‹ Précis élémentaire de physiologie (volume 5)Chapitre 36 sur 64 · DE LA GÉNÉRATION · texte numérisé non relu

DE LA GÉNÉRATION

Les fonctions de relation et les fonctions nutritives établissent l’existence individuelle de l’homme; mais, comme tous les animaux, il est encore appelé à en exercer une autre trés importante, qui

est la création d'êtres semblables à lui set:à concourir ainsi à l'existence de l’espèce.

Par son but, la génération est déjà tres différente des fonctions de relation et nutritives; mais elle en diffère encore en ce que les organes qui y coopèrent n'existent pas sur le même individu, et établissent la principale différence des sexes.

Organes génitaux de

l’homme.

Testicules.

b12 PRÉCIS ÉLÉMENTAIRE

Appareil de la génération.

Il se compose des organes propres à l’homme, et de ceux qui sont particuliers à la femme.

Organes génitaux de l’homme.

Ces organes sont les testicules , les vésicules spermatiques, la prostate, les glandes de Cowper et le penis. | y Per

Il y à deux testicules. Les cas rapportés dans les auteurs , où l’on dit en avoir vu trois et même quatre, sont fort incertains. Leur forme est ovoide et leur volume peu considérable ; leur paren-

chyme consiste en un nombre infini de petits

vaisseaux repliés et contournés sur eux-mêmes ,

nommés spermiferes, et se dirigeant tous vers un point de la surface , nommé la tête de l’épididyme : là ils se rapprochent , s’anastomosent, diminuent de nombre, et finissent par ne plus former qu'un canal contourné qui règne au-dessus de l'organe, et y prend le nom d’épididyme ; si par la dissection ou autrement on détruit le tissu cellulaire qui maintient 'plissés les vaisseaux spermiferes, on peut s'assurer qu'ils ont une longueur très considérable, qu'ils forment , en s’anastomosant, des mailles de plus d’un pied de diamètre.

Le canal qui leur succède, ou qui résulte de leur réunion, se détache de l'organe sous le noni

de conduit déférent, remonte vers les anneaux in- - guinaux , Se plonge dans le bassin, et arrive enfin à la partie inférieure et antérieure de la vessie ; là il communique d’une part avec les vésicules sper matiques , et de l’autre avec la portion prostatique de l’urètre.

Le parenchyme du testicule est enveloppé par une membrane fibreuse et résistante; il est en outre recouvert, 1° par une membrane séreuse, nommée tunique vaginale , qui dans le fœtus à fait partie du péritoine ; 2° par une membrane musculaire qui peut élever le testicule et l'appliquer contre l'anneau inguinal ; 3° par le dartos, couche de tissu cellulaire fort lâche qui paraît être contractile ; 4° enfin , par la peau rugueuse et de couleur foncée qui forme le scrotum ou les bourses. Cette portion de peau a la propriété remarquable de se contracter à la manière des tissus musculaires non soumis à la volonté. |

Le sang artériel arrive au testicule par une petite artère qui naît de l’aorte à la hauteur des rénales. Les veines de cet organe sont grosses , flexueuses, et multipliées ; elles ont des anastomoses fréquentes , et portent ensemble le nom de corps pampiniforme. Quoique la sensibilité des testicules soit des plus vives, il ne paraît pas qu'on ait pu y suivre aucun nerf, soit du cerveau, soit des ganglions.

Vésicules sperwatiques.

Pénis.

Corps

caverneux.

On donne le nom de vésicule spermatuque à deux petits organes celluleux situés au-dessous » du bas-fond de la vessie, et qui paraissent destinés à contenir. le fluide sécrété par le testicule. Les parois en sont minces, recouvertes en dedans par une membrane muqueuse, et en dehors par une lame fibreuse : on ignoré si la membrane intermédiaire est ou n’est pas contractile. L’extrémité antérieure de ces petites vessies communique avec les canaux déférents de l’urètre par l’intermédiaire d’un canal très court et très étroit, appelé éjaculateur.,

M. Amussat vient de s'assurer , par une dissection attentive et délicate, que les vésicules sont formées par un canal étroit, d’une longueur assez considérable, et replié plusieurs fois sur luimême en divers sens. Ses contours sont rendus fixes par des brides cellulaires, à la manière des vaisseaux spermifères.

Enfin, la verge ou pénis est au nombre-des organes génitaux mâles. Elle est principalement formée par les corps caverneux, la portion spongieuse de l’urètre, et le gland.

Les corps caverneux déterminent en grande partie la forme et les dimensions de la verge; ils commencent sur la partie interne des branches de l'ischion, se rapprochent bientôt, et finissent par s’adosser pour former le corps de la verge. Ils

DE PHYSIOLOGIE. 3 4 ls SR

sont séparés l’un de l’autre par une cloison fibreuse a percée de beaucoup d'ouvertures. Ils ont une mem- brane extérieure fibreuse, dure , épaisse , et très résistante. À leur intérieur, il existe un très grand nombre de filaments , de lames entre-croisées en divers sens, et qui, par leur réunion, produisent une sorte d’éponge, au milieu de laquelle le sang est épanché. Ce tissu communique librement avec les veines, ainsi que j'en ai plusieurs fois acquis la preuve directe (1). L’urètre et le gland , qui font aussi partie essentielle de la verge , ont un parenchyme analogue , mais ils ne sont pas entourés d’une membrane fibreuse.

Six artères se rendent à la verge. Cette partie reçoit aussi plusieurs nerfs qui naissent des paires sacrées.

Les organes génitaux de l’homme ne consti- ins SeCretion tuent réellement qu'un appareil de sécrétion glan- du sperme. dulaire, dont le testicule est la glande, les vésicules le réservoir , le conduit déférent et l’urètre le canal excréteur. Cette sécrétion est indispensable pour la génération.

(1) Pour bien voir cette communication du tissu caverneux de la verge avec les veines, j’insuffle et je fais sécher le pénis; alors, au moyen de quelques coupes fort simples, on voit les veines faire suite immédiate aux cellules caverneuses. Dans le cheval , la communication se fait par des ouvertures assez grandes pour contenir le doigt.

On nomme sperme le fluide sécrété par les testicules. Le petit volume de ces glandes, le nombre et la ténuité des conduits spermifères , la petite quantité de sang qu'y apportent les artères spermatiques , la longueur et l’étroitesse extrême des canaux déférents, rendent probable que sa quantité est très peu considérable, et qu'il ne se dirige vers les vésicules qu’avec une extrême lenteur. Il est probable aussi que la sécrétion du sperme se fait d’une manière continue , mais plus rapide , si l'on éprouve des excitations voluptueuses , si l’on a fait usage de certains aliments, et sil'on répète souvent l'acte vénérien.

Sécrétion On conçoit assez difficilement comment la licu spa queur sécrétée par le testicule chemine à travers les canaux spermifères et l’épididyme, et comment elle parcourt de bas en haut le canal déférent. Peut-être y a-t-il dans ce canal un effet de capillarité que rend probable son étroitesse, ainsi que l'épaisseur et la résistance de ses parois. Il est un peu plus facile de comprendre comment le sperme, arrivé à l'extrémité du canal déférent , peut pénétrer dans les vésicules : les canaux éjaculateurs, embrassés avec le col de la vessie par les releveurs de l’anus, doivent résister à l’abord du liquide , qui trouve un plus libre accès dans le col de la vésicule spermatique.

Jamais le sperme n’a été analysé tel qu'il sort

du testicule ; le fluide qui a été étudié sous ce nom est formé par le sperme, le liquide sécrété par la membrane muqueuse des vésicules, celui de la glande prostate, et peut-être celui des glandes de Cowper.

Au moment où il sort de l’urètre , Ce fluide mixte est composé de deux substances, l’une liquide , légérement opaline, l’autre épaisse, presque opaque. Abandonnées à elles-mêmes, ces deux matières se mêlent , et la masse se liquéfie en quelques minutes. L’odeur du sperme est forte, et sui generis ; sa saveur est salée et même un peu âcre. M. le professeur Vauquelin, qui l'a analysé, l’a trouvé composé de, eau , 900 ; mucilage animal, 6o ; soude, 10 ; phosphate de chaux , 20. Examiné au microscope, on y aperçoit une multitude innombrable de petits animalcules qui paraissent avoir une tête arrondie et une queue assez longue : ces animalcules se meuvent avec une certaine rapidité ; ils semblent fuir la lumière et se plaire davantage à l'ombre. Pour les voir, il suffit de faire une légère piqûre au testicule d’un animal en âge de féconder, de recueillir sur un porte-objet une parcelle du liquide qui s’écoulera de la piqûre, de délayer avec de l’eau tiède, et de placer ensuite sous le microscope avec un faible grossissement. Ces animalcules n'existent que chez les individus aptes à la fécondation :

Propriétés physiques et chimiques du sperme.

Animalcules spermatique

Influence de la sécrétion du sperme sur l’économic.

les affections tristes (1) ,les maladies, les excès, les font disparaître : chez les animaux, on ne les trouve que durant le temps du rut. Les mulets, qui sont inféconds, n’en offrent point , bien qu'ils aient du sperme.

L'époque à laquelle commence la sécrétion du sperme est celle de la puberté; avant ce temps, les testicules forment un fluide visqueux transparent qui n'a jamais été analysé, mais qui, à en juger par l'apparence , diffère beaucoup du sperme. D'après des observations récentes, ce fluide ne contiendrait pas d’animalcules,

Les modifications de l’économie qui arrivent à la même époque, telles que la mue de la voix, le développement des poils, l'accroissement des muscles et des os, etc., sont liés avec l’existence des testicules et au fluide qu'ils sécrêtent. En effet, la soustraction de ces organes avant la puberté s’oppose à leur développement. Les eunuques conservent d’abord les formes de l'enfance ; leur larynx ne s'accroît pas, leur menton ne se couvre point. de poils, leur caractère reste timoré ; plus tard, leur physique ct leur moral se rapprochent beaucoup de ceux de la femme : cependant la plupart

(1) M. Bory-Saint-Vincent a en vain cherché ces animalcules sur deux individus jeunes et vigoureux qui avaient subi la peine capitale; il les a trouvés, au contraire, sur des militaires tués par le boulet.

se plaisent dans le commerce de celles-ci, et se livrent avec ardeur à un acte qui ne peut jamais tourner au profit de l'entretien de l'espèce.

Dans l'état de santé, pour que l'émission du sperme puisse avoir lieu, le tissu spongieux de la verge doit être distendu en tous sens, durci, plus

chaud , en un mot être en érection. Dans cet état, tout annonce que le sang arrive en plus grande abondance à la verge, ses artères sont plus grosses et battent avec plus de force, tout annonce aussi qu'il en sort avec plus de difficulté, ses veines sont gonflées, et la température est sensiblement augmentée. Ces divers phénomènes sont évidemment sous l'influence du système nerveux.

Diverses explications ont été proposées pour l'é-

rection. Elle à été rapportée tantôt à la compression des veines honteuses ou des COTPS caverneux par les muscles intrinsèques de la verge, tantôt à la constriction des veines par l'influence nerveuse, etc. ; de ces explications, celle qui attribue l'érection à la compression des veines du pénis parait la plus probable. Les principales veines sont disposées de manière à être comprimées au moment où elles rentrent dans le bassin, tandis que rien ne peut produire un semblable effet sur les artères. Pour m'assurer de l'influence de la compression des veines sur le gonflement du pénis, j'ai lié, sur un chien, Jes

De l'érection.

Expériences sur l'érection.

Excrétion du sperme.

deux grosses veines qui marchent sur la partie supérieure des corps caverneux, et sur-le-champ le pénis s’est gonflé , et est entré dans une sorte d’érection assez prononcée ; mais comme les deux vaisseaux liés ne sont pas les seules veines du pénis du chien, on ne peut rien afhirmer de cette expérience, qui montre cependant l'influence de la compression des veines sur l’état du pénis.

Quoi qu’ilen soit, l'érection est amenée par plusieurs causes très différentes, telles que des excitations mécaniques, les désirs vénériens, la plénitude des vésicules, l'usage de certains aliments, de quelques médicaments, et même de quelques poisons : elle est encore excitée par plusieurs maladies, la flagellation , etc. De toutes ces causes, l’imagination est celle dont l'effet est le plus rapide. Parmi les phénomènes de l'érection, l’un des plus remarquables est sans doute la promptitude avec laquelle elle se reproduit ou cesse dans certains Cas.

Ordinairement l’érectiontest accompagnée de l'écoulement d'un liquide visqueux, qu'on dit venir de la prostate.

Les circonstances qui amènent l’excrétion du sperme, ainsi que la sensation qui l'accompagne , sont connues ; le mécanisme même de son évacuation l’est beaucoup moins. Les vésicules se vident-elles en tout ou en partie dans le moment

de l’éjaculation ? est-ce leur tunique moyenne qui se contracte, ou bien sont-elles comprimées par quelques autres causes ? les faisceaux musculaires (1), qui, de l’orifice des uretères , se portent à la crête urétrale, y concourent-ils ? le muscle releveur de l’anus doit-il être relâché à cet instant ? est-ce le contact du sperme sur la partie membraneuse ou spongieuse qui excite la sensation qui, accompagne son expulsion? ete.

Nous ne savons rien de positif sur ces diverses questions.

Organes génitaux de la femme.

Les ovaires , les trompes , l'utérus ou la matrice , et le vagin, tels sont les organes qui servent essentiellement à la génération chez la femme.

Depuis Stenon, on donne le nom d'ovaires à deux petits corps situés dans l’excavation du bassin, sur les côtés de l'utérus. Chaque ovaire est formé par une membrane extérieure fibreuse , et à l’intérieur par un tissu cellulaire particulier, au milieu duquel se trouvent quinze ou vingt vésicules, dont ordinairement plusieurs sont plus volumineuses et correspondent par un de leurs côtés à la membrane extérieure, qui est plus mince à cet endroit. Ces vésicules paraissent contenir les

(1) Décrits récemment par M. Charles Bell.

Organes génilaux de la femme.

Des ovaires,

Des œufs de la femme.

Des trompes EC

utérines,

rudiments du germe et être ainsi pour la femme ce que les œufs sont pour les oiseaux, les reptiles , et les poissons. Elles sont formées par deux enveloppes membraneuses, et par un fluide qui se prend en masse et durcit comme l’albumine.

Le défaut de développement des ovaires, qui arrive quelquefois chez la femme, exerce sur l’ensemble de l'économie une influence non semblable, mais analogue à celle de la soustraction des testicules. La femme stérile par cette cause a ordinairement les formes masculines: son menton et le pourtour de sa bouche présentent des poils; ses goûts et son caractère se rapprochent de celui de l'homme; sa voix est grave et sonore; son clitoris a souvent une étendue considérable. Dans cette espèce de femme incomplète, nommée souvent virago , se rencontre un penchant qui ne devrait se trouver que chez l’homme , et que les mœurs réprouvent, mais qui n'en est pas moins remarquable sous le point de vue physiologique.

Les trompes de Fallope ou utérines sont deux canaux étroits qui, l’un à droite . l’autre à gauche, établissent une communication entre l'ovaire et la matrice. Elles sont évasées et frangées par leur extrémité externe, étroites et arrondies dans le reste de leur étendue. Leur tissu , surtout du côté de l'utérus, a de l’analogie avec celui du canal déférent.

DE PIHYSIOLOGIE. | D

Dans l'excavation du bassin, devant le rectum et derrière la vessie, se trouve la matrice, organe piriforme peu volumineux dans l’état ordinaire , mais destiné à éprouver une extension considérable pendant la grossesse. On distingue dans la matrice le corps, qui est supérieur ; le co , qui est inférieur , embrassé par le vagin, et une cavité,

laquelle a trois orifices, deux supérieurs , qui cor-

respondent aux trompes, et un inférieur, qui com- wmunique dans le vagin.

Le tissu propre de l'utérus est seul de son genre dans l’économie animale ; il a cependant quelque analogie avec celui du cœur : sa structure est inextricable dans l’état ordinaire ; elle est plus facile à étudier dans la grossesse avancée : deux prolongements de ce tissu se rendent, sous le nom de ligaments ronds, aux anneaux inguinaux, et se répandent dans le côté externe des grandes lèvres ; une grande partie de la surface externe de l'utérus est recouverte par le péritoine, qui forme autour de cet organe plusieurs replis remarquables. La face interne n’est recouverte par aucune membrane. En regardant cette surface avec une forte loupe , on y aperçoit une multitude de petites ouvertures, dont les unes, moins nombreuses et plus grosses, appartiennent aux veines , et les autres, bien plus multipliées, paraissent propres aux capillaires artériels.

De l'utérus.

Structure de Putcrus.

Du vagin,

Parties Fe génitalcs

Les artères de l'utérus sont flexueuses et très considérables, relativement à son volume : les veines sont aussi multipliées et volumineuses; elles forment dans l'épaisseur de son tissu ce que les anatomistes ont improprement nommé sinus ulérins : les nerfs sont moins nombreux et viennent du plexus hypogastrique.

La cavité de l'utérus communique au dehors par le vagin, canal membraneux placé à peu près verticalement dans le petit bassin. Sa longueur est de six à sept pouces ; sa largeur est variable , suivant que la femme à fait ou non des enfants. Sa face interne présente, surtout inférieurement, un grand nombre de plis transversaux qui permettent dans la grossesse au vagin de s’alonger. Dans la femme vierge, son extrémité inférieure est garnie par l’hymen, membrane mince, en forme de croissant, qui en ferme en grande partie l’entrée.

Des fibres grisâtres , entre-croisées en tous sens, assez analogues à celles de la matrice, composent le tissu du vagin. En bas, il est entouré par de nombreuses veines qui ont l'aspect du tissu des corps caverneux , et qui forment le plexus rétiforme. On croit cette partie du vagin susceptible d’érection. Toute la surface interne de cet organe est revêtue par une membrane moyenne qui contient beaucoup de follicules muqueux et sébacés.

Les parties génitales externes de la femme com-

DE PHYSIOLOGIE. 529 prennent les grandes et les petites lèvres , replis destinés à s’effacer pendant l'accouchement, et le clitoris , espèce de petit pénis imperforé, composé

de deux corps caverneux, et d’une sorte de gland

recouvert d’un prépuce. Cette partie jouit d’une grande sensibilité et d’une érection semblable à celle de la verge.

De la menstruaticn.

Dans le plus grand nombre des femmes, l’aptitude à la génération ou la fécondité est marquée par un écoulement sanguin, périodique, qui a lieu par la face interne de la matrice, et qui est une véritable exhalation sanguine ; il porte les noms de régles, de menstrues , de menstruation, etc. , parcequ'il revient assez régulièrement tous les mois. Cependant bien des femmes ont leurs règles tous les quinze jours, d’autres tous les deux mois, d’autres à des époques qui n’ont rien de fixe , d’autres enfin ne sont jamais réglées.

Quelques signes particuliers, tels qu’un sentiment de pesanteur dans les lombes, de lassitude dans les membres , de picotement , de douleur dans les mamelles, annoncent l'approche des règles. Cette apparition est quelquefois marquée par des accidents beaucoup plus graves; d’autres fois l’écoulement s'établit brusquement sans aucun indice précurseur.

externes dela femme.

Menstrua2 tion,

Menstruation.

La durée totale de l'écoulement, son mode, la quantité de sang exhalée, la couleur, la consistance de ce sang, ne sont pas moins variables. Chez quelques femmes , la quantité du sang menstruel est considérable, s'élève à plusieurs livres ; les règles durent huit ou dix jours sans discontinuer ;le sang a toutes les qualités artérielles: chez d’autres , à peine sort-il quelques gouttes d’un sang tantôt aqueux et dépourvu de fibrine, et qui, d’autres fois, a toutes les apparences de sang veineux ; l’écoulement dure à peine un jour, ou se suspend à diverses reprises.

Tant que dure la menstruation , les femmes sont d'une susceptibilité extrême ; le moindre bruit les effraie, la moindre contrariété les affecte, elles sont plus irascibles.

La régularité ou l’irrégularité du retour des règles, la nature et la quantité du sang évacué, la durée de l'évacuation, sont étroitement liées avec l’état de santé ou de maladie de la femme, et méritent toute l'attention du médecin.

On s'est assuré, par l'ouverture de cadavres de femmes mortes pendant l’époque de leurs règles, que le sang s'échappe de la face interne de la matrice, dont les vaisseaux ont été trouvés rouges et remplis de sang, qu'il était facile de faire couler dans la cavité de l'organe par une légère pres- SION. |

Quoique presque toujours l’écoulement mensiruel se fasse par l'utérus, cet organe n’est cependant pas exclusivement destiné à le produire : souvent des femmes ont été réglées par la membrane muqueuse du gros intestin, de l'estomac, du poumon, de l'œil, ete. Les divers points de la peau donnent aussi quelquefois issue au sang des règles : ainsi On a vu le sang sortir tous les mois par un ou plusieurs doigts, par la joue, la peau de l’abdomen , etc.

Croirait-on que des auteurs estimés se sont occupés de trouver la cause immédiate des règles , et qu'elles aient été attribuées à l'influence de la lune, à la position verticale de la femme, à sa nourriture trop abondante, etc. ?

L'époque à laquelle se fait la première men-

struation arrive dans nos climats vers treize à qua-

torze ans ; elle est plus tardive dans le nord et plus précoce dans les pays chauds. Dans les régions équatoriales , les filles sont souvent nubiles à sept ou huit ans. Vers cinquante ans, plus tard dans le nord, plus tôt dans les pays chauds, les règles cessent, et avec elles finit l'aptitude à la génération. Getteépoque, nommée âge de retour, temps critique, est quelquefois marquée par le développement de maladies graves. Mais il a été récemment reconnu. par des relevés de mortalités faits avec beaucoup de soin par M. Benoiston de Château-Neuf, que

Menstruation.

Copulation.

cette époque de la vie, loin de leur être fatale, comme on l’a cru long-temps, est au contraire un temps où la mort semble les ménager, pour porter ses rigueurs sur les hommes.

Ce que nous venons de dire sur la menstruation souffre de nombreuses exceptions. Des jeunes filles ont quelquefois concu avant d’être réglées; des femmes, chez qui les règles avaient cessé à l’époque ordinaire, les ont vues reparaître, et sont devenues mères; enfin, des femmes chez qui la menstruation ne s'estjamais montrée n'en ont pas été moins fécondes.

Copulation et fécondation.

Nous avons dit quels sentiments instinctifs protègent notre existence individuelle ; un sentiment de la même nature, mais plus vif et plus impérieux parceque sa fin est plus importante, assure la conservation de l’espèce en portant les sexes à se rapprocher et à se livrer à la copulation. Le rôle de l'homme, dans l’acte reproducteur, consiste à déposer le sperme dans la cavité du vagin plus ou moins près de l’orifice de l'utérus. La part qu'y prend la femme est beaucoup plus obscure ; un grand nombre ressentent à cet instant des sensations voluptueuses très vives ; d’autres y paraissent tout-à-fait insensibles , et quelques unes, enfin, n'éprouvent qu'un sentiment pénible et doulou-

reux. Îl en est qui répandent une mucosité abondante au moment où le plaisir est le plus vif, tandis que la plupart n’offrent rien de semblable. Sous tous ces rapports , il n’y a peut-être pas deux femmes qui se ressemblent entièrement.

Ces divers phénomènes sont communs aux copulations les plus fréquentes, c’est-à-dire qui ne sont point fécondantes, et à celles qui sont suivies de la fécondation. Que se passe-t-il de plus dans ces dernières ?

S'il faut en croire les ouvrages de physiologie les plus récents (1), la matrice s’entr'ouvre, aspire le sperme et le dirige jusqu’à l’ovaire au moyen des trompes, dont l'extrémité frangée embrasse étroitement cet organe. Le contact du sperme détermine la rupture d’une des vésicules, et le fluide qui en sort, ou la vésicule elle-même, passe dans l'utérus, où se développera le nouvel individu.

Quelque satisfaisante que paraisse cette explication , il faut pourtant se garder de l’admettre ; car elle est purement hypothétique et même contraire aux expériences des observateurs les plus exacts. |

Dans les nombreuses tentatives faites sur les

(1) Je passe sous silence les systèmes des anciens et des modérnes sur la génération; à quoi bon surcharger l'esprit des élèves de ces brillantes rêveries, qui nuisent plus qu’on ne pense aux progrès de la science.

Fécondation.

Fécondation. animaux ‘par Harvey, de Graaf, Valisnieri, etc. , jamais le sperme n’a été aperçu , même dans la cavité de l'utérus , encore moins a-t-il été vu dans la trompe, à la surface de l'ovaire. Il en est de même du mouvement par lequel la trompe embrasserait la circonférence de l'ovaire; jamais il n’a été reconnu par l'expérience. Quand même on supposerait que le sperme pénètre dans l'utérus au moment du coit, ce qui n’est pas impossible , quoiqu'on ne l'ait point observé, il serait encore très difficile de comprendre comment le fluide passerait dans les trompes et arriverait à l'ovaire. La matrice , à l’état de vacuité , n’est pointeontractile ; l'orifice utérin des trompes est d’une étroitesse extrême, etces conduits n’ont aucun mouvement sensible connu. |

: C’est à cause de la difficulté de concevoir le transport du sperme à l'ovaire que quelques auteurs ont imaginé que ce n'était pas cetté matière qui y était portée, mais seulement la vapeur qui s’en exhale, ou l'aura seminalis. D’autres pensent que le sperme est absorbé dans le vagin, passe dans le systeme veineux, et arrive aux ovaires par les artères (1). Les phénomènes qui accompagnent la fécondation de la femme sont donc à peu prés

(1) Si cette idée a quelque fondement, une femelle

pourrait être fécondée par l'injection du sperme dans les

veines. Cette expérience serait curieuse à tenter.

DE PHYSIOLOGIE. 591 inconnus. Uné obscurité pareille règne sur la fécondation:des autres femelles mammifères. Cependant ,; chez celles-ci, il serait plus facile de concevoir le passage du sperme aux ovaires, puisque l'utérus et les trompes sont doués d’un mouvement péristaltiquec semblable à celui des intestins. | |

Toutefois la fécondation chez les poissons , les reptiles et les oiseaux , se faisant par le contact du sperme avec les œufs, il n’est guère présumable que la nature emploie un autre mode pour les mammifères ; il faut donc considérer comme très probable que le sperme parvient, soit à l'instant même du coit, soit plus ou moins long-temps après , jusqu'à l'ovaire, où il porte pius spécialement son action sur la vésicule plus développée.

Mais quand il serait hors de doute que le sperme arrive jusqu'aux vésicules de l'ovaire , il resterait encore à savoir comment son contact anime le germe qu'elle contient. Or ce phénomène est un de ceux sur lesquels nos sens, ni même notre esprit, n'ont aucune prise : c'est un de ces mystères impénétrables dont nous sommes et dont nous serons peut-être toujours environnés (1).

(1) La même obscurité environne ce qui regarde la ressemblance physique et morale du père avec les enfants, Ja transmission des maladies héréditaires, le sexe du nouvel individu, etc.

sur la

fécondation.

Nous avons pourtant sur ce sujet des expériences très ingénieuses. de Spallanzani , qui-ontréculé la difficulté aussi loin qu’elle semble pouvoir l'être. Ce savant a constaté par un grand nombre d'essais, 1° que trois grains de spermé, dissous dans deux livres d’eau, suffisent: pour: donner à:eelle-ei la vertu fécondante; 2° que les animalcules spermatiques ne sont point nécessaires à la fécondation , comme. beaucoup d'auteurs , et en dernier heu Buffon, l'avaient pensé; 3° que la vapeur: du sperme: n’a aucune propriété fécondante; 4° que l’on peut féconder une chienne en injectant du sperme dans son vagin avec une seringue , ete: (x):

Il faut aussi considérer comme conjectural.ce que disent les auteurs sur des signes généraux:de la fécondation. Au moment même de la conception la femme éprouve , dit-on, un tressaillement universel , accompagné d’une sensation voluptueuse qui se prolonge quelque temps; les

(1) D'après des expériences récentes de MM. Prevôt et Dumas, les arimalcules seraient indispensables pour la fécoudation ; ils parviendraient jusqu’à la partie supérieure de l'utérus, mais n’entreraient point dans les trompes ; un très petit grain contenu dans, la vésicule de l'ovaire en sortirait au moment où celle-ci se déchire, c’est-à-dire quelques jours après le coït; ce grain, déjà signalé par de Graaff, descendrait dans la trompe, ‘et viendrait rencontrer les animalcules, qui le féconderaient plusieurs

jours après le rapprochement des sexes.

traits se décomposent , les yeux perdent leur briltant, les pupilles se dilatent, le visage est pâle, etc. Sans doute la fécondation est quelquefois accompagnée de ces signes ; mais combien de mères ne les ont jamais éprouvés, et parviennent jusqu’au troisième mois de leur grossesse sans soupçonner leur état.

On à des notions plus exactes sur les changements qui se passent dans l'ovaire après la fécondation. Tous les bons observateurs ont décrit un corps de couleur jaunâtre qui se développe dans le tissu de l'ovaire chez les femelles fécondées , et qui, d'abord assez volumineux , va en diminuant de dimension à mesure que la grossesse avance ; mais ces phénomènes appartiennent à l’histoire de la gestation , dont nous allons nous occuper.

Grossesse ou gestation.

Le temps qui s'écoule depuis le moment de la fécondation jusqu'à l’accouchement est appelé grossesse Où gestation ; il est ordinairement de neuf mois , ou deux cent soixante-dix jours: tout ce temps est employé au développement des organes du nouvel individu.

Pour prendre des notions exactes sur la grossesse , il faut étudier successivement les phénomènes qui se passent dans l'ovaire après la fécondation, ceux qui ont lieu dans latrompe, ceux qui

Grossesse ou gestation.

Action de l'ovaire.

sur la génération dans l’ovaire.

appartiennent à l'utérus et à ses annexes, Ceux qui se voient dans l'économie entière, et enfin ceux qui sont particuliers au fœtus.

Malgré les nombreux travaux des anatomistes et des physiologistes sur les changements qui ont lieu dans l'ovaire après la fécondation ; on est encore loin d’être suffisamment instruit à cet égard.

La difficulté consiste à savoir ce qui se détache de l'ovaire pour passer dans l'utérus : les uns disent avoir vu une petite vésicule se détacher de l'ovaire et passer dans la trompe, et les autres soutiennent n'avoir jamais rien observé de semblable. Je vais dire ce que mes observations m'ont appris sur ce point.

Vingt-quatre ou trente heures après un coït fécondant , les vésicules de l'ovaire qui étaient les plus développées augmentent sensiblement de volume: le tissu de l'ovaire qui les environne devient plus consistant ; il change de couleur et devient gris jaunâtre.

Dans cet état, le tissu de l'ovaire prend-le nom de corps jaune, corpus luteum. La vésicule continue de grossir les deuxième, troisième et quatrième jours. Le corps jaune croît dans la même proportion à cette époque : il contient dans ses aréoles un liquide blanc ; opaque, analogue au lait pour l’apparence. Au-delà de ce terme, a vésicule rompt la tunique externe de l'ovaire et se porte à sa sur-

face , où elle adhère cependant par un de ses côtés. Expériences J'ai vu sur des chiennes des vésicules ainsi sorties Faction de de l'ovaire , et qui avaient le volume d’une noisette mr ordinaire. À cet état, elles ne présentent rien à leur intérieur qui puisse être considéré comme un germe; leur surface est lisse ; le liquide qu’elles contiennent ne se prend plus en masse, comme cela arrive avant la fécondation.

Après la sortie de la vésicule, le corps jaune reste dans l'ovaire ; il offre dans son centre une cavité d'autant plus grande qu'on est plus près de l’époque de la conception. À mesure qu'on s’en éloigne, cette cavité diminue ainsi que le corps jaune lui-même; mais la diminution de celui-ci est très lente , et l'ovaire contient toujours ceux de la génération précédente , ce qui en a imposé plusieurs fois aux observateurs.

Ainsi les premiers eflets de la fécondation se passent dans l'ovaire et consistent dans le développement d'une ou plusieurs vésicules, et d’autant de corps jaunes. Quelquefois on trouve des vésicules qui sont remplies de sang; elles semblent avoir été trop fortement affectées par le sperme. Il paraît aussi que dans certains eas la vésicule d’un ou plusieurs corps jaunes se rompt avant leur entier développement ; car il n’est pas rare de trouver plus de corps jaunes dans l'ovaire que de vésicules à sa surface.

Action de la trompe.

Parmi les vésicules développées attachées à la surface de l'ovaire, il y en à ordinairement une qui adhère à l’orifice évasé et muqueux de celleci, dont le tissu est d’ailleurs ramolli et gorgé de sang, et présente un mouvement péristaltique évident. Je n’ai jamais aperçu directement la vésicule dans la trompe; mais j'ai vu plusieurs fois une vésicule descendue jusqu’à la partie la plus inférieure de la corne de l’utérus , tandis qu'une autre avait déjà contracté des adhérences avec l'extrémité de la trompe. À cet instant, le corps de celle-

ei était élargi au point d’avoir près d’un demi-

Action de la trompe utérine.

pouce de diamètre : il avait par conséquent bien, assez de largeur pour laisser passer les vésicules.

Le moment où les vésicules passent à travers la trompe paraît variable suivant les espèces. Dans les lapines, il paraît se faire du troisième au quatrième jour ; dans les chiennes , du sixième au huitième. Il est probable qu'il est encore plus tardif dans les femmes, et qu'il ne se fait guère avant le douzième. M. le docteur Maygrier m'a assuré avoir vu le produit de la fécondation rendu par un avortement le douzième jour de la grossesse : c'était une petite vésicule légèrement tomenteuse à sa surface , et pleine d’un fluide transparent. |

Les appendices vasculaires par lesquels la trompe

DÉ PHYSIOLOGIE. 337 se termine dans l'espèce humaine ‘ont probablement pour usage de contracter des adhérences avec la vésicule qui se détache de l'ovaire, et de verser sur elles un fluide qui favorise son développement. Après le passage de celles-ci, la trompe se resserre et reprend son étroitesse ordinaire.

Arrivé dans la cavité de l'utérus, l'œuf s’unit intimement avec la surface intérieure de cet organe ; il y puise les matériaux nécessaires à son accroissement , et y acquiert un volume considérable. L’atérus se prête à cet accroissement , change de forme, de position, etc.

Changements de l’utérus dans la grossesse.

Durant les trois premiers mois de la grossesse le développement de l’utérus est peu considérable et se fait dans l’excavation du bassin, mais dans le quatrième l’organe croît plus rapidement et davantage ; il ne peut plus être contenu dans cette cavité , il s’élève et vient se loger dans l'hypogastre. L’organe continue de croître en tous sens pendant les cinq, six, sept et huitième mois; il occupe un espace de plus en plus considérable dans l’abdomen , comprime et déplace les organes circonvoisins, refoule les intestins dans les flancs et les régions iliaques. À la fin du huitième mois il remplit presque à lui seul les régions hypogastrique et ombilicale, son fond approche de la

Changements de l’utérus dans la grossesse.

État du col de l’utérus durant la grossesse.

Rapports de lPutérus durant la grossesse.

DE", PRÉGIS ÉLÉMENTAIRE région épigastrique ; passé cette époque , le fond baisse ét se rapproche de l’ombilic.

Le col de l'utérus éprouve peu de changements dans les sept premiers mois de la gestation, et l'organe conserve durant ce temps une figure conoïde ; mais alors le col diminue de longueur, s'entrouvre , et finit par s’effacer presque entièrement : alors la matrice a une forme ovoide prononcée , et son volume est, selon Haller , près de douze fois plus considérable que dans l’état de vacuite.

Il est impossible que l’utérus change ainsi de forme , de volume et de situation sans que ses rapports avec ses annexes ne soient modifiés ; en effet, les lames péritonéales qui forment les ligaments larges s’écartent, le vagin est alongé dans le sens de sa longueur. Les ovaires, retenus par leurs artères et leurs veines, ne peuvent point s'élever avec le fond de l'utérus; ils sont appliqués, ainsi que les trompes , sur ses parties latérales. Les ligaments ronds se prêtent à son élévation, autant que le permet leur longueur; ensuite ils y mettent plus ou moins d’obstacle , et tendent à porter le fond de l'utérus en avant, ce qui doit avoir un effet avantageux pour la circulation abdominale, en diminuant la compression des gros vaisseaux. Les parois abdominales éprouvent une extension considérable; de là les vergetures qui se voient sur

l'abdomen des femmes qui ont eu plusieurs en-

fants. |

À mesure que l'utérus se développe, son tissu perd de sa consistance ; il prend une couleur rouge assez foncée et une disposition spongieuse; sa structure fibreuse devient plus évidente. On y voit à l'extérieur des fibres longitudinales, qui, du fond, - se rendent au col, où elles sont coupées à angle droit par des fibres circulaires. Au-dessous de cette couche, le tissu de l’utérus présente un entrelacement inextricable de fibres où l’on ne peut distinguer aucun arrangement régulier; dans cet état l'organe paraît doué d’une contractilité particulière qui, dans les animaux, a la plus grande analogie avec le mouvement péristaltique des intestins; sa surface intérieure présente , presque aussitôt après la fécondation, une couche albumineuse qui y est très adhérente. Cette couche croît avec l'organe dans les premiers temps de la grossesse, mais disparaît ensuite en grande partie. G. Hunter (1), qui le premier l’a décrite avec soin, la nomme membrane caduque. Elle paraît destinée à favoriser l’adhérence de l’œuf avec la face interne de la matrice.

Ces changements dans le volume et la structure de l’utérus nécessitent des modifications dans sa circulation. En effet, les artères subissent une di-

(1) Voyez son magnifique ouvrage De utero gravido , etc.

Changements dans la structure de l'utérus pendant la grossesse.

Circulation du sang dans l'utérus durant la grossesse.

Phénomènes généraux de la grossesse.

940 PRÉGIS ÉLÉMENTAIRE

latation très considérable; les veines grossissent aussi beaucoup , elles forment dans le parenchyme de l’organe ce qu’on à improprement nommé les sinus utérins : les vaisseaux lymphatiques deviennent aussi très volumineux, ILest évident que la quantité de sang qui traverse l’utérus dans un temps donné est en rapport avec les changements qu'il à éprouvés et les nouvelles fonctions qu’il est appelé à remplir.

Phénomenes généraux de la grossesse.

Tandis que tous ces phénomènes se passent dans l'utérus, d'importantes modifications arrivent dans les fonctions de la mère, et commencent souvent à se manifester immédiatement après la fécondation. |

La femme qui a conçu ne voit plus d'écoulement menstruel reparaître; ses mamelles se gonflent ; si elle allaite , son lait devient séreux et cesse d’être profitable à l'enfant; ses paupières sont gonflées et bleuâtres ; le visage est décoloré ; la transpiration prend une odeur particulière ; une pâleur générale se montre, et avec elle des dégoûts pour la plupart des aliments, qui coincident quelquefois avec des appétits bizarres ; des nausées continuelles , de violents maux de tête, se font sentir et sont suivis de vomissements très fatigants ; l'abdomen devient d’une sensibilité extrême, s’aplatit d’abord

pour se gonfler ensuite; quelques femmes perdent le: sommeil , et cependant ne peuvent quitter.le lit sans une extrême fatigue ; en revanche, des femmes délicates, valétudinaires, voient leur santé devenir prospère : souvent des maladies graves sont arrêtées dans. leur cours, et ne reprennent leur marche. qu'après l'accouchement, ete.

.… En général, chez les femmes enceintes les facultés intellectuelles sont, affaiblies; elles s’affectent sans raison; les événements les plus ordinaires produisent chezelles des impressions profondes et presque toujours: tristes ; de là la nécessité des soins de tous genres , dont la femme doit être l’ob: Jet, et la sollicitude qu'elle inspire à chacun. À ces différents accidents, qu’il est impossible d'expliquer , se joignent des phénomènes qui tiennent évidemment à l’augmentation du volume de l'utérus: tels que des crampes dans les membres inférieurs , le gonflement des veines superficielles des cuisses et des jambes , un sentiment d’engourdissement, de fourmillement né de la gêne qu’éprouve la circulation: Dans les derniers temps de la grossesse , la vessie et le rectum étant fortement comprimés, les envies d'uriner et d'aller à la garde- robe sont fréquentes. sd Ne joignons pas à ces phénomènes, dont l’existence est certaine, des suppositions dénuées de fondement : telles, par exemple, que les fractures

État du moral chez la femme grosse,

Développement de l'œuf dans Putérus.

des femmes énceintes guérissent plus difficilement que celles des autres femmes : l'expérience prouve directement le contraire.

Développement de l’œuf dans l'utérus.

Dans les premiers moments du séjour de l’œuf dans l'utérus , il y est libre ; son volume est à peu près celui qu’il'avait en abandonnant l'ovaire; mais, dans le cours du sécond mois , sés dimensions augmentent, il se couvre de filaments longs d'environ une ligne, qui se ramifient à la manière des vaisseaux sanguins , et qui s’implantenit dans là mem brane caduqué. Dans le troisième mois on ne les aperçoit plus que d'un seul côté de l’œuf,lés autres ont à peu près disparu; mais ceux qui réstent ont acquis plus d'étendue, de grosseur et ‘de consistance, et sé sont implantés plus profondément dans là caduque : le tout ensemble forme le placenta. Dans le reste de sa surface, l'œuf ne présente qu'une couche molle tomenteuse, nommée caduque réfléchie. L'œuf continue de croître et de se développer jusqu’à la fin de la grossesse , où son volume égale à peu près celui de l'utérus ; mais sa structure éprouve des changements importants que nous allons examiner.

D'abord ses deux membranes se sont prêtées ‘à son agr andissement, tout en devenant plus épaisses et plus résistantes : l’extérieure à pris le nom de

chorion; l'autre est nommée amnios. Le liquide que contient cette dernière augmente dans la proportion du volume de l'œuf, D’après M. le professeur Vauquelin, il présente à la fois les propriétés acides et alcalines. Il est formé d’eau, d’albumine , de soude, de muriate de soude , et de phosphate de chaux : M. Berzelius dit y avoir reconnu de l’acide Îluorique; peut-être n'est-il pas identique aux différentes époques de la gestation. Il existe aussi une certaine quantité de liquide entre le chorion et l’'amnios dans le second mois de la grossesse, mais il disparaît pendant le troisième.

Jusqu'à la fin de la troisième semaine, l’œuf n’offre rien qui indique la présencedu germe; le liquide qu'il contientest transparent, etenpartiecoagulable comme il était auparavant. À cette époque on commence à apercevoir, du côté où l’œuf est adhérent à l’utérus , quelque chose de légèrement opaque , gélatiniforme, dont toutes les parties paraissent homogènes ; bientôt quelques points deviennent plus opaques , il se forme deux vésicules distinctes, réunies par un pédicule, et à peu près égales en volume, dont l’une est adhérente à l’amnios par un petit filament. Presque en même temps se montre au milieu de cette dernière un point rouge, d’où l’on voit partir des filaments jaunâtres : .e’est le cœur et les principaux vaisseaux sanguins. Au commencement du second mois la tête est bien

Développement de l’œuf dans l'utérus,

De l'embryon.

Du fœtus.

visible , les yeux forment deux points noirs très gros relativement au volume de la tête; de petites ouvertures indiquent la place des oreilles et des narines; la bouche, d’abord fort grande, se rétrécit ensuite par le développement des lèvres, qui arrive vers le soixantième jour, avec celui des oreilles; du'nez, des membres, etc. | | Successivement, jusqu’au milieu environ du quatrième mois, se fait le développement de tous les principaux organes ; alors cesse l’état d'embryon et commence celui de fœtus, qui se prolonge jusqu’au terme de la grossesse. Pendant ce temps, toutes les parties croissent avec plûs ou moins de rapidité, et'se rapprochent de la disposition qu'elles doivent présenter après la naissance. Nous avons fait connaître les principales particularités qui regardent les fonctions de relation; il faut dire quelques mots des organes de là vie nutritive. Avant le sixième mois les poumons sont trés petits ; le cœur est volumineux; mais ses quatre cavités sont confondues, ou du moins difficiles à distinguer; le foie est considérable et occupe une grande partie de l’abdomen ; la vésicule biliaire n’est point pleine de bile, mais d'un fluide incolore et non amer; dans sa partie inférieure , l'in testin grêle contient une matière jaunâtre ; peu abondante, nommée méconium ; les testicules sont placés sur les côtés des vertèbres lombaires supé-

DE PHYSIOLOGIE. 545 rieures ; les ovaires occupent la même position. À la fin du septième mois, les poumons prennent une teinte rougeâtre qu'ils n’avaient pas auparavant; les cavités du cœur deviennent distinctes ; le foie conserve ses dimensions considérables , mais il s'éloigne un peu de l’ombilie ; la bile se montre dans la vésicule ; le méconium est plus abondant, et descend plus bas dans le gros intestin ; les ovaires se rapprochent du bassin; les testicules se dirigent vers les anneaux inguinaux. À cette époque le fœtus est viable, c’est-à-dire que , s'il vient à être expulsé de l'utérus, il pourra

respirer et vivre. Tout va encore en se perfection-

nant dans le huitième et le neuvième mois.

Nous ne pouvons suivre ici les détails intéressants de cet accroissement des organes, ils sont du ressort de l'anatomie : occupons-nous des phénoménes physiologiques qui s’y rapportent.

Fonctions de l’œuf et du fœtus.

Dés qu'il y est arrivé, l’œuf croît dans la cavité de la matrice , sa surface se couvre d’aspérités qui se transforment promptement en vaisseaux sanguins : la vie existe donc dans l'œuf. Mais nous n'avons aucune idée de ce mode d’existence : probablement que la surface de l'œuf absorbe les fluides avec lesquels elle se trouve en contact, et que ceux-ci, aprés avoir subi une élaboration

a ré 2, 99

Fonctions de l’œuf et du fœtus.

Fonctions du germe et de l'embryon.

Fonctions du fœtus.

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