‹ Précis élémentaire de physique expérimentaleChapitre 120 sur 181 · SUR LA RESONNANCE DES CORPS · texte numérisé non relu

SUR LA RESONNANCE DES CORPS

Il y a encore une autre espèce de résonnance qui tient en cpielque sorte à la nature de notre organe , et qui consiste dans la rondeur et l’éclat qu’un son acquiert lorsqu’il est soutenu par son octave ou sa quinte. Je ne veux pas parler ici du son résultant qui se produit toujours dans un pareil concours de deux sons , et qui naturellement doit contribuer à les faire mieux sentir; il s’agit de phénomènes d’une toute autre nature. Par exemple , si l’on a , dans un tuyau convenable , une anclie libre qui sonne le seize-pieds ouvert , et qu’on la fasse vibrer seule , on entendra un son grave , mais sourd , qui formera presque l’extrême de ceux qjue nous pouvons apprécier : mais mettez à côté de cette anclie l’octave au-dessus qui a cependant elle-même un ton encore très- * grave , et faites-les résonner ensemble , vous obtiendrez , avec la même gravité, une force, une rondeur et un éclat qui vous surprendront. Aussi, dans les jeux d’orgue, ces tuyaux si graves , comme le seize-pieds et le trente-deux pieds, ne s’emploient jamais seuls; car à peine on pourrait les entendre. Ils y sont toujours accompagnés de leurs*ccords supérieurs. Ceci peut tenir , au moins en partie , à un fait que M. Hamel a découvert , et dont il m’a rendu témoin ; c’est que , lorsque plusieurs sons vibrent en même temps , outre le son résultant grave qui peut se calculer par la théorie, on entend encore d’autres sons plus élevés , qui forment avec les premiers une série ascendante ; de sorte qu’ils sont surtout sensibles dans les basses, ou les premiers se perdent, et qu’ils se perdent dans les tons élevés, où les premiers acquièrent le plus d’énergie.

Page 1