nie intimement nvec Tatlas , forme avec lui un levier du premier çenre, dont le point d'appm est dans ' Tarticulation des ma'sses latérales ^e Tatlas et de Taxis, tandis que la puissance et larésistaBce occupent chacune une extrémité du levier , -et sont placées Tune i la fafee , Taiitre à Toccipot.
Le point d*appuî étant plus près de l'occiput que àt la partie antérieure ^e la face , la tète ^nd , par son poids 9. à tomber en avant; mais elfe est retenue en équilibre par la 'con^action des muscies qui s*attachenlt à sa partie postérieure. C'est donc la colonne vertébrale qui supporte la tête , 'Ct qui doit en transmettre k poids à son extrémité inférieure.
Les membres supérieurs , les parties molles du cou, du thorax , la plus grande partie de celles qui sont contenties dans la cavité abdominale , pèsent, soit médiatement , soit immééiatemexit , sur la colonne vertébrale.
A raison du poids conskiérable de ces parties, it était nécessaire que la colonne vertébrale présentât une grande solidité.
En effet , le corps des vertèbres , les fibro-cartilages inter?ertébraux, les divei» ligaments qui les rénmssent, forment un tout d'une grande solidité. Si l'on réfléchit ensuite que la colonne vertébrale
est formée de portioDs de cylindres superposées ; static»» qu'elle a la forme d'une pyramide dont la base repose sur le sacrum ; qii'elle présente ^ois courbures en sens opposés, ce qui lui donne seize fois plus de résistance que si elle n'en présentait pas, on aura une idée de la résistance qu'offre la colonne vertébrale. Aussi on la voit supporter aisément non-seulement le poids des organes qui pèsent sur elle, mais même des fardeaux quelquefois trèslourds.
Le poids des organes que* la colonne vertébrale soutient se faisant surtout sentir sur sa partie antérieure , des muscles placés le long de sa partie postérieure résistent à ia tendance qu'elle aurait à se porter en avant. Dans cette circonstance, chaque >ertè1>re et les parties qui s'y attachent représentent un levier du premier genre, dont le point d'appui est dans le fibro-cartilage qui soutient la vertèbre ; la puissance, dans les parties qui Tattirent en avant; et la résistance, dans les muscles qui s'attachent à ses apophyses épineuses et trans*> verses.
La colonne vertébrale , dans son ensemble , représente un levier du troisième genre, dont le point d'appui est dans l'articulation de la cinquième vertèbre des lombes avec l'os sacram, dont la puis^ sance est dans les parties qui tendent à porter la ' '
colonne en avant , et la résistance dans les musclea postérieurs. Comme c'est k la partie inférieure du
debQut.
Station levier que la puissance agit priocipalement, c'est là que la nature a placé les muscles les plus forts; c'est là que la pyramide représentée par la colonne vertébrale a le plus d'épaisseur; que les apophyses des vertèbres sont plus prononcées et plus horizontales : c'est aussi là que se fait sentir la fati^ gue, lorsque nous restons long-temps debout.
La puissance musculaire agira d'autant plus ef* ficacement pour rétablir l'équilibre nécessaire à la station , que les apophyses épineuses seront plus longues et plus rapprochées de la direction horizontale.
Le poids de la colonne vertébrale et des parties qui pèsent sur elle est transmis directement au bassin, qui, reposant sur les fémurs, représente un levier du premier genre, dont le point d'appui est dans les articulations iléo-fémbrales , et dont la puissance et la résistance, sont placées en avant ou en arrière.
Le bassin soutient aussi le poids d'une partie des viscères abdominaux.
Le sacrum soutient la colonne vertébrale, et, agissant à la manière d'un coin, il transmet également aux deux fémurs le poids dont il est chargé, par l'intermède des os des iles.
Le bassin est vraiment en équilibre sur les deux têtes du fémur; mais cet équilibre résulte d'un grand nombre d'efforts combinés.
D'un côté , les viscères abdominaux, pressant sur
le bassin incliné en avant, tendent à abaisser le pu- ' station bis; d'unnutre côté, la colonne vertébrale tend, par son poids, à faire faire au bassin un mouvement de bascule en arrière.
Le poids de la colonne vertébrale étant beaucoup plus considérable que celui des viscères abdominaux, il semblerait que pour rétablir l'équilibre il suffirait de puissances musculaires qui, partant du fémur, s'attacheraient vers le», pubis , et seraient propres , par leur contraction , à contre-balancer l'excès de poids de la colonne vertébrale. Ces muscles existent en effet, mais ce ne sont point eux qui agissent principalement pour déterminer l'équilibre du bassin sur les fénlurs ; car le bassin , . bien loin de tendre à faire la bascule en arrière, tendrait plutôt à se porter en avant, parce que les muscles, qui résistent à la tendance qu'a la colonne vertébrale à s'incliner en avant, prenant leur point fixe sur le bassin, font un effort considérable pour le porter en haut. Ce sont donc les muscles qui du fémur se portent à la partie postérieure du bassin, qui empêchent celui-ci de s'élever, et qui sont les agents principaux de l'équilibre du bassin sur les fémurs : aussi la nature les a-t-elle faits trèsnombreux et très-forts.
I/articulation du fémur avec tes os des iles est plus près du pubis que du sacrum, d'où il résulte que les muscles postérieurs agissent par un bras de
366 PRÉCIS ÉLBMKNTAIRE
siatioa kvier plus loDg; ce qui est une circonstaiice favorable à leur action.
DaBsTétatde station ordinaire^ les fémurs trans^ mettent directement au tibia le poids du tronc. Ils remplissent aisément cet usage, attendu la solidité de leur articulation avec les os des îles.
Le col du fémur, outre les usages quïl remplit dans les mouvements, sert utilement à la station, en dirigeant la tête du fémur obliquement en haut et en dedans : d'où 11 résulte qu'elle supporte la pression verticale du bassin, et qu'elle résiste à Té-* cartement des os des iles, que le sacrum tend à pro* duire.
Le fémur transmet le poids du corps au tibia i mais, par la manière dont le bassin presse sur lui ^ son extrémité inférieure tend à se porter en avant, tandis que le contraire a lieu pour son extrémité supérieure : d*où il suit que, pour le maintenir en équilibre sur le tibia, il faut que des muscles puis* sants s*opposent à ce mouvement. Ces muscles sont le droit antérieur et le triceps crural, dont Tactiou est favorisée par la présence de la rotule , placée derrière leur tendon. Les muscles de la partie pos* térieure de la jambe, qui s'attachent, aux condyles du fémur , concourent aussi à maintenir cet équilibre.
C'est le tibia qui transmet au pied le poids du corp^; le péf oné n'j concoutt point. Mais pour que le premiev de ces a» remplisse convenableoient cet
debout.
office , il est Meessaire que des muscles s'o|>p^ statioa sent à la diâpositiao qu^a son extrémité supérLeure À être ptortée en ayaBt* Les fumeaux et le soLéaire remplissent particulièrement cet usage ; tous les autres muscles de la partie postérieure de la jambe y concourent.
Le pied soutient tout le poids du corps ; sa forme et sa structure sont en rapport avec cet usage. La plante du pied a beaucoup d'étendue , ce qui contribue à la solidité de la station. La peau et Tépiderme de cette partie sont fort épais. Au-dessus de la peau est une couche graisseuse, assez épaisse, surtout aux endroits où le pied presse sur le sol. Cette graisse forme une sorte de coussin élastique, propre à amortir ou à diminuer les effets de la pression exercée par le poids du corps.
Le pîed ne touche pas le sol par toute l'étendue de sa face inférieure : le talon, le bord externe, la partie qui correspond à Texlrémité antérieure des os du métatarse, l'extrémité ou la pulpe des orteils, sont les points qui touchent habituellement le sol et qui y transmettent le poids du corps : aussi trouve- 1- on dans chacun de ces points des paquets élastiques de graisse, évidemment destinés à s'opposer aux inconvénients d'une pression trop forte. Celui qui est placé immédiatement au-dessous de la tête du ealcanéum esttrès*remarquable : il est lissft par sa face supérieure, et seulement con^ tigu à l'o»; il est d'sdUevrs distinct du reste de la
370 PRÉCIS ELEIlXNTAiRE
suiion port, la largeur des pieds est loia d'être indiffé-
debout. .
rente.
. L'observation apprend que la station est aussi solide que possible quand les deux pieds , dirigés en avant et placée sur deux lignes parallèles , seront séparés par un espace égal à là longueur de l'un d'eux. Si l'on agrandit latéralement la base de sustentation en écartant les pieds, la station devient plus solide dans ce sens , mais elle perd de la solidité d'avant en arrière. C'est l'opposé quand on place un pied en avant et l'autre en arrière.
Plus la base de sustentation est diminuée, moin^ la station est solide, et^plus elle nécessite d'effi^rts musculaires pour être maintenue. C'est ce qui ar* rive quand on s'élève sur la pointe des pieds. Dans ce cas , les pieds ne touchent plus le sol que par l'espace compris entre Textrémité antérieure des os du métartarse et l'extrémité des orteils : ce mode de sjtation est fatigant et ne peut être long-temps soutenu. Quelques personnes, les danseurs, par exemple, peuvent s'élever jusque sur l'extrémité des or-teils : on conçoit que cette position doit présenter encore plus de difficulté. Au reste , quelle que soit la partie du pied qui touchp le sol , elle est toujours comprise parmi les quatre parties que nous avons désignées au commencement de cet article, et l'on ne peut méconnaître IHitilité des paquets de tissu cellulaire graisseux qui y correspondent.
La station deviendra de même très-pénible ou
DB PHTSIOLOCIE. 5'Jl
même impossible, si les pieds reposent-sur un plan très^troit, une corde tendue, par exemple.
En général^ toute causequi rétrécira la base de sustentation diminuera la solidité de la station dans la {Proportion de la diminution de cette base^ comme le prouvent les individus qui ont accidentellement perdu les orteils par la congélation , ceux qui ,sont privés de la partie antérieure du pied à la suite de l'amputation partielle, ceux qui ont une ou deux jambes de bois, ceux qui font usage d'échâsses ; et enfin, dans ce dernier eas , la station est encore rendue plus difficile par Vélo^gnement du centre de gravité de la base de sustentation.
La station sur deux pieds peut avoir lieu dans une infinité de positions différentes du corps, au^ très que la droite. Le tronc peut être penché en avant, en arrière , ou latéralement; les membres inférieurs peuvent être fléchis de diverses manié-res. Si l'on a bien compris ee que nous avons dit de la station debout, il sera facile de se rendre raison des attitudes dont il est ici question.
Staiion sttr un seul pied.
Dans certaines circonstances, on se tient debout statîop s.ur sur un seul pied. Cette attitude est nécessairement fatigante ; elle exige , de la part des muscles qui environnent l'articulation de la hanche, une action
ôyi PRÉCIS ÉLÉMENTAIKE
forte et soutenue, d'où résulte 1 équilibre du bassin sur un seul fémur; et coiniue le corps, et par conséquent le bassin, t^nd à s'incliner du côié de la jambe qui n'appuie pas sur lé sol, il fout, de la part des muscles grand, moyen, et petit fessiers, du fascia-lata, des jumeaux, du pyramidal, des obturateurs, du carré, une contraction telle, que Iç tronc soit retenu. Ne perdons pas l'occasion de remarquer ici l'usage du col du fémur et de la saillie du grand trochanter : il est clair qu'ils rendent beaucoup moins oblique l'insertion des muscles qui viennent d'être nommés, et que, par là , il y a moins de déchet dans la force avec laquelle ils se contractent.
Il n'est pas nécessaire d'ajouter que, dans la station sur un seul pied, la base de sustentatian n'est représentée que par la surface du sol recouverte par le pied, et qu'ainsi elle est toujours moins solide que la station sur deux pieds, quelle que soit la position de ceux-ci. Elle deviendra encore plus diflicile et plus chancelante, si, au lieu d'appuyer sur le sol par toute l'étendue de la face inférieure du pied, on ne le touche que par la pointe de cette
partie. 11 n'est guère possible de conserver une semblable attitude au-tielà de quelques instants.
Station sur les genoux.
Station La base de sustentation dans cette position, sem-
a genou . ^^^ ^ ^^^ premier abord, être fort large; et comme
le centre de gravite est baissé , on pourrait penser qu'elle est beaucoup plus solide que la station sur deux pieds : mais la largeur de la base qui soutient le poids du corps est loin d'être mesurée par toute la surface des deux jambes qui touchent le sol. La rotule, à peu près seule, transmet la* pression au sol ; aussi la peau qui la recouvre se trouvet-elle fortement comprimée, et n'étant point soutenue par de la graisse élastique, comme on le voit pour la peau du pied, elle serait bientôt . blessée si Cjptte position était prolongée. C'est pour diminuer les efifets de cette pression que l'on place un coussin sous la rotule lorsqu'on doit rester long-tem|)s à genoux, ou bien qu'on transmet au sol, par u\\ corps intermédiaire sur lequel bn appuie la partie supérieure du tronc, une partie du poids du corps. C'est dans la même vue, c est-à-dire pour répartir sur une plus grande étendue la pression causée par le poids du corps , qu'on laisse les cuisses fléchir en arrière et se porter sur les jambes et les talons : alors la station devient très-solide et peu fatigante, parce que la base de sustentation est très-large et que le centre de gravité en est très-voisin.
Attitude assise.
On peut être assis de diverses manières : sur le Aiiiituic sol , les jambes étendues en avant ; sur un siège bas; sur un siège ordinaire, les pieds touchant le sol ; enfin sur un sîége élevé, les pieds ne touchant
nssisc.
ns8i6e.
Attidude pas le sol, étant au contraire suspendus; le dos étant ou ^'étan^pas appuyé.
Dans toutes les positions assises où le dos n'est ^ pas soutenu et où les pieds appuient sur le sol, le poids du tronc est transnais au sol par le bassin , dont la largeur en bas est plus considérable che^ rhomme que dans aucun animal. La base de sustentation du Ironc devient distincte de celle des membres inférieurs ; elle est représentée par rétendue qu'occupent les fesses surle plan résistant qui les soutient. Plus elles seront volumineuses, chargées d.e graisse, et plus l'attitude assise aura de solidité.
' Lorsque dans l'attitude assise le doâ n'est point appuyé , elle nécessite la contraction permanente des muscles postérieurs du tronc, qui s'opposent à la chute de celui-ci en avant : aussi ne laisse-t-elle pas d'être fatigante, comme on peut le remarquer en restant long - temps assis sur un tabouret. Il n'en est pas de mém^ lorsque le dos est soutenu par un corps solide, comme il arrive quand on est assis sur un fauteuil : alors les seuls muscles qui soutiennent la tête ont besoin d'agir , et sont les seuls qui se fatiguent. Les chaises longues sont disposées pour empêcher cet inconvénient , puisqu'elles soutiennent et le dos et la tête. Quelle que soit cependant la manière dont on est assis ^ ou peut conserver assez long - temps cette attitude , 1*" parce qu'elle ne comporte que la contraction de
peu de muscles; a"* parce que. la base de sustenta-^ tioQ est large, et que le centre de gravité eu est peu élevé ; 3* parce que les fesses , en raison de l'épaisseur de la peau et de la masse de graisse qu'el- "^les contiennent, peuvent, sans inconvénient, supporter une pression forte et prolongée.
Du coucher.
Le coucher est la seule position du corps qui ne Du coucher. demande aucun effort musculaire ; aussi est-ce l'attitude du repos, celle des personnes débiles ou des malades qui ont une grande prostration de forces ; c'est aussi celle que Ton peut conserver le plus long-temps. Le seul organe qui se fatigue dans cette position, c'est la peau qui correspond à la base de sustentation ;' la pression du poids du corps, quoique répartie sur une très-grande étendue et n'ayant que peu d'action sur chaque point en particulier, suffit pour déterminer de la gêne d'abord^ et bien- «
tôt de la douleur. Et si la position reste long-temps la même, comme cela se voit dans certaines maladies , la peau s'excorie et se gangrène' , particulièrement dans les points qui supportent la presrsion la plus forte, comme à la face postérieure du bassin 7 aux grands trocbanters, etc. C'est pour éviter ks inconvénients de cette pression qu'on recfaercbe, pour se coucher^ les lits dont la mollesse et l'élasticité permettent un répartition plus égale
de la pression sur tous les points de la peau correspoud^nts à la base de sustentation.
De& mouvements.
On reconnaît deux espèces de mouvements : les premiers ont pour but de changer la position réciproque des parties du corps; les seconds changent les rapports du corps avec le sol : les uns sont appelés partiels , les autres locomoteurs.
Des mouvements partiets.
Mouvements . La'plupart des œouyements partiels font partie inhérente des diveraes fonctions. Plusieurs ont déjà été décrits, d'autres le seront à leur tour. Nous ne tlraiterons ici que de ceux qui peuvent être isolés de rhistoire des fonctions. Nous allons successivement pavler de cenx de la face , de ceux de la tête, de ceux du tronc, de ceux des membres su- ^ , périeurs, enfin de ceux des membres inférieurs.
Mouvements partiels de la face.
Mouveracnts 11 est aisé de remarquer que les mouvements ont ^^^ 'face. deux buts distincts : le premier, de concourir aux sensations de la vue, de Todorat et du goût, ainsi qu'à la préhension des aliments, à la mastication, à la déglutition, à la voix et à la parole; lé se-* cond, d'exprimer les actes intellectuels et les passions.
Mo uvements des paupi ères ,
Les mouvements des paupières peuvent être rap- cugnemeoi. portés au clignement, c'est-à-dire au mouvement par lequel les borda libres se rapprochent, se touchent, et quelquefois s'appuient avec plus ou moins de force l'un contre l'autre.
Les muscles quiexécutent ces mouvements sont l'orbiculaire et l'élévateur de la paupière ; les nerfs qui se distribuent dans l'orbiculaire sont le facial, et une partie des branches de la cinquième paire. Le îierf de l'élévateur de la paupière est une branche de la troisième paire.
M. Charles Bell a montré, par rexpérience, que Expérience la section du nerf facial fait cesser les mouvements dignement, d'abaissement des paupières : l'œil reste en contact avec l'air, et ranimai ne cligne plus, soit spontanément , soit quand un corps étranger touche sa conjonctive; j'ai répété plusieurs fois cette expérience, elle est parfaitement exacte.
J'ai trouvé, dans mes recherches sur la cinquiè- influence me paire, que la section du tronc de ce nerf, faite nTepaifesurie dans le crâne, arrête aussi les mouvements de cli- ^ ^s*^*^™^'*'gnement ; les muscles des paupières ne sont cependant pas paralysés, car la lumière dti soleil, introduite brusquement dans l'œil , détermine le clignement; il paraît donc que le retour périodique du clignement est lié à la sensibilité de la conjonctive , et que la destruction de cette propriété eu-
078 PRÉCIS éUBMENTAIRE
traîne la cessation du clignement. Ce mouvement parait donc être produit par un acte assez compliqué du système nerreux* Nous voyons ea effet que toute gêne, toute irritation de la conjonctive, toute menace inattendue, nous fait cligner ; enfin si nous nous efforçons de ne pas cligner pendant quelque teînps, nous ressentons une sensation pénible sur la conjonctive.
inniipncede Nous pouvous cu outrc' couclure de mes expé*
la cinquième ^ , . ., . ,
paire sur la Ticnces quc la cmquicme paire exerce sur la sep- Rcp 1 me. . .jj^j^g ^jjjg influence analogue à celle qu'elle a sur
les nerfs des sens spéciaux.
Mouvements de l*anL
Aucun organe ne présente un appareil moteur aussi compliqué que Tœil, sous le rapport du nombre des muscles, et surtout par celui des paires de nerfs qui y concourent ; nous voyous dans l'orbite les quatre muscles droits de Tœil, les deux obliques; la troisième , la quatrième et la sixième ; ces trois nerfs sont à peu près exclusivement destinés aux muscles, et, par conséquent, aux mouvements du globe oculaire.
Avant de rechercher quel est le mécanisme des mouvements de l'œil , et quels eu sont les agents, il faut d'abord rechercher quels sont les mouvements de cet organe.
M. Charles Bell a fait dernièrement remarquer
DE PHYSIOLOGIE. 3'JQ
que si on eut'rouvre les paupières d'une personne endormie, on reconnaît que la cornée et la pupille sont dirigées en haut et placées sous la païqpière supérieure; c'est encore ce qui se voit chez les personnes très-faibles et près de perdre connaissance : * les yeux ne se dirigent plus sur rien, et, en général, le globe tend à s'élever et tourne de bas en haut. I^e même phénomène se montre aux approches de la mort : alors la cornée opaque , ou le blanc de l'œil, parait seul dans Fécartement des paupières ; les médecins ont depuis long-temps signalé ce fait comme un des plus funestes présages.
Les attaches des muscles droits de l'œil indiquent assez leurs usages, et ce que l'anatomie annonçait a été confirmé par quelques expériences de M. GharlesBell.
Le même physiologiste, désirant s'assurer si les Expériences
sur 168
muscles obliques ne font éprouver à l'œil que des muscles mouvements latéraux , a attaché au tendon de de?œu. l'oblique supérieur un fil mince à l'extrémité duquel pendait un anneau de \erre , dont le poids tirait hors de l'orbite le tendon. En touchant l'œil avec une plume , j'ai vu , dit-il, par la contraction do muscle, l'anneau tiré en haut et plusieurs fois * arec a&set de force pour qu'il échappât de mon doigt.
Le même auteur a coupé en travers le tendon de l'oblique supérieur d'un singe : l'aniûial a d'abord éprouvé quelque trouille , mais ensuite l'œil
, a repris son expression natureUe, comme s'il n'a-
vait subi aucune opération. La section de l'oblique inférieur sur un autre singe n'a point eu d'autres résultats.
M. BelU djant coupé l'oblique supérieur sur un' singe, agita sa main devant les yeux de l'animal : l'œil droit se dirigea d'une manière très-prononcée en baut et en dedans, tandis que le gauche ofiErait le même mouvement, mais moins étendu ; en outre, lorsque l'œil droit avait pris cette position, il s'abaissait avec difficulté.
La conclusion générale de ces expérîentes , est que la section des muscles obliques n'empêche pas les mouvements de l'œil relatifs à la vue , et que l'usage principal de ces muscles est de présider aux mouvementspar lesquels l'œil se soustrait à l'action des corps étrangers, et que M. Bell regarde comme involontaires.
Malgré l'intérêt que présentent ces recherches , nous ne pouvons oncore nous flatter de counaitre parfaitement le uiécanisme des mouvements de l'œil ; j'ai observé divers faits qui nous indiquent la nécessité de nouvelles expériences, infloence Si l'ou blessc le pédouculc du cervelet , et surcuies du^cer. tout si OU cu fait uuc scctiou Complète sur^un la-
▼clet et da . I . •!. j% j» ^
pont sur les P^*^» *^s ycux prennent une position lixe fort re- '"ZTjr marquable.
L'œil du côté blessé est porté en bas et en avant; celui du coté opposé est fixé en haut et en arrière ,
et, par conséquent, dans une position diFectement opposée à l'œil opposé.
J.e même résultat se montre par la section de la partie raédullaîre du cervelet, par celle du pont de varole, et par celle de la partie latérale de la moelle allongée.
La première fois que j'ai observé ce phénomène , je crus qu'il dépendait de quelque lésion que je faisais involontairement à la quatrième paire de nerfs, dont l'origine avoisine de si près le cervelet ; mais je me convainquis bientôt qu'il n'en était rien : mes dissections, après la mort des animaux, ne me laissèrent aucun doute.
Mais pour mieux éclaircir cette idée, je coupai EflretdcU sur plusieurs animaux vivants la quatrième paire, quatrième soit d'un seul côté, soit des deux, et je n'ai pas ^^^^' vu sans surprise que cette section n'entraînait aucune modification dans la position des yeux. Je poursuis en ce moment cette recherche sur les autres nerfs de l'orbite ; mais ce résultat nous suffit pour montrer que le cerveau influe sur la position et le mouvement des yeux d'une manière encore inexplicable.
Indépendamment des mouvements de la face, Mouvemcms
* A 1 • • -1 X j» X • partiel* de la
qui concourent a la vision, il en est d autres qui teie. concourent à l'odorat, au goût, à la voix, à la parole, etc., et dont nous avons déjà parlé; il en est qui servent à la préhension des aliments, à la
du visage.
382 PRECIS ÉLiMENTAIRE
mastication, à la déglutition, etc., et dont nous parlerons en leur lieu.
Les muscles du visage déterminent, dans cette partie, des mouvements qui ont pour usage d'exprimer certains actes iptellectuels, les diverses dispositions de Tesprit, les désirs instinctifs et les passions. Le plaisir et la douleur, la joie et la tristesse, les désirs et la crainte, la colère, Tamour, etc., ont chacun une expression faciale qui les caractérise. Expression Cependant les affections douloureuses ou tristes, les désirs violents, sont marqués en général par la contraction du visage : les sourcils sont froncés, la bouche rétrécie , ses commissures portées en bas ; au contraire, dans les affections douces, gaies, dans les sensations agréables, les désirs satisfaits, la figure s'épanouit, les sourcils s'élèvent, les paupières s'écartent, les angles de là bouche sont tirés en haut et en dehors , ce qui produit le sourire. Le plus souvent les personnes chez lesquelles les diverses expressions sont le plus marquées, ou qui ont de la physionomie^ comme l'on dît dans le langage du monde, sont douées d'une vive sensibilité. C'est ordinairement le contraire pour les personnes dont le visage est immobile ou qui n'offre que des expressions peu prononcées. Lorsqu'une certaine disposition d'esprit ou une passion devient continue pendant un certain temps, les muscles qui sont habituellement contractés pour Texprimer, acquièrent plus de volume, prennent une
DE PIIYSI0L06IE. 5S3
prépondérance manifeste sur les autres muscles de la face : alors la physionomie conserve l'expression de la ptfssion, même dans les moments où celle-ci ne se fait pas sentir, ou long-temps après qu'elle a cessé. Aussi la considération de la physionomie est-«lle réellement un très -bon moyen de juger du caractère ou des passions habituelles d'un individu.
D'après les expériences de M. Charles Bell , con- influence du
o t m j»"i» !• !••.. .^ii- nerf facial
firmecs aujourd hui par plusieurs faits pathologiques ^m la piiypéremptoires , il est prouvé que le nerf facial est "°**®™'^celui qui préside aux divers mouvements d'expression de la physionomie ; si à la suite d'une opération ce nerf est coupé , pu s'il est altéré par quelque maladie , toute expression du côté de la face dont le nerf est malade est perdue , bien que sa sensibilité soit intacte. Nous avons déjà dit que ce dernier phénomène dépend des branches de la cinquième paire.
La coloration ou la décoloration de la peau du visage est encore un puissant moyen d'expression de l'intelligence et des passions ; nous en traiterons à l'article Circulation capillaire. ^
Mouvements de la tête sur la colonne vertébrale.
La tête peut s'incliner en avant, en arrière et latéralement ; elle peut en outre exécuter des mouvements de rotation , tantôt à droite » tantôt à gau-
5S4 PRÉCIS £LÉ)I£NTA1R£
che. Les mouvements par lesquels la tète est ineliuée, soit en ayant, soit en arrière, soit sur les côtés, s*ils ont peu d étendue , se passent dans l'articulation de la tête avec la première vertèbre cervicale ; . s'ils en ont d'avantage, toutes les vertèbres du cou y prennent part. Les mouvements de rotation se passent essentiellement dans l'articulation de Vat^ las et de r^a;û, évidemment destinée a cet usage. Ces divers mouvements, qui se combinent fréquemment entre eux, sont déterminés par la contraction successive ou simultanée des muscles qui de la poitrine et du cou se portent à la tète.
Il est aisé de voir que les mouvements de la tète favorisent la vue , l'ouïe et l'odorat ; ils sont aussi utiles pour la production des différents tons de la voix, en permettant l'allongement ou le raccourcissement de la trachée et du tuyau vocal , etc. Ces mouvements servent aussi comme moyen d'expression de l'intelligence : l'approbation, le consentement , le refus, se marquent par certains mouvements de la tète sur le cou ; quelques passions entraînent aussi des mouvements ou des attitudesparticulières de la tête.
Moitvetnents du tronc.
ifonTcmenis On uc parlera dans cet article que des mouve-
particU do *
troDc. ments particuliers à la colonne vertébrale ; ceux qui sont propres à la poitrine , à l'abdomen, au bassin, seront exposés ailleurs.
Flexion , extension , inclinaisons latérales , cir- Mou^en^ents conduction et rotation , tels sont lea mouyeaien.ts vertébrale!* qu'exécute la colonne vertébrale en totalité, tels sont aussi ceux qu'exerce chacune de ses régions et même chaque vertèbre en particulier.
Ces divers mouvements se passent dans le fibro- cartilage inter-vertébral ; ils sont d'autant plus faciles et plus étendus que ces corps sont plus épais et plus larges : pour cette raison , les mouvements des portions lombaire et cervicale de la colonne vertébrale sont évidemment plus libres et plus considérables que ceux de la portion dorsale. Chacun sait que les fibrp*cartilages cervicaux, et surtout les lombaires , sont proportionnellement plus épais que les dorsaux.
Dans les mouvements ^e flexion , soit en avant, soit en arrière, Soit latéralement, les fibro-cartilages sont affaissé^ dans le sens de la flexion et allon- '
gés du côté opposé ; plue ils sont épais et mieux ils prêtent à. un affaissement considérable. C'eçt une des raisons pour lesquelles la flexion en avant a beaucoup plus d'étendue qu'aucun autre mouvement de la colonne vertébrale.
Dans la rotation , la totalité des cartilages inter-vertébraux doit supporter un allongement dans le sens même des lames qui les composent. Leur centre présente une matière molle et à peu près fluide ; la circonférence seule offre une résistance considérable , et cependant , dans les mouve-
5d6 PRÉCIS ÉLillENTAIRE
uients par lesquels les vertèbres se rapprochent , cette circonférence cède assez pour fornief une sorte de bourrelet entre les deux os. La disposition des facettes articulaires des apophyses est une des circonstances qui inflaent davantage sur l'éteii^ due et le mode des mouvements réciproques des vertèbres.
MoriTeroenis Lorsqii'oH cnvisagc la colonne vertébrale dans du iionc. ggg mouvements de totalité ^ eBe représente un levier du troisième' genre, dont le point d'appui est dans Tarliculation de la cinquième vertèbre lon>baii*e avec le sacnnH ; la puissance , dans les muscles qui s'insèrent aux vertèbres ou aux côtes ; et la résistance, dans la pesanteur de la tête^des parties molles du cou, de la poitrine, et en partie de l'abdomen. Chaque vertèbre , prise isolément, au contraire ,'représente un levier dn premier genre, dont le point d^appui est au miHeu, sur la vertèbre placée immédiatement àu-dcssous. La puissance et la Résistance sont alterifativement en avant ou en arrière, ou Tune à droite et Tautre à gauche, à rextrémîlé des apophyses tra ns verses:
Fréquemment , les mouvements de la colonne vertébrale sont accompagnés de ceux du bassin sur les fémurs ; ils paraissent alors avoir une étendue qu'ils sont loin d'avoir réellement.
Les mouvements de la colonne vertébrale ont le plus souvent pour usage de favoriser ceux des membres supérieurs^ et inférieurs, et de rendre
moins fatigantes ou plus supportables les ^ii'erse^ attitudes ou positions que prend le corps en totalité.
Mouvements des membres supérieurs.
Les medabres supérieurs étant les agents prînci- Mouvements
-. • , . 1. . des membres
pau)f par lesquels nous itnpriinons directement ou supérieurs. indirectement aux corps qui nous environnent les changements qui nous sont avantageux, de^aiept présenter une extrême mobilhé, réunie à une solidité assez grande. On observe, en effet, que dans ces membres plusieurs o» longs y ont une longueur considérable et qu'il sont menus ; les os courts y sont peu volumineux : les uns et les autres sont peu pesants ; les surfaces articulaires ont de petites dimensions; lès muscles sont très-nombreux, leurs fibres souvent très-longues. Les os représentent presque toujours des leviers du troisième genre , favorables, comme nous l'avons dit, à l'étendue et à la rapidité des mouvements. Aussi, soit que Ton considère les membres supérieurs dans leur^ mouvements de totalité relativement au troûd, soît^que l'on envisage leurs mouvements partiels, on s'aperçoit aisément qu'ils réunissent k un haut degré retendue, la vitesse et la variété des mouvements.
La solidité de ces membres n'est pas moins digne d'être remarquée. Dans une foule de cgs , ils ont à supporter des efforts considérables, comme quand
588 PRiCIS Éli^NTÀIRE
Mouvements OQ s'appuiè SUF ufic caone, quand ob tombe en «up^éri^an!" aif ant et que les mains supportent tout le choc de la chute , etc.
Il nous est impossible d'entrer dans les détails de ce mécanisme merveilleux; on peut lire sur ce point VAnatomie descriptive de Bichat, dont le génie s est exercé a?ec beaucoup d'avantage dans l'exposition de la mécanique animale.
Les membres supérieurs sont essentiellement utiles pour l'exercice du toucher, dont la main est le principal organe; ils aident à l'action des autres sens^ en rapprochant ou éloignant les corps, ou en les plaçant dans les circonstances favorables pour qu'ils puissent agir sur eux. Leurs mouvements concourent puissamment à l'expression des actes D«'« gc8te«. iûtellectuels et instinctifs. Les geates forment un véritable langage , qui est susceptible d'acquérir une grande perfection quand il devient de première utilité comme il arrive chez les sourds-muets. Bans ce cas, les gestes ne peignent pas seulement les sentiments, les besoins ,* les passions , mais ils expriment jusqu'aux moindres nuances de la faculté de penser.
Les membres supérieurs sont souvent utiles dans les différentes attitudes du corps. Dans quelques cas ils transmettent au sol une partie du poids de celui-ci, et ils agrandissent par conséquent la base de sustentation : c'est ce qui se voit lorsqu'on s'appuie sur un bâton , lorsqu'étant à genoux on pose
DE PHYSIOLOGIE. 3Sq
les mains à terre , lorsqu 'étant assis sur un plan Mouvemeau
i«.i-« • 11' des mt^mbres
horizontal , on s appuie sur un ou sur les deux supérieurs, coudes, etc.
Ils peuvent encore assurer la solidité de la station en se portant dans le sens opposé à celui où le corps tend à tomber par l'effet de sa pesanteur. On verra tout-à-l'heure qu'ils ne sont pas inutiles dans les .divers modes de progression,
Mouv&menii des méjuges inférieurs.
Quoique l'analogie de structure soit manifeste MouTementti
.1 1 f. ^ 1 • nr • •! des membres
entre les membres supérieurs et les inférieurs , il inférieurs. n'est pas moins évident que chez les derniers la nature a beaucoup plus fait pour la solidité et Tétendue des mouvements, que pour la vitesse et la variété de ceux-ci ; cette disposition était bien nécessaire, car il est rare que ces membres se meuvent sans supporter le poids du corps ; et ce sont eux qui sont les principaux agents de notre locomotion.
Cependant, quand tious imprimons - quelques modifications aux corps extérieurs par les membres inférieurs , ils se meuvent indépendamment du tronc : ainsi, quand nous changeons la forme d'un corps en le pressant avec le piçd, quand nous le déplaçons en le frappant avec cette partie ; quand nous exerçons le toucher avec le pied pour juger, par exemple, de la résistance du sol sur lequel nous
SgO PRÉCIS ÉLEKENTAIRE
nous proposons de marcher > etc., il est clair que les divers mouvements qui se développent alors n'entraînent pas celui du tronc.
Mous ne décrirons pas ici en particulier les dive^3 mouvementé généraux ou partiels que peuvent effectuer les membre^, nou^ trçtîterons seulement d'une manière nbrégée des div^s modes de locomotion, c'est-à-dire des mouvements par les*quels le corps est transporté d'un lieu dans un autre, et qui sont la marche^ la courte, le saut^ et le nager.
Mouvements de locomotion, Dt la marçhi,
De la J^'âctioD de marcher ne s'exécute pas toujours
de la même manière : on marche en avant, en arrîère, sup-les côtés, et daiis les directions intermédiaires à celles-*là ; on marche sur un plan ascendant ou descendant, sur un sol solide ou mobile ; la marche diffère aussi par la grandeur et la vitesse des pas^ etc.
Quel que soit le mode de la marche, elle se com-i pose nécessairement de la succession des pas; en sorte que la description de la marché n'est que celle de la manière dont on fait une suite de pas. C'est donc le pas qu'il convient de faire connaître avec ses principales modifications.
Du pa6. En supposant l'homme debout , les deux pied$i
'ds fuysioloci£. 591
placée Tuu à côté de Tautre , et devant marcher ih h sur un plan hodzoDtal, et d'un pas ordinaire pour "^^^^ *^' l'étendue et pour la vitesse, il doit ÂncliQçr Quelque peu le tronc de côté et en avant, fléchir en uoiéuie tem'ps la cuiBse opposée sur le bassin, et la jambe sur la. cuisse, afin de détacher le pied dy sol. La « flexion de la cuisse entraîne le trani^ort en avant (}e tout le membre inférieur, qui bientôt s'appuie sur le sol ; c'est d'abord le talon qui pose , et successirement toute la plante. Pendant que ce mou- ' vement s'effectue, lebas;5in éprouve un mpuvement de rotation horizontale sur la tête du fémur du membre qui est resté immobile. Cette rotation du bassin snr la tête du fémur a pour résultat : 1* de porter en avant la totalité du membre qui s'est déta- ché du sol; 2"* de porter aussi en avant le côté du corps corres^pondant au membre qui se meut, tandis que le côté correspondant au membre immobile reste en arrière. Ces deux effets sont à peine sensibles dans le» petits pas; ils sont très-marqués dans les pas ordinaires, mais (Is le son^ biep davantage dans les grands pas. Jusqu'ici il n'y a point eu de procession , la base de snstentation est seulement modifiée. Pour que le pas soit achevé, il faut que le membre resté en arrière se rapproche , se place sur la méipe ligne^ ou dépasse celui qui a été . porté en avant. Pour cela, le pi^d qui est en arrière se détache du sol , successivement du talon vers la pqinte , par un mouvement de rotation ,
Delà
marche.
5g2 PRÉCIS ÉLÉMENT^RE
dont le centre est daùs rarticulation des os du métatarse avec les phalanges, de manière qu'^ la fin de ce mouvement le pied ne touche plus le sol que par ces dernières. De ce mouvement du pied résulte un allongement dn membre, dont Tefifet est de porter le côté correspondant du tronc en avant, et de déterminer la rotation du bassin sur la tête du fémur du membre primitivement porté en avant. Une fois ce mouvement produit, le membre se fléchit; le genou est dirigé en avant, le pied détaché du sol ; puis , la totalité du membre exécute les mêmes mouvements qu'a précédemment exécutés celui du côté opposé.
Par la succession de ces mouvements des membres inférieurs et du tronc , s'établit la marche , dans laquelle les têtes des fémurs sont tour-àtour les points fixes sur lesquels le bassin tourne comme sur un pivot, en décrivant des arcs de cercle d'autant plus étendus que les pas sont plus grands.
Pour que la marche se fasse en ligne droite , il faut que les arcs de cercle décrits par le bassin et que fextei^sion des membres, lorsqu'ils sont portés en avant, soient égaux : sans quoi on se déviera de la ligne droite, et le corps sera dirigé du côté opposé du membre dont les mouvements aeront plus étendus ; et comme il est difficile de faire exécuter successivement aux deux membres exactement la même étendue de mouvement, on tend toujours à
DS PHYSIOLOGIE. SqO
se dévier , et l'on se déyierait réellement si la vue ne nous avertissait de la nécessité de corriger cette déviation. On peut se convaincre de cette vérité en marchant quelque temps les yeux fermés.
Nous avops exposé le mécanisme du marcher en avant, il ne sera pas difficile de se faire une idée de la marche en arrière et de la latérale.
Dans le pas que Ton fait pour reculer, l'une des cuisses se fléchit sur le bassin en même temps que la jambe se fléchit sur la cuisse ; l'extension de la cuisse sur le bassin succède, et la totalité du membre est portée en arrière ; ensuite la jambe s'étend sur la cuisse ,« la pointe du pied touche le sol et bientôt toute sa surface inférieure. Au moment où le pied dirigé en arrière s'applique sur le sol, celui qui est demeuré en avant s'élève sur la pointe ; le membre correspondant se trouve allongé ; le bassin, poussé en arrière,, fait une rotation sur le fémur du membre dirigé en arrière ; le membre qui est en avant quitte entièrement le sol, et se porte lui-même en arrière, afin de fournir un point fixe à une nouvelle rotation du bassin, qui sera produite par le membre opposé.
Lorsque nous voulons exécuter le pas latéral , nous fléchissons d'abord légèrement Tune des cuisses sur le bassin, afin de détacher le pied du sol ; nous portons ensuite tout le membre dans l'abduc* tion, puis nous rapj>uyons sur le ^ol; nous rappro-^ chons immédiatement l'autre membre de celui qui
Marche en arrière.
Marche latérale.
Marche tur un plan ascendant.
Marcha Kur un* plan descendant.
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a été d'abord déplacé, et ainsi de suite. Dans ce cas il ne peut y avoir de rotation du bassin sur les fémurs.
Si nous marchons sur un plan ascendant, la fatigue se fait bientôt sentir : c'est que , dans ce genre de progression, la flexion du membre porté d'abord en avant doit être plus (fonsîdé* rable, et que le membre resté, en arrière doit nonseulement faire exécuter au bassin le mouvement de rotation dont il vient d'être question , mais il faut encore qu'il soulève le poids total du corps , afin de le transporter sur le membre qui en est avant. La contraction des muscles antérieurs de la cuisse portée en avant est la cause principale de ce transport du coips ; aussi ces muscles se fatiguentils beaucoup dans l'action de monter un escalier ou tout autre plan ascendant.
Pour une raison opposée,. la marche sur un plan descendant -est aussi plus pénible que celle qui.se fait sur un plan horizontal. Ici , ce sont les muscles postérieurs du tronc qui doivent se contracter avec force pour s'opposer à la chute du corps en avant.
Tous les modes'de progression que nous venons de décrire rapidement , nécessitant des mouvements faciles de toutes les articulations des membres inférieurs et une égale. action de la part de chacun de ces membres, la moindre gêne dans les glissements des surfaces articulaires , la moindre