CHAPITRE XIII
De la Lumière électrique .
La lumière qui se développe dans les explosions électriques a passé long-temps aux yeux des physiciens pour une modification de l’électricité meme, qui. jouissait de la faculté de devenir lumineuse à un certain ‘degré d’accumulation. Mais depuis quelques années l’observation de la lumière qui se dégage de l’air par une pression mécanique, m’a fait penser que la lumière électrique pourrait avoir une semblable cause, et être purement l’effet de la compression opérée sur l’air par l’explosion de l’électricité (i). C’est ce qu’une discussion approfondie des expériences , rend extrêmement probable, comme on le peut voir dans le Traité général. Suivant que l’air que le choc électrique comprime est plus ou moins dense , ou selon que la décharge électrique^ qu’on y transmet est plus ou moins énergique , elle produit des lueurs variées depuis le violet le plus tendre jusqu’au blanc le plus éclatant. Cet effet se produit dans le vide de nos machines pneumatiques, et même dans le vide de nos baromètres. Mais qu’estce qu’un tel vide sinon un espace où il y a des vapeurs d’eau ou de mercure qui peuvent, comme les autres, dégager de la chaleur quand elles sont suffisamment comprimées.
L’électricité développée produit encore deux autres effets, que l’on a voulu regarder comme deux de ses caractères physiques. Le premier est cette sensation pareille au contact d’une toile d’araignée que les corps électrisés produisent quand on les approche d’une partie quelconque de la peau nue. Le second , c’est l’odeur de phosphore très-sensible et très-distincte que produisent les pointes électrisées lorsqu’on les présente vers les organes de l’odorat. Mais les commotions données par la bouteille de Leyde et les batteries électriques , prouvent que l’électricité en mouvement secoue violemment les organes , et y excite des contractions musculaires très-
(1) Annales de Chimie , tome 53, pag. 32i, i8o5>