‹ Précis élémentaire de physique expérimentaleChapitre 53 sur 181 · DÜ BAROMETRE · texte numérisé non relu

DÜ BAROMETRE

les élévations, chaque millimètre, contenu dans la colonne barométrique om,76o, répondrait à une hauteur d’air de iom55^ et la hauteur totale de l’atmosphère serait égale à 760 fois ïom,5 ou 7980™ , environ 4000 toises -y mais cette élévation est fort au-dessous de la réalité. Car il y a sur la terre des montagnes presque aussi hautes que cette limite, par exemple,, le Chimboraço en Amérique , et il s’en faut bien qu’elles atteignent les confins de l’atmosphère , puisque l’on voit souvent des nuages et même des oiseaux s’élever bien au-dessus de leurs sommets. L’erreur de notre calcul vient de ce que nous n’avons pas eu égard à une des propriétés phvsiques de l’air, qui est sa compressibilité. L’air est compressible , c’està-dire , qu’en pressant une masse d’air , on lui fait occuper des espaces successivement moindres • de plus , il est élastique, c’est-à-dire, qu’il tend à reprendre son volume primitif lorsqu’il a été comprimé. La constitution de l’atmosphère est un résultat nécessaire de ces propriétés physiques , et il est aisé de l’en conclure. Puisque l’air est pesant , les couches inférieures sont plus comprimées que les supérieures dont elles supportent le poids. Mais, en vertu de leur élasticité, elles doivent résister à cette pression , et faire effort pour s’étendre. De là il résulte que la densité des couches inférieures de l’atmosphère doit surpasser de beaucoup celle des couches supérieures. Cela devient sensible sur les hautes montagnes , et lorsqu’on s’élève en aérostat à de grandes hauteurs • l’air devient si rare, que l’on a beaucoup de peine à respirer. Aussi, pour faire baisser le mercure d’un millimètre , il ne suffit plus alors de s’élever de iom,5 j il faut une différence de niveau bien plus considérable , parce qu’un cylindre d’air de cette hauteur a réellement alors beaucoup moins de masse qu’il n’en aurait pris de la surface de la terre. On a d’abord employé l’observation directe pour reconnaître la loi suivant laquelle s’opérait cette variation de poids. E11 portant successivement un même baromètre à des élévations connues , on a pu en tirer une règle assez sûre pour conclure , d’après les seules observations du baromètre et du thermomètre , la différence de niveau de deux stations. Mais

DU BAROMETRE.

ce résultat , très-utile à la géographie et à Phistoire naturelle , n’a pu être établi avec certitude que lorsqu’on a connu par l’expérience toutes les causes physiques qui peuvent influer sur la pression de l’air à diverses hauteurs , et qu’on a pu les soumettre au calcul. C’est ce que M. Laplace a fait ) et l’on peut voir, dans le Traité général , la formule à laquelle il est parvenu.

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