‹ Précis élémentaire de physique expérimentaleChapitre 94 sur 181 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

Du F ' ’rottement .

Lorsque deux corps sont posés l’un sur l’autre par des faces planes, il naît de leur contact une force qui les relient ensemble avec une certaine énergie , et qui s’oppose à ce qu’ils puissent glisser librement sur les surfaces par lesquelles iis se touchent * cette force se nomme le Frottement.

Ce phénomène semble au premier coup d’oeil devoir être produit par l’entrelacement des aspérités des deux corps , mais en y réfléchissant , on trouve qu’il est difficile de l’attribuer à cette seule cause. Le frottement est à la vérité trèsénergique pour les corps rudes , mais il existe même pour les corps les mieux polis , où il est difficile de croire que les aspérités se pénètrent. En outre on n’aperçoit pas qu’il se fasse, sur ces corps, aucune destruction desparties de leurs surfaces lorsqu’on les force à glisser , ce qui devrait pourtant arriver , du moins à ce qu’il semble, si leurs aspérités s’entredéchiraient en se séparant. Au reste le vrai moyen de décider cette question , si elle peut l’être, c’est d’étudier le frottement par l’e-xr

DU frottembnt.

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pcrience. On y parvient en choisissant, pour nn des corps, ms plan incliné auquel on puisse donner successivement plusieurs inclinaisons graduelles et mesurables par le moyen d’un mouvement circulaire divisé fig. 73. On pose sur ce plan un des corps que Ton veut éprouver et auquel on a fait préalablement une surface plane. Puis on élève ce plan jusqu’à ce que le corps se détache du plan incliné par le seuî effort de la pesanteur. Il est évident qu’un instant avant que cela arrive, l’énergie du frottement est égale au poids du corps décomposé parallèlement au plan incliné , c’est-à-dire multiplié par le sinus de l’angle que le plan fait avec l’horison. On aura donc ainsi une mesure du frottement exacte et comparable.

Par des expériences de ce genre on trouve les résultats sui— yans: toutes choses égales d’ailleurs, le frottement diminue à mesure que les surfaces sont mieux polies j il est plus grand entre des corps de même matière qu’entre des corps de matière différente. Il n’atteint pas son maximum d’énergie au moment du contact , mais après un certain temps , pendant lequel il s’accroît de plus en plus, jusqu’à un certain terme qu’il ne dépasse point. Enfin son énergie est proportionnelle à la pression, indépendamment de l’étendue des surfaces * de sorte , par exemple, qu’un polyèdre dont les faces sont également polies, frotte également , quelle que soit celle de ses surfaces sur laquelle on le pose. Ceci semble bien contraire à l’idée d’une pénétration de parties. On observe aussi que le frottement est plus grand quand les mêmes parties d’un des corps parcourent successivement les diverses parties de l’autre, comme dans la chute sur le plan incliné, qu’il ne l’est lorsque les diverses parties du premier corps touchent sucessivement les diverses parties de l’autre, comme lorsqu’une bille roule sur le tapis d’un billard. On désigne le premier de ces frottemens par le nom ùe frottement de la première espèce , et l’autre s’appelle frottement de la seconde espèce. Celui-ci ne serait-il pas plus faible que l’autre , parce que les particules seraient moins de temps en contact ?

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