‹ Précis élémentaire de physique expérimentaleChapitre 176 sur 181 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Sur la résistance inégale que les deux Électricités éprouvent en traversant dijjérens corps } quand elles sont fort affaiblies.

En étudiant la manière dont l’électricité se décharge à travers des corps de différente nature , nous avons reconnu que ceux mêmes qui semblent le mieux la conduire , opposent cependant à son passage une résistance appréciable. En rapprochant ces résultats de ceux que nous avaient présentés les supports imparfaitement isolans , nous avons du en conclure que l’imperfection de la conductibilité deviendrait de plus en plus sensible, à mesure que l’on diminuerait la force répulsive de l’électricité transmise • de sorte qu’à un certain degré d’affaiblissement , déterminé pour chaque corps, tous les corps , et les métaux mêmes, produiraient un isolement parfait. L’appareil électromoteur fournissant une source d’électricité inépuisable, avec une force répulsive très — faible , réunissait les .conditions les plus propres à ce genre d’épreuve ; aussi nous a-t-il fait découvrir , dans les propriétés conductrices des liquides , des différences et des imperfections que nos machines électriques ordinaires ne nous auraient pas fait apercevoir.

En s’appliquant à des recherches de ce genre , M. Ermann a fait cette observation curieuse , que la faculté conductrice de certains corps pour les deux électricités est inégale , de sorte qu’en atténuant de plus en plus la force répulsive , on trouve un terme où le corps devient isolant pour l’une , tandis qu’il est encore conducteur pour l’autre j c’est ce que prouvent les expériences que nous allons rapporter.

M. Erman isole un appareil électromoteur , monté avec un liquide bon conducteur , tel , par exemple , que la dissolution de muriate de soude. Il fait communiquer chacun de ses pôles à un électroscope à feuilles d’or très-sensible, pareillement isolé. Bientôt chaque électroscope a acquis le

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