S»46 MESURE ET P0ID§ DES VAPEURS
nir exactement en une seule masse le liquide qui a servi à la former. M. Gay-Lussac a heureusement éludé cette difficulté en la renversant , c’est-à-dire, en déterminant le volume de vapeur qui peut être produit par un volume donné de liquide.
Pour connaître d’abord , d’une manière parfaitement certaine , la quantité du liquide employé , ce qui constitue réellement la difficulté du problème , M. Gay-Lussac souffle à la lampe de petites bulles de verre qui sont représentées par BB, fig. 63. Elles sont presque sphériques; mais, par un de leurs côtés , elles s’allongent en un bec très-fin. On commence par peser une de ces petites bulles lorsqu’elle n’est remplie que d’air - ensuite on y introduit le liquide , comme on ferait dans un tube de thermomètre , en la plongeant dans ce liquide après l’avoir chauffée pour en chasser en partie l’air. Quand la petite bulle est presque totalement remplie , on scelle le bec à la flauime d’une bougie , que l’on dirige dessus au moyen d’un chalumeau. Cette opération n’ôte rien au verre dont la bulle était faite ; elle lui donne seulement une autre forme. Alors on pèse de nouveau la bulle ainsi remplie; et retranchant de son poids celui de l’enveloppe, trouvé par la pesée précédente , on a le poids du liquide qu’elle contient. Nous verrons bientôt comment on en peut déduire son volume. Pour réduire maintenant toute cette quantité de liquide en vapeur, M. Gay-Lussac se sert d’un appareil analogue à celui dont M. Dalton a fait usage pour observer la tension des vapeurs dans le vide. Il emploie une cloche de verre longue et étroite VV ,fy. 64, divisée en parties de capacités égales, et dont la capacité totale est d’environ un litre et demi. Il la remplit de mercure , et la renverse dans un bain de même métal , après quoi il y introduit la petite bulle de verre B, remplie de liquide. Celle-ci gagne le haut du tube , et y porte avec elle tout le liquide qu’elle contient; il ne reste plus qu’à vaporiser celui-ci. Pour cela, M. Gay-Lussac enveloppe sa cloche avec un manchon de verre MM plus long qu’elle , et qui plonge dans le mercure par sa partie inférieure. II remplit d’eau ce cylindre, et la cloche s’en trouve cou-