‹ Précis élémentaire de physique expérimentaleChapitre 168 sur 181 · THEORIE DE L’APPAREIL ÉLECTROMOTEUR · texte numérisé non relu

THEORIE DE L’APPAREIL ÉLECTROMOTEUR

voir connaître et mesurer l’état électrique de la pile d’uné manière exacte.

Après bien des tentatives ^ voici la disposition d’appareil qui m’a paru la plus commode : sur une table solide je fixe par des vis un parallépipède de bois AB, fig. 55, revêtu d’une feuille d’étain. L’extrémité A de ce parallépipède porte un cône de métal tronqué par le haut et bien poli , sur lequel on pose la pile • l’autre extrémité B porte une tige métallique verticale et mobile TT terminée par un plateau métallique auquel on fixe solidement le pied du condensateur par une vis de métal. On peut ainsi amener cet instrument à la hauteur de la pile soumise à l’expérience , sans altérer l’exactitude des communications. Les disques dont je fais usage sont tous de dimensions égales , et chaque disque de zinc est serré de force , mais non soudé contre le disque de cuivre correspondant. De cette manière , le contact est toujours parfaitement établi entre eux. On n’a que des couples à disposer les uns sur les autres , et ces couples peuvent être supposés identiques , lorsque les plaques sont neuves. Comme elles sont d’ailleurs bien dressées , il suffit pour établir la pile de les poser les unes sur les autres sans supports latéraux , ce qui évite encore l’espèce de communication qui s’établit entre les pôles de la pile par l’isolement imparfait de ces supports , au grand détriment de l’appareil.

Enfin , pour établir constamment , et de la même manière , le contact du condensateur avec le sommet de la pile , je pose sur celle-ci un petit vase de fer rempli de mercure , et bien nettoyé par dessous ; le bouton du condensateur et l’extrémité de sa tige flexible sont aussi en fer. De cette manière lorsque l’instrument est amené à la hauteur de la pile , il suffit d’abaisser son bouton dans le mercure à l’aide d’un tube de verre verni ; après quoi abandonnant la tige à sa propre élasticité , on est certain d’avoir un contact aussi égal et aussi instantané qu’il est possible. On peut ensuite , si l’on veut, le prolonger plus long-temps pour voir si Je temps influe sur la charge du condensateur. Lorsque la tige est sortie du mercure , on enlève le plateau collecteur bien

AVEC UNE CONDUCTIBILITÉ PARFAITE. 5qS

parallèlement à lui-même , et on le touche avec la sphère fixe et isolée de la balance électrique. On remet celle-ci dans sa cage de verre j le disque mobile que je suppose dans l’état naturel vient la toucher , et est repoussé aussitôt à une certaine distance que Ton observe , ou bien encore , si Ton veut , on tord le fil de suspension jusqu’à ce que le disque soit ramené à une distance fixe de la sphère. Quel que soit celui de ces moyens qu’on adopte , comme le disque s’électrisera par le contact et aux dépens de la boule , l’angle de torsion mesurera le carré de la quantité d’électricité communiquée à la sphère par le condensateur , et à ce dernier par la pile. On pourra donc ainsi évaluer cette quantité fort exactement.. Je me suis assuré qu’en faisant usage de cette méthode , on obtenait d’une suite d’expériences consécutives des résultats parfaitement comparables • ce qui est loin d’avoir lieu quand on néglige les précautions qui assurent la perfection et l’identité du contact du condensateur.

En comparant ainsi les charges obtenues avec des piles du même nombre d’étage montées avec des conducteurs humides de nature diverse , on trouve que l’eau , les acides affaiblis , la plupart des dissolutions salines , en général les substances dont la conductibilité est énergique, donnent sensiblement les mêmes quantés d’électricité libre , et la donnent par un contact sensiblement instantané. Même, pour la plupart de ces conducteurs , on peut accroître ou diminuer extrêmement l’étendue de leur surface sans qu’il en résulte aucune variation appréciabledans la charge, sans doute à cause de la facilité presque infinie que leur surface offre à la transmission des courans électriques • mais cela suffit toujours pour prouver, conformément à l’opinion de Volta, qu’ils ne jouent absolument que le rôle de conducteurs , et que leur contact, ou leur action chimique, n’est pas la cause déterminante du développement de l’électricité. Néanmoins on trouve aussi des liquides avec lesquels les charges sont inégales, à même nombre d’étages, soit qu’ils affaiblissent trop la conductibilité par leur interposition , comme nous l’expliquerons par la suite, soit qu’ils exercent une action - Tome I. 3$

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