‹ Précis élémentaire de physique expérimentaleChapitre 122 sur 181 · DE L’OUÏ E · texte numérisé non relu

DE L’OUÏ E

Cet organe offre d’abord à l’extérieur une sorte de pavillon évasé par dehors , comme celui du cornet acoustique j car , ainsi que je viens de le faire entendre , nos iristrumens les plus parfaits ne sont d’ordinaire que des imitations plus ou moins heureuses des procédés de la nature. Ce pavillon se rétrécit peu à peu en un conduit, revêtu intérieurement de poils et d’une matière visqueuse , qui en défendent l’accès aux corps étrangers. Enfin le fond en est complètement fermé par une membrane sèche et tendue , que la peau , devenue plus mince , recouvre en dehors , et que l’on nomme la membrane du tympan. Les ondulations sonores de l’air extérieur ne pouvant pas aller plus loin que cette membrane, il est vraisemblable qu’elle est destinée à les recueillir et à les transmettre à l’intérieur , fonction à laquelle sa structure élastique la rend parfaitement propre. Néanmoins la propagation du son se fait aussi par les parties solides qui l’environnent *’car elle peut être déchirée, ou meme entièrement détruite, sans que la faculté d’entendre soit, dit-on, sensiblement altérée. Derrière elle, il y aune cavité qui est nommée

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la caisse du tympan , laquelle communique avec le gosier par un petit conduit , qui permet à l’air de rarrière— bouche d’y entrer et d’en sortir» Cette condition paraît même essentielle à la communication des sons ; car si le conduit guttural se bouche, on prétend que la surdité s’ensuit. Mais ce que la caisse du tympan renferme de plus singulier , ce sont quatre petits corps osseux , appelés les osselets , qui forment une chaîne continue attachée d’une part à la membrane , et de l’autre à un appareil solide , très-composé , appelé le labyrinthe , dont une partie, contournée en spirale, a été nommée limaçon. Le labyrinthe est rempli d’un liquide, dans lequel le nerf acoustique plonge. Ainsi , l’on conçoit que les ondulations sonores , agissant d’abord par leur choc immédiat sur la membrane du tympan, sont transmises, par l’air de la caisse et par la chaîne des osselets , aux parois du labyrinthe , et de là, par l’intermédiaire du liquide, au nerf acoustique. Mais voilà à peu près tout ce dont on peut se rendre raison. À quoi sert la chaîne des osselets ? On l’ignore. Lorsque la membrane du tympan a été détruite , cette chaîne n’est plus tendue, et ne peut plus servir. Les trois osselets situés de son côté tombent , et le quatrième seul reste d’ordmaire attaché à l’orifice du labyrinthe , et à la membrane qui le ferme , de façon que le liquide intérieur ne s’écoule pas. Alors l’audition a encore lieu comme auparavant , quoique probablement avec moins de perfection. Il serait important d’examiner si la sensibilité de l’organe , et sa faculté de percevoir , de comparer les sons , n’est point affaiblie. Au reste , tant que le nerf acoustique est environné de liquide , on comprend que les sons peuvent très-bien lui être transmis par les parties solides de l’organe; mais la transmission cesserait d’être possible , si ce nerf était isolé. Aussi, lorsque, par suite de maladie , la membrane du tympan est détruite , et la chaîne des osselets tombée , si le quatrième osselet qui bouche le labyrinthe, tombe aussi , et si la membrane qui ferme le labyrinthe se rompt, de façon que le liquide renfermé dans cette cavité s’écoule, la surdité s’ensuit toujours. Mais à quoi sert ce merveilleux travail du labyrinthe? On l’ignore absolument.

ET DE LA VOIX

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