DES BATTERIES ÉLECTRIQUES
Quand on veut accumuler beaucoup d’électricité , on forme des bouteilles de Leyde avec de grandes jarres de verre que l’on revêt de feuilles métalliques sur leurs deux surfaces , et l’on fait communiquer toutes les tiges de ces bouteilles à un même conducteur métallique qui détermine , quand on le touche , leur décharge simultanée. Cet appareil s’appelle une batterie électrique; il est représenté /êg. 34 : on l’établit ordinairement sur un support isolant qui communique au sol par un conducteur métallique que l’on peut ôter ou mettre à volonté.
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DES ÉLECTRICITÉS DISSIMULEES.
Plus une batterie contient de surface de verre arme , plus elle accumule d’électricité à force répulsive égale j mais aussi plus il faut de temps pour la charger avec une machine donnée. En général , quand on emploie de très-grandes batteries , il est utile de les séparer en plusieurs divisions, pour pouvoir proportionner la quantité d’électricité aux effets qu’on veut produire. Cela offre encore l’avantage de pouvoir charger les batteries plus vite avec la même machine ; c’est ce que je vais expliquer.
Je suppose un nombre quelconque de bouteilles de Leyde, ou en général de surfaces de verre armées , suspendues les unes sous les autres par des conducteurs métalliques , comme le représente la Jig. 35. Attachons la première à un cordon de soie S, et faisons communiquer la dernière avec le soi. Conduisons ensuite sur la face supérieure Aj A, l’électricité de la machine que je supposerai vitrée ) il est évident que toutes les lames inférieures se chargeront en même temps que la première , par les répulsions successives de l’électricité de l’une dans l’autre. Mais le raisonnement et l’expérience s’accordent à montrer que, dans cette manière de charger par cascade , la décomposition des électricités naturelles s’affaiblit avec uneextrême rapiditéà mesure que l’on s’éloigne du premier conducteur* de sorte que , pour peu que l’on multiplie le nombre des bouteilles, les dernières ne se chargent presque pas. En outre , si l’on fait communiquer le premier anneau et le dernier de la chaîne par leurs surfaces opposées , on n’obtient que la décharge des quantités d’électricité qu’ils ont individuellement acquises* et celles des termes intermédiaires se recomposent d’elles-mêmes sans produire aucun effet* au lieu qu’on en profiterait également si, après avoir chargé le système par cascade , on en désunissait les parties successives pour faire communiquer ensemble les faces chargées d’électricités de même nature, et les décharger simultanément. On applique avec succès cette méthode à la charge des grandes batteries. Pour cela il faut le séparer en plusieurs divisions établies sur des pieds isolans , comme le représente la flg. 36. Quand on veut les charger
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toutes , ou seulement quelques-unes d’entre elles, on établit d’abord la communication entre les faces successives B i A, , B, Ar... , au moyen de verges métalliques Ci C2, que Fou passe dans des anneaux disposés pour cet usage ; et Fou fait communiquer avec le sol la dernière face B«. Puis, lorsqu’on croit la charge suffisante , on détruit la communication de la face Bn avec le sol. Alors , on peut impunément enlever les unes après les autres les tiges métalliques Ct C2 — Car , lorsqu’on ôte C! , par exemple , il ne peut se faire aucune décharge, puisque l’électricité B! est retenue par A! et l’électricité A 2 par B2. Cela fait , et les batteries partielles étant ainsi séparées , on établit des communications entre leurs surfaces AI. Pour cela on y jette , je ne dis pas on y pose, car on s’exposerait à une décharge , on y jette , dis-je , les memes tiges métalliques Ct C2, qui, rencontrant les conducteurs par lesquels les parties de chaque batterie sont liées , les mettent naturellement en communication. Chaque fois que la tige tombe sur deux batteries consécutives , elle excite entre elles une étincelle, ce qui vient de l’inégalité des charges qu’elles avaient acquises dans la première disposition. Quand toutes les batteries sont réunies, on peut les décharger toutes d’un seul coup, en faisant communiquer ensemble une partie quelconque des faces extrêmes Aj^ et Bn , ou si l’on veut , on continue de faire encore tourner la machine pour achever de les charger complètement.
Dans ces opérations , il importe d’avoir un régulateur qui vous indique à chaque instant l’état de la batterie. Car, à un certain degré de charge , la portion d’électricité des faces A qui jouit de sa force répulsive, peut surmonter la résistance de l’air, et se porter par explosion vers une face B, ce qui déchargerait brusquement la batterie , et souvent avec rupture d’une partie des jarres , parce que toute la force du choc se porte alors en un seul point de leur garniture métallique. Pour éviter cet accident , on visse à demeure , sur les conducteurs des faces A, un petit pendule formé par une tige métallique TT, fig. 87 , et par une légère tige d’ivoire , portant à son extrémité une boule de sureau b. Le fluide libre
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«les faces A exerçant sa force répulsive sur ce petit pendule , le fait s’éloigner de sa tige ; et ses écarts sont marqués par une division tracée sur le cadran cc. Il est clair que cet instrument ne donne aucune mesure absolue • mais il offre au moins une indication constante sur laquelle on peut se régler , lorsqu’on a, une fois pour toutes, déterminé par expérience le degré de répulsion auquel une décharge spontanée pourrait devenir à craindre.
Pour décharger les batteries , on se sert de l’excitateur à deux branches décrit page 482. On pose l’une d’elles sur une face A , l’autre sur une face B , et la décharge s’opère à travers leur substance. Généralement, quand on opère avec de fortes batteries, on doit bien se garder de s’exposer à en recevoir la décharge j car on pourrait en éprouver les accidens les plus graves , et meme la mort.