CHAPITRE VI
Rapports du Baromètre et du Thermomètre .
Je viens de faire connaître les deux instrumens les plus utiles de la physique et de la chimie. J’ai expliqué leur construction , leur usage et leurs applications immédiates, c’està-dire les indications qu’ils nous donnent sur la température et sur la pression de Pair, soit dans un même lieu à des hauteurs diverses , soit à une même hauteur dans les différens climats. Nous allons maintenant les faire servir à l’examen rigoureux, et à la mesure précise de plusieurs phénomènes remarquables que nous n’avons fait qu’entrevoir.
J’ai dit qu’en plongeant un thermomètre dans un vase rempli d’eau pure , et faisant bouillir cette eau par le moyen du feu, le mercure du thermomètre se tenait toujours au même degré pendant tout le temps de l’ébullition. Il est facile d’en faire l’épreuve , et ce phénomène nous a donné un terme fixe de notre échelle thermométrique. Mais si l’on répète l’expérience à différens jours, lorsque le baromètre indique des pressions de Pair sensiblement différentes, on trouve que ce terme n’est pas tout-à-fait le même • il est plus haut quand la jiression atmosphérique est plus forte , et plus bas quand elle est plus faible. D’après cela, on doit s’attendre que, si la pression diminuait davantage , le degré de l’ébullition baisserait aussi de plus en plus. On peut vérifier cette induction em s’élevant sur des montagnes , et y faisant bouillir de Peau à diverses hauteurs • car nous avons vu que le baromètre baisse à mesure quel’on s’élève ainsi : or, en faisant cette expérience, on trouve que la chose se passe réellement comme nous Pavions