lois DES ATTRACTIONS ET REPULSIONS
électricités de même nature , le disque sera repoussé , la direction de l’aiguille s’intervertira, et elle oscillera en vertu de cette répulsion dans une position diamétralement opposée à la première • mais , à l’exception de ce retournement qui influera sur la distance du disque au globe , les observations et les calculs se feront comme auparavant.
A l’aide des résultats auxquels nous venons de parvenir , on peut calculer pour toutes les distances possibles l’énergie de l’attraction ou de la répulsion de deux boules électrisées , lorsqu’on a observé cette énergie pour une seule distance connue.
Mais ceci ne donne encore que la mesure de l’effet total : on ne voit pas dans quelle proportion chacune des boules y contribue. Cependant , à moins qu’elles ne soient parfaitement égales et également électrisées , on conçoit qu’elles doivent y contribuer inégalement. Il nous reste donc à découvrir cette proportion.
On y parviendrait aisément , si l’on pouvait donner ou enlever à l’une des boules une portion d’électricité qui eut un rapport connu avec ce qu’elle possède déjà. Car , en mesurant la nouvelle torsion qui fait équilibre à ce nouvel état , et la comparant avec celle qui avait lieu d’abord à la même distance , on saurait comment l’électricité propre de chaque boule influe sur leur effort total. Or, il est très-facile d’enlever ainsi à chaque boule une quantité d’électricité qui soit justement la moitié de celle qu’elle possède. Il ne faut pour cela que la faire toucher un seul instant par une autre boule de même nature , d’égal diamètre , et isolée avec une égale perfection • car , tout étant symétrique pour les deux boules , il est évident que l’électricité devra se partager également entre elles • de sorte , qu’après le contact , l’action propre de la boule touchée sera moitié moindre. Or en opérant ainsi , on trouve que la force totale d’attraction ou de répulsion, qui s’exercait primitivement entre cette boule et la boule fixe de la balance est , après le contact , exactement réduite à moitié.
Cette réduction n’a* pas seulement lieu pour des boules ,
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mais pour des cêrcîes , et probablement pour tous les corps dont la forme , ou la distance entre eux , est telle qu’on peut, dans le calcul de leur attraction , les considérer comme des points. Coulomb a substitué à la boule fixe de la balance un cercle de fer de io lignes de diamètre, en laissant toujours une boule de sureau à l’extrémité de l’aiguille. Il a électrisé ces deux corps simultanément par le moyen de la tête d’épingle , la répulsion a chassé l’aiguille y et, lorsqu’on l’a eu ramenée à une distance de 3o° ? le micromètre marquait no • la force répulsive était donc de 1400. Alors il a fait toucher un instant le petit cercle de fer par un autre de même matière et d’un diamètre égal • aussitôt l’aiguille s’est raprochée , et pour la ramener comme dans le premier cas à 3o° de distance , il a fallu détordre le fil jusqu’à ce que l’index du micromètre fut revenu à 4°° ; en sorte que la force répulsive était réduite à 4o° + 3o° ou 70° , moitié de 1400 , qui était son intensité primitive .
Ces expériences présentent en outre une particularité remarquable • c’est que le partage se fait exactement delà même manière , quelle que soit la nature des corps conduc»* teurs mis en contact , pourvu que leurs dimensions soient les mêmes. Coulomb a fait toucher la boule de sureau fixe par des boules égales de cuivre et de plusieurs autres substances; il a fait toucher le cercle de fer par un cercle de papier d’un diamètre égal ; toujours le partage s’est fait également.
Ces observations nous conduisent à deux conséquences importantes. La première , c’est que la force totale d’attraction ou de répulsion variant pour chaque distance dans le même rapport que les quantités d’électricités propres à chacun des deux corps qui réagissent , il faut nécessairement que l’expression de son énergie soit proportionnelle au produit de ces deux quantités. Alors chaque boule ou chaque cercle contribue à l’effort total qui les attire ou les écarte , selon la valeur du facteur qu’il y introduit. Nous nommerons désormais ce facteur la réaction électrique de la boule ou du cercle , dont il mesure l’action , et nous étendrons par ana-