‹ Précis élémentaire de physiologie (volume 5)Chapitre 34 sur 64 · PRE · texte numérisé non relu

PRE

à des résultats singuliers relativement à la nutrition de l'œil.

Quand le tronc de ce nerf est coupé dans le

crâne, un peu après son passage sur le rocher ,

vingt-quatre heures après la section, la cornée

devient trouble à sa surface ; il s y forme une large taie. Après quarante-huit ou soixante heures, cette . partie est complètement opaque, la conjonctive | s’enflamme ainsi que l'iris. Il se dépose dans. la chambre intérieure un liquide trouble et des fausses membranes provenantes de la face intérieure de . iris; le cristallin lui-même et l'humeur vitrée com- A mencent à à perdre leur transparence et finissent, au bout de quelques jours, par la perdre entièk rement.

Huit jours après la section du nerf, la cornée se détache de la sclérotique, et les humeurs de | l'œil qui sont restées liquides s’échappent par l’ouverture. L'organe diminue de volume et tend à s’atrophier, et finit en effet par devenir une sorte . de tubercule rempli d’une matière analogue à du fromage pour l'aspect, etc.

La nutrition de l'œil est donc évidemment sous l'influence nerveuse.

I n'en est pas de même de la glande lacrymale , qui cependant reçoit une branche spéciale de la cinquième paire, sous le nom de nerf lacrymal. Cette branche, au lieu de s atrophier et de se détériorer

a PE ee —-

comme l'œil, semble acquérir une nutrition plus active, du moins son volume est augmenté sensiblement quinze jours après ja section du nerf. Remarques F. Un assez grand nombre de tissus dans l’écola Hutrition, nOmie paraissent ne point éprouver de nutrition proprement dite : tels sont l’épiderme, les ongles , : les poils, les dents ; la matière colorante de la peau, et peut-être les cartilages. Ces diverses parties sont réellement sécrétées, soit par des organes particuliers , comme les dents et les poils , soit par des parties qui onten même temps d’autres

fonctions , comme les ongles et l’épiderme. La plu-

part des parties formées de cette matière s’usent par le frottement des corps extérieurs, et se renouvellent à mesure qu'elles se détruisent ; enle- … vées complètement , elles peuvent se reproduire en. entier. Un. fait assez singulier, c’est qu’elles continuent à croître plusieurs jours après la mort: nous avons vu un phénomène semblable à l’occasion du mucus.

G. Certaines substances, mais particulièrement. l'iode, paraissent avoir une influence marquée sur» Fi la nutrition. Leur usage l’accélère ou la diminue. | Ce dernier effet est très manifeste pour l’iodes et mériterait une attention spéciale.

Après ce peu de mots sur les principaux phénomènes nutritifs , il faut examiner un phénomène très important, qui paraît intimement lié avec la

ne]

: k e x " 4 DE PHYSIOLOGIE. 495 nutrition , mais qui a aussi des rapports étroits avec

la respiration : je veux parler de la production de la chaleur dans le corps de l’homme.

De la chaleur animale.

… Un corps inerte, qui ne change point d'état ,

placé au milieu d’autres corps, prend bientôt la

même température que ceux-ci, à raison de la

tendance qu’a le calorique à se mettre en équilibre. Le corps de l’homme se comporte tout autrement : environné de corps plus chauds que lui, il conserve, tant que la vie dure, sa température inférieure ; entouré de corps dont la température est plus basse que la sienne, il maintient sa température plus élevée. Il y a donc dans l’économie

animale deux propriétés distinctes et différentes ,

l’une de produire de la chaleur, et l’autre de produire du froid. Examinons ces deux propriétés ;

voyons d’abord comment se produit la chaleur.

La principale, ou, si l’on veut, la plus évidente

source de la chaleur animale paraît être la res-

piration. L'expérience nous a démontré, en effet :

que le sang s’échauffe d'environ un degré en tra-

versant les poumons ; et comme du poumon il est

réparti dans tout le corps, il porte partout de la

chaleur, et la dépose dans les organes; car nous avons vu aussi que le sang des veines est un peu moins chaud que celui des artères.

Tr

ae

Principale source de la chaleur animale.

Chaleur anlmale.

Expériences

498 PRÉCGIS ÉLÉMENTAIRE

Ce développement de chaleur dans la respiration paraît être dû, comme nous l’avons déjà dit, à la formation de l’acide carbonique, soit qu'elle ait

lieu directement dans le poumon, soit qu’elle n’ar-

rive qu'ultérieurement dans les vaisseaux ou dans le parenchyme même des organes. De très belless, expériences de Lavoisier et de M. de Laplace conduisent à cette conclusion : ils placèrent dans un calorimètre des animaux , et comparèrent la quantité d’acide formé par la respiration , avec la quantité de chaleur produite dans un temps donné, À une petite proportion près, la chaleur produite était celle qu'avait nécessairement entraînée la quantité d'acide carbonique formée.

Des expériences de MM. Brodie, Thillaye et Legallois ont aussi prouvé que si l’on.gêne la respiration d’un animal, soit en le mettant dans une position fatigante , soit en le faisant respirer artificiellement, sa température baisse, et la quantité d'acide carbonique qu'il forme diminue. Dans les maladies, quand la respiration est accélérée, la chaleur augmente, à moins de circonstances particulières. La respiration est done un foyer où il se développe du calorique. |

La science vient d'acquérir, sur la question de la chaleur animale , une précision qui n’avait point encore été atteinte dans ce genre de recherche.

M. Despretz a fait une série nombreuse d'expé-

riences sur la comparaison de la chaleur émise par les animaux et de la chaleur dégagée par la combustion opérée au sein des poumons.

Il paraît bien démontré aujourd’hui que la respiration produit en général les quatre cinquièmes de la chaleur chez les animaux herbivores, les trois quarts chez les animaux carnivores ; les oiseaux présentent à peu près le même rapport.

C’est donc dans les poumons qu'est la principale source de la chaleur animale , ainsi que l’indiquaient les essais de Lavoisier et de M. Laplace ; mais, dans ces essais, la comparaison n'avait pas été établie sur le même animal: un cochond'inde avait fourni l'acide carbonique, et un autre animal du même genre avait servi à la mesure de la chaleur ; il restait donc à faire des expériences nombreuses et précises, pour ne plus laisser d'incertitude sur le rôle des poumons dans cet important phénomène : c'est ce qui a engagé l’académie des sciences à proposer en prix cette question. M. Despretz l’a remporté. L’académie avait demandé en outre qu'on déterminât avec précision la chaleur dégagée dans la combustion du carbone ; M. Despretz a résolu ces deux questions avec succès : nous ne rapporterons ici que ce qui à rapport à la physiologie.

L'animal est placé dans une boîte en cuivre as-

sez grande pour qu'il n'y soit pas gêné; cette boîte se as

de M. Despretz sur la chaleur animale.

des os >

nn

Expériences de M. Despretz sur la chaleur animale.

a un rebord dans lequel plonge le couvercle; l'intervalle entre la boîte et le couvercle est rempli de mercure; la petite boîte renfermant l’animal est fixée dans une caisse en cuivre; on connaît exactement le poids de tout le cuivre employé, et de l’eau pure qui enveloppe la boîte dans laquelle est l'animal; tout cet appareil est placé sur des supports en bois très sec; l'animal est d’ailleurs séparé du cuivre par des baguettes d’osier, afin qu'il ne lui cède pas de sa chaleur propre; l'air est fourni par un gazomètre exactement gradué ; cet air passe d’abord dans la boîte assez de temps pour qu'il s'y trouve au moment où l’on prend la température de l’eau dans le même état qu'à la fin de l'expérience; la température de l’eau est connue avec une grande précision. Pendant toute la durée de l'expérience , qui est ordinairement de deux heures, l’air arrive sur l’animal avec une vitesse constante. Le gaz qui à été respiré contient ordinairement six pour cent d'acide carbonique ; on en détermine la quantité en traitant l'air par la potasse; l'air, dépouillé de son acide carbonique, est ensuite analysé par l'hydrogène. Le volume d’air fourni à l’animal pendant deux heures , est de quarante-cinq à cinquante litres.

Îre EXPÉRIENCE,

Trois cochons-d’inde , femelles adultes.

Durée de l'expérience, 1 h. 45 m.

DE PHYSIOLOGIE. 5o1

! ,03 i à Experi Volume d'air fourni à, .. . .. 9°,44 — 48lit.026 Eu te LVL

2,587 acide. M. Despretz

Après l’expérience ramené à la même température 6,789 oxigène. sur la chaleur

DAMES In TER Se Se RENAN 2 ‘+ Hofioante animale. L] L litres Acide formé.?. .., .".": 3.587 Oxigène disparu. . . .. 0,709 Azote dégagé, . . . .. 1,675

Ges trois animaux ont élevé la température de 233108,5 d’eau, de 0°,63 ; d’où l’on déduit :

Chaleur animale. 2.520. 4. . à 2, 100 Chaleur due à la formation de lacide carbonique:t.r, . ... Par ds. 69,6 $89,0 Chaleur due à la formation de l’eau. 19,4

L’oxigène disparu — de l’acide formé.

L’azote dégagé — :7 de l’oxigène disparu . — {7 de l’acide formé.

Les frugivores présentent souvent une exhalation d’azote supérieure à l'absorption de l’oxigène.

Île EXPÉRIENCE,

Chienne de 5 ans environ. ï Durée de l'expérience, 1 h. 31 m.

. L 10,008 oxigène.

Volume d’air fourni à. . . . .. 80,60 — 471.657 À 59649 azote.

Volume d’air, après l'expérience, ramené à la ( 3,768 acide.

F RE — 4 4,424 oxigène.

ihôMe température . 5 + . . .". . 47,214 ls Me litres , Acidenforme.. . . 4:27. 3,768 CnISéRe dISpArU. à 4. … .!. 1,806 Azote dégagé. . . . .. "1,874

L’oxigène disparu — =- de l'acide formé.

» 1 , 3 , CIRE . : 7 , . Ù , L’azote dégagé , —7 de l’oxigene disparu = de lacide formé,

Élévation de la température de 253878,5 d’ean, 1°,10.

Chaleur animale. . . : . .1...2 . L1 100 Chaleur due à la formation de l’acide CAPDORIQUE 20e este à 4 54,9 ; 80,8

Chaleur due à la formation de l’eau. 25,9 \

IIIe ExPÉRIENCE.

Chat mâle, âgé de deux ans.

Durée de lexpérience, 1 h. 30 m.

Du ah: 055 oxigène, Volume d’air fourni à, . . . ... 9°,44 — 47,883 )37 828 Pas

Expériences de M. Despretz sur la chaleur animale.

. 2,059 acide.

Volume après la respiration. . . . . . . . 48,022 4 7,122 oxigène. Acide formé. . . . . . . . D 223090 Oxigène disparu. . . . « « . « + 0,874 Azote dégagé. . . + + « DID

L’oxigène disparu — - de l’acide formé.

… L’azote dégagé ="? de l’oxigène disparu , 1? de l’acide formé. Élévation de la température de 253875,5 d’eau, 0°,57, d’où

Chaleur animale. . . . . . . . + 12100

Chaleur due à la formation de l'acide carboniqué..: «+ se. fie. t ul 1070) 0030 Chaleur due à la formation de l’eau. 25,0

Les nombres qui représentent la partie de la chaleur animale due à la respiration sont un peu forts; en voici quelques uns qui le sont

moins.

IVe EXPÉRIENCE,

Deux jeunes chiens de cinq à six semaines.

Chaleur animale. . . . . . . . + . . 100 Chaleur due à la formation de l’acide ’ carbonique. . . . . . Ma 2402,2707

Chaleur due à la formation de l’eau. 22,2 \

Ve EXPÉRIENCE,

Chienne de six mois.

Chaleurianimales 7,4... +...

Chaleur due à la formation de l’acide carbonique. « + « « + + + + +. 49,6 ? 74,1

Chaleur due à la formation de l’eau. 24,5

VIe EXPÉRIENCE,

Six petits lapins. | Chaleur animale. . . . . «+ . .« + + . 100 ' Chaleur due à la formation de l’acide

Carboniqué.. CREER er 58,5 : 82,1 | Chaleur due à la formation de l’eau. 23,6

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